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À la Une : le gouvernement face au Parlement sur fond de crise au Sud et de pression diplomatique

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La séance de mise en cause place le gouvernement de Nawaf Salam sous pression

La séance parlementaire consacrée à l’action du gouvernement domine largement les unes et les pages politiques de la presse libanaise du 15 septembre 2026. Elle doit s’étendre sur deux jours. Les journaux y voient moins la perspective immédiate d’une chute du cabinet qu’un test politique pour Nawaf Salam et ses ministres. Ad Diyar estime que le gouvernement pourrait être sérieusement ébranlé par les critiques, sans pour autant tomber. Le journal met en avant les reproches portant sur l’économie, la sécurité et l’action politique. Selon les sources parlementaires qu’il cite, le cabinet ne disposerait pas seulement d’appuis internes. Il bénéficierait aussi d’une protection extérieure qui rendrait sa chute peu probable. Al Joumhouria présente également la séance comme un moment de forte tension. Plus de 55 députés auraient demandé la parole. Le débat devrait ainsi dépasser le simple contrôle de l’action ministérielle. Il doit porter sur les grandes orientations de l’État, la situation dans le Sud, les armes du Hezbollah et la capacité des institutions à appliquer leurs décisions.

Al Joumhouria du 15 septembre 2026 distingue trois niveaux de confrontation. Le premier concerne le bilan du gouvernement dans les domaines économique, financier, administratif et social. Le deuxième porte sur les dossiers de souveraineté et de sécurité. Il comprend l’arrêt des attaques israéliennes, le retrait des forces israéliennes, le retour des habitants du Sud et la reconstruction. Il englobe aussi la question du monopole des armes par l’État. Enfin, le troisième niveau concerne le fonctionnement même du pouvoir exécutif. Les députés doivent notamment interroger la cohésion du cabinet et sa capacité à transformer ses décisions en actes. Cette grille de lecture se retrouve sous des formes différentes dans plusieurs journaux. La séance apparaît donc comme un point de rencontre entre la crise sociale, la question des armes et les conséquences du conflit au Sud.

Ad Diyar du 15 septembre 2026 insiste, pour sa part, sur les critiques visant les résultats du gouvernement. Le journal rapporte que le président Joseph Aoun serait insatisfait du travail de plusieurs ministres. Il évoque aussi des critiques concernant l’action de Nawaf Salam sur les questions économiques et sociales. Dans ses pages politiques, Ad Diyar souligne que les promesses du gouvernement dépassent largement les résultats obtenus jusqu’ici. Le journal relève aussi une certaine froideur dans les rapports entre le président de la République et le président du Conseil. Toutefois, ces appréciations sont attribuées à des sources anonymes citées par la publication. Elles ne constituent donc pas des déclarations publiques des deux responsables.

Al Liwaa du 15 septembre 2026 adopte une lecture différente sur certains points, mais rejoint les autres publications sur l’issue probable de la séance. Le journal estime que la confrontation parlementaire risque de devenir une succession d’affrontements entre blocs. Chaque camp cherchera à mettre en cause ses adversaires autant que le gouvernement lui-même. Selon cette lecture, le débat sur l’action du cabinet pourrait rapidement déboucher sur une discussion plus vaste. Celle-ci porterait sur la responsabilité du Hezbollah dans les guerres récentes, sur leurs conséquences pour le Sud et sur la crise économique. Le rapport de forces parlementaire limiterait cependant la possibilité pour un seul camp d’imposer une issue décisive. La séance pourrait donc être dure dans sa forme, mais beaucoup moins déterminante dans ses conséquences immédiates.

Le Sud impose son agenda au débat politique

La situation dans le Sud constitue le deuxième grand sujet commun aux unes. Elle donne à la séance parlementaire une portée qui dépasse largement les questions économiques. Annahar du 15 septembre 2026 résume cette articulation en présentant la séance comme un débat situé entre la mise en cause du gouvernement et celle du Hezbollah. Al Joumhouria place également le dossier du Sud au centre de la confrontation. Les événements autour des hauteurs d’Ali al-Taher alimentent les interrogations sur la stratégie israélienne, le rôle du Hezbollah et la capacité de l’armée libanaise à reprendre le contrôle effectif des secteurs concernés.

Al Binaa du 15 septembre 2026 consacre une place importante aux conséquences des explosions sur les hauteurs d’Ali al-Taher. La publication s’intéresse notamment à leur impact sur le terrain et à leur portée militaire. Elle rapporte aussi les contradictions qu’elle relève dans les déclarations israéliennes concernant le contrôle du secteur. Selon le journal, les différentes annonces sur l’occupation, le retrait puis une éventuelle reprise du site ne permettent pas de dégager une version israélienne totalement cohérente. Al Binaa développe également un angle environnemental. Un article affirme que les explosions auraient produit une onde enregistrée par les systèmes de surveillance sismique. Il appelle à une expertise libanaise indépendante pour mesurer les dommages géologiques, hydrologiques et environnementaux. Le journal précise lui-même que la comparaison avec une explosion nucléaire ne doit pas être comprise comme une équivalence scientifique.

Al Joumhouria du 15 septembre 2026 va plus loin dans son analyse des risques territoriaux. Le journal s’interroge sur une possible extension des opérations israéliennes vers Nabatiyeh, Iqlim al-Tuffah, Jabal al-Rayhan, Kfarhouna et Machghara. Il présente cette hypothèse comme un scénario et non comme un fait acquis. Selon les experts cités par la publication, Israël pourrait chercher à contrôler certaines zones sans nécessairement lancer une occupation terrestre classique des centres urbains. La surveillance aérienne, le contrôle des hauteurs et la pression militaire pourraient servir à limiter les mouvements dans les secteurs visés. Le journal relie cette évolution à ce qu’il décrit comme un élargissement progressif d’une zone de contrôle israélienne.

Dans ce contexte, la visite de Joseph Aoun à Nabatiyeh conserve une forte dimension politique. Plusieurs publications du 15 septembre reviennent sur ce déplacement. Elles y voient un message sur la présence de l’État dans le Sud. Al Sharq souligne que cette visite a été présentée comme un soutien aux habitants et comme une affirmation du rôle des institutions. Le député Firas Hamdan, reçu ensuite par Joseph Aoun, a salué le déplacement présidentiel. Il a également affirmé son soutien aux efforts destinés à obtenir le retrait israélien, le retour des habitants et le renforcement de la stabilité. Dans Ad Diyar, l’ancien président Michel Sleiman salue lui aussi la visite. Il demande cependant au Hezbollah de ne plus reproduire, selon ses termes, l’erreur consistant à ne pas remettre à l’armée les positions concernées.

Le Hezbollah, de son côté, apparaît dans plusieurs journaux comme engagé dans une phase de retenue militaire. Ad Diyar du 15 septembre 2026 s’interroge ouvertement sur la signification de cette attitude. Le journal avance trois explications possibles à partir de sources proches du dossier. Le parti chercherait d’abord à ne pas offrir à Israël un prétexte pour une confrontation plus vaste. Il attendrait ensuite de connaître l’évolution des rapports entre Washington et Téhéran. Enfin, il voudrait préserver ses capacités après les pertes et les affrontements précédents. Le journal laisse aussi ouverte l’hypothèse d’une adaptation politique plus profonde. Dans ce scénario, le comportement militaire actuel pourrait accompagner une négociation plus large sur la sécurité du Sud et sur l’avenir des armes du parti.

Paris, Washington et l’armée au cœur de la séquence diplomatique

La crise intérieure se déroule parallèlement à une activité diplomatique intense. Le rendez-vous préparatoire de Paris consacré au soutien à l’armée libanaise occupe une place centrale dans Ad Diyar, Al Joumhouria, Al Sharq et Annahar du 15 septembre 2026. Cette réunion est prévue le 17 septembre. Annahar explique qu’elle s’inscrit dans le cadre du processus d’Aqaba, lancé à l’origine par le roi Abdallah II de Jordanie. Cette année, la France et la Jordanie veulent consacrer une partie de ce cadre au Liban. Joseph Aoun, Emmanuel Macron et le roi Abdallah II doivent participer à cette séquence, aux côtés de responsables militaires.

L’enjeu dépasse la recherche de nouvelles aides ponctuelles. Ad Diyar du 15 septembre 2026 rapporte que le commandement de l’armée veut défendre une approche fondée sur un partenariat militaire durable. Il ne s’agirait plus uniquement de recevoir du matériel ou des financements isolés. L’objectif serait de mettre en place des programmes de formation, d’équipement, de maintenance et de coopération technique. Le journal rappelle que les précédentes conférences de soutien ont parfois créé un écart important entre les annonces et les moyens réellement obtenus. La question du suivi des engagements devient donc essentielle.

Al Joumhouria du 15 septembre 2026 souligne cependant que les aides internationales pourraient être liées aux performances de l’État libanais. Selon des sources diplomatiques citées par le journal, Washington voudrait notamment mesurer la capacité de l’armée à étendre son autorité et à empêcher la présence d’armes hors du cadre étatique. Le soutien à l’institution militaire se trouve ainsi directement lié au dossier politique le plus sensible du pays. Plus les capacités de l’armée augmentent, plus les partenaires internationaux pourraient exiger d’elle des résultats concrets sur le terrain.

Cette équation se retrouve dans les négociations entre le Liban et Israël. Al Joumhouria rapporte que le report de la prochaine réunion prévue à Rome ne signifierait pas l’abandon du processus. Les contacts continueraient sous médiation américaine. Une rencontre entre les représentants diplomatiques libanais et israélien à Washington doit contribuer à maintenir le canal ouvert. La publication affirme que les discussions ont déjà abordé des zones dans lesquelles un dispositif pourrait être expérimenté. L’enjeu consiste à déterminer les conditions d’un retrait israélien, le déploiement de l’armée libanaise et les mécanismes permettant de vérifier les engagements pris.

Al Sharq du 15 septembre 2026 apporte une autre indication sur le calendrier. Le journal cite David Schenker, ancien responsable américain chargé du Proche-Orient, selon lequel une avancée décisive serait difficile avant les élections israéliennes prévues en octobre. Selon lui, les réunions actuelles servent surtout à préserver le processus. Il estime que l’extension du déploiement de l’armée libanaise dans les secteurs sensibles serait déterminante pour obtenir un retrait israélien progressif. Cette analyse rejoint l’idée, présente dans plusieurs publications, d’un temps diplomatique suspendu aux échéances politiques israéliennes et américaines.

Une crise intérieure suspendue aux rapports de force régionaux

La dimension régionale complète cette une dominée par le Liban. Les tensions autour de l’Iran, du détroit d’Ormuz, du Yémen et de Bab el-Mandeb occupent une place considérable dans Al Arabi Al Jadid, Al Quds Al Arabi, Asharq Al-Awsat et Al Akhbar du 15 septembre 2026. Ces développements ont une incidence directe sur la lecture libanaise. Les journaux s’interrogent sur la capacité d’un éventuel dialogue entre Washington et Téhéran à modifier le rapport de forces au Liban.

Al Arabi Al Jadid du 15 septembre 2026 rapporte le report de la réunion de Salalah qui devait réunir l’Iran et plusieurs États de la région autour de la question du détroit d’Ormuz. Téhéran affirme que l’Arabie saoudite a demandé ce report. Des divergences persistent sur le mécanisme maritime envisagé par l’Iran et Oman. Dans le même temps, les échanges entre Washington et Téhéran restent tendus. Donald Trump affirme que l’Iran souhaite parvenir rapidement à un accord. Les autorités iraniennes demandent pour leur part la levée des mesures américaines qu’elles jugent illégales.

Le Yémen ajoute un autre foyer de tension. Al Quds Al Arabi du 15 septembre 2026 rapporte une attaque des Houthis contre la base du roi Khaled à Khamis Mushait, en Arabie saoudite. Le journal évoque également les combats entre les forces gouvernementales yéménites et les Houthis. Asharq Al-Awsat décrit une mobilisation militaire autour de Taëz et souligne les risques liés à l’évolution du rapport de forces autour de Mokha et de Bab el-Mandeb. Ces événements donnent une dimension économique à la crise. La sécurité des voies maritimes et la circulation des hydrocarbures deviennent des variables majeures pour toute la région.

Pour le Liban, l’enjeu est double. D’une part, l’État tente de renforcer sa position par l’armée, la diplomatie et les négociations. D’autre part, le Hezbollah reste lié à un environnement régional dont l’évolution dépend en grande partie du rapport entre l’Iran et les États-Unis. C’est précisément cette superposition qui explique la prudence observée dans plusieurs journaux du 15 septembre 2026. La séance parlementaire peut mettre le gouvernement sous forte pression. Elle peut exposer ses faiblesses et raviver les affrontements autour des armes. Mais elle intervient au moment où les décisions les plus lourdes concernant le Sud restent liées à Paris, Washington, Israël et aux transformations du rapport de forces régional.

Politique locale : le gouvernement de Nawaf Salam à l’épreuve du Parlement et des fractures politiques

Une séance de contrôle transformée en épreuve politique

La séance parlementaire consacrée à l’action du gouvernement de Nawaf Salam ouvre, le 15 septembre 2026, une confrontation qui dépasse largement le contrôle ordinaire de l’exécutif. Ad Diyar du 15 septembre 2026 estime que le cabinet peut être « ébranlé » sans être renversé. Selon les sources parlementaires citées par le journal, les critiques devraient se concentrer sur les résultats économiques, sociaux, sécuritaires et politiques. Le quotidien souligne que la majorité des acteurs ne s’attend pas à une chute du gouvernement. La séance doit néanmoins révéler l’ampleur des reproches accumulés depuis sa formation. Le bilan des réformes, les conditions de vie, les nominations publiques et la gestion du dossier du Sud doivent nourrir une grande partie des interventions.

Al Joumhouria du 15 septembre 2026 indique que plus de 55 députés ont demandé la parole. Ce nombre donne à la séance une dimension particulière. Le journal distingue trois champs principaux. Le premier concerne l’action économique, financière, administrative et sociale. Le deuxième touche directement à la souveraineté. Il comprend les attaques israéliennes, le retrait des forces israéliennes, le retour des habitants déplacés, la reconstruction et le monopole des armes par l’État. Le troisième concerne la cohésion du pouvoir exécutif. Les parlementaires doivent donc juger à la fois les résultats du gouvernement et sa capacité à appliquer ses propres décisions. Al Joumhouria estime toutefois que les critiques ne devraient pas se transformer facilement en majorité capable de renverser le cabinet ou un ministre.

Ad Diyar du 15 septembre 2026 présente le Courant patriotique libre comme l’un des principaux pôles de l’offensive parlementaire. Ses députés doivent soulever plusieurs dossiers et critiquer certains ministères. Le journal cite notamment l’énergie, l’éducation et les affaires étrangères. La question des armes du Hezbollah devrait aussi provoquer une confrontation entre les blocs. Les députés du parti se prépareraient à répondre à toute tentative d’utiliser la séance comme une tribune contre la résistance. Dans le camp opposé, plusieurs députés du changement, des Kataëb et des indépendants sont présentés par Ad Diyar comme susceptibles de défendre le gouvernement. La position des Forces libanaises est également observée après les critiques formulées par Samir Geagea sur certains aspects de l’action gouvernementale et les tensions autour du ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi.

Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte cependant une indication importante venant du député Assaad Dergham. Celui-ci affirme que l’opposition a adressé cinquante questions au gouvernement sur des sujets économiques, sociaux et quotidiens. Selon lui, seulement quinze réponses auraient été fournies et elles ne seraient pas satisfaisantes. Malgré ce constat, Dergham précise que le retrait de la confiance au gouvernement n’est pas, à ce stade, l’option retenue. Cette position réduit la possibilité d’une offensive parlementaire allant jusqu’au renversement du cabinet. Elle confirme surtout que la séance doit servir à enregistrer des désaccords et à exposer publiquement les faiblesses de l’exécutif.

Al Liwaa du 15 septembre 2026 décrit ainsi une confrontation encadrée par le rapport de forces. Chaque bloc devrait utiliser son temps de parole pour attaquer ses adversaires et défendre son propre bilan. Le journal estime que la discussion sur le gouvernement sera rapidement mêlée à celle sur les responsabilités politiques des années précédentes. Les critiques sur l’électricité, l’eau, la crise financière ou la question des armes ne peuvent être séparées, selon cette lecture, des choix effectués par les différentes forces ayant participé au pouvoir. La séance risque donc de devenir un échange d’accusations. Pourtant, aucune force ne semble disposer seule des moyens nécessaires pour imposer une nouvelle majorité.

Aoun, Salam et Berri au centre de l’équilibre institutionnel

La relation entre les trois principales institutions constitue un autre fil conducteur de la presse. Ad Diyar du 15 septembre 2026 rapporte, sur la base de sources informées à Baabda, que Joseph Aoun ne serait pas satisfait du travail de plusieurs ministres. Le président critiquerait également certains aspects de l’action de Nawaf Salam, notamment sur les questions économiques et sociales. Le journal évoque une relation devenue plus froide entre Baabda et le Sérail. Ces éléments restent toutefois des informations attribuées à des sources anonymes. Aucun propos public reproduit dans les journaux ne montre Joseph Aoun demandant le départ de Nawaf Salam ou la chute du gouvernement.

Au contraire, l’activité officielle du président montre la poursuite du fonctionnement institutionnel. Ad Diyar et Al Sharq du 15 septembre 2026 rapportent que Joseph Aoun a reçu l’ancien président Michel Sleiman, le vice-président du Conseil Tarek Mitri et plusieurs députés. Firas Hamdan a notamment évoqué avec lui les événements récents dans le Sud. Il a salué la visite présidentielle à Nabatiyeh et insisté sur la nécessité d’un retour des habitants dans leurs villages. Il a également soutenu les efforts visant à obtenir le retrait israélien et à renforcer la présence de l’État.

Michel Sleiman a, de son côté, placé la question des armes au cœur de son intervention. Selon Ad Diyar du 15 septembre 2026, l’ancien président a salué le déplacement de Joseph Aoun dans le Sud et le déploiement de l’armée à Nabatiyeh. Il a cependant demandé au Hezbollah de ne pas reproduire ce qu’il a qualifié de grave erreur concernant la remise de la hauteur d’Ali al-Taher à l’armée. Cette déclaration illustre une ligne politique qui prend de l’importance dans les débats : le renforcement de l’armée ne doit pas seulement être présenté comme une réponse aux opérations israéliennes. Il est également invoqué dans le débat interne sur l’autorité de l’État.

Nabih Berri occupe une position différente. Ad Diyar du 15 septembre 2026 estime que le président de la Chambre devrait chercher à maintenir les échanges parlementaires sous un certain plafond. Selon les sources du quotidien, il pourrait suspendre la séance si les affrontements verbaux dépassaient les limites qu’il juge acceptables. Son rôle ne consiste toutefois pas à empêcher la critique. La convocation de la séance répond aussi aux règles du contrôle parlementaire et aux demandes exprimées par plusieurs députés. Le Parlement devient ainsi le lieu où doivent se confronter des visions opposées de la politique gouvernementale.

Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte par ailleurs que Berri a reçu le député Imad Hout et le coordonnateur humanitaire des Nations unies au Liban, Imran Riza. Les discussions ont porté sur les développements politiques et militaires, mais aussi sur la reconstruction, les infrastructures, les services publics et les besoins des régions du Sud. Cette activité souligne le double rôle du président de la Chambre. Il reste l’un des principaux arbitres du jeu parlementaire tout en conservant une place centrale dans les dossiers liés au Sud.

Nawaf Salam cherche, pour sa part, à maintenir l’action gouvernementale en parallèle de la confrontation politique. Al Binaa et Al Sharq du 15 septembre 2026 indiquent qu’il a présidé une réunion ministérielle consacrée au projet de budget. Le ministre de l’Information Paul Morcos a expliqué que les discussions doivent se poursuivre lors d’une prochaine séance du Conseil des ministres afin d’achever le texte. Salam a également reçu une délégation de Dar al-Fatwa de Tyr et du Sud. Le mufti de Tyr, Medrar Habbal, a déclaré que le président du Conseil avait affirmé son attachement à l’ensemble du Sud et à ses habitants. Les besoins sociaux et les difficultés de la région ont occupé une place importante dans l’entretien.

Les armes du Hezbollah restent au cœur de la fracture nationale

La question du Hezbollah traverse presque tous les débats politiques. Elle ne concerne plus seulement le statut de ses armes. Elle touche désormais à la reconstruction, à la sécurité du Sud, au rôle de l’armée et aux rapports entre les institutions. Al Binaa du 15 septembre 2026 rapporte une réunion des directions du Hezbollah et d’Amal. Les deux formations affirment que le partenariat national et la coexistence doivent rester les bases de la protection du pays. Elles rejettent les approches fondées sur l’exclusion ou la domination d’un camp. Elles appellent aussi à maintenir les différends dans les cadres politiques et constitutionnels.

Le Hezbollah et Amal insistent également sur la paix civile. Selon Al Binaa du 15 septembre 2026, les deux mouvements la qualifient de ligne rouge et de responsabilité commune. Ils demandent que les désaccords soient traités par le dialogue, l’entente et les institutions. Leur déclaration place en même temps la reconstruction au rang des priorités. Le retour des habitants dans les villages touchés, leur indemnisation et la remise en état des régions détruites ne doivent pas être reportés. Les deux mouvements demandent à l’État d’assumer pleinement ses responsabilités et d’utiliser les soutiens arabes et internationaux disponibles.

Cette position intervient alors que les adversaires du Hezbollah renforcent leurs critiques. Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte que le « Rassemblement de Saydet el-Jabal » demande aux députés de défendre la Constitution et de placer la remise des armes du Hezbollah à l’armée dans le cadre de l’accord de Taëf. Le groupe estime que la question existait bien avant les conflits récents. Il présente également la visite de Joseph Aoun à Nabatiyeh comme une affirmation de la présence de l’État dans le Sud.

Al Sharq donne toutefois une lecture plus offensive encore dans un autre article. Le journal estime que le Hezbollah, après avoir montré les limites de ses capacités face à Israël, chercherait à déplacer sa confrontation vers l’État. Il cite les propos du député Hussein Hajj Hassan, qui affirme que la résistance et ses alliés ne sont pas faibles et met en garde ceux qui chercheraient à les sous-estimer. Le commentaire du journal interprète ces déclarations comme une tentative de préserver une image de force. Cette appréciation relève clairement de la ligne éditoriale de la publication. Elle doit donc être distinguée des propos eux-mêmes.

Le débat se déroule également au sein du camp politique proche du Hezbollah. Al Binaa du 15 septembre 2026 rapporte qu’Amal et le Hezbollah insistent sur la nécessité d’éviter la discorde et de maintenir les conflits dans les institutions. Cette insistance reflète la sensibilité de la période. Les tensions autour des armes sont désormais liées aux conséquences humaines et matérielles du conflit. La population du Sud attend la reconstruction et le retour dans les villages. En parallèle, une partie du pays demande que l’armée devienne l’unique force armée disposant d’une autorité opérationnelle.

La crise sociale et les réformes nourrissent la contestation du cabinet

La confrontation politique ne se réduit pourtant pas au Hezbollah. Ad Diyar du 15 septembre 2026 estime que les difficultés économiques et sociales constituent l’un des points faibles les plus évidents du gouvernement. Le quotidien évoque les conditions de vie, les salaires et les résultats limités des réformes. Il critique également certaines nominations publiques. Ces dossiers doivent fournir aux députés une matière abondante pour interpeller les ministres.

Al Binaa du 15 septembre 2026 rapporte une position très critique du Parti syrien national social. Réuni sous la présidence d’Assaad Hardan, le parti considère que la hausse continue des prix et l’absence de réponses suffisantes ont aggravé la crise sociale. Il estime que la mise en cause parlementaire est nécessaire mais insuffisante. Le parti demande au gouvernement de traiter les questions économiques et sociales comme des priorités nationales. Il lui reproche aussi son attitude face aux opérations israéliennes et réclame une action diplomatique et juridique plus active.

Dans le même temps, certains dossiers législatifs progressent. Ad Diyar et Al Sharq du 15 septembre 2026 rapportent que la commission des Finances et du Budget, présidée par Ibrahim Kanaan, a approuvé un accord de coopération militaire entre le Liban et la Turquie. Sa valeur annoncée est de cent millions de livres turques. La commission a également approuvé un prêt de 250 millions de dollars lié à l’énergie et destiné notamment à améliorer les réseaux et les équipements. Ibrahim Kanaan a demandé que les coûts soient mieux contrôlés et que les procédures avec les organismes internationaux soient accélérées. La commission a aussi traité le dossier de certains employés de l’Université libanaise afin de corriger une situation salariale remontant à 2014.

Ces décisions montrent que la vie institutionnelle ne se limite pas à la confrontation autour du gouvernement. Elles offrent aussi aux responsables politiques des arguments opposés. Les partisans du cabinet peuvent mettre en avant la reprise des travaux institutionnels, les accords financiers et les projets sociaux. Ses adversaires peuvent répondre que les effets concrets restent trop faibles face à la dégradation des conditions de vie. C’est cette tension entre décisions administratives et résultats perceptibles qui devrait nourrir une partie importante du débat parlementaire.

La disparition de Dory Chamoun referme une longue séquence politique

La politique locale est enfin marquée par la mort de Dory Chamoun à l’âge de 94 ans. Ad Diyar, Al Liwaa et Al Sharq du 15 septembre 2026 reviennent sur son parcours. Fils de l’ancien président Camille Chamoun, fondateur du Parti national libéral, Dory Chamoun a dirigé cette formation et représenté le Chouf au Parlement entre 2009 et 2018. Il avait auparavant présidé la municipalité de Deir el-Qamar de 1998 à 2008.

Le Parti national libéral le présente comme un homme attaché à ses principes et à la souveraineté du Liban. Plusieurs personnalités politiques lui ont rendu hommage. Al Liwaa du 15 septembre 2026 rapporte notamment la réaction de Saad Hariri. L’ancien président du Conseil le décrit comme un ami fidèle et un compagnon de la période du 14-Mars, marquée par les assassinats, les explosions et les affrontements politiques autour de la souveraineté. Le député Achraf Rifi souligne également son attachement à l’indépendance et à l’héritage politique de Camille Chamoun.

Sa disparition intervient au moment où les thèmes qui ont structuré une grande partie de sa carrière restent au centre du débat libanais. La souveraineté, le rôle de l’État, les armes, les influences régionales et l’équilibre entre les communautés demeurent les principaux sujets de confrontation. Le Parlement les retrouve aujourd’hui sous une forme renouvelée, tandis que la crise économique et les conséquences du conflit dans le Sud ajoutent une pression sociale et territoriale aux fractures politiques anciennes.

Citation et discours des personnalités politiques : souveraineté, Sud et crise sociale dominent les prises de parole

Joseph Aoun place l’État, le Sud et l’armée au centre de son discours

Les prises de parole rapportées par la presse du 15 septembre 2026 montrent un président Joseph Aoun concentré sur trois axes : le retour de l’État dans le Sud, le renforcement des institutions et la recherche de nouveaux moteurs économiques. Ses déclarations publiques se distinguent des nombreuses informations attribuées à des sources anonymes sur ses relations avec le gouvernement. Elles permettent donc de cerner plus précisément le discours assumé par le chef de l’État. Lors de sa rencontre avec Mohammed Ben Sulayem, président de la Fédération internationale de l’automobile, Joseph Aoun insiste sur le rôle du sport. Ad Diyar rapporte qu’il considère les compétitions comme un moyen de rapprocher le Liban du monde. L’organisation du Rallye du Liban et la présence de responsables internationaux doivent, selon lui, contribuer à restaurer la confiance. Le président affirme surtout que le sport est devenu un « levier économique ». Il associe directement les compétitions au tourisme, aux investissements, aux commanditaires internationaux et à la présence de grandes entreprises. Dans un pays confronté à une crise économique durable, cette déclaration donne au sport une portée qui dépasse le domaine sportif.

Le discours présidentiel prend cependant une dimension beaucoup plus politique lorsqu’il concerne le Sud. La visite de Joseph Aoun à Nabatiyeh reste présente dans plusieurs publications du 15 septembre. Même lorsque ce sont ses interlocuteurs qui la commentent, le déplacement est interprété comme une affirmation de la présence de l’État. Al Sharq rapporte les propos du député Firas Hamdan après son entretien avec le président. Hamdan remercie Aoun pour cette visite et pour le message de soutien adressé aux habitants. Il insiste sur l’importance d’une présence effective de l’État à leurs côtés. Le député affirme également soutenir les efforts du président pour obtenir le retrait israélien, permettre le retour des habitants et renforcer la stabilité. La visite devient ainsi un acte politique : elle associe la souveraineté territoriale à une présence institutionnelle concrète.

Joseph Aoun développe aussi un discours culturel sur le rôle du Liban. Lors de sa rencontre avec la Fondation Amin Rihani, Ad Diyar rapporte qu’il salue le travail accompli pour préserver l’héritage de l’écrivain. Il considère le cent cinquantième anniversaire de sa naissance comme une occasion de mettre en valeur les dimensions littéraires et intellectuelles de son œuvre, ainsi que son rôle au Liban et à l’étranger. Ce registre paraît éloigné des affrontements politiques du moment. Pourtant, il complète une même représentation du pays : celle d’un Liban qui cherche à renforcer ses institutions tout en réaffirmant sa présence internationale par la culture, le sport et ses communautés établies à l’étranger.

Les journaux rapportent parallèlement des informations sur une éventuelle insatisfaction de Joseph Aoun à l’égard de certains ministres et de Nawaf Salam. Ad Diyar évoque notamment des critiques sur la situation économique et sociale. Ces affirmations doivent toutefois être distinguées des déclarations présidentielles. Elles proviennent de sources anonymes et ne constituent pas un discours public de Joseph Aoun. Cette distinction est importante. Les propos directement attribués au président dans les sources du 15 septembre mettent surtout l’accent sur le rôle de l’État, l’ouverture internationale, le soutien aux régions et le renforcement de la présence institutionnelle.

Nawaf Salam défend la continuité gouvernementale et l’attention portée au Sud

Nawaf Salam intervient dans une position plus délicate. Son gouvernement s’apprête à affronter deux journées de contrôle parlementaire. Pourtant, les éléments publics rapportés le 15 septembre montrent un président du Conseil qui poursuit le travail gouvernemental sans entrer dans une confrontation verbale avec ses adversaires. Al Binaa et Al Sharq indiquent qu’il préside une réunion ministérielle consacrée au budget. Le ministre de l’Information Paul Morcos explique à son issue que les discussions ont porté sur les différentes dispositions budgétaires et qu’elles doivent se poursuivre au Conseil des ministres afin d’achever le projet. Le message politique reste sobre : au moment où le Parlement prépare sa mise en cause, l’exécutif affiche la continuité de son travail.

Le Sud occupe aussi une place importante dans les échanges de Nawaf Salam. Une délégation de Dar al-Fatwa de Tyr et du Sud, dirigée par le mufti Medrar Habbal, est reçue par le président du Conseil. Al Binaa rapporte que la délégation lui expose les besoins et les difficultés de la région. Après l’entretien, le mufti affirme que Salam lui a confirmé son attachement à « tout le Sud et à ses habitants ». Il aurait également assuré suivre les différents dossiers et travailler au traitement des crises sociales afin de répondre aux demandes de la population. La formule est politiquement significative. Le gouvernement est critiqué sur sa gestion des conséquences du conflit et sur le rythme de la reconstruction. Il cherche donc à présenter le Sud comme une responsabilité nationale et non comme le domaine exclusif d’une force politique ou communautaire.

Nawaf Salam ne répond pas directement, dans les éléments publiés ce jour-là, à toutes les accusations formulées contre son gouvernement. Cette retenue contraste avec la violence du débat annoncé au Parlement. Les journaux rapportent des critiques sur les réformes, le coût de la vie, les nominations, l’énergie, les relations internes au cabinet et la question des armes. Pourtant, le discours gouvernemental public reste principalement administratif et institutionnel. Cette différence entre la virulence de la confrontation parlementaire et la sobriété des déclarations de Salam constitue l’un des traits politiques de la journée.

Michel Sleiman interpelle directement le Hezbollah sur Ali al-Taher

L’ancien président Michel Sleiman formule l’une des prises de position les plus directes sur la situation dans le Sud. Après sa rencontre avec Joseph Aoun, il revient sur les développements militaires et sur les mesures liées au cessez-le-feu. Ad Diyar du 15 septembre rapporte qu’il salue la visite présidentielle dans le Sud et le déploiement de l’armée à Nabatiyeh. Mais il adresse surtout un message au Hezbollah. Il souhaite que le parti ne reproduise plus ce qu’il décrit comme la « grande erreur » de ne pas avoir remis la hauteur d’Ali al-Taher à l’armée libanaise.

La formulation de Sleiman rattache directement les événements militaires au débat sur l’autorité de l’État. Son propos ne consiste pas seulement à condamner les opérations israéliennes. Il introduit une responsabilité libanaise dans la réflexion sur les événements. Pour l’ancien président, la présence et le déploiement de l’armée constituent un élément central de la réponse. Al Sharq rapporte une version comparable de ses propos et souligne son appel à agir avant de perdre de nouvelles occasions. La déclaration prend une importance particulière alors que la presse s’interroge sur l’avenir des armes du Hezbollah et sur la capacité de l’armée à devenir l’autorité militaire effective dans les secteurs du Sud.

Le Hezbollah et Amal privilégient le discours sur la paix civile et la reconstruction

Les directions du Hezbollah et d’Amal choisissent un registre différent. Al Binaa du 15 septembre rapporte leur déclaration commune après une réunion entre leurs responsables. Les deux mouvements affirment que le partenariat national et la coexistence constituent une base essentielle pour protéger le Liban. Ils rejettent toute approche politique fondée sur l’exclusion, la domination ou l’imposition de faits accomplis. Ils demandent que les divergences restent dans leur cadre politique et constitutionnel.

Le message le plus appuyé concerne la paix civile. Les deux formations la présentent comme une « ligne rouge » et comme une responsabilité nationale commune. Elles rejettent les discours de tension et les appels susceptibles d’alimenter la discorde. Selon elles, les questions conflictuelles doivent être traitées par le dialogue, l’entente et le recours aux institutions. Cette position intervient dans un contexte où la question des armes du Hezbollah est appelée à occuper une place majeure dans la séance parlementaire. Le choix des termes vise donc à déplacer le débat du rapport de forces vers la préservation de la stabilité intérieure.

La déclaration commune insiste également sur la reconstruction. Le Hezbollah et Amal affirment que l’indemnisation des sinistrés et le retour des habitants dans leurs villages ne peuvent être considérés comme des dossiers pouvant être reportés. Ils demandent de mobiliser les ressources publiques, les capacités locales et les aides arabes et internationales. L’objectif affiché est de maintenir les habitants sur leurs terres et de rétablir une vie normale dans les régions touchées. Les deux formations demandent en outre à l’État de remplir toutes ses responsabilités. Elles appellent les forces politiques à éviter les calculs étroits et à renforcer leurs échanges.

Le député Hussein Hajj Hassan adopte toutefois un ton plus ferme dans des propos reproduits par Al Sharq. Il affirme que la résistance, sa population et ses alliés font preuve de patience pour leurs propres raisons et qu’il ne faut pas interpréter cette retenue comme de la faiblesse. Il souligne que son camp conserve, selon lui, des capacités dans les domaines de la résistance, de la politique et de la mobilisation populaire. Al Sharq interprète ces propos comme un avertissement adressé à l’État et aux adversaires du Hezbollah. Cette interprétation appartient au journal. Les déclarations elles-mêmes montrent surtout la volonté du parti de combattre l’idée selon laquelle sa retenue militaire ou politique traduirait une perte complète de capacité d’action.

Firas Hamdan associe soutien à l’État et urgence des réformes

Le député Firas Hamdan fournit un autre exemple de discours reliant le Sud à la politique intérieure. Après sa rencontre avec Joseph Aoun, il salue la visite présidentielle à Nabatiyeh et insiste sur le rôle de l’État auprès des habitants. Al Sharq rapporte qu’il soutient les efforts destinés à obtenir le retrait israélien et le retour de la population dans ses villages. Il demande aussi que le Sud soit protégé et que sa stabilité soit renforcée.

Hamdan ne limite cependant pas son intervention à la sécurité. Il dit avoir discuté avec le président des difficultés économiques et sociales auxquelles les Libanais sont confrontés. Il appelle à accélérer les réformes nécessaires afin d’ouvrir la voie au redressement économique et de restaurer la confiance dans le Liban et ses institutions. Son discours relie ainsi deux dimensions souvent traitées séparément : la souveraineté et la réforme. La présence de l’État dans le Sud ne peut, dans cette approche, être dissociée de sa capacité à fournir des services et à restaurer la confiance économique.

Ibrahim Kanaan met en cause la lenteur des mécanismes internationaux

Le député Ibrahim Kanaan intervient principalement sur les dossiers financiers et législatifs. À l’issue de la réunion de la commission des Finances et du Budget, Ad Diyar rapporte l’approbation d’un accord de coopération militaire entre le Liban et la Turquie. Sa valeur est annoncée à cent millions de livres turques. L’accord doit permettre des échanges d’expérience, de matériel et d’autres besoins militaires. La commission approuve également le projet concernant l’énergie renouvelable et l’amélioration des réseaux.

Kanaan insiste surtout sur la lenteur de certains mécanismes. Il demande que les coûts soient réexaminés et que l’exécution des projets soit suivie plus rigoureusement. Al Sharq rapporte qu’il refuse de faire porter automatiquement la responsabilité des retards au seul Liban. Selon lui, le Parlement adopte généralement les textes qui lui sont transmis dans des délais raisonnables. Il attribue une partie des lenteurs aux procédures des institutions internationales et aux modifications successives demandées.

Son propos prend une dimension politique lorsqu’il aborde le soutien annoncé à l’armée. Ad Diyar rapporte qu’il rappelle l’existence de précédentes conférences internationales dont les résultats matériels auraient été décevants. Il appelle donc à juger le prochain rendez-vous de Paris sur les résultats concrets plutôt que sur les déclarations. Ce discours rejoint une préoccupation plus générale présente dans plusieurs journaux : le soutien international à l’armée doit se traduire en capacités réelles, et non rester au niveau des promesses.

Les oppositions préparent leurs arguments avant la séance parlementaire

Assaad Dergham précise, dans Al Sharq du 15 septembre 2026, la ligne que devrait suivre une partie de l’opposition. Il affirme que cinquante questions ont été adressées au gouvernement sur les dossiers économiques, sociaux et quotidiens. Selon lui, seulement quinze réponses ont été reçues et elles ne sont pas convaincantes. Malgré cette critique, il indique que le retrait de la confiance au gouvernement n’est pas envisagé à ce stade. Cette position permet de distinguer deux objectifs : contester sévèrement le bilan de Nawaf Salam sans nécessairement chercher à provoquer immédiatement la chute du cabinet.

Le Parti syrien national social adopte une ligne plus dure. Al Binaa rapporte qu’il juge la mise en cause parlementaire insuffisante face à l’ampleur de la crise sociale. Il dénonce la hausse des prix et l’absence de traitements jugés sérieux. Le parti estime également que le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères n’assument pas suffisamment leurs responsabilités face aux opérations israéliennes. Il réclame des démarches diplomatiques et juridiques plus fortes. Il fixe comme priorités l’arrêt des attaques, le retrait israélien, le retour des habitants, la reconstruction et la libération des prisonniers.

Le Rassemblement de Saydet el-Jabal, cité par Al Sharq, adopte une perspective opposée sur le Hezbollah. Il estime que le Parlement doit aborder la remise des armes du parti à l’armée en se fondant sur l’accord de Taëf. Pour ce groupe, la question du monopole des armes par l’État est antérieure aux guerres récentes et doit rester un principe constitutionnel. Il présente également la visite de Joseph Aoun dans le Sud comme la confirmation du retour de l’État dans une région longtemps dominée par d’autres rapports de forces.

Dory Chamoun salué comme une figure de la souveraineté

La mort de Dory Chamoun provoque enfin plusieurs déclarations politiques qui réactivent le vocabulaire de la souveraineté et de l’indépendance. Le Parti national libéral, cité par Ad Diyar, Al Liwaa et Al Sharq du 15 septembre 2026, rend hommage à son ancien président. Il le décrit comme un homme de principes et de positions courageuses, attaché à l’indépendance du Liban et au refus des tutelles.

Saad Hariri rappelle pour sa part son compagnonnage avec Dory Chamoun durant la période du 14-Mars. Al Liwaa rapporte que l’ancien président du Conseil le qualifie d’ami fidèle et de compagnon des années marquées par les menaces, les assassinats et les explosions. Achraf Rifi souligne lui aussi son attachement à la souveraineté et à l’indépendance. Neemat Frem évoque, dans Al Sharq, un responsable qui a défendu le droit du Liban à être un État libre et maître de sa décision.

Ces hommages ne constituent pas seulement des témoignages personnels. Ils reprennent des termes qui dominent également les affrontements politiques du 15 septembre : souveraineté, État, indépendance, décision nationale et refus des tutelles. La disparition de Dory Chamoun fournit ainsi aux responsables politiques l’occasion de rappeler des principes qui restent au centre du débat sur le Sud, les armes du Hezbollah et l’autorité des institutions.

Diplomatie : Paris et Washington au cœur de la bataille pour restaurer la souveraineté libanaise

Paris prépare un soutien durable à l’armée libanaise

La diplomatie libanaise aborde une séquence dense, dominée par la réunion de Paris du 17 septembre 2026 et par la poursuite des contacts avec Washington. Ces deux pistes sont étroitement liées à la situation dans le Sud. Elles touchent au retrait israélien, au déploiement de l’armée et à la recherche d’un mécanisme capable de stabiliser durablement la frontière. Ad Diyar du 15 septembre 2026 souligne que la réunion parisienne est préparatoire. Elle ne doit donc pas être confondue avec une conférence internationale de financement. Toutefois, Beyrouth veut profiter de cette étape pour modifier la nature du soutien apporté à son armée. L’objectif consiste à passer d’aides ponctuelles à une coopération militaire structurée sur plusieurs années.

Selon Ad Diyar, le commandement de l’armée entend présenter à Paris une vision précise de ses besoins. Les demandes ne concernent pas uniquement les armes et les munitions. Elles portent également sur la formation, la maintenance, les communications, le renseignement, la logistique et les équipements techniques. Cette approche repose sur une idée simple : la livraison de matériel ne suffit pas à construire une capacité militaire durable. L’armée souhaite donc participer directement à la définition des programmes financés par les partenaires étrangers. Elle veut éviter que les aides soient déterminées uniquement en fonction des priorités des pays donateurs.

Cette volonté découle aussi des expériences précédentes. Ad Diyar du 15 septembre 2026 rappelle les conférences de Rome et du Caire consacrées au soutien aux institutions militaires et sécuritaires libanaises. Le journal relève un écart entre les engagements annoncés et les moyens effectivement reçus. Les lenteurs administratives, les changements de priorités des États donateurs et l’absence de mécanismes permanents de suivi ont réduit l’effet de certaines promesses. Ibrahim Kanaan reprend cette critique devant la commission des Finances et du Budget. Il rappelle que plusieurs conférences ont déjà été organisées pour soutenir l’armée et demande que les nouveaux engagements débouchent cette fois sur des résultats concrets.

Al Joumhouria du 15 septembre 2026 précise plusieurs besoins que le Liban doit présenter à ses partenaires. Ils comprennent des véhicules, des équipements de communication, des moyens de protection et du matériel destiné aux opérations de terrain. Le soutien financier aux militaires constitue également une question centrale. La crise économique a fortement réduit les capacités de l’institution. Les partenaires cherchent donc à préserver la disponibilité de ses effectifs tout en améliorant ses moyens opérationnels. Paris souhaite aussi intégrer davantage les Forces de sécurité intérieure au dispositif international. Une meilleure capacité de celles-ci à assurer la sécurité intérieure permettrait à l’armée de concentrer davantage de ressources sur ses missions territoriales et frontalières.

Annahar du 15 septembre 2026 replace la réunion dans le cadre du processus d’Aqaba. Ce mécanisme, lancé en 2015 par le roi Abdallah II de Jordanie, sert de cadre à une coopération internationale sur plusieurs questions de sécurité régionale. La France et la Jordanie ont choisi cette année de donner une place particulière au Liban. Joseph Aoun, Emmanuel Macron et Abdallah II doivent ainsi être au centre de la rencontre. Plus de vingt responsables militaires et des représentants d’institutions internationales sont également attendus. La réunion doit surtout préparer une conférence plus large de soutien aux forces armées libanaises.

L’aide internationale s’accompagne d’exigences sur l’autorité de l’État

Le soutien militaire n’est toutefois pas présenté comme inconditionnel. Al Joumhouria du 15 septembre 2026 rapporte, sur la base de sources diplomatiques, qu’une partie de l’administration américaine veut établir un lien entre l’ampleur des aides et la capacité de l’État libanais à appliquer ses engagements. Le principal enjeu concerne les armes détenues hors du cadre officiel. Les partenaires attendent aussi de l’armée qu’elle étende son autorité dans les secteurs où la présence de l’État reste insuffisante.

Cette condition donne à la conférence une dimension directement politique. L’aide à l’armée n’est plus seulement destinée à empêcher son affaiblissement. Elle doit contribuer à construire une institution capable d’assumer davantage de responsabilités. Ad Diyar souligne cette relation entre capacités et obligations. Plus l’armée recevra de moyens, plus les attentes internationales à son égard augmenteront. Les États donateurs voudront mesurer sa capacité à occuper le terrain, à contrôler les secteurs sensibles et à devenir la référence militaire de l’État.

La situation dans le Sud rend cette question urgente. La visite de Joseph Aoun à Nabatiyeh est présentée dans plusieurs journaux comme une affirmation de la présence institutionnelle. Les rencontres diplomatiques de Paris doivent prolonger ce message. Beyrouth cherche à démontrer que le renforcement de l’armée peut fournir une solution concrète au problème du vide sécuritaire. Le calcul diplomatique consiste à obtenir des partenaires étrangers des moyens et une couverture politique, tout en présentant le déploiement de l’armée comme une garantie de stabilité.

Al Joumhouria souligne que les discussions de Paris interviennent également alors que plusieurs capitales réfléchissent à l’avenir de la présence internationale dans le Sud. La mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban arrive à une nouvelle étape à la fin de l’année. Paris, Rome et Washington discuteraient ainsi des modalités susceptibles de succéder au dispositif actuel. Les sources ne permettent pas encore d’établir une formule définitive. Elles montrent toutefois que la question de l’armée est liée à une réflexion plus vaste sur l’architecture sécuritaire du Sud.

Washington maintient le canal de négociation entre le Liban et Israël

La deuxième grande piste diplomatique se trouve à Washington. Le report de la nouvelle réunion de négociation entre le Liban et Israël, initialement envisagée à Rome, n’a pas interrompu les contacts. Al Joumhouria du 15 septembre 2026 rapporte qu’une rencontre entre les représentants diplomatiques libanais et israélien doit permettre de maintenir le processus sous médiation américaine. Les États-Unis cherchent ainsi à éviter qu’un report technique ou politique ne se transforme en rupture.

Al Liwaa du 15 septembre 2026 évoque une rencontre à Washington entre la représentante libanaise Nada Hamadeh Moawad et son homologue israélien Yechiel Leiter. Le journal estime que cette étape remplace temporairement la réunion prévue à Rome. Il se montre toutefois plus critique que d’autres publications sur les raisons officielles du report. Selon son analyse, les fêtes juives, la préparation de la réunion parisienne et l’Assemblée générale des Nations unies ne suffisent pas à expliquer le décalage. Al Liwaa relie plutôt cette décision aux difficultés apparues lors de la précédente réunion de Rome, notamment sur les critères permettant de vérifier l’application d’éventuels arrangements dans des secteurs déterminés.

Al Joumhouria propose une lecture moins pessimiste. Selon une source diplomatique citée par le journal, le report vers octobre ne signifie pas que les négociations sont paralysées. Les contacts américains se poursuivent. Le processus aurait même dépassé la simple question de savoir si les parties doivent dialoguer. Le problème porte désormais sur la manière de transformer ce cadre en mesures exécutables. Cette différence est essentielle. La diplomatie ne cherche plus seulement à préserver une voie de discussion. Elle tente de définir des arrangements qui puissent être appliqués sur le terrain.

Les négociations portent notamment sur ce que le journal présente comme des « zones expérimentales ». L’idée serait d’y tester des mécanismes associant retrait israélien, déploiement de l’armée libanaise et vérification des engagements. Si un dispositif fonctionne dans un secteur limité, il pourrait ensuite être élargi. Mais les difficultés restent importantes. Il faut déterminer qui effectue le premier mouvement, comment contrôler l’exécution et quelles garanties sont accordées à chaque partie. La question des armes du Hezbollah demeure également au centre des divergences.

Beyrouth cherche un retrait tandis qu’Israël réclame des garanties

Al Joumhouria du 15 septembre 2026 résume le rapport de forces diplomatique autour de trois positions. Le Liban demande le retrait israélien, la restauration de la souveraineté, la stabilité et la possibilité d’engager la reconstruction. Israël réclame des garanties empêchant la reconstitution d’une menace militaire depuis le territoire libanais. Washington tente de maintenir les deux parties dans un cadre de négociation susceptible d’articuler ces deux exigences.

Cette équation explique l’importance accordée au déploiement de l’armée. Pour Beyrouth, chaque secteur placé sous contrôle effectif des forces régulières peut servir d’argument en faveur d’un retrait israélien. Pour Washington, ce même déploiement peut devenir un moyen de rassurer Israël. La diplomatie libanaise tente donc de transformer l’armée en point de convergence entre deux demandes contradictoires : restaurer la souveraineté nationale et fournir des garanties de sécurité.

La difficulté vient du fait que les opérations militaires continuent pendant les discussions. Al Joumhouria avertit que chaque nouvelle frappe augmente les inquiétudes israéliennes tout en renforçant la pression politique au Liban. Plus les réalités militaires s’accumulent, plus les compromis deviennent difficiles à appliquer. Le temps diplomatique peut ainsi devenir un facteur de risque. Un report prolongé permet aux faits accomplis de modifier le terrain avant même la conclusion d’un accord.

Al Liwaa adopte précisément cette lecture. Le journal considère que la pression militaire israélienne est utilisée comme un instrument dans le rapport de forces diplomatique. Selon son analyse, les destructions et l’évolution autour d’Ali al-Taher viseraient notamment à pousser le Liban à accepter des modalités de négociation plus contraignantes. Cette interprétation appartient au journal. Elle illustre néanmoins la méfiance d’une partie de la presse envers un processus dans lequel la négociation se poursuit pendant que les opérations militaires modifient la situation sur le terrain.

Le calendrier israélien ralentit les perspectives d’accord

Les élections israéliennes prévues en octobre pèsent également sur les attentes. Al Sharq du 15 septembre 2026 cite David Schenker, ancien responsable américain pour le Proche-Orient. Il estime qu’un règlement dans le cadre des négociations entre le Liban et Israël sera difficile avant la fin du scrutin israélien. Les rencontres actuelles auraient surtout pour fonction d’empêcher l’effondrement du processus.

Schenker insiste également sur la responsabilité de l’armée libanaise. Selon les propos rapportés par Al Sharq, elle doit étendre son déploiement dans les zones sensibles et empêcher le Hezbollah d’y rétablir une présence militaire. Si elle réussit, cela pourrait favoriser un retrait israélien progressif. Il prévoit aussi que de futures étapes pourraient comprendre des échanges de prisonniers et des retraits de certains secteurs. Il considère toutefois que Washington doit assurer un mécanisme de surveillance suffisamment crédible pour vérifier les engagements.

Ad Diyar du 15 septembre 2026 partage en partie ce scepticisme sur le calendrier. Le journal considère que la réunion parisienne et les contacts à Washington interviennent dans une période d’attente. Les échéances israéliennes et américaines réduisent les possibilités d’une percée immédiate. Il estime donc que les initiatives actuelles servent surtout à préserver les canaux et à préparer les étapes suivantes. Cette prudence traverse plusieurs publications, même lorsque leurs appréciations politiques diffèrent.

La France consolide parallèlement ses relations militaires avec Beyrouth

La relation franco-libanaise ne se limite pas à la conférence de Paris. Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte la rencontre entre le ministre de la Défense Michel Menassa et le nouvel ambassadeur de France au Liban, Patrick Durel. Cette visite de prise de fonctions permet aux deux responsables d’examiner le soutien français à l’armée et la coopération militaire. Menassa remercie Paris pour son aide continue au Liban et à l’institution militaire.

Les discussions portent aussi sur l’avenir du dispositif international dans le Sud et sur la réunion de Paris. La France conserve ainsi plusieurs fonctions. Elle est à la fois partenaire militaire du Liban, acteur de la présence internationale au Sud et organisatrice d’une initiative destinée à mobiliser d’autres États. Cette position lui permet de relier les dimensions politique, militaire et diplomatique du dossier libanais.

Le commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, poursuit parallèlement les échanges avec les partenaires arabes. Al Binaa et Al Sharq du 15 septembre 2026 rapportent sa rencontre avec l’ambassadeur du Qatar au Liban, Saoud ben Abdelrahman Al Thani. Haykal remercie le Qatar pour son soutien continu à l’institution militaire. Il insiste sur l’importance des relations entre les armées libanaise et qatarie. Cette rencontre rappelle que le financement et l’équipement de l’armée ne reposent pas uniquement sur les partenaires occidentaux. Beyrouth cherche également à maintenir et développer l’aide arabe.

Les relations bilatérales élargissent la marge diplomatique du Liban

La commission des Finances et du Budget fournit un autre exemple de cette diversification. Ad Diyar et Al Sharq du 15 septembre 2026 rapportent l’approbation d’un accord de coopération militaire entre le Liban et la Turquie. Sa valeur est annoncée à cent millions de livres turques. Le dispositif doit couvrir l’échange d’expérience, l’équipement et différents besoins de l’armée. Les ministères de la Défense et le commandement militaire doivent assurer le suivi de sa mise en œuvre.

Le président Joseph Aoun utilise également ses audiences pour maintenir des liens avec la diaspora et des responsables étrangers d’origine libanaise. Ad Diyar rapporte sa rencontre avec Alice Abou Khalil, députée au Parlement du Québec. Les échanges portent sur les relations libano-canadiennes et sur leur développement dans plusieurs secteurs. La situation de la communauté libanaise au Québec et à Montréal est aussi évoquée. Cette diplomatie des communautés expatriées conserve une importance particulière pour un pays dont une grande partie des réseaux économiques et humains se trouve à l’étranger.

La dimension religieuse reste elle aussi présente. Al Binaa rapporte les échanges de l’ancien ministre Wadih Khazen avec Paul Richard Gallagher, responsable des relations du Saint-Siège avec les États. Khazen transmet ses vœux au pape Léon XIV et souligne son intérêt pour le Liban. Gallagher affirme, selon le journal, que le pays conserve une place particulière pour le Saint-Siège en raison de son modèle de coexistence et de dialogue. Il réaffirme le soutien du Vatican à l’unité, à la souveraineté et à la mission du Liban.

Ces différents canaux montrent une diplomatie libanaise engagée simultanément sur plusieurs niveaux. Paris doit servir à renforcer l’armée. Washington maintient les négociations avec Israël. La France, le Qatar et la Turquie apparaissent comme des partenaires de sécurité. Le Canada et le Vatican entretiennent d’autres dimensions du réseau international libanais. Pourtant, le dossier du Sud reste celui qui ordonne l’ensemble. Le succès de cette activité diplomatique sera mesuré à sa capacité à obtenir un retrait israélien, à empêcher de nouvelles modifications du terrain, à renforcer l’armée et à rendre possible le retour des habitants dans les régions touchées.

Politique internationale : Iran, Yémen et routes maritimes placent la région sous haute tension

Ormuz cristallise le bras de fer entre Washington et Téhéran

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran domine largement l’actualité internationale rapportée par les journaux du 15 septembre 2026. Elle dépasse désormais le face-à-face militaire. Elle touche directement les routes maritimes, les exportations d’énergie et les rapports entre Téhéran et les monarchies du Golfe. Al Arabi Al Jadid du 15 septembre 2026 consacre une large place au report de la réunion qui devait se tenir à Salalah, à Oman. Cette rencontre devait permettre à l’Iran de présenter à plusieurs États du Golfe et à l’Irak les détails d’un nouveau mécanisme maritime dans le détroit d’Ormuz, négocié entre Téhéran et Mascate. Son report montre que les divergences régionales restent importantes.

Les versions divergent sur les causes précises de cette décision. Le ministère iranien des Affaires étrangères affirme que la réunion n’a pas eu lieu à la demande de l’Arabie saoudite. Le porte-parole Esmaïl Baghaei rejette en revanche l’idée selon laquelle cette décision serait directement liée aux événements du Yémen. Il qualifie cette interprétation de trompeuse et rappelle que la crise yéménite possède des racines anciennes. Oman adopte une formulation plus prudente. Les autorités expliquent que la réunion est reportée afin de créer de meilleures conditions pour un dialogue constructif et des accords durables. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, réaffirme son engagement en faveur d’un dialogue régional capable de soutenir la stabilité. Al Arabi Al Jadid rapporte toutefois qu’un responsable d’un État du Golfe présente une autre explication. Selon lui, Riyad aurait proposé des modifications au projet irano-omanais sur Ormuz. L’Arabie saoudite craindrait que le mécanisme envisagé ne consacre un nouvel état de fait dans le détroit au bénéfice de Téhéran. Cette divergence montre que les États du Golfe veulent réduire les risques d’escalade sans reconnaître à l’Iran une capacité unilatérale à fixer les règles de circulation dans cette voie énergétique majeure.

Al Binaa du 15 septembre 2026 rapporte parallèlement l’explosion du pétrolier Al Gaya dans une zone située au sud du détroit. Selon la version du Corps des gardiens de la révolution citée par le journal, le navire aurait pénétré dans une zone interdite avant de heurter une mine. Les forces navales iraniennes affirment avoir averti auparavant des risques liés au passage concerné. La même source annonce qu’une liste de 77 navires considérés comme ne respectant pas les règles iraniennes a été établie. Ces navires pourraient faire l’objet de restrictions, d’amendes, d’immobilisations ou de saisies lors de futurs passages. Ces affirmations restent celles des autorités iraniennes. Al Binaa relève parallèlement une forte sensibilité des cours du pétrole aux développements d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Chaque attaque, restriction maritime ou perturbation d’une infrastructure augmente le risque perçu sur l’approvisionnement. La capacité de Téhéran à peser sur la circulation maritime lui donne donc un moyen de pression qui dépasse le champ militaire.

Trump maintient la pression tout en laissant ouverte la voie d’un accord

Donald Trump ajoute une dimension contradictoire à cette crise. Al Liwaa du 15 septembre 2026 rapporte que le président américain affirme que l’Iran souhaite parvenir rapidement à un accord. Il indique qu’il décidera si les États-Unis doivent s’engager dans cette voie et se dit ouvert à cette possibilité. Asharq Al-Awsat rapporte une déclaration comparable. Trump affirme que Téhéran insiste pour obtenir rapidement un accord. Il ne précise cependant pas les conditions qui permettraient une entente. Dans le même temps, il maintient un discours de puissance. Ad Diyar rapporte qu’il affirme que les États-Unis produisent et livrent de grandes quantités d’armes à leurs forces au Moyen-Orient et ailleurs. Il soutient aussi que le pétrole continue de traverser Ormuz. Il reproche à certains pays de ne pas avoir suffisamment contribué à l’effort américain et estime qu’ils devront participer à son coût.

Le dossier nucléaire reste au centre de la confrontation. Al Arabi Al Jadid du 15 septembre 2026 rapporte que Mohammad Eslami, responsable de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, n’a pas pu participer à la conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne. Téhéran accuse Washington d’avoir fait pression pour bloquer sa participation. Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, affirme pour sa part qu’Eslami figure sur une liste de sanctions et que la demande de dérogation permettant son déplacement a été rejetée. Les autorités autrichiennes indiquent avoir demandé cette dérogation au mécanisme compétent des Nations unies, sans succès. Asharq Al-Awsat rapporte également les critiques américaines concernant les obligations nucléaires iraniennes. Chris Wright reproche à Téhéran de limiter l’accès des inspecteurs aux sites nucléaires endommagés.

Les efforts de médiation restent néanmoins actifs. Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 rapporte que le Pakistan cherche à favoriser un retour au dialogue. Son représentant auprès des Nations unies affirme qu’Islamabad travaille en faveur d’un cessez-le-feu, d’une baisse des tensions et d’une reprise des négociations. Mais Washington et Téhéran continuent de diverger sur le point de départ de toute négociation. L’Iran demande la fin des mesures américaines qu’il juge illégales et la levée des sanctions. Les États-Unis réclament, eux, des garanties sur le programme nucléaire et une coopération plus complète avec les mécanismes internationaux de contrôle.

Les monarchies du Golfe tentent de contenir l’escalade régionale

Les États du Golfe multiplient les consultations. Al Arabi Al Jadid du 15 septembre 2026 rapporte des échanges entre le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelrahman Al Thani, et plusieurs de ses homologues régionaux. Les discussions concernent la réduction des tensions et la protection de la stabilité. Doha affirme soutenir les efforts permettant de préserver la liberté de navigation et d’ouvrir la voie à un accord plus large. Les ministres saoudien et émirati des Affaires étrangères, Faisal ben Farhan et Abdallah ben Zayed, insistent aussi sur la coordination entre les membres du Conseil de coopération du Golfe.

Abdallah ben Zayed échange parallèlement avec son homologue égyptien Badr Abdelatty. Les deux responsables insistent sur la sécurité de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb. L’Arabie saoudite poursuit également ses consultations militaires avec Washington. Al Quds Al Arabi et Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 rapportent la rencontre entre le prince héritier Mohammed ben Salmane et le commandant du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper. Elle intervient au moment où les opérations des Houthis replacent directement la sécurité du territoire saoudien au centre de la crise.

Riyad insiste parallèlement sur le caractère civil de son programme nucléaire. Al Arabi Al Jadid rapporte les déclarations du ministre saoudien de l’Énergie Abdelaziz ben Salmane à Vienne. Il affirme que le programme est pacifique, transparent et destiné à permettre au royaume de bénéficier de l’énergie nucléaire. Asharq Al-Awsat précise que Riyad travaille aussi sur l’exploration de ressources en uranium. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, affirme que son organisation est prête à accompagner l’Arabie saoudite dans ce processus.

Le Yémen redevient un front central de la confrontation régionale

Al Quds Al Arabi du 15 septembre 2026 rapporte que les Houthis annoncent une vaste opération contre la base aérienne du roi Khaled à Khamis Mushait, dans le sud de l’Arabie saoudite. Leur porte-parole militaire Yahya Saree affirme que des installations militaires, des hangars, des pistes, des radars et des dépôts de munitions ont été visés par des missiles balistiques et des drones. Il revendique des dommages importants. Les autorités saoudiennes ont activé des systèmes d’alerte dans les secteurs d’Abha et de Khamis Mushait avant d’annoncer la disparition du danger. Les dommages avancés par les Houthis ne sont pas confirmés indépendamment par les autres sources du corpus.

Téhéran rejette toute responsabilité directe dans les décisions militaires du mouvement. Al Quds Al Arabi rapporte qu’Esmaïl Baghaei présente Ansar Allah comme une force yéménite indépendante prenant ses décisions selon ses propres intérêts. Il affirme que l’Iran n’intervient pas dans les affaires yéménites. Cette position cherche à dissocier la stratégie iranienne des opérations conduites par le mouvement. Elle est contestée dans plusieurs autres publications, qui mettent au contraire l’accent sur les liens militaires et politiques entre Téhéran et les Houthis.

Les combats s’intensifient parallèlement autour de Taëz. Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 rapporte que les forces gouvernementales ont repris des positions dans la région de Jerdad et avancé vers Ghayl Bani Omar. Des frappes aériennes ont visé des rassemblements et des équipements houthis dans plusieurs secteurs. Les forces gouvernementales affirment avoir détruit du matériel militaire et infligé des pertes à leurs adversaires. Les Houthis répondent par des tirs sur plusieurs zones autour de Taëz.

Les autorités locales cherchent aussi à consolider leur front intérieur. Asharq Al-Awsat rapporte que le gouverneur Nabil Shamsan a rencontré des notables et des responsables locaux. Il veut renforcer la cohésion derrière les forces gouvernementales et empêcher les divisions locales de profiter aux Houthis. La situation humanitaire se détériore en parallèle. Le ministère yéménite des Droits de l’homme, cité par le journal, fait état de morts et de blessés civils ainsi que du déplacement de dizaines de milliers de personnes depuis le début de la nouvelle phase de combats. Ces données proviennent du gouvernement yéménite.

Bab el-Mandeb devient un enjeu militaire, commercial et énergétique

Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 décrit les inquiétudes suscitées par l’évolution du rapport de forces autour de Mokha, de Bab el-Mandeb et des îles de la mer Rouge. Le journal rapporte les analyses de responsables yéménites qui craignent que le contrôle de ces secteurs facilite le trafic d’armes et permette aux Houthis d’accroître leur pression sur la navigation. La question dépasse les équilibres militaires yéménites. Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden. Toute menace durable contre la navigation peut augmenter le coût du transport, des assurances et des marchandises. Elle peut également peser sur les prix de l’énergie.

Al Akhbar du 15 septembre 2026 propose une lecture très différente des capacités des Houthis. Le journal consacre un long dossier au développement de leurs moyens militaires, industriels et de renseignement. Il insiste sur l’expérience acquise pendant des années de guerre et sur la mise en place de capacités locales de production. Il décrit également le développement du renseignement, des communications et des techniques de camouflage. Le journal reconnaît une coopération étroite avec l’Iran et le Hezbollah, mais présente Ansar Allah comme un mouvement disposant d’une autonomie importante dans ses décisions.

La divergence entre les sources est nette. Al Akhbar insiste sur l’autonomie militaire et politique des Houthis. Asharq Al-Awsat souligne plutôt le risque que leur expansion maritime serve les intérêts stratégiques iraniens. Al Quds Al Arabi rapporte pour sa part à la fois les opérations revendiquées par le mouvement et le démenti iranien concernant une intervention directe dans ses décisions. Ces différences montrent combien le conflit militaire est accompagné d’une bataille sur la nature même du mouvement et de ses rapports avec Téhéran.

Gaza et la Cisjordanie restent sous forte pression

Al Quds Al Arabi du 15 septembre 2026 rapporte la poursuite d’attaques israéliennes dans la bande de Gaza malgré l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025. Le journal fait état de morts et de blessés dans plusieurs secteurs. Il décrit aussi des tirs et des bombardements autour de zones proches de la ligne de contrôle israélienne. Les structures sanitaires restent confrontées à de graves difficultés. Le manque de carburant et de ressources menace notamment le fonctionnement de plusieurs établissements.

Le journal rapporte également les données du ministère de la Santé de Gaza sur le bilan humain depuis le début de la guerre. Ces chiffres sont attribués aux autorités sanitaires locales. Des organisations de défense des droits humains dénoncent aussi des attaques contre d’anciens prisonniers palestiniens libérés lors d’échanges. Le secteur agricole reste très durement touché. Un rapport du ministère de l’Agriculture de Gaza cité par Al Quds Al Arabi affirme qu’une grande majorité des terres agricoles a subi des dommages.

En Cisjordanie, Al Quds Al Arabi cite B’Tselem. L’organisation israélienne accuse les autorités de mener une politique visant à démanteler progressivement la présence collective palestinienne. Elle évoque les déplacements de communautés, la pression sur l’économie, les violences et les difficultés liées à l’accès aux terres. Le journal rapporte également que certains pays européens envisagent de renforcer les sanctions contre les relations commerciales avec les colonies israéliennes.

La question de la colonisation touche aussi les Palestiniens citoyens d’Israël. Al Arabi Al Jadid et Al Quds Al Arabi du 15 septembre 2026 rapportent les inquiétudes provoquées par une nouvelle implantation dans la région de Majd al-Krum, en Galilée. Des responsables locaux y voient une tentative de reproduire des méthodes utilisées en Cisjordanie. Les habitants et les responsables politiques cherchent à organiser une réponse juridique et populaire.

La Syrie confrontée à la colère sociale après la hausse des carburants

Al Quds Al Arabi du 15 septembre 2026 rapporte des manifestations dans plusieurs provinces syriennes après la hausse du prix des carburants. Les augmentations concernent notamment l’essence, le gazole et le gaz domestique. Des routes sont bloquées à Raqqa, Hassaké, Deir ez-Zor ainsi que dans le nord d’Alep. Des manifestants tentent également de perturber la circulation des marchandises et des produits pétroliers.

Asharq Al-Awsat confirme l’élargissement de la contestation. Le journal rapporte des fermetures de routes et des perturbations du trafic des camions et des citernes. Le Conseil du peuple prévoit une audition du ministre de l’Énergie après une demande formulée par plus de cinquante députés. Les manifestations prennent une portée politique particulière. Elles se déroulent dans plusieurs régions considérées comme faisant partie de la base sociale des nouvelles autorités.

La hausse du carburant agit comme un multiplicateur des difficultés. Elle affecte les transports, les coûts de production et le prix des produits de première nécessité. Les manifestations traduisent donc un décalage entre les attentes nées des changements politiques et les résultats économiques ressentis par la population. Le dossier dépasse rapidement la seule politique énergétique et devient une épreuve pour la capacité des autorités syriennes à répondre aux attentes sociales.

L’Irak tente de contenir les factions tout en diversifiant ses alliances

Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 rapporte que le dossier des armes détenues par les factions irakiennes reste sans solution rapide. Selon les sources du journal, certaines formations accepteraient un engagement de non-utilisation de leurs armes sans consentir à leur remise immédiate. Les négociations pourraient s’étendre jusqu’au début de 2028. Le journal présente cette formule comme une difficulté majeure pour le gouvernement, car elle reporte l’établissement d’un monopole complet des armes par l’État.

Al Binaa du 15 septembre 2026 rapporte parallèlement la visite à Paris du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi et sa rencontre avec Emmanuel Macron. Le responsable irakien affirme que son pays ne permettra pas que son territoire devienne une base pour menacer les États voisins ou régler des comptes entre puissances régionales et internationales. Il soutient en revanche que Bagdad peut utiliser ses canaux avec plusieurs acteurs afin de contribuer à la réduction des tensions.

La coopération avec la France porte également sur l’énergie et la défense. Al Binaa rapporte que TotalEnergies et le gouvernement irakien doivent engager des discussions sur des projets énergétiques de grande ampleur. Ils visent notamment à augmenter la production pétrolière et à améliorer la maîtrise des ressources énergétiques. Paris et Bagdad se sont aussi entendus sur une feuille de route concernant de futurs achats d’armements français. Cette coopération illustre la volonté irakienne de diversifier ses partenaires tout en conservant une marge de manœuvre entre les différents blocs régionaux.

Le Soudan subit une nouvelle extension des attaques de drones

La guerre soudanaise demeure un autre foyer majeur. Al Quds Al Arabi du 15 septembre 2026 rapporte une attaque de drones des Forces de soutien rapide contre Damazin, capitale de l’État du Nil Bleu, proche de la frontière éthiopienne. Des habitants disent avoir entendu des explosions. Les autorités locales affirment que les défenses de l’armée ont intercepté les drones et que la situation est sous contrôle. Elles ne signalent pas de bilan humain précis dans les informations rapportées.

Cette attaque montre l’extension géographique du conflit. Damazin se situe loin de plusieurs des fronts qui ont dominé les premières phases de la guerre. Le recours aux drones permet désormais aux belligérants de toucher des zones plus éloignées. Cette évolution accroît les risques pour les infrastructures et les populations civiles.

La situation humanitaire devient parallèlement critique. Al Quds Al Arabi rapporte l’avertissement de l’Organisation internationale pour les migrations. Celle-ci estime que le système permettant à plus d’une centaine d’organisations non gouvernementales de distribuer des aides au Soudan pourrait s’effondrer en quelques semaines faute de financement. Sa directrice générale, Amy Pope, avertit que l’absence de nouveaux fonds empêcherait l’acheminement des secours vers les zones où les besoins augmentent.

Économie : restructuration bancaire, retour du crédit au logement et financement international au cœur des fragilités libanaises

Le Fonds monétaire revient à Beyrouth avec le dossier bancaire au premier plan

La visite d’une délégation du Fonds monétaire international constitue le principal rendez-vous économique libanais du 15 septembre 2026. Al Sharq du 15 septembre 2026 indique que la mission commence ses réunions ce jour-là et doit rester au Liban jusqu’au 18 septembre. Le ministère des Finances doit servir de centre aux discussions. Les représentants du Fonds doivent rencontrer les administrations et les organismes publics concernés par les dossiers financiers, économiques et les réformes. Cette visite intervient alors que les autorités libanaises restent confrontées aux conséquences de la crise bancaire et à la nécessité de définir les règles de restructuration du secteur. Le calendrier donne aussi à cette mission une portée politique. Elle commence au moment où le Parlement s’apprête à examiner le bilan du gouvernement de Nawaf Salam et où les questions économiques et sociales doivent occuper une grande partie des débats.

Al Akhbar du 15 septembre 2026 place la restructuration bancaire au centre de son édition. Selon les informations recueillies par le journal, une nouvelle formule serait discutée avec le Fonds monétaire. Elle porterait sur la gouvernance des banques qui devront être restructurées. Al Akhbar explique que le Fonds avait envisagé un mécanisme permettant de placer chaque établissement concerné sous une direction temporaire disposant de pouvoirs importants. Cependant, une solution intermédiaire serait désormais étudiée. Elle consisterait à nommer dans chaque banque un responsable chargé du contrôle ou de la coordination. Celui-ci ne disposerait pas de l’ensemble des pouvoirs d’un administrateur temporaire. Son rôle serait plutôt de surveiller l’établissement et d’assurer la coordination avec la Banque du Liban.

Cette différence est loin d’être technique. Elle touche directement à la question de savoir qui dirigera les banques pendant leur restructuration. Al Akhbar présente les discussions comme le résultat d’un rapport de forces entre le Fonds monétaire, les propriétaires des banques et la Banque du Liban. Selon le journal, le Fonds cherche à restructurer le secteur tout en éloignant les propriétaires actuels de la direction des établissements transformés. Les banques chercheraient au contraire à préserver une partie de leurs capitaux et de leur influence. Le quotidien considère que la question de la responsabilité des dirigeants constitue l’un des points les plus sensibles de ce processus. Cette présentation correspond à l’analyse et aux sources d’Al Akhbar. Elle ne doit pas être confondue avec une décision officiellement annoncée par le Fonds monétaire.

Le choix d’un responsable de surveillance plutôt que d’un administrateur disposant de pouvoirs exécutifs pourrait donc représenter un compromis. Le premier contrôlerait la mise en œuvre des décisions et les relations avec la Banque du Liban sans prendre directement la direction de l’établissement. Pour les banques, cette formule limiterait le transfert de pouvoir. Pour le Fonds, elle pourrait créer un mécanisme de surveillance permanent. Cependant, les informations disponibles ne permettent pas encore d’affirmer que cette formule sera définitivement adoptée. Elle doit précisément faire partie des discussions conduites pendant la mission internationale.

La visite du Fonds remet également au premier plan les conditions nécessaires à une normalisation financière. Le gouvernement doit montrer qu’il peut avancer sur les réformes tout en répondant aux préoccupations sociales. Le secteur bancaire reste essentiel à cette équation. Sans banques capables de reprendre une activité normale, le financement des entreprises, de l’investissement et des ménages restera limité. Pourtant, une restructuration qui ne règle pas la question des pertes et des responsabilités risquerait aussi de prolonger la défiance. Les discussions de septembre portent donc sur la structure future du système autant que sur ses comptes.

Le crédit au logement pourrait reprendre en 2027 avec un plafond de 100 000 dollars

Ad Diyar du 15 septembre 2026 met en avant un dossier qui touche directement les ménages : le retour annoncé des prêts de la Fondation publique du logement au début de 2027. Le journal indique que le plafond du prêt devrait atteindre 100 000 dollars. Le sujet est important car le crédit immobilier a été l’une des principales victimes de la crise financière. Pendant des années, l’accès au logement avait largement reposé sur des mécanismes de prêts aidés. Leur disparition a laissé de nombreux ménages sans possibilité réaliste de financer l’achat d’une résidence.

Le retour annoncé de ces prêts représente donc un premier signe de réapparition du crédit à long terme. Cependant, le montant maximal de 100 000 dollars doit être lu à la lumière du marché immobilier et des revenus. Le principal problème n’est pas seulement le plafond disponible. Il concerne aussi la capacité des ménages à rembourser régulièrement un emprunt sur plusieurs années. Le système ne peut fonctionner durablement que si les revenus deviennent plus prévisibles et si les mécanismes de financement disposent de ressources stables.

Ad Diyar place ce dossier parmi ses principaux sujets économiques, ce qui souligne sa portée sociale. Le logement ne relève pas seulement de l’immobilier. Il touche la stabilité familiale, le maintien des jeunes au Liban et la possibilité pour les classes moyennes de se constituer un patrimoine. Le retour du crédit pourrait aussi avoir des effets sur plusieurs secteurs liés à la construction. Une reprise, même limitée, peut soutenir les transactions immobilières, les travaux, les services techniques et les activités liées à l’équipement des logements.

Toutefois, la reprise annoncée pour 2027 ne signifie pas un retour au modèle financier d’avant la crise. Le secteur bancaire reste en restructuration et la capacité de l’État à subventionner durablement le crédit demeure limitée. Le nouveau dispositif devra donc fonctionner dans un environnement très différent. Les détails du financement, des conditions d’éligibilité et des mécanismes de remboursement seront déterminants. Les sources du 15 septembre permettent d’établir le calendrier envisagé et le plafond annoncé, mais elles ne suffisent pas à présenter comme acquises toutes les modalités futures du programme.

Un prêt de 250 millions de dollars doit renforcer les réseaux énergétiques

La commission des Finances et du Budget a parallèlement approuvé un financement de 250 millions de dollars destiné au secteur énergétique. Al Sharq du 15 septembre 2026 indique que le projet doit permettre de renforcer les réseaux de transport et de distribution et de moderniser des installations et équipements qui ont besoin d’être réhabilités. La réunion s’est tenue sous la présidence d’Ibrahim Kanaan, en présence notamment du ministre des Finances Yassine Jaber et du directeur général d’Électricité du Liban, Kamal Hayek.

Le dossier énergétique est particulièrement sensible pour l’économie libanaise. Le mauvais état des réseaux augmente les coûts supportés par les ménages et les entreprises. Il réduit également la compétitivité de l’industrie et des services. Les investissements dans les infrastructures peuvent donc avoir un effet plus large que la seule amélioration de l’alimentation électrique. Ils peuvent réduire les pertes, améliorer la fiabilité des équipements et limiter certains coûts de production.

Ibrahim Kanaan a néanmoins demandé un rapport d’exécution détaillé sur les projets réalisés avec la Banque mondiale. Il critique la lenteur de certaines procédures. Selon les propos rapportés par Al Sharq, le Parlement ne doit pas être automatiquement tenu pour responsable de tous les retards. Kanaan estime que les textes transmis à la Chambre sont souvent examinés dans des délais raisonnables. Il attribue une partie des lenteurs aux procédures des organismes internationaux ainsi qu’aux modifications et aux demandes successives qui accompagnent les financements.

Cette critique pose la question de l’efficacité des prêts internationaux. Le montant annoncé ne suffit pas à mesurer l’effet économique d’un programme. Le rythme des décaissements, le calendrier des travaux et la capacité des administrations à les exécuter sont tout aussi importants. Kanaan demande donc de revoir le coût des emprunts et d’identifier clairement ce qui a déjà été exécuté. Il critique les programmes dont la signature intervient plusieurs années avant leur mise en œuvre complète. Pour les finances publiques, cette question est importante car un prêt génère des obligations alors même que son effet économique peut être retardé.

Le financement énergétique devient ainsi un test de la nouvelle relation entre le Liban et ses bailleurs. Les autorités ont besoin de capitaux étrangers pour réhabiliter les infrastructures. Les organismes internationaux exigent en retour des procédures de contrôle, des réformes et des garanties. Entre ces deux impératifs, les délais peuvent devenir très longs. La capacité du gouvernement à accélérer l’exécution sans réduire les contrôles sera donc l’un des critères permettant de mesurer l’efficacité de ce financement.

Le programme Aman cherche 200 millions de dollars supplémentaires

La protection sociale constitue un autre volet économique majeur. Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte une réunion entre la ministre des Affaires sociales Hanine Sayed et des députés de Tripoli, du Akkar et de Miniyeh-Denniyeh. Les discussions portent principalement sur le programme Aman et sur les conditions permettant aux familles les plus vulnérables d’y accéder. La continuité du financement est présentée comme la question centrale.

Hanine Sayed demande l’approbation d’un financement supplémentaire de 200 millions de dollars de la Banque mondiale. Le texte doit encore être soumis à l’assemblée générale du Parlement. Selon la ministre, ce financement est nécessaire pour assurer la continuité d’Aman et élargir le nombre de familles couvertes. Elle présente le programme comme une priorité nationale de la protection sociale.

Cette demande montre que la crise libanaise continue d’exiger des mécanismes d’assistance de grande ampleur. Les réformes financières et bancaires ne peuvent produire des effets immédiats pour les familles les plus fragiles. Le gouvernement doit donc maintenir des programmes de soutien pendant que les réformes structurelles progressent. Cette coexistence entre aide sociale et transformation économique représente un défi budgétaire. Une partie importante des mécanismes repose encore sur des financements internationaux.

La réunion porte aussi sur les centres de services sociaux du ministère à Tripoli, au Akkar et à Miniyeh-Denniyeh. Al Sharq fait état de difficultés concernant les bâtiments, les équipements, les ressources humaines et le fonctionnement. Les besoins augmentent alors que les structures chargées de fournir les services restent fragiles. La protection sociale ne dépend donc pas uniquement du montant des aides versées. Elle repose également sur la capacité administrative à identifier les bénéficiaires, traiter les dossiers et assurer des services locaux.

L’enjeu est aussi territorial. Les régions du Nord figurent parmi celles où les pressions économiques et sociales sont fortes. L’élargissement d’Aman pourrait réduire une partie de la vulnérabilité, mais il ne constitue pas une politique de développement régional. Le programme apporte un filet de sécurité. Il ne remplace ni la création d’emplois ni l’amélioration des services publics. Les discussions rapportées par Al Sharq montrent ainsi deux niveaux de réponse : maintenir l’aide immédiate et remettre en état les structures capables de fournir des services plus durables.

Le budget devient l’un des principaux tests du gouvernement Salam

Le gouvernement prépare parallèlement son projet de budget. Al Binaa et Al Sharq du 15 septembre 2026 rapportent que Nawaf Salam a présidé une réunion ministérielle consacrée aux différents postes du texte. Le ministre de l’Information Paul Morcos indique que l’examen doit se poursuivre lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres afin d’achever le projet.

Cette préparation intervient dans un climat politiquement difficile. La séance parlementaire de mise en cause du gouvernement doit consacrer une place importante aux conditions de vie, aux recettes publiques et aux réformes. Les choix budgétaires seront donc examinés à travers deux exigences contradictoires. L’État doit augmenter ses ressources et financer ses institutions. Mais les ménages et les entreprises supportent déjà une forte pression économique.

Al Liwaa du 15 septembre 2026 indique que les augmentations de taxes et de redevances prévues dans le budget 2027 devraient également être observées dans le cadre des discussions avec le Fonds monétaire. Cette articulation entre le budget et la mission du Fonds renforce la sensibilité politique du dossier. Une augmentation des recettes peut contribuer à réduire les déséquilibres publics. Mais elle peut aussi accroître le coût de la vie lorsqu’elle repose sur des taxes indirectes ou des frais payés par les usagers.

Le débat parlementaire doit donc mesurer la capacité du gouvernement à construire un budget qui ne soit pas seulement comptable. Plusieurs forces politiques reprochent déjà à l’exécutif l’absence d’amélioration suffisamment visible des conditions sociales. Al Binaa rapporte ainsi que le Parti syrien national social dénonce la hausse continue des prix et l’absence de réponses qu’il juge suffisantes. Le parti estime que la crise du coût de la vie a atteint un niveau qui menace la sécurité sociale du pays.

Le budget devient ainsi un instrument permettant de juger la politique économique de Nawaf Salam. Il devra préciser les priorités de dépenses, les recettes et les moyens de financer les services. Il devra également être compatible avec les réformes négociées avec les institutions internationales. Enfin, il devra répondre à une population dont le pouvoir d’achat reste fortement affaibli. Ces trois contraintes rendent l’exercice particulièrement difficile.

Le travail et les entreprises restent fragilisés par les conséquences du conflit

Al Binaa du 15 septembre 2026 rapporte les déclarations du ministre du Travail Mohammad Haidar lors de la Conférence arabe du travail au Caire. Le ministre estime qu’il est impossible d’examiner la situation de l’emploi indépendamment de la situation générale du Liban. Il affirme que les opérations israéliennes ont provoqué des dommages humains et économiques importants. Des entreprises, des usines, des hôpitaux et des infrastructures ont été touchés.

Haidar insiste sur le lien entre destruction matérielle et emploi. Lorsqu’une entreprise ou une usine est frappée, la perte ne concerne pas seulement les bâtiments. Elle touche les salariés, les familles, les revenus et les cycles de production. Le ministre affirme ainsi que protéger l’économie libanaise revient également à protéger les travailleurs et les employeurs. Il demande aux pays arabes d’aider le Liban à préserver ses institutions, ses emplois et sa capacité de production.

Son discours cherche aussi à dépasser l’opposition traditionnelle entre salariés et entreprises. Il présente les deux parties comme des partenaires d’un même processus productif. Le ministère doit protéger les droits et la dignité du travailleur, mais aussi aider les entreprises à survivre et à préserver les emplois. Haidar indique que son ministère travaille au renforcement du dialogue entre l’État, les travailleurs et les employeurs.

Le ministre affirme par ailleurs que la crise ne doit pas servir de prétexte à l’arrêt des réformes. Il évoque le développement de la protection sociale, la modernisation des services du ministère, l’amélioration de la gouvernance et la transformation numérique. Cette approche complète les programmes d’assistance comme Aman. L’objectif affiché est de construire des institutions sociales capables de fonctionner au-delà des aides d’urgence.

La question du travail rejoint directement celle de la reconstruction. Les destructions dans le Sud réduisent les capacités de production locales et fragilisent les entreprises. La reconstruction ne représente donc pas seulement une dépense immobilière ou publique. Elle peut devenir un outil de reprise économique si elle permet aux commerces, aux exploitations agricoles et aux entreprises de reprendre leur activité. À l’inverse, tout retard prolonge la perte de revenus et augmente la dépendance à l’aide.

La flambée du pétrole menace de transmettre la crise régionale aux prix libanais

Annahar du 15 septembre 2026 consacre une analyse aux conséquences de la hausse du pétrole. Le journal indique que le prix du baril de Brent s’est rapproché de 107 dollars à la mi-septembre sous l’effet des tensions régionales et des risques sur les approvisionnements. Cette hausse ne se limite pas au prix payé à la pompe. Le coût de l’énergie entre dans les transports, l’électricité, l’industrie et l’agriculture. Il se transmet ensuite aux prix des produits alimentaires, des biens et des services.

Cette transmission est particulièrement importante pour le Liban. Le pays dépend fortement des importations d’énergie. Une augmentation durable du pétrole renchérit donc directement la facture des entreprises et des ménages. Elle peut également augmenter les besoins en devises nécessaires aux importations. Dans une économie encore marquée par une crise bancaire et monétaire profonde, cette pression extérieure peut compliquer le redressement.

Les tensions autour d’Ormuz et de Bab el-Mandeb constituent donc aussi une question économique libanaise. Une perturbation des routes maritimes augmente les coûts du transport et des assurances. Même lorsque les marchandises continuent d’arriver, leur prix peut augmenter. La hausse se transmet ensuite aux entreprises importatrices puis aux consommateurs.

Cette situation réduit aussi la marge du gouvernement. Une augmentation des taxes ou des redevances au moment où les coûts de l’énergie progressent peut renforcer la pression sur le pouvoir d’achat. À l’inverse, une politique de subventions générales pèserait lourdement sur les finances publiques. Le budget 2027 devra donc être élaboré dans un environnement où une grande partie des variables énergétiques échappe au contrôle des autorités libanaises.

Les banques libanaises cherchent à préserver leur présence dans le paysage financier régional

Ad Diyar du 15 septembre 2026 accorde également une place au secteur bancaire libanais dans un cadre régional. Le journal annonce la participation de dirigeants bancaires à une rencontre de l’Union internationale des banquiers arabes à Istanbul et mentionne plusieurs responsables distingués. Cet événement intervient au moment où le secteur bancaire libanais tente de redéfinir sa place après des années de crise.

La présence de professionnels libanais dans les rencontres bancaires régionales montre que le secteur conserve des réseaux et une expertise. Elle ne signifie cependant pas que les problèmes structurels sont réglés. Au Liban, la priorité reste la restructuration, la gouvernance et la restauration de la confiance. Les discussions avec le Fonds monétaire sur la direction des banques restructurées montrent au contraire que les questions fondamentales restent ouvertes.

Le contraste est donc net entre la dimension régionale du secteur et sa situation intérieure. Les banques libanaises ont longtemps occupé une place importante dans les échanges financiers arabes. La crise a fortement réduit cette fonction. Pour la retrouver, elles devront démontrer que les nouveaux établissements disposent de capitaux suffisants, d’une gouvernance crédible et de règles permettant de protéger les déposants et de reprendre le financement de l’économie.

La mission du Fonds monétaire, le retour envisagé du crédit au logement, le financement de l’énergie et l’extension du programme Aman montrent ainsi plusieurs économies libanaises superposées. Le secteur financier cherche encore son modèle après la crise. Les ménages attendent le retour du crédit. L’État dépend de financements internationaux pour ses infrastructures et sa protection sociale. Les entreprises subissent les conséquences du conflit et du coût de l’énergie. C’est dans cet environnement que le gouvernement doit préparer son budget et défendre son bilan économique devant le Parlement.

Justice : le recours contre l’amnistie générale ravive la crise des prisons et le débat constitutionnel

La suspension de l’amnistie provoque un mouvement de colère à Roumieh

Le dossier de l’amnistie générale domine très nettement l’actualité judiciaire libanaise du 15 septembre 2026. Asharq Al-Awsat consacre un long développement à la décision du Conseil constitutionnel de suspendre l’application de la loi dans l’attente de l’examen du recours déposé par le bloc du Liban fort, présidé par Gebran Bassil. Cette suspension a provoqué une réaction immédiate à la prison de Roumieh. Des détenus islamistes ont commencé une grève ouverte de la faim et de la boisson. Ils ont également annoncé qu’ils cesseraient de prendre leurs médicaments, y compris pour certains détenus atteints de maladies chroniques. Le mouvement s’est ensuite étendu à l’ensemble des détenus du bâtiment B, selon les informations rapportées par le journal. La contestation transforme ainsi un recours constitutionnel en crise carcérale susceptible d’avoir des conséquences sanitaires et sécuritaires.

Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 explique que les détenus tiennent les forces politiques qui ont contribué au blocage de l’amnistie pour responsables des conséquences de leur mouvement. Ils dénoncent leurs longues années de détention et affirment que certains d’entre eux ont été privés pendant des années de la possibilité d’élever leurs enfants et de vivre auprès de leurs familles. Dans leur déclaration, ils refusent surtout que leur situation devienne un instrument des affrontements politiques. Ils demandent que leur dossier soit traité comme une question judiciaire et humaine. Ils appellent également à des mobilisations populaires à Beyrouth et dans les différentes régions du pays.

La grève ne concerne pas uniquement les détenus islamistes. Une source sécuritaire citée par Asharq Al-Awsat affirme que tous les détenus du bâtiment B ont rejoint le mouvement à partir du dimanche soir. Cette extension modifie la nature de la protestation. Elle ne peut plus être réduite à une revendication portée par une seule catégorie de prisonniers. Elle remet au premier plan l’ensemble du problème carcéral : surpopulation, lenteur des procès, durée des détentions et difficultés de l’administration pénitentiaire. Le recours contre l’amnistie devient ainsi le déclencheur d’une contestation qui exprime des problèmes plus anciens.

Le porte-parole des détenus, cheikh Omar al-Atrash, présente la grève comme une action pacifique. Asharq Al-Awsat rapporte qu’il refuse que le dossier de l’amnistie passe d’une question humaine destinée à traiter la surpopulation carcérale et la lenteur des procédures à une bataille politique ou communautaire. Il rappelle que la loi avait bénéficié, selon lui, d’un large accord politique et de la signature des trois présidents. Il considère donc le recours comme une remise en cause de ce compromis. Cette lecture est celle du représentant des détenus. Le recours devant le Conseil constitutionnel relève, pour sa part, d’une procédure prévue par le système institutionnel libanais.

Le Conseil constitutionnel doit trancher une question qui dépasse le sort des détenus

La suspension de la loi ne signifie pas son annulation. Al Sharq du 15 septembre 2026 publie une analyse juridique consacrée à la portée du recours et aux arguments qui doivent être examinés par le Conseil constitutionnel. Le juriste Oussama al-Arab distingue plusieurs questions. L’une des plus importantes concerne la valeur des motifs qui accompagnent une loi. Ces motifs peuvent aider à comprendre l’objectif poursuivi par le législateur. Ils n’ont toutefois pas nécessairement la même force juridique que les dispositions adoptées.

Cette distinction a une conséquence directe pour le recours. Selon l’analyse publiée par Al Sharq, l’existence éventuelle d’une formulation contestable dans les motifs de la loi ne suffit pas automatiquement à rendre l’ensemble du texte contraire à la Constitution. Le contrôle constitutionnel porte principalement sur les normes effectivement créées par le législateur. Pour entraîner une annulation, une irrégularité invoquée dans les motifs doit donc se traduire dans le contenu juridique de la loi elle-même.

Le débat concerne également la séparation des pouvoirs. Le recours peut soulever la question de savoir si le Parlement a dépassé son rôle en intervenant dans des situations qui relèvent normalement de l’administration ou de la justice. Mais Al Sharq rappelle que le système libanais n’organise pas une séparation totalement étanche entre les pouvoirs. Il repose aussi sur leur équilibre et leur coopération. Une loi ayant des conséquences sur des décisions administratives ou judiciaires n’est donc pas automatiquement inconstitutionnelle.

L’amnistie possède en outre une nature particulière. Elle relève précisément du pouvoir législatif et entraîne par définition des effets sur les poursuites et les peines. Il serait donc insuffisant de constater que la loi modifie les conséquences d’une procédure judiciaire pour conclure que le Parlement a usurpé les fonctions de la justice. Le Conseil constitutionnel doit déterminer si le législateur a établi une règle générale ou s’il a, au contraire, utilisé la loi pour intervenir dans des décisions individuelles d’une manière incompatible avec la séparation des pouvoirs.

Cette distinction est essentielle. Si le texte vise directement certaines décisions administratives ou judiciaires particulières et se substitue à l’autorité compétente, un problème constitutionnel pourrait se poser. Si le Parlement a adopté une norme générale qui produit ensuite des effets sur des situations existantes, l’analyse est différente. Le débat porte donc moins sur le principe même de l’amnistie que sur sa construction juridique.

Égalité devant la loi et proportionnalité au cœur du recours

Al Sharq du 15 septembre 2026 identifie l’égalité comme l’un des arguments les plus sérieux du débat. Une amnistie générale constitue nécessairement une exception au fonctionnement ordinaire de la justice pénale. Elle efface ou modifie les conséquences de certaines infractions. Elle doit donc reposer sur des critères suffisamment objectifs pour ne pas devenir un privilège accordé à des personnes déterminées.

Cependant, l’égalité devant la loi n’impose pas de traiter toutes les situations de manière strictement identique. Le législateur peut créer des catégories différentes lorsqu’une justification objective existe. La question posée au Conseil constitutionnel n’est donc pas simplement de savoir si certains détenus bénéficient de l’amnistie tandis que d’autres en sont exclus. Il faut déterminer si les distinctions retenues reposent sur un critère rationnel et proportionné à l’objectif de la loi.

Le contrôle de proportionnalité prend ici une importance particulière. Une amnistie peut poursuivre plusieurs objectifs. Elle peut chercher à résoudre une crise carcérale, à fermer certains dossiers hérités de périodes de conflit ou à répondre à une situation politique exceptionnelle. Mais les catégories choisies doivent rester cohérentes avec cet objectif. Si les exceptions ou les bénéficiaires sont définis d’une manière arbitraire, le texte peut devenir vulnérable devant le juge constitutionnel.

L’analyse publiée par Al Sharq laisse également ouverte la possibilité d’une solution intermédiaire. Le Conseil constitutionnel n’est pas nécessairement placé devant un choix entre validation totale et annulation complète. Si certaines dispositions sont jugées contraires à la Constitution mais qu’elles peuvent être séparées du reste du texte, une intervention plus limitée reste juridiquement envisageable. Le sort de la loi dépendra donc de la nature des irrégularités éventuellement constatées et de leur place dans son économie générale.

Cette dimension explique pourquoi la suspension provoque autant d’incertitude. Les détenus et leurs familles avaient interprété l’adoption de l’amnistie comme la perspective d’une sortie prochaine. Le recours remet cette perspective en attente sans permettre de savoir si le texte sera finalement confirmé, corrigé ou annulé. La temporalité judiciaire entre alors en conflit avec l’urgence ressentie dans les prisons.

La surpopulation et la lenteur des procès reviennent au centre du dossier

Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 souligne que la colère de Roumieh ne peut être comprise indépendamment de la crise générale des prisons. Les détenus présentent l’amnistie comme une réponse à la surpopulation et à la lenteur des procédures. Leur mouvement vise donc aussi à attirer l’attention sur les conditions de détention et sur le temps passé derrière les barreaux avant l’issue définitive de certains dossiers.

Le refus de nourriture, de boisson et de médicaments fait peser une responsabilité supplémentaire sur l’administration. Les Forces de sécurité intérieure sont chargées de la gestion des prisons. Une dégradation de l’état de santé des grévistes pourrait transformer une contestation judiciaire en urgence humanitaire. Asharq Al-Awsat estime que le mouvement fait également craindre le retour de tensions dans les établissements pénitentiaires.

Le problème du temps judiciaire apparaît dans les déclarations des détenus. Ils évoquent des années de détention et des familles durablement séparées. Leur porte-parole place explicitement la lenteur des procès parmi les raisons pour lesquelles l’amnistie est, selon lui, nécessaire. Cette argumentation ne tranche évidemment pas la question de la responsabilité pénale individuelle. Elle met en évidence une autre interrogation : jusqu’où une amnistie peut-elle servir à compenser les faiblesses structurelles du fonctionnement judiciaire ?

Une amnistie peut libérer des places et mettre fin à certaines poursuites. Elle ne réforme pas, à elle seule, les mécanismes qui produisent la surpopulation. Si la durée des procédures reste excessive et si les infrastructures pénitentiaires demeurent insuffisantes, les mêmes difficultés peuvent réapparaître. Le mouvement de Roumieh révèle donc un problème plus large que le texte contesté. Le débat judiciaire porte sur la constitutionnalité de la loi, tandis que la crise carcérale porte sur la capacité de l’État à juger et à détenir dans des conditions acceptables.

Le dossier devient un nouvel objet de confrontation communautaire et politique

La loi d’amnistie se trouve désormais prise dans une confrontation politique. Le bloc du Liban fort a utilisé son droit de saisir le Conseil constitutionnel. Les détenus et leurs représentants dénoncent cette démarche. Asharq Al-Awsat rapporte que cheikh Omar al-Atrash insiste sur le soutien dont la loi aurait bénéficié dans la communauté sunnite et parmi différentes forces politiques. Il interprète le recours comme une remise en cause d’un accord qui dépassait, selon lui, les clivages habituels.

Cette lecture montre précisément le risque d’une communautarisation du dossier. Un débat qui devrait porter sur les infractions couvertes, les critères de l’amnistie et les principes constitutionnels peut rapidement devenir une confrontation entre groupes politiques et communautés. Les détenus eux-mêmes affirment refuser cette transformation. Pourtant, leur appel au soutien populaire et leurs références au consensus politique montrent que le dossier est déjà sorti du seul champ judiciaire.

Al Liwaa du 15 septembre 2026 rapporte les propos du député Mohammad Sleiman sur l’amnistie. Celui-ci affirme que les personnes concernées demandent « un droit et la justice » et refusent de rester victimes d’une injustice. Il insiste toutefois sur le recours au droit et sur l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Cette position associe soutien politique à l’amnistie et reconnaissance de la procédure constitutionnelle en cours.

Le Parlement pourrait également faire de l’amnistie l’un des sujets de la mise en cause du gouvernement. Al Joumhouria du 15 septembre 2026 cite l’amnistie générale parmi les thèmes susceptibles d’être soulevés pendant la séance parlementaire. Le dossier passe donc simultanément par trois espaces : le Conseil constitutionnel, les prisons et le Parlement. Chacun obéit à une logique différente. Le juge doit contrôler la conformité du texte. Les détenus exercent une pression par leur grève. Les responsables politiques cherchent à défendre ou contester le compromis ayant conduit à l’adoption de la loi.

L’amnistie pose la question de la frontière entre solution politique et justice pénale

Le débat actuel met en évidence la nature particulière de l’amnistie générale. Une grâce individuelle intervient sur une peine dans un cas particulier. Une amnistie générale procède d’une décision législative et modifie les conséquences juridiques attachées à des catégories d’infractions. Elle possède donc une dimension politique inévitable. Mais cette dimension ne permet pas au législateur d’échapper aux principes constitutionnels.

L’analyse publiée par Al Sharq du 15 septembre 2026 insiste précisément sur cette tension. Le Parlement dispose du pouvoir de voter une amnistie. Toutefois, il doit respecter l’égalité, la séparation des pouvoirs et la proportionnalité. Une volonté de compromis politique ne suffit pas à protéger un texte contre le contrôle constitutionnel. À l’inverse, l’existence d’un effet politique ne suffit pas à rendre l’amnistie illégitime.

Le Conseil constitutionnel doit donc examiner la structure précise de la loi. Il lui appartient de déterminer si les catégories retenues reposent sur des critères objectifs. Il doit aussi vérifier si le Parlement est resté dans son domaine législatif. Enfin, il doit distinguer les dispositions normatives des motivations politiques qui ont accompagné l’adoption du texte.

Cette procédure peut sembler abstraite face à la grève de Roumieh. Elle reste pourtant essentielle. La pression créée par la situation carcérale ne peut remplacer l’examen juridique. De même, le recours constitutionnel ne peut faire disparaître les problèmes concrets que les détenus mettent en avant. Le dossier impose ainsi à l’État de traiter deux urgences en même temps : garantir la conformité de la loi à la Constitution et empêcher que les prisons ne deviennent le lieu d’une nouvelle crise humaine et sécuritaire.

Les détenus menacent d’élargir la mobilisation hors des prisons

La déclaration des prisonniers rapportée par Asharq Al-Awsat du 15 septembre 2026 ne limite pas le mouvement aux établissements pénitentiaires. Elle appelle à des manifestations dans Beyrouth et dans différentes régions libanaises. Les détenus demandent à leurs familles et à leurs soutiens de défendre ce qu’ils présentent comme une cause juste. Ils lancent également un appel au peuple syrien afin qu’il soutienne leur mouvement, en invoquant une expérience commune face aux injustices qu’ils dénoncent.

Cet appel montre que le dossier peut rapidement devenir un problème d’ordre public. La grève interne exerce une pression sur l’administration pénitentiaire. Une mobilisation extérieure exercerait une pression politique sur le gouvernement, le Parlement et les forces ayant déposé le recours. Plus le délai de décision du Conseil constitutionnel se prolonge, plus le risque existe que la question judiciaire soit dominée par la mobilisation de rue.

Le recours place également le gouvernement dans une position délicate. Il n’appartient pas à l’exécutif de dicter sa décision au Conseil constitutionnel. En revanche, l’État reste responsable de la sécurité et de la santé des détenus. Il doit donc gérer les conséquences d’une suspension qu’il ne peut simplement annuler par décision administrative. Cette séparation des rôles est fondamentale dans un dossier où chaque acteur politique tente de peser sur l’issue.

La décision finale du Conseil constitutionnel déterminera le sort immédiat de la loi. Elle ne réglera toutefois pas automatiquement les problèmes révélés par la contestation. Les longues détentions dénoncées par les prisonniers, la lenteur des procédures et la surpopulation resteront des dossiers judiciaires et administratifs. L’amnistie peut modifier le nombre de personnes détenues. Elle ne remplace pas une réforme du fonctionnement des tribunaux et du système carcéral.

Société : les Libanais pris entre coût de la vie, fragilité sociale et conséquences durables de la guerre

Dans le Sud, la vie quotidienne se partage entre risque militaire et pression financière

La situation sociale du Liban apparaît d’abord dans le quotidien des habitants du Sud. Al Arabi Al Jadid du 15 septembre 2026 résume cette réalité par deux préoccupations qui se superposent : le danger des frappes et le coût des factures. Le journal décrit des familles confrontées aux opérations israéliennes dans plusieurs localités, dont Zawtar al-Charqiyah, Al-Mansouri et Kfar Roummane, tout en devant absorber une nouvelle hausse des dépenses courantes. La question n’est donc plus uniquement celle de la sécurité. Elle concerne aussi la capacité à continuer de vivre dans des régions où l’activité économique a été affaiblie et où les infrastructures restent fragiles.

Le carburant est l’un des premiers postes de cette pression. Al Arabi Al Jadid indique que le prix du bidon d’essence s’est rapproché de 30 dollars. Les distributeurs cités par la publication relient cette évolution à la hausse internationale du pétrole, elle-même alimentée par les tensions régionales. Pour les ménages, cette augmentation agit à plusieurs niveaux. Elle renchérit les déplacements, mais aussi le fonctionnement des générateurs privés. Selon le journal, l’alimentation fournie par le réseau public reste limitée à une ou deux heures par jour dans de nombreuses régions. Les familles doivent donc acheter une partie de leur électricité à des producteurs privés dont les coûts dépendent directement du carburant.

La hausse de l’énergie se diffuse ensuite à l’ensemble de la consommation. Les transports deviennent plus chers. Les commerces répercutent une partie de leurs dépenses. Les produits alimentaires subissent les coûts supplémentaires de transport et de conservation. Al Arabi Al Jadid décrit ainsi une crise où la facture du générateur, le prix du pain et les dépenses de déplacement s’ajoutent aux risques liés à la situation militaire. Le phénomène concerne l’ensemble du pays, mais il devient plus difficile encore dans le Sud car les habitants doivent supporter simultanément l’insécurité et les pertes économiques liées au conflit.

La reconstruction reste par ailleurs suspendue à la sécurité. Al Arabi Al Jadid du 15 septembre 2026 souligne que les violations répétées sur le terrain empêchent de parler d’un véritable retour à la stabilité économique dans les régions touchées. Investir dans une maison, une exploitation ou un commerce devient difficile lorsque la possibilité d’une nouvelle destruction reste présente. Le journal estime que le Sud, pourtant parmi les régions ayant le plus besoin d’investissements, reste confronté à un État lourdement endetté et à des ressources publiques limitées. Le soutien international est également jugé insuffisant par la publication au regard des besoins.

Cette situation explique la place prise par les demandes sociales adressées au gouvernement. Une délégation de Dar al-Fatwa de Tyr et du Sud, conduite par le mufti Medrar Habbal, a rencontré Nawaf Salam. Al Binaa et Al Quds Al Arabi du 15 septembre 2026 rapportent que la délégation a exposé les besoins de la région. Selon le mufti, le président du Conseil a affirmé son attachement à l’ensemble du Sud et à ses habitants. Il aurait également assuré suivre les crises sociales sous leurs différentes formes afin de répondre aux demandes locales. La question centrale devient donc celle de la traduction de ces engagements en aides, services et reconstruction.

Le retour des habitants reste inséparable de la reconstruction

La question des déplacés du Sud traverse plusieurs publications. Le Hezbollah et Amal, dans une déclaration commune rapportée par Al Binaa du 15 septembre 2026, affirment que la reconstruction, l’indemnisation des personnes touchées et le retour dans les villages ne peuvent plus être considérés comme des dossiers pouvant être reportés. Les deux mouvements demandent une mobilisation des moyens de l’État, des ressources locales et des aides arabes et internationales. Leur objectif affiché est de permettre aux habitants de rester sur leurs terres et de rétablir une vie normale dans les zones endommagées.

Cette revendication possède une dimension sociale très concrète. Revenir dans un village ne signifie pas seulement pouvoir y entrer. Il faut disposer d’un logement, d’eau, d’électricité, d’une route praticable et d’un accès aux soins et à l’école. Il faut aussi pouvoir reprendre une activité économique. Un retour physique sans rétablissement des services risque donc de maintenir les familles dans une situation précaire.

Al Binaa rapporte également une critique provenant d’une source politique sur l’action de l’État dans le Sud. Selon cette source, si les autorités ne peuvent empêcher les attaques, elles doivent au minimum fournir une aide concrète aux habitants. Le texte reproche aux responsables de multiplier les visites et les déclarations sans toujours répondre suffisamment aux difficultés quotidiennes. Cette appréciation relève de la source citée par le journal. Elle traduit néanmoins une question sociale plus générale : les habitants évaluent désormais la présence de l’État non seulement par les symboles de souveraineté, mais aussi par les services qu’il est capable de fournir.

La visite de Joseph Aoun à Nabatiyeh est ainsi interprétée sur deux plans. Politiquement, elle affirme la présence de l’État. Socialement, elle crée une attente. Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte que Firas Hamdan a remercié le président pour le message de soutien et de réassurance adressé aux habitants. Le député insiste sur le retour des populations dans leurs villages et sur la protection du Sud. Il évoque aussi avec Joseph Aoun les difficultés économiques et sociales auxquelles les Libanais sont confrontés. Son intervention relie donc explicitement sécurité, présence de l’État et conditions de vie.

Le retour des familles devient ainsi l’un des indicateurs les plus concrets du rétablissement de l’autorité publique. Tant que les habitants ne peuvent reprendre une vie normale, la stabilisation reste incomplète. La reconstruction des maisons est indispensable, mais elle ne constitue qu’une partie du problème. Les services publics, les emplois et les réseaux locaux doivent également être remis en fonctionnement.

Le programme Aman reste l’un des principaux filets de protection des familles vulnérables

La fragilité sociale ne concerne pas uniquement les zones touchées par les opérations militaires. Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte une réunion de la ministre des Affaires sociales Hanine Sayed avec plusieurs députés de Tripoli, du Akkar et de Miniyeh-Denniyeh. L’entretien porte principalement sur le programme Aman et sur les difficultés rencontrées par les familles pour y accéder. Les participants examinent les mécanismes permettant de suivre les dossiers et les demandes des bénéficiaires.

La question du financement est centrale. Hanine Sayed demande l’approbation d’un financement supplémentaire de 200 millions de dollars de la Banque mondiale. Le dossier doit encore passer devant l’assemblée générale du Parlement. La ministre considère cette somme comme nécessaire pour assurer la continuité du programme et augmenter le nombre de familles couvertes. Elle présente Aman comme une priorité nationale de la politique de protection sociale.

L’importance de ce financement montre l’ampleur des besoins. Plusieurs années après le début de la crise économique, une partie de la population reste dépendante de transferts sociaux pour assurer ses dépenses essentielles. Les programmes de ce type jouent donc un rôle de stabilisateur. Ils réduisent une partie de l’extrême pauvreté et permettent à certaines familles de conserver un minimum de consommation.

Mais Al Sharq montre aussi les limites institutionnelles de la protection sociale. La réunion avec les députés du Nord porte sur les centres de services de développement du ministère. Plusieurs structures ont besoin d’équipements, de personnel ou d’améliorations matérielles. Le problème ne réside donc pas seulement dans le montant des aides disponibles. Il concerne également la capacité de l’administration à atteindre les bénéficiaires.

Le Nord illustre particulièrement ce défi. Tripoli, le Akkar et Miniyeh-Denniyeh concentrent des populations confrontées à de fortes difficultés économiques. Les centres locaux doivent traiter les demandes, orienter les familles et assurer plusieurs services. Lorsque ces structures sont elles-mêmes fragiles, l’efficacité de la politique sociale diminue. Le financement international doit donc servir à la fois aux prestations directes et au renforcement des mécanismes chargés de les distribuer.

Le monde du travail subit les destructions et l’affaiblissement des entreprises

Le ministre du Travail Mohammad Haidar place la question de l’emploi dans le contexte général du pays. Al Binaa du 15 septembre 2026 rapporte son intervention lors de la cinquante-deuxième Conférence arabe du travail au Caire. Il affirme qu’il est impossible de parler de la situation du travail au Liban sans parler de celle du Liban lui-même. Les opérations israéliennes ont, selon lui, provoqué des dommages humains, économiques et matériels. Des entreprises, des usines, des hôpitaux et des infrastructures ont été touchés.

Haidar insiste sur les conséquences sociales des destructions. Lorsqu’une entreprise est frappée, explique-t-il en substance, la perte ne se limite pas au bâtiment. Des salariés perdent leur activité. Des familles perdent leurs revenus. Des chaînes de production s’arrêtent. La protection de l’économie devient donc une forme de protection sociale. Le ministre demande aux pays arabes de soutenir le Liban non seulement par des déclarations de solidarité, mais aussi par des mesures capables de préserver les institutions et les emplois.

Il défend également une approche fondée sur le partenariat entre salariés et employeurs. Pour Haidar, ils ne sont pas deux adversaires mais les composantes d’un même processus de production. Le ministère doit protéger les droits, la dignité et la sécurité sociale des travailleurs. Il doit aussi aider les entreprises à continuer de fonctionner et à maintenir leurs emplois. Le dialogue entre l’État, les salariés et les employeurs est présenté comme un moyen d’atteindre cet équilibre.

Le ministre affirme enfin que la crise ne doit pas servir de prétexte pour interrompre les réformes. Il évoque la modernisation du ministère, la transformation numérique, la mise à jour des bases de données et l’amélioration de la gouvernance. L’objectif annoncé consiste à construire un système de protection sociale plus efficace et plus durable. Cette réforme administrative paraît moins spectaculaire que les aides financières. Elle est pourtant essentielle pour que les travailleurs puissent accéder effectivement à leurs droits.

La hausse des prix transforme l’énergie en problème social national

L’énergie apparaît dans presque tous les aspects de la vie quotidienne. Annahar du 15 septembre 2026 souligne que la remontée du pétrole vers 107 dollars le baril ne concerne pas seulement les automobilistes. Le prix de l’énergie entre dans le coût du transport, de l’électricité, de l’agriculture et de l’industrie. Il se transmet ensuite aux aliments, aux marchandises et aux services.

Pour les ménages libanais, ce mécanisme est aggravé par la faiblesse des services publics. Al Arabi Al Jadid montre que de nombreuses familles doivent payer à la fois l’électricité publique et un générateur privé. Lorsque le carburant augmente, la facture du générateur suit. Les dépenses incompressibles prennent alors une part croissante du revenu. Les familles disposent de moins de ressources pour la nourriture, la santé, l’éducation et les autres besoins.

Le coût des déplacements pose également un problème social. Les travailleurs qui doivent se rendre quotidiennement sur leur lieu d’emploi supportent directement la hausse de l’essence. Les habitants des régions éloignées sont particulièrement exposés car ils disposent de peu d’alternatives. La hausse du transport peut aussi toucher les étudiants et les familles ayant des enfants scolarisés loin de leur domicile.

Cette pression est d’autant plus difficile à absorber que les revenus ne progressent pas au même rythme. Les sources du 15 septembre mettent ainsi en évidence une crise où l’inflation importée par l’énergie se combine aux fragilités propres au Liban. Le coût de la vie dépend d’un pétrole fixé sur les marchés internationaux, d’un réseau électrique insuffisant et d’un système de transport fortement dépendant de la voiture et des carburants.

L’éducation confrontée à des difficultés locales et au coût du fonctionnement

Al Liwaa du 15 septembre 2026 place en une la fermeture de deux écoles à Jbeil, présentée comme un dossier ayant provoqué une controverse locale. Cet épisode rappelle la fragilité de certains établissements et l’importance que prend toute perturbation scolaire dans un pays où les familles ont déjà supporté plusieurs années de crises successives. Le corpus disponible signale le dossier, mais ne fournit pas dans les éléments exploitables assez de données solides pour attribuer précisément les responsabilités ou détailler toutes les causes de ces deux fermetures. Il serait donc excessif d’en tirer des conclusions plus larges qui ne sont pas établies par les sources.

Le problème éducatif apparaît néanmoins en arrière-plan de la crise sociale. Les dépenses de transport et d’énergie affectent les familles comme les établissements. Les écoles doivent elles aussi assumer le coût de l’électricité, du chauffage, des équipements et des déplacements. Les difficultés économiques des parents se répercutent donc sur la capacité à payer les frais scolaires ou les services associés.

Dans le Sud, la situation est encore plus sensible. Les opérations militaires et les déplacements de population peuvent interrompre la continuité scolaire. Le retour des habitants dans les villages implique donc également la remise en fonctionnement des établissements. Les déclarations politiques sur la reconstruction ne peuvent être séparées de cette dimension. Une localité dont les logements sont réparés mais dont l’école ne fonctionne pas reste difficilement habitable pour les familles.

Ali al-Taher fait émerger une question environnementale et sanitaire

Les conséquences des opérations militaires ne concernent pas seulement les bâtiments et les infrastructures. Al Binaa du 15 septembre 2026 consacre une analyse aux effets des explosions sur les hauteurs d’Ali al-Taher. Le journal rapporte qu’une très grande quantité d’explosifs aurait été utilisée contre un réseau souterrain. L’auteur insiste sur la nécessité de distinguer la puissance nominale des explosifs conventionnels d’une explosion nucléaire. Il rejette donc une assimilation scientifique entre les deux phénomènes.

L’article attire surtout l’attention sur les conséquences possibles pour le sol, la végétation et l’eau. Des explosions souterraines importantes peuvent provoquer des fissures locales, des effondrements et des déplacements de matériaux. Elles peuvent aussi augmenter l’érosion et modifier localement les circulations d’eau. Al Binaa précise toutefois que les conséquences hydrologiques ne peuvent être affirmées sans étude indépendante. Cette réserve est importante : le journal appelle précisément à produire des données scientifiques plutôt qu’à tirer des conclusions à partir des seules images.

La publication demande la constitution d’une équipe indépendante réunissant des spécialistes de la géologie, de l’ingénierie, de l’eau, de l’environnement et de la sismologie. Elle propose des prélèvements de sol, d’eau et de poussière ainsi qu’une cartographie des fissures et des effondrements. L’objectif serait d’établir un dossier technique utilisable au niveau international.

Pour les populations locales, cette question est directement sociale. L’état des sols et des ressources en eau touche l’agriculture, les habitations et la santé. Une reconstruction durable suppose donc de connaître précisément l’étendue des dommages environnementaux. Les conséquences de la guerre ne disparaissent pas nécessairement avec la fin des explosions. Elles peuvent rester présentes dans le territoire et affecter les conditions de vie pendant plusieurs années.

La solidarité locale tente de maintenir une vie collective dans le Sud

Malgré l’insécurité, certaines initiatives cherchent à maintenir une présence sociale dans les régions touchées. Al Sharq du 15 septembre 2026 rapporte l’organisation dans le Sud d’un rassemblement intitulé « La terre est à nous… et l’espace ». Selon le journal, des milliers d’habitants de différentes localités et de différents âges y ont participé malgré les risques sécuritaires. La publication présente cette mobilisation comme une réponse civile à la poursuite des opérations militaires.

Au-delà de l’interprétation politique donnée par le journal, la présence de familles et de citoyens dans un événement collectif montre une volonté de maintenir une vie sociale malgré la guerre. Les rassemblements, activités locales et manifestations publiques remplissent une fonction qui dépasse le divertissement. Ils contribuent à préserver les liens entre habitants et à empêcher que les régions touchées ne soient réduites à des espaces de déplacement et de destruction.

Cette résistance sociale possède cependant des limites matérielles. Les événements collectifs ne remplacent pas les logements, les écoles, les emplois et les infrastructures. Ils témoignent d’un attachement au territoire, mais celui-ci doit être accompagné de conditions permettant d’y vivre. C’est précisément le problème soulevé par les demandes adressées au gouvernement : la présence symbolique de l’État doit être suivie de services et de financements.

Les fractures territoriales renforcent le besoin d’une politique sociale nationale

Les dossiers du 15 septembre 2026 dessinent finalement plusieurs formes de vulnérabilité qui ne se recouvrent pas complètement. Dans le Sud, la priorité est la sécurité, le retour des habitants et la reconstruction. Dans le Nord, les discussions autour d’Aman montrent l’importance de la pauvreté et des mécanismes d’assistance. Pour les salariés, la question centrale est le maintien des emplois et de la protection sociale. Pour l’ensemble des ménages, l’énergie et les prix pèsent sur le budget quotidien.

Cette diversité rend difficile une réponse fondée sur un seul programme. Aman peut soutenir les familles les plus pauvres, mais il ne reconstruit pas les villages. Les aides à la reconstruction peuvent permettre le retour dans le Sud, mais elles ne réforment pas la protection sociale. Les investissements dans l’électricité peuvent réduire certains coûts, mais leurs effets prennent du temps. La politique sociale doit donc articuler assistance immédiate, services publics et reprise économique.

Les journaux du 15 septembre montrent également combien les difficultés sociales restent dépendantes de facteurs extérieurs. La hausse mondiale du pétrole augmente les factures. Les tensions militaires empêchent la reconstruction. Les programmes sociaux dépendent en partie de la Banque mondiale et d’autres bailleurs. Cette dépendance réduit la marge de l’État au moment même où les citoyens lui demandent une présence plus forte.

Le défi est particulièrement visible dans le Sud. Les habitants y demandent simultanément sécurité, indemnisation, services et possibilité de reprendre une activité. Dans les autres régions, la pression se manifeste davantage par le coût de la vie et l’accès à l’aide sociale. Dans les deux cas, la question reste celle de la capacité des institutions à transformer leurs engagements en amélioration concrète des conditions de vie.

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