Je refuse d’être pris dans cet engrenage, de faire la queue pour mendier un bidon d’essence, de quémander mon argent de la banque et être humilié. 

Je refuse d’attendre les nouvelles de 20h, je ne veux plus être accro de nouvelles reçues sur mon portable, je refuse d’écouter ces criminels faire leurs discours menteurs ( de grâce les médias, boycottez les TOUS). Je ne veux plus recevoir des posts tragiques et même des blagues salées ( même si très vraies)! 

Je ne prétends pas vivre dans le déni , tout au contraire, je suis activiste, j’accuse ce déni, je plaide une cause citoyenne et j’en suis convaincu, je veux récupérer mon Liban et le libérer des mains de ces criminels et de ces envahisseurs, je suis citoyen libanais et fier de l’être. 

Je refuse de tomber dans le piège du harcèlement, de la manipulation, du dédain et de l’impuissance de pouvoir changer. 

Je ne veux plus accepter ce qui se passe sans réagir intelligemment. Je ne peux plus voir autour de moi cette souffrance et cette pauvreté sans pour autant prétendre vivre au paradis. Je ne veux plus accuser à tort ou à raison , je veux savoir, je veux agir.

Je ne veux plus accepter ce sort et me consoler en disant « hayda lebnen -c’est le liban ». Je ne veux plus savoir qui plie bagage et baisse les bras ( pourtant je les comprends). Je ne peux plus accepter d’exceptions, de savoir que les pots de vin et la wasta font de nous de bons citoyens. 

Je ne veux plus voir de files mendiantes devant les pharmacies vides, devant les boulangeries . Je ne peux plus supporter de savoir qu’un tel n’a pas été admis à l’hôpital pour des raisons pécuniaires ou logistiques. Je ne peux plus admettre que les nourrissons crèvent de faim. Je ne veux plus que les expatriés ( avec tous mes respects et estime) nous soutiennent, je ne veux plus mendier et attendre que ça passe. 

Je ne veux pas accepter de voir des agriculteurs détruire leur moisson faute de pouvoir écouler leurs produits, je ne peux plus admettre que les enfants, élèves et étudiants, les femmes et hommes de demain ,  les bâtisseurs de ce liban, ne puissent pas avoir une éducation saine et normale. 

Je refuse les excuses de la pandémie pour freiner toute l’économie du pays ( avec tous mes respects aux autorités sanitaires qui gèrent tant bien que mal ce fléau).

Je refuse de voir ces sites touristiques fermer les uns après les autres, ces restaurants, auberges, motels et maisons d’hôtes, mettre la clef sous la porte. Je refuse de voir ce taux de chômage ( surtout de jeunes), croître à vue d’œil.

Je refuse de tomber dans le jeu des régions et des religions. Le libanais est un citoyen avant toute chose et son appartenance confessionnelle ne le concerne qu’à lui. Je ne veux plus me lamenter sur la « Suisse de l’Orient », mais plutôt construire le « Liban de demain ». 

Je ne peux plus admettre que l’avenir de nos jeunes est « nécessairement » en dehors du pays et l’exportation de la matière grise ira faire l’intérêt des autres au lieu de s’investir dans mon pays.

Je ne plus voir ces robots journaliers déambuler dans les rues, hochant la tête, abasourdis par leur situation, acceptant leur sort « de chez le bon Dieu – men allah ». Je ne veux plus voir des larmes couler sur le visage de ces parents qui accompagnent leur enfant à l’aéroport. 

Je refuse le noir, le vide, l’incertain. 

L’heure est venue « d’agir »! Bienvenu à tout citoyen engagé pour reprendre en mains les rênes de ce pays sûrement, sainement et intelligemment. 

A bon entendeur…..

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Economiste de formation, Fouad A Salha est l’auteur de plusieurs articles et opinions allant de la politique aux problèmes sociaux. Citoyen libanais et fier de l’être, il est actuellement membre du mouvement de la citoyenneté œuvrant pour la promotion des droits et respects du citoyen, de la démocratie et de la réforme