Ce dimanche 30 août, le Liban a commémoré, presque dans l’indifférence générale, la disparition de ses 17000 concitoyens disparus – essentiellement des civils qui étaient présents au mauvais endroit, au mauvais moment – durant les épisodes tragiques de son Histoire Moderne, la Guerre Civile de 1975 à 1990, certains aux mains des milices de l’époque, d’autres aux mains des occupants tant israéliens que syriens. Alors que nombreux défilent aujourd’hui afin de réclamer des droits et la dignité dans le cadre des événements actuels, les familles des disparus demandent simplement d’avoir le droit à connaitre le destin de leurs proches, vivants ou morts et finalement pouvoir faire leurs deuils.

Plusieurs tentatives ont été faites par les Gouvernements successifs de clore le dossier des disparus, notamment depuis la loi d’amnistie ayant abouti à la dissolution des milices sans soit imposé le devoir d’information du devenir des disparus. C’était sans compter la volonté des victimes et des familles.

Face à la pression de ces familles, le gouvernement libanais a mis en place en 2000, 2001 et 2005 plusieurs commissions d’enquête pour se pencher sur les disparitions forcées, sans que malheureusement soit obtenu un quelconque résultat.

Le CICR tente depuis 2012 de mettre en place différents outils comme une banque ADN des disparus et de reconstituer le dernier parcours de ces derniers et ainsi collecter les données indispensables aux investigations.

Suite à une défaite des autorités devant le Conseil d’Etat, les familles disposent désormais d’un droit d’accès aux rapports des commissions d’enquête de 2000, 2001 et 2005, montrant l’incapacité et le refus des autorités publics à connaitre le sort des disparus. Cette procédure a abouti à ce que l’Etat donne officiellement mandat à la Croix Rouge Internationale pour collecter les données à ce sujet en 2015 avec la remise officielle des rapports des 17000 disparus au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée au début de cette année.

A l’occasion de la Journée Internationale des Personnes Disparues, la Croix Rouge Internationale (CICR) a organisé plusieurs cérémonies sous le thème « Your war ended, hi/her war never ends », Votre Guerre est terminée mais sa guerre ne s’est jamais terminée. Les commémorations organisées en présence de familles des disparus et de représentants de la société civile impliqués dans ces dossiers se sont déroulées à Tyr au Sud Liban, à Baalbeek dans la Békaa et enfin à Tripoli au Nord Liban afin de rappeler la Tragédie vécue par ces familles. Une piqure de rappel pour ne jamais oublier…

A noter que la cérémonie qui devait également avoir lieu à Beyrouth a été remise à Septembre en raison des évènements actuels.

Nos photographies de la cérémonie de Tyr.

Voir également: Liban: Echos, les voix derrière les photographies, une exposition pour la 40ème commémoration de la guerre civile

Sur le net: Echoes, les photographies exposées 

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