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Pourquoi ou comment le peuple participe-t-il à la corruption. Car en fin de compte il y va de la responsabilité des deux parties, les gouvernants et les gouvernés.

Quand après 15 ans de guerre, de déchirement, de destruction, de voitures piégés de bombes dans tous les sens et venant de partout. 15 ans sans communications correctes, sans service public, une vie sous le joug des milices qui rançonnaient les civils de tout bord….puis subitement arrêt des hostilités. Arrêt pour de bon cette fois. Et on nous envoie quelqu’un pour ramasser les déchets, reconstruire un centre ville délabré, rétablir certaines routes, acheter des terrains ou immeubles… alors que les familles aisées peinaient à survivre sans tendre la main.

Beaucoup ont vendu leurs propriétés, ont dépensé leur économies…Et subitement on leur offre ce qu’ils désespéraient de voir. Un simili ordre rétabli, du jour au lendemain. Un début de reconstruction, des offres alléchantes pour acheter…et vendre tout et n’importe quoi. Et en plus des offres de bourses d’études à l’étranger pour leurs enfants.

Ainsi, feu Rafic Hariri devint le messie tant attendu!

Il était désormais seul maître à bord. Avant que les libanais ne puissent réaliser ce qui arrivait, il avait pris les rennes du pouvoir. Selon la constitution, contre la constitution, qu’importe!

Seul maître à bord, avec un président de la république soumis, un parlement soumis…Il a fait voter les lois qui convenaient pour rester seul maitre  des lieux.

Sur le plan “sunnites de Beyrouth”, car il faut rappeler que les principaux propriétaires du centre ville étaient des sunnites, il a fait taire les familles en plaçant pour chacune l’un des leurs à des postes clés (pas tous mais presque). Le conseil des ministres se résumait à ce qu’il ordonnait De bon gré ou mal gré.

Cette tirade pour dire que le peuple a été amené à accepter les offres sans en chercher la cause ou le résultat. Par ignorance ou par profit. Ils sortaient du trou de la misère d’une guerre sans raison et sans fin. c’était l’essentiel. Quant aux profits, ils étaient variables selon les services rendus, allant d’un appartement offert, à la prise en charge d’un malade à l’étranger, ou le paiement de factures d’hôpital ou des frais de scolarité. Ce n’était pas le messie…c’était Dieu! Si l’on comprend ces faits, bien réels et pas exagérés…qu’attendre du peuple après ces longues années de guerre et de privations?

Le règne du messie a duré le temps d’institutionnaliser les écarts…de conduite. Les dérogations aux lois et l’instauration d’institutions parallèles pour gouverner sans contrôle et sans compétition. Comment appeler cet aboutissement sinon un état prêt à la “débauche”…au sens politique. Je n’ai pas abordé le confessionnalisme qui s’est bien ancré. Les bénéficiaires refusent l’appellation confessionnelle car ils appartenaient à toutes les confessions…(sous condition de soumission).

Le peuple a accepté. Il est tombé dans le panneau. Car il s’est trompé de Dieu. et à propos de l’assassinat:

 Pouvait-on mieux réussir à soulever un peuple qu’en assassinant son Dieu?

Ghada El Yafi (Hématologue)

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1 COMMENTAIRE

  1. La vision saine des choses a été corrompue de très près par le désenchantement.
    Mais il y a une merveille dans la conscience nationale oubliée.
    Le rejet de l’intolérance les défis de structures locales, les ponts entre le peuple et les associations religieuses ou civiles, l’amitié contre la servitude volontaire au travail, les images sociales des femmes pour la culture du citoyen, le repos moral des hommes dans leurs convictions.
    Tout cela concorde avec l’amour à autrui et à bâti le sentiment national.

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