Le rapport démocratique entre nos composantes se dirige sensiblement vers des convenances étriquées et d’inextricables concomittances politiques. Les dividendes politiques ressemblent étrangement à un comptoir  d’initiatives calculées au nom et au détriment du citoyen. C’est toujours lui qui écoute les belles histoires et fini par récolter les moches fins. L’annonce de nouvelles taxes étrangle déjà une majorité de libanais à bout de tout, sans égratigner la susceptibilité, les mauvaises habitudes et les privilèges auto-proclamés de nombreux personnages!

Cependant, le comportement de tout gouvernement au service d’une  démocratie effective ne peut se prévaloir
quand le citoyen risque de ne pas survivre aux accords mal conçus et injustement répartis. Le sens de la gouvernance au Liban se distancie gravement de l’extrême tolérance des gens. D’autres pays savent initier des choix et des engagements différents afin de faire correspondre la représentativité du pouvoir à l’efficacité de son exercice.
Le changement devient alors possible quand des figures politiques célèbres expriment leurs échecs et reconnaissent avoir déçu la confiance du citoyen.

Cependant, au pays des Cèdres, le changement est une vérité ambivalente. Il y a ceux qui la défendent par l’exemple d’une citoyenneté irréprochable. Il y a d’autres qui en parlent en vue de réaliser des projets adaptés pour le Liban de demain. Néanmoins, il demeure une provocation pour les mêmes qui s’accrochent au passé, aux accusations incessantes et aux menaces de conflits à venir.

Cependant, la citoyenneté ne peut être ni muette ni figée et ne se doit de subir périodiquement les manèges de la concertation politique et la manne de miettes dispensée bien tard. Le Libanais a certes ce remarquable  potentiel de patienter mais pour que ses états d’insécurités énoncés déjà, depuis environ un demi-siècle, soient pris en charge et non pas en tutelle.