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La Grande-Bretagne a élaboré et vendu le projet d’un État juif en Palestine à des banquiers juifs anglais pour pérenniser sa domination sur la région dès le milieu du 19ème siècle.

Qui devait supporter et a supporté cette transaction sinon la population palestinienne établie sur cette terre depuis des siècles et des millénaires ?

En 1916, Sa Majesté britannique va officialiser ce projet avec la Déclaration Balfour qui offre au mouvement sioniste enfin créé et stabilisé un Foyer national juif en Palestine en contrepartie non officielle d’un soutien financier des banquiers juifs anglais à ses efforts de guerre contre l’Allemagne.

Qui devait supporter et a supporté cette transaction sinon, encore une fois, cette même population palestinienne ?

Après la seconde guerre mondiale et le génocide juif, génocide accompli avec la complicité active et/ou passive des dirigeants occidentaux, ce sont ces mêmes occidentaux qui ont fermé tant bien que mal leurs portes aux juifs fuyant vers certains pays européens ou vers les États-Unis pour les déporter bon gré mal gré vers la Palestine.

Qui devait supporter et a payé cette forfaiture ignominieuse sinon encore et toujours le peuple palestinien dont la conscience nationale n’a cessé de se forger et se structurer tout au long de ce rouleau compresseur qui les écraser de plus en plus ?

Les accords d’Oslo, aboutissement d’une longue et douloureuse lutte du peuple palestinien et d’une partie importante de la population israélienne encore mue par des idéaux de justice, va pourtant être sapée lentement mais sûrement par les jusqueboutistes sionistes avec leur rêve biblique d’un État juif qui s’étend du Nil à l’Euphrate et de la Méditerranée au Golfe persique, ce projet étant lui- même en harmonie avec l’ambition d’une domination de l’Occident, sous la direction britannique puis américaine, sur toute cette région.

C’est donc en toute quiétude et sous le couvert de protestations aussi hypocrites que sans lendemains que les accords d’Oslo seront détricotés, d’abord timidement, puis de plus en plus ouvertement et violemment pour finir de s’afficher dans un cynisme ouvert.

Après les immenses espoirs ouverts Oslo se transformera pour n’être plus rien qu’un champ de ruines côté palestinien comme côté israélien à travers le mouvement contre la guerre et pour la paix, le peuple juif lui-même finissant par y perdre son âme pour s’offrir à la soldatesque israélienne et aux pratiques néo nazies de ses dirigeants.

Le cynisme affiché ces deux dernières décennies et plus particulièrement lors de cette dernière décennie atteint son paroxysme avec le Deal du siècle de Trump, Président de l’Amérique blanche en mal d’identité et d’assurance de sa prédominance intérieure comme internationale.

Trump père et fils se retrouvent, malgré ou du fait de leurs ambitions, méprisés par les classes supérieures blanches des États-Unis. Portés malgré ce handicap par de puissants milieux juifs new- yorkais, les Trump et notamment Trump fils vont finir par s’imposer à ces mêmes classes blanches, d’abord en se faisant le porte parole des petits blancs déclassés, puis aujourd’hui sur l’essentiel des classes dominantes blanches grâce à l’appui des évangéliques et des lobbies israéliens aux États-Unis et de l’État d’Israël directement, et enfin avec la main-mise sur l’appareil d’État américain lui-même pour couronner le tout.

Qui devra payer cette revanche de Trump sur cette Amérique blanche et ce retour d’ascenseur à l’État d’Israël et ses réseaux sinon encore et toujours le peuple palestinien, aujourd’hui écrasé de toutes parts, y compris les États arabes de la région, y compris l’Autorité palestinienne qui s’est transformée, de compromis en compromissions, de corruptions en soumission à chantages, de lâchetés en trahisons, en un organisme qui devenu au fil du temps essentiellement un supplétif de l’appareil de répression israélien.

C’est dire que les classes dominantes occidentales, qu’est-ce qu’elles soient, font toujours payer leurs transactions sur le dos des peuples visés par celles-ci et qui non seulement supportent les méfaits de ces transactions mais doivent aussi en payer le prix. Les décennies et les siècles peuvent passer, leur nature intrinsèque reste la même. Comme qui dirait “chasse le naturel, il revient au galop”.

Face à ce Deal, quid de L’Autorité palestinienne ?

L’Autorité palestinienne ne saurait se réformer. Elle ne pourra, par delà son indignation sincère et/ou feinte, que de finir par se laisser aveuglée et entraînée , suite à des appels par-ci, des réunions et des contacts amicaux par-là, agrémentés par quelques millions de dollars dans des comptes off shore au profits de certaines personnes bien ciblées, pour se remettre à terme sur le chemin de Canossa.

Le mieux que L’Autorité palestinienne aurait à faire pour sauver le peu d’honneur qui lui resterait serait de se faire Hara Kiri et de décréter officiellement sa dissolution, certains prenant le chemin de l’exil où ils pourront participer et œuvrer à la réunification de tous les mouvements de résistance. Se souvenir que la force de Yasser Arafat a pu se construire et être reconnue uniquement parce qu’il a systématiquement refusé de participer à toute division des forces de la résistance. Menacer, voire décider officiellement de ne plus collaborer avec les services de sécurité israéliens revient à se leurrer soi-même et à leurrer ce qui reste encore des quelques lambeaux du peuple palestinien.

Pour être plus clair, en perpétuant son existence, L’Autorité palestinienne deviendra le meilleur fossoyeur de ce qui reste encore debout du peuple palestinien.

Pour paraphraser une célèbre sentence, le peuple palestinien se relèvera, L’Autorité palestinienne jamais.

À n’en pas douter, le Deal du siècle a pour seuls objectifs :

– d’une part de vassaliser les États de la région et plus particulièrement les États arabes et ou musulmans à l’État d’Israël se faisant consacré ainsi comme un véritable empire.

– d’autre part de consolider la défaite et la dispersion du peuple palestinien, ce qui est une forme politiquement correcte d’opérer un génocide qui ne dit pas son nom.

Qu’est-ce qu’un peuple qui cesserait d’exister en tant que peuple pour devenir des individus vivants sous de multiples cieux et nationalités ? Qu’est-ce que serait un peuple dont les membres seraient contraints et s’engageraient explicitement ou non à ne plus se constituer en tant que nation contre passeports et monnaies sonnantes et trébuchantes fussent-elles libellées en dollars et en euros ?

Après les Indiens d’Amérique, ce serait le deuxième génocide réussi de l’histoire, n’en déplaise aux bonnes âmes occidentales si férues à manier les beaux mots pour construire de belles phrases et propager de si beaux sentiments pour mieux dépecer leur proie !

Le génocide indien a été réalisé suite à des massacres, à la propagation de maladies contre lesquelles ils n’étaient pas protégés et d’alcool à se noyer dans toutes sortes de lâchetés, de trahisons et de soumissions.

Le génocide palestinien se réalise à coups de massacres, de privations, de maladies et de soumissions à toutes sortes de contraintes et de corruptions.

Ce n’est pas à coups de chambres à gaz, de fusils ou de machettes qu’on définit un génocide. Pas plus que de cadavres alignés ou entassés dans le but de frapper les esprits.

Scandre Hachem

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