L’association Femmes de double Culture a organisé le 28 novembre 2017, à l’Institut du monde arabe à Paris, un colloque autour de la littérature féminine au XIXe siècle, qui a eu pour titre : « Comment écrire l’Histoire de la femme arabe aujourd’hui ».

L’association qui a été fondée en 2003, avec un objectif  celui de « sensibiliser les médias sur le rôle pionnier qu’à jouer la femme dans le passé ». Madame Khawaja a commencé depuis 2001 à collecter des œuvres en voie de disparitions, écrits des femmes, auteures vécues dans le dix-neuvième siècle. Ces écrits montrent l’aspect culturel de l’époque, ainsi que l’implication de la femme dans le réforme de la société, son combat au quotidien et sa rébellion contre le voile qui la sépare de l’autre.

L’association par ce colloque se réintroduit dans le monde culturel de ces femmes à travers leurs écrits, la presse féminine ainsi que l’écriture du Roman, en commençant par le commencement.

Mme Fatima Al-Khawaja, Présidente de l’Association ouvre la session matinale avec un nombre de spécialistes dans le domaine de la littérature féminine : Monsieur Mojab Al Zahrani, professeur d’université, spécialisé en littérature comparée, critique littéraire et romancier, et actuel directeur de l’Institut du monde arabe. Monsieur Boutros Halaq, professeur de littérature contemporaine à la Sorbonne et auteur de plusieurs ouvrages, Ezza Agha Malak, ex-professeure à l’université libanaise, écrivaine romancière. Dr. Mohamed Sayed Abdel Tawab, professeur à l’Université Zagazig au Caire et fondateur de la collection appelée « Pionnières du roman arabe ».  Nous ne manquons pas de rappeler que depuis 2008, le ministère de la culture restaure le passé et republie les romans publiés au dernier quart du XIXe siècle. Et Monsieur Naïm Talhouq, rédacteur en chef de la magazine ‘Chou’oun thaqafiah’, chef de département au ministère de la culture.

Après le mot de bienvenue prononcé par le responsable de l’IMA, M. Al Zahrani, la journée se déroulait en trois temps :

Le rôle de la presse dans la diffusion de la littérature de la femme

10 : 00 – 12 : 00 La Littérature Féminine renaît de ses cendres : 2008. Comment écrire l’Histoire de la Femme du XIX siècle aujourd’hui ?  Communication de M. Mohammad ABDELTAWAB, Professeur des universités à l’université de Zagazig – Caire – Egypte. « L’auto-libération de la femme dans l’œuvre d’Ahmad Faris al – Chidyaq, As-Sâq ‘la – alSâq », communication de M. Boutros HALLAQ, professeur de lettres et sciences humaines et agrégé d’arabe à l’université de la Sorbonne nouvelle Paris-III, a dirigé le Centre des études arabes de ParisIII. La tendance de la Rébellion dans les mouvements littéraires féminins, communication de Naïm TELHOUK, Rédacteur en chef de la revue « Affaires Culturelles », Ministère de la Culture – Liban. Poète et écrivain de plusieurs ouvrages. La princesse Omanaise Salima Bint Saïd, Pionnière de l’écriture féminine arabe en langue étrangère. Communication de M. Mojab Al-Zahrani, directeur général de l’Institut du Monde Arabe, Ex-Professeur des universités à l’université de Riyad, spécialiste de littérature comparée. L’écriture est-elle sexuée ? Communication d’Ezza Agha Malak, linguiste, écrivaine, légion d’honneur, militante en faveur des droits de la femme, la laïcité et de la francophonie.

Les écrivaines arabes : début du mouvement féministe   

14 :30 – 16 :00 Journalistes et Ecrivaines dans la deuxième moitié du XIX siècle. Communication de Mme Ilham Kallab. Docteur en histoire de l’art et archéologie de la Sorbonne. Professeur à l’université libanaise et à l’université Saint Joseph à Beyrouth. A dirigé le Centre International des sciences de l’Homme de l’Unesco à Byblos – Liban. Analyse sémiotique de Ramza, la fille de harem, libre et entravée. Communication de Mme Carmen Boustani, franco/libanaise, Docteur d’Etat ès lettres de l’université Lyon 2. Diplômée en sémiolinguistique de la Sorbonne-Nouvelle. Elle est Professeure des universités à l’école doctorale université libanaise, Qu’est-t– il changé dans l’écriture de la femme ? Communication de M. Khaled ZIADEH, directeur du Centre Arabe pour les études et les recherches, Ex ambassadeur du Liban au Caire (2008-2016), ex-professeur de sociologie à l’université libanaise, Ecrivain de plusieurs ouvrages, conférencier.

L’impact de l’écriture féminine de l’époque sur la Question de la femme

16 :30 Table Ronde animée par Mme Fatima Khawaja, Ex-professeur de Langues et littératures et civilisation musulmanes. Dr. Amel Chaouati (Psychologue, psychothérapeute, écrivaine, fondatrice de l’association Le Cercle de des Amis d’Assia Djebar), Pr. Carmen Boustani et Pr. Ezza Agha Malak. Pr. Ilham Kallab (note citée en haut), Dr Nabil Naaman, docteur cardiologue, chroniqueur médical bilingue, français-arabe, cofondateur et directeur de publication et de rédaction de « Médicophonie », une revue de cardiologie, militant en faveur des droits de la femme, de la laïcité et de la francophonie, et Pr. Nadim Mourad, ex-professeur et ancien chef de département de langue et littérature française à l’université libanaise.

