Comme attendu, le gouvernement, réuni au Palais de Baabda sous les auspices du Président de la République, le Général Michel Aoun, a approuvé ce jeudi la déclaration d’intention en dépit des objections des Forces Libanaises.

Le Vice Président du Conseil des Ministres Ghassan Hasbani, membre également des Forces Libanaises a regretté l’absence d’une phrase concernant « le recours aux institutions légitimes de l’état » concernant le volet de la Résistance à Israël.

Hier déjà, la ministre du développement administratif May Chidiac, également membre des Forces Libanaises avait déjà fait part des objections de son mouvements à ce même sujet, estimant que la stratégie de défense devrait être limitée exclusivement à l’Armée Libanaise.

Pour devenir fonctionnel, le Chef du gouvernement, Saad Hariri devrait présenter cette lettre d’intention du Cabinet devant le Parlement. À l’issue de cette session, qui pourrait avoir lieu le mercredi ou le jeudi prochain, un vote de confiance devrait être organisé.

Un Gouvernement pour une réforme économique et monétaire

Il s’agira notamment de mettre en œuvre les réformes économiques et monétaires présentées par le Liban, lors de la conférence d’aide intitulée CEDRE et qui s’est déroulée à Paris en avril 2018. Les pays et les organisations donateurs se sont alors engagés à accorder au Pays des Cèdres une aide de 11 milliards de dollars sous forme de dons et de prêts à taux réduits.

Outre la politique économique, il s’agit également de la première fois qu’une réforme de la politique monétaire est évoquée, afin de réduire l’endettement public – une partie importante de cette dernière étant libellée en devise locale -. Pour l’heure, le Ministre de l’information et proche du Premier Ministre, Jamal al Jarrah a indiqué qu’une augmentation des taxes n’est pas à l’ordre du jour.

Pour rappel, le taux d’endettement du Liban atteint 150% du PIB soit le troisième plus haut taux au Monde. Il s’agira aussi pour le gouvernement d’augmenter la croissance économique et de réduire les déficits publics. Ainsi, la déclaration d’intention gouvernementale vise à réduire les déficits publics d’un pourcent au cours des 5 prochaines années.

Parmi les mesures évoquées, la réduction des subventions accordées à l’Électricité du Liban. Cette mesure reste cependant quelque peu théorique, puisqu’il s’agit de construire d’une part des centrales électriques alors que le prix des matières premières est sujet à de larges variations que le Pays des Cèdres ne peut contrôler.

Le dossier du retour des réfugiés syriens sur la table

Sur le dossier du retour des réfugiés syriens présents au Liban, Jamal al Jarrah a précisé que seul le plan russe est sur la table. Cependant, la déclaration gouvernementale n’évoque pas un retour volontaire des réfugiés syriens dans leur pays. Il s’agira également de rejeter toute tentative d’intégration ou d’implantation de ces derniers dans leur pays d’accueil.
Le Liban héberge actuellement 1.5 millions de réfugiés syriens sur son sol, entrainant une pression importante sur ses infrastructures. L’ancien Ministre de l’Énergie et des Ressources Hydrauliques, César Abi Khalil avait ainsi estimé à 5h la privation de la population libanaise en raison de la consommation en électricité des réfugiés syriens.
Ces réfugiés prennent également une importante part du travail revenant normalement à la population locale dont le taux de chômage est passé à 40% de la population active. Certaines sources n’hésitent pas à évoquer un taux de chômage estimé à 50%.

Pour le reste, tout reste pareil et rien ne change

Le Ministre de l’information a également indiqué hier que le dossier concernant la Résistance, allusion à la branche militaire du Hezbollah reste inchangé par rapport aux déclarations d’intention gouvernementales précédentes.

Il s’agira également, de dissocier le Liban des crises régionales. Abordant plus spécifiquement le dossier syrien qui avait été à l’origine d’une polémique lors du congrès économique de la Ligue Arabe qui s’est déroulé le mois dernier à Beyrouth, il a indiqué que la décision de réintégrer Damas à la Ligue dépendra du choix de cette organisation elle même.

L’abolition de certains ministères à l’ordre du jour

De source médiatique, on annonce également qu’un accord aurait été conclu entre les différents partis de la coalition gouvernementale pour abolir dans les 2 prochaines années, les ministères de l’information, actuellement détenu par Jamal al Jarrah et qui sera remplacé par un comité national des médias, ainsi que celui des déplacés