Le président du Conseil Supérieur de la magistrature le juge Souheil Abboud, aurait émis l’idée de faire renvoyer la procureur du Mont Liban, la juge Ghada Aoun, après que celle-ci se soit exprimée devant des conférenciers en France concernant la corruption dont souffre le système judiciaire libanais, annonce le quotidien Al Akhbar.

Selon la juge à l’époque, la corruption est présente dans chaque organe de gouvernance, « dans la politique, l’administration, la banque centrale ou dans le corps judiciaire. » Pour la magistrate, « cette situation est à n’en plus finir. » « C’est un crime contre l’humanité, ce qui est arrivé au Liban, on a volé tout un peuple », ajoute-t-elle. Nommée procureure générale près de la cour d’appel du Mont Liban en 2017, « j’étais ahurie de voir autant de dossiers concernant des affaires de corruption. Nous avons commencé à nous y attaquer notamment au sein de l’organe judiciaire. Nous avons découvert plusieurs juges corrompus recevant des pots-de-vin », explique-t-elle. Ce mal est également répandu « dans les forces de sécurité. » « Je n’imaginais pas l’ampleur de ce fléau », avait-elle révélé devant une commission d’enquête française.

Problème, ni le conseil supérieur de la magistrature, ni l’inspection judiciaire n’ont les prérogatives pour procéder à cette mesure disciplinaire, note un expert judiciaire au quotidien arabophone.

Cette proposition du juge Abboud se serait cependant heurtée à une importante opposition d’une partie des juges au sein même de la commission d’inspection judiciaire. Ils ont donc décidé de suspendre pour l’heure toute décision à ce sujet.

Cette information intervient alors que la juge Ghada Aoun a ouvert plusieurs dossiers pour détournement de fonds et corruption ou encore pour transfert illégal d’importantes sommes en devises étrangères en dépit de l’instauration d’un contrôle informel des capitaux concernant certains hommes politiques ou encore le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé ces dernières années, rompant la protection judiciaires dont ils bénéficiaient jusqu’à présent, même s’ils continuent à bénéficier de non exécution de mandats d’arrêt publiés à leur encontre par les Forces de Sécurité Intérieure.

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