Un panel d’écrivaines a été cité, sous le titre « Les pionnières du roman arabe : Question de renaissance, question de tristesse », tel que, May Ziade, Bint al Chati, aicha Taymouria, Malak Hefni nasif, Labiba Hachem et Fawzia Fawaz, etc…

Des sujets tels que l’Education des filles, leurs formations à travers la culture masculine, l’infanticide des filles qui se transformait en infanticide du sexe féminin en général, l’esclavage par le harem, le désir, le plaisir, le corps en tant qu’objet sexuel, ont été évoqués.

La feuille de M. Abdetawab a également posé des questions sur les tournants fondamentaux dans la relation des femmes à l’écriture et leur transformation d’un sujet linguistique à un sujet actif.

Docteur Hallaq a choisi de lier hier à aujourd’hui en relatant le parcours d’Ahmad Faris Chidyaq et son rôle dans le développement d’une société de lectrices. Il s’interrogeait sur l’absence u plutôt la disparition des combattantes libanaises et palestiniennes du combat d’aujourd’hui : Comment peut-on parler du féminisme et du statut de la femme quand celui-ci est régi par la législation religieuse ?

Pour lui, la question de la femme s’est arrêté depuis longtemps, et ce qui se passe maintenant n’est qu’un ..

Monsieur Talhouq s’est arrêté sur la tendance de révolte dans les écrits féminins : Sakina bint l Housayn, Anbara Salam, Salma Sayegh, N. Kfouri, I. Qaddoura etc… la presse avec Hind Nawfal et Afifa Saab, etc…

  1. Pour conclure que, la littérature met l’homme et la femme dans la même balance.

La communication de Madame Ezza Agha Malak portait sur la nature du cerveau humain : »Est – ce que le cerveau est sexué », une question qu’elle voulait poignante.

Sous le titre « langage du mémoire, langage du Corps » Monsieur Zahrani, professeur à l’Université de Riyad, romancier critique et conteur et actuel directeur de l’Institut du monde arabe, met en scène la relation de Salima bint Said à l’écriture précoce. Elle est du rang social, fille d’un sultan, vit dans un lieu bien gardé, tombe amoureuse d’un commerçant allemand de passage à Oman. Elle s’enfuit avec l’étranger pour adopter un monde de vie étranger au sien, sans pouvoir jamais retourner au chevet de son père mourant.  Dans ses mémoires publiées en 1886 en langue allemande, elle avoue une bonne et belle partie de vie, critique les deux sociétés arabe et allemand, en faisant partager avec le lecteur son monde intime, propre à elle. La nudité de la « chair» fait découvrir un mode d’écriture nouveau. Par ses écrits Salima bnt said ose de parler d’un sujet tabou « langage du corps », s’inscrivant ainsi dans un mode de transformation de la société de la tradition à la modernité.

La deuxième séance continue avec madame Carmen Boustani, qui a reçu une formation doctorale en France, professeure des universités au Liban qu’aussi en France, elle débute son discours par une introduction sur le harem (historique), et s’arrête sur la personnalité de Ramza : fille du harem, roman d’Aicha taymour. Le harem est une histoire de sexe et de genre

Ramza raconte son enfance, la décision de se marier contre le gré de son père, sa révolte, mais aussi sa culpabilité à la mort de celui-ci. Ramza considère que l’éducation est à la base du progrès social. L’éducation de Ramza réveille son esprit critique. Elle s’attaque au Zar (la visite de l’esprit aux humains) et critique la rigidité des traditions. La rébellion de Ramza a pour objectif la promotion sociale de la jeune fille.

Madame Boustani, spécialiste en sémiologie, enrichit son analyse par une étude sémiologique verbale ainsi que gestuelle du personnage, surtout la danse orientale comme objet de séduction et un élément de satisfaction.

Madame Ilham Kallab, professeure des universités au Liban, s’arrête sur les figures de la presse féminine. A travers d’une projection sur écran, elle raconte le parcours de chacune de ces femmes, pionnières de la presse féminine, figure éminente de la société des écrivaines de l’époque, autrefois florissante.

Cette belle manifestation culturelle se clôture sur un débat vif, l’amour, le sexe, le corps, l’excision des filles (dans certains pays), une culture de l’étranger ramenée avec lui au pays d’exil choisi, avec le psychothérapeute Amel Chaouati, le cardiologue Nabil Naaman, le professeur Nadim Mourad, professeure Carmen Boustani et la romancière Ezza Agha Malak, avec comme modératrice Madame Khawaja.

Une musique andalouse vient embaumer l’atmosphère aidant les intervenants à se relaxer après une longue journée de reflexion.


Fatima KHAWAJA

Doctorat 3ème cycle de l’université libanaise, DEA de lettres modernes de la Sorbonne, ex-professeur langues, littérature et civilisation islamique à l’université de Nouakchott. Electrice linguistique au centre des études de l’Union arabe à Beyrouth, traductrice des ouvrages en France. Membre au bureau exécutif du 1er ministre Sheikh R. Hariri.

Présidente de l’association Femmes de double Culture, fondée en 2003 dans les Hauts de Seine. Une association culturelle, son objectif majeur est de mettre en place des projets socioculturels et éducatifs, dans le but d’un éveil collectif sur le rôle de la femme dans le monde arabe, par la collecte des écrits féminins, et le développement des enfants par le biais de la lecture (collecte des livres d’enfants).

Participe activement aux différents forums dans la région de Paris. Sensible au sujet des droits des femmes et surtout le statut social politique et juridique qui conditionne sa place au sein de la société.

Intéressée également de la place de l’enfant dans la société de demain, dans ce but, elle cherche à améliorer ses conditions de vie au sein de la structure éducative et familiale. Un projet qui lui tient à cœur c’est de créer une « école moderne » pour mettre en application les nouvelles méthodologies d’éducation.

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