Je suis guide touristique et confinée dans mon village natal à Khenchara. Un des plus beaux villages au Liban selon la pancarte fixée à son entrée juste au pied du charmant couvent Saint Jean des pères Chouèirites. Bientôt nous sortirons du confinement par étapes et dit-on ce ne sera pas sans séquelles. Mais rien qu’une promenade à la découverte ou redécouverte de nos beaux villages à pied et prendre notre temps près d’une source d’eau, dans une pinède ou en grimpant les vieux escaliers, et il n’en manque pas à Khenchara, nous aidera à nous ressourcer. Ici, les fougères emblème du village poussent à l’ombre des murs et l’air matinal est rempli d’odeur de pain et Qorban cuits. 

Prendre son temps ou faire, en termes plus techniques, du Slow tourisme n’a peut-être jamais était aussi important qu’en ces temps-ci. C’est se déstresser, se laisser imprégner du charme qui nous entoure à l’air libre et aller à la rencontre de l’habitant. Donc cela signifie qu’il faut se déconnecter dans un environnement sain et moins bondé de gens et de voitures. La crise covid- 19 dit-on, nous entraine à repenser notre mode de vie, notre monde quoi.

Il a fallu un beau matin alors que je me promenais, que j’entende un jeune berger fredonner une chanson de Feirouz. Il était en contrebas de la route avec une dizaine de chèvre tous noyées dans l’ombre de grands chênes. Je m’incline par-dessus la rampe et en quelques instants une conversation fut entamée au bout de laquelle je me suis trouvée parmi ses chèvres à parler du choix de son métier. Finalement, j’ai pu comprendre que son métier de berger était son passetemps. Avant de le quitter, il m’a promis de revenir le lendemain pour m’offrir un grand pot de yaourt et d’ariché. Je n’étais pas du tout surprise de sa générosité mais plutôt touchée par sa « belle personne » en ce temps de crise. 

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Née au Liban dans une famille qui aime parcourir le pays à la découverte de son histoire et son terroir. Raghida Samaha a fait des études en langues vivantes. Sa prédilection pour les voyages, les arts et les anciennes civilisations l’ont amené à suivre une formation de guide touristique au Ministère de Tourisme Libanais. En 2006-2007 un DES en journalisme francophone lui a permis de traduire ses découvertes dans le magazine Cedar Wings; un moyen d’attire l’attention des lecteurs au sujet des trésors du pays.