Un navire de la composante maritime de la FINUL, le jour de l'explosion du 4 août 2020.
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Les négociations israélo-libanaises qui ont pourtant débuté ce matin ont été reportées de 72 heures en raison d’une demande des Etats-Unis. Ces derniers ont motivé cette demande pour des raisons techniques non précisées.

Les autorités libanaises ont indiqué devoir durcir leurs positions, élargissant les revendications territoriales libanaises à des champs gaziers déjà découverts et devant être exploités à partir de 2021 par la compagnie grecque Energean au profit des autorités israéliennes après que Tel Aviv ait revendiqué une part importante de la zone libanaise, indiquent certaines sources. Cette demande libanaise inclurait donc 1450 kilomètres carrés supplémentaires à la zone économique libanaise en plus des 850 kilomètres carrés déjà revendiqués par les 2 pays.

Cette demande libanaise pourrait retarder le processus d’exploitation des ressources gazières présentes dans cette zone.

Il s’agirait pour les autorités libanaises de restituer la totalité des droits du Liban sur ses zones maritimes et terrestres conformément aux accords Paulet-Newcombes de 1923 et de la convention d’armistice de 1049, alors que du côté de Tel Aviv, on estime qu’une partie de la zone maritime exclusive libanaise pourrait leur revenir en raison de l’existence de 2 petits îlots sous son contrôle.

La partie libanaise réfute cette argumentation en vertu des lois internationales, estimant que cette zone est petite et inhabitée.

Pour l’heure, il est trop tôt pour savoir si Tel Aviv va choisir d’interrompre le processus de négociation ou réduire ses revendications sur les zones maritimes exclusives libanaises.

Pour rappel, le Liban a accordé l’exploitation du Bloc 9 dont une partie est revendiquée par Israël au consortium formé par le français Total, l’italien ENI et le russe Novatek. L’exploration et l’exploitation des ressources potentielles présentes dans ce bloc sont cependant retardées.

Eclairage

Image Revendication Israël Liban Carte

Pour rappel, à l’origine de ce problème, les négociations entre le Liban et Chypre en 2011. Le point de départ de la zone a été fixée arbitrairement par les 2 pays au point 1 des frontières.
Par conséquent, l’Etat Hébreu a décidé de poursuivre la délimitation de ses frontières maritimes au point 25 selon ses mesures qui correspond au point 1 pour le Liban.
Cependant le Liban estimait dès le départ que le point de départ de sa zone d’exclusivité économique se situait au point 0, selon Beyrouth ou 23, selon l’état hébreu et situé à 17 km au sud du point 1 , fixé lors des négociations entre Tel Aviv et Nicosie.
Ainsi est délimité un triangle allant du point B1 situé à Ras al Naqoura au point 0 puis au point 1.
Cette zone est revendiquée par les 2 états, le Liban et Israël. Elle couvre ainsi plus de 800 kilomètres carrés. Une partie des blocs 8, 9 et 10 se trouvent ainsi au centre de la polémique.
La situation s’est aggravée par la découverte d’un potentiel important de gisements gaziers et pétrolier dans cette zone.
Le Liban indique disposer de cartes prouvant que la zone lui appartiendrait.

Par ailleurs, la ligne Hoff du nom du médiateur américain qui s’était déjà saisi du dossier en 2011 et que Beyrouth avait déjà rejeté, accorde 560 kilomètres carrés au Liban et le solde à Tel Aviv.

En 2019, alors que des négociations semblaient pouvoir être relancées entre le Liban et Israël, elles se sont brusquement interrompues pour des raisons jusqu’à présent inconnues. La tension entre les 2 pays est également montée d’un cran avec la découverte de tunnels traversant la ligne bleue, ligne de démarcation entre les 2 pays.

Le 14 octobre, des négociations entre le Liban et Israël s’ouvrent au QG de la FINUL à Naqoura et en présence du médiateur américain, le sous-secrétaire d’état des Etats-Unis, David Schenker, et sous les auspices du coordinateur spécial de l’ONU au Liban Jan Kubis.

Tel Aviv, faisant part de l’existence de 2 îlots dans son territoire – des îlots inhabités – situés non loin des côtes israéliennes aurait également aurait également étendu ses revendications sur les blocs libanais.

Au cours du 3ème round de négociation qui s’est déroulé le 28 octobre, le Liban aurait ainsi durci sa position et informe la délégation israélienne au sujet de ses nouvelles revendications, élargissant la zone maritime exclusive à 1 430 kilomètres carrés supplémentaires au détriment d’Israël, en prolongeant d’une ligne droit la frontière terrestre. Cette zone comprendrait plusieurs champs gaziers déjà découverts et attribués par Israël à une compagnie d’exploitation grecque. Ces demandes libanaises devraient ainsi geler l’exploitation de ces champs jusqu’à conclusion d’un accord.
Il s’agit pour le Liban de n’effectuer aucune concession sur ses zones maritimes alors qu’Israël en revendiquait préalablement une partie, notent certaines sources, qui s’attendent à ce qu’un accord puisse être conclu avant la fin de l’année, accordant toute la zone originale au Liban.

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