Ce qui frappe l’attention de nos jours, dans l’espace politique de la mondialisation, c’est la confusion et le brouhaha. Depuis plus de deux décennies, nous sommes privés d’idéologies véritables, avouées ou du moins assumées.

Or l’espace politique a besoin d’idéologie, pour se structurer et mener ses combats. Certes les pratiques politiques semblent plus ou moins identiques puisqu’il s’agit, de prendre le pouvoir mais pour qu’il puisse durer, un tant soit peu, le discours politique doit se construire et s’articuler, autour des deux préoccupations, majeures  et constantes de l’humain, les identités  culturelles et les besoins économiques. Il faut pouvoir, défendre des idées et les ériger en système d’analyse, pour que les autres vous portent ou que vous vous portiez vous-même, au pouvoir.

Les préoccupations des Français, portées par quatre citoyens face au président Hollande la semaine passée, se sont réparties entre la chef d’une petite entreprise, la mère d’un jeune converti jihadiste tué en Syrie, un conducteur de Bus passé de la gauche au front national et un jeune militant de Nuit Debout .Comme pour toute société ,il fallait trouver un équilibre, entre les soucis matériels économiques (chômage, loi du travail, conditions d’embauche) et les soucis identitaires (laicité,démocratie,religion,système patriarcal). Une société entretient sa stabilité et sa continuité, quand elle parvient conjointement, à défendre ses intérêts (économiques) et à préserver ses valeurs (culturelles). Or la mondialisation, en ouvrant les voies de communication et  les frontières, en modifiant notre perception du temps et de l’espace, nous a plongés dans l’inquiétude, la précarité psychologique et la peur du lendemain. Raisonner au niveau de quelques milliers ou millions d’individus, n’est pas la même chose, que de raisonner, à l’échelle de 7 milliards d’individus. Les crises se succèdent, deviennent endémiques et nous ne disposons plus, de grilles de lectures cohérentes, pour les comprendre et de moyens suffisants, pour les gérer. Nos dirigeants paraissent démunis, impuissants, condamnés dès le départ à l’échec, incapables de décider et d’agir, sur les réalités fluctuantes et contradictoires quotidiennes. On ne peut plus définir des cadres stables et sécurisés, ni survivre de manière isolée. On a besoin d’appartenir à de grands groupes, pour faire face à de nouveaux défis. Le pouvoir est vision et gestion. Et si la gestion s’avère défaillante, il faudrait une nouvelle vision. Sinon la frustration peut rapidement, se transformer en régression ou en agressivité. Nos décideurs politiques qui sont censés, nous encadrer et anticiper, sont dépassés par les évènements et leur précipitation. Le temps accéléré, empêche la maturation politique. D’où  le retour en force partout, des lignes conservatrices car une vision trop progressiste, ne semble plus répondre, aux impératifs du quotidien. Les présidents Obama, Hollande, Merkel, Cameron…semblent coupés du réel et de leurs bases politiques comme s’ils gouvernaient par défaut. L’empathie ne suffit plus (sauf dans le cas du Pape). Les bonnes intentions ne parviennent plus, à calmer les angoisses de l’avenir. Les affrontements culturels  se multiplient et nos idéologies passées, ne sont plus opérationnelles .Ce qui laisse la place libre aux extrêmes(extrême gauche pour les droits  sociaux et extrême droite pour la survie identitaire ) car si on ne trouve pas de vraies solutions, on doit d’une manière ou d’une autre, épancher ses rancoeurs.Les acquis sociaux  et culturels de nos sociétés modernes, semblent remis en question et nous ne trouvons plus la juste mesure, entre les droits de l’individu et les droits des collectivités.

La mondialisation nous oblige à penser la planète dans son ensemble (démographiquement, culturellement, politiquement, économiquement). Nous sommes partagés entre reproduire et réformer, se raidir, se replier  ou tenter de rationaliser, de réguler.

Dans l’attente de l’homme providentiel introuvable, du messager à venir.

Derrière tous nos calculs abstraits, il y a des vies humaines en jeu, des existences broyées, des destins brisés. Le choc archaïque de nos cultures contemporaines, ne devrait pas se transformer en un cycle de violences sans fin.