L’ancien ministre de l’intérieur Nouhad Machnouk a indiqué, hier, ignorer savoir ce qu’est le nitrate d’ammonium, levant certains doutes quant à la pire de la situation, celle de ministres incompétents à accomplir leur mission la plus basique, être au service de la population. Est également levé, un autre doute, celui de la réalité du pouvoir. Ce ne sont pas ministres ou le gouvernement qui dirigent ce pays et qui l’ont poussé à la crise actuelle mais en réalité, une armada de fonctionnaires de première catégorie et en-dessous qui décident.

Un terrible aveu d’impuissance …

Loin est l’image de l’homme qui défilait, avec force, devant les Forces de Sécurité Intérieure quand il a été tout juste nommé. Loin est l’homme qui tapait du poing sur la table pour combattre le terrorisme de Daesh. Cela n’était que façade, un ministre d’apparat, et la réalité est celle qui apparait aujourd’hui, un homme dénué de pouvoir, nommé comme figurant et apparaissant comme une grande farce dont on pourrait bien rire, si cela n’avait pas abouti au drame.

Les ministres passent, les gouvernements démissionnent, qu’ils soient d’union nationale ou non, les présidents passent à part celui du perchoir, mais tout comme lui au final, ces fonctionnaires qui décident de tout restent et se paient parfois le luxe de vivre bien au-delà des émoluments qui leurs sont destinés.

Nul doute aussi subsiste sur ce style de vie bien au-delà de leurs salaires, celui de corruption accompagnant souvent des décisions qui sont tout aussi absurdes que néfastes à l’image du nitrate d’ammonium laissé jusqu’à aboutir au drame qu’on a connu le 4 août 2020, un an à quelques jours près, d’institutions incapables d’accomplir leurs droits respectifs tant l’intérêt privé prime sur l’intérêt général.

Ils ne s’en cachaient même pas avant de ce style de vie quasi-insolent, cigare au bec, belles filles probablement maitresses à côté d’eux ou filles cachées, illégitimes, adultérines, comme un secret de polichinelle, mariages grandioses à hauteur de princesses et de princes et j’en passe. Et avant la crise, dès qu’on pointait cela du doigt justement s’interrogeant concernant l’origine des fonds nécessaires à cet étalage de luxe, ils allaient jusqu’à prétendre qu’on était jaloux d’eux, comme si demander simplement à ce qu’on ne vole pas était honteux.

À quoi bon à la fin s’en faire même d’avoir un gouvernement, quand le rôle d’un ministre en fin de compte n’est pas de contrôler son ministère, il laisse cette mission à ses directeurs généraux hérités de ses prédécesseurs, mais de figurer à la tête d’une institution et surtout de voter en conseil des ministres. Un ministre, en fin de compte, n’est qu’une voix confortablement assise sur un confortable strapontin au gouvernement qui souvent donne un avis sans connaitre au sujet tout comme il ne connait pas le travail dont il a la charge, tout comme Nouhad Machouk mais aussi tout comme bien d’autres. Comment prétendre qu’un ministre des finances a, par exemple fait son nécessaire quand on arrive à la crise économique actuelle? Ils ne sont là que pour la bagarre entre pôles politiques et perpétuer un système de corruption massive aujourd’hui à bout de souffle, et non pour oeuvrer pour le bien public.

Un gouvernement? Même pas la peine au final…

Certains se plaignent du manque de prérogatives de telle ou telle institution, mais au final, force est de constater que cela est général, puisque l’exécutif n’est pas issu du processus d’un choix démocratique. Le concept de démocratie consensuelle au Liban est en fin de compte un mensonge dont nous a fait boire jusqu’à la lie.

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