Le point de passage de Masnaa à la frontière entre le Liban et Israël. Crédit Photo: Libnanews.com
Majdal Aanjar

Les autorités libanaises ont réitéré leur volonté de voir 15 000 réfugiés syriens retourner en Syrie par mois, indique le ministre en charge du dossier, Issam Sharaf El-Din, lors d’une interview diffusée sur les ondes de la Voix du Liban. Il s’agit, selon le ministre d’appliquer le plan dont il est l’auteur.

“La présence syrienne a été divisée en trois catégories : les déplacés, les travailleurs et les réfugiés politiques”note Issam Sharal el Din, notant que 80% du territoire syrien est désormais sécurisé. Il précise avoir été mandaté par le gouvernement libanais pour régler ce dossier.

Ainsi, le Haut Commissariat en charge des réfugiés devrait cesser de financer la présence 15 000 de ces réfugiés par mois avec pour objectif de les motiver à revenir dans leurs pays, dans des zones sécurisées. Quant aux réfugiés politiques, le Liban souhaite également assurer un retour en toute sécurité en coopération avec Damas.

Selon le ministre des déplacés, 83% des réfugiés syriens se trouvent en dehors des camps prévus à leurs effets et bénéficient d’électricité, d’eau et même de pain aux tarifs subventionnés par le Liban, outre le fait qu’ils constituent une main-d’oeuvre bon marchée rivalisant sur le marché de l’emploi avec la population locale.



Pour rappel, le 11 mai dernier, le ministre des AE libanais Abdallah Bou Habib avait estimé que les réfugiés syriens coutaient 3 milliards de dollar par an au Liban.
En 2020, son prédécesseur avait publié une étude préparée par l’ONU, estimant à plus de 46 milliards de dollars le coût de la présence des réfugiés syriens au Liban entre 2011 et 2018. Selon cette étude, la présence des réfugiés syriens au Liban aurait impacté tous les secteurs, dont celui de l’éducation ou encore de l’électricité mais également provoquant une chute du Produit Intérieur Brut, alors que le Liban était impacté par une grave crise économique apparue au grand jour en 2019 et caractérisée par une détérioration rapide de la parité entre livre libanaise et dollar. Ainsi, la monnaie nationale a perdu plus de 90% de sa valeur face au billet vert. 82% de la population libanaise vivrait désormais sous le seuil de pauvreté et 36% dans un état d’extrême pauvreté, amenant à des tensions avec les réfugiés syriens.

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