Accueil A la Une Je rêverai toujours d’un Noël blanc … ‎

Je rêverai toujours d’un Noël blanc … ‎

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Ce Noël, je l’espérais blanc, comme le décrit ce fameux refrain. Un Noël qui a la couleur de la conscience pure et imperturbable et des intentions intègres et entachées. Le banc de la neige couvrant les hautes cimes du Mont-Liban, agrémentant ses cèdres éternels de guirlandes lactescentes. Un blanc couleur de la lumière dans son rayonnement le plus intense. Le blanc des langes de l’Emmanuel de Bethléem, des tuniques des rois mages venus se prosterner devant ce nourrisson sauveur de l’humanité, des drapés opalescents des pèlerins de la Mecque.

J’ai rêvé de blancheur à l’occasion de cette Nativité. Mais j’ai ouvert les yeux, et j’ai vu en réalité un pays qui saigne à blanc. Les rejetons de Daoud el Corm, de Saliba Doueihy, et de Mustafa Farroukh font un très mauvais usage de la palette des nuances. Au lieu de s’engager à refaire du Liban une toile rehaussée de splendides teintes emblèmes des vertus magnifiées par les pinceaux des artistes, ils nous en font voir de toutes les couleurs. Ils vulgarisent les couleurs, les avilissent, les démythifient, et forcent toute une population à se peindre un avenir sous de tristes couleurs.

Un peloton de blancs-becs aux nombrils verts qui font tout sauf faire travailler leur matière grise, s’évertuent à brosser un portrait caricatural au pays dont l’éponyme est la couleur blanche en araméen. Des oranges, des verts, des jaunes, des rouges, des bleus qui se trouvent sur la liste noire des uns et des autres, selon les saisons, selon les équations et les accords. Entre des mafias qui mangent du pain rouge, des politiciens dont le passé est lourds d’éléphants blancs, de vertes et de pas mûres pour l’acquisition de billets verts, des puissances régionales qui passent du blanc au noir, et des puissances internationales qui emploient le vert et le sec pour parvenir à leurs fins, les séries noires se poursuivent dans le pays de l’or bleu.

Bleu, rouge, jaune, orange, vert. Trois couleurs primaires, et deux intermédiaires – le violet faisant défaut – dominent dans la galerie de toiles monochromes traditionnelles et partisanes qu’est devenu le pays des cèdres. En espérant l’apparition du violet au sein de ce barbouillage ; un violet signe de deuil, pour que s’éteigne à jamais ces étendards de couleurs partisanes dont on en a assez. Un violet régénérateur, qui après le deuil, devient le  symbole de l’amour de la vérité et de la vérité de l’amour, vertus passées sous silence ces jours-ci, mais tellement vitales pour cette contrée qu’on aveugle à force de couches picturales obscures.

De la sorte, l’émergence de ce violet parmi le jaune, le rouge, l’orange, le bleu et le vert, surviendrait pour parfaire le cercle chromatique constitué de ces six couleurs. Ces coloris finiraient par fusionner pour produire une teinte qui est la somme de toutes ces couleurs : la lumière blanche. Ainsi, le blanc tant désiré surgira parmi cette gamme, et son avènement ébauchera une nouvelle année toute en couleurs, dans un pays qui enterrera tous les gribouillis afin d’ouvrir une nouvelle page blanche, pure, immaculée, pour un meilleur avenir. Et l’on pourrait enfin rêver et espérer l’avènement d’un Noël blanc…

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Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l’écriture depuis l’enfance, elle est l’auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l’identité et de l’héritage culturel du Liban, elle a fondé l’association I.C.H.T.A.R. (Identité.Culture.Histoire.Traditions.Arts.Racines) pour le Patrimoine Libanais. Elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession, et donne des cours et des conférences sur l’Histoire et la Théