À l’heure où nous écrivons, Carlos Ghosn reste invisible sur « la notice rouge publique concernant des personnes recherchées par Interpol ». La liste des Carlos en attente du bras de la justice va s’allonger. Un reste de pudeur pour l’industriel ou une mise à jour en retard ? 

Pourtant, le mandat d’arrêt est aux mains du gouvernement libanais par intérim. Une patate chaude qu’il n’attendait pas pour ce début d’année 2020. Partis et clans politico-religieux n’ont guère montré leur humeur sur le sujet sauf pour les relations libano-japonaises. Le président Michel Aoun l’aurait reçu, enthousiaste, mais Baabda dément la rencontre.

Le poisson à ferrer est de taille. Un leader de l’industrie internationale, accusé de diverses malversations chez Nissan, de dépenses inconsidérées par Renault, de trahison nationale au Liban, pour ses voyages en Israël en tant que PDG de Renault. Il ne manque que le Brésil pour trouver un supplément d’âme.

But We are all Carlos Ghosn affiche son « comité de soutien » au Liban. « Nous ne sommes pas des charlots », rétorquent les manifestants. Ils ne se privent pas de critiques à l’égard du personnage. En France, l’enthousiasme frise le strict légalisme pour l’un des meilleurs serviteurs de l’industrie automobile française. Actionnaires s’entend. Parmi les Japonais friands du « sauveur » de Nissan, point de voix qui s’élève pour défendre ce samouraï de l’industrie. Le capitaine d’industrie a perdu de sa superbe, mais continue le petit chemin de sa saga avec son épouse dont il ne reconnaît même pas les mérites dans son évasion.

Il aurait quitté sagement son domicile nippon pour rejoindre un aéroport du pays et voyager en jet privé, avec son passeport de réserve enfermé dans un coffre-fort. Même les équipages ne reconnaissaient pas leur passager. On doit croire ces exclusivités croustillantes.

Carlos pourra-t-il penser, un jour, à sa retraite dans son cocon natal ? La situation le dira. Il y va de 11 milliards de dollars et de la crédibilité du gouvernement libanais, sans oublier, le Hirak et la situation au Moyen-Orient.

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Michael Maschek se consacre à la formation et au conseil en management de projet. Il pratique avec passion la photo et sa version aérienne au drone. Auteur en 2018 de Myrtom House Building. Un quartier de Beyrouth en guerre civile chez L’Harmattan, il y découvre la chape de plomb posée sur l’historiographie libanaise par l’amnistie accordée en fin de guerre civile, au travers d’une expérience personnelle. Le 17 octobre 2019, le début des manifestations marque la fin de cette période. Il en devient alors, lui-même, à distance, un chroniqueur passionné.