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La session parlementaire qui devrait avoir lieu ce vendredi a montré d’importantes fractures d’ordre confessionnelles entre partis politiques libanais. Elle intervient alors que la loi électorale semble actuelle être sur la sellette et que le Président de la Chambre Nabih Berri souhaiterait l’adoption d’une nouvelle loi électorale mettant en place une circonscription unique au Liban.

Autre point de divergence apparue au grand jour, l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban a fait apparaitre d’importantes divergences politiques.

Les partis chrétiens, du CPL aux Forces Libanaises ont ainsi notifié leurs refus à ce que soit déclaré une circonscription électorale unique qui serait ainsi au désavantage des différentes minorités religieuses et en faveur de la communauté musulmane.

Pour rappel, la loi actuelle avait divisé le Liban en 15 grandes circonscriptions électorales, améliorant la représentativité de la communauté chrétienne. Ainsi, contrairement aux élections passées ou la majorité des députés chrétiens était élue par les communautés musulmanes, les élections législatives de 2017 avaient abouti à une représentation où celle-ci était plus représentative.

La journée à donc été marquée par l’alliance entre courant patriotique libre et Forces libanaises se seraient associés en commission parlementaire pour s’opposer à la proposition de loi électorale de Berri.

S’exprimant à l’issue des consultations, le député Georges Adwan a ainsi souligné que toute loi ou proposition électorale doit assurer une représentation véritable et efficace. « Nous considérons que la loi actuelle, la première en 30 ans, est proche d’assurer une représentation véritable et efficace », a-t-il poursuivi. Les Forces Libanaises ont ainsi appelé au retrait de la proposition de Nabih Berri.

Le député Alain Aoun du Courant Patriotique Libre a également noté que la proposition du Président de la Chambre change les équilibres politiques entre communautés religieuses. « Ce qui est proposé équivaut à un changement dans le système. (…) Nous sommes confrontés à une proposition qui touche aux questions constitutionnelles, à savoir un changement fondamental dans le système politique, à savoir l’abolition du confessionnalisme », a-t-il déclaré notant que l’abolition du confessionnalisme politique doit être discutée à une table de dialogue national, conformément à l’appel du Président de la République, le Général Michel Aoun.

Par ailleurs, le différend a également porté sur la question de l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban, accusant le Président de la Chambre Nabih Berri et le Courant du Futur de vouloir entraver la procédure. Pour rappel, le gouverneur de la BdL, Riad Salamé, est considéré comme proche du premier ministre désigné Saad Hariri. D’autres sources notent que le mouvement Amal aurait bénéficié durant de nombreuses années de largesses de la Banque du Liban y plaçant de nombreux partisans à des postes de responsabilité.

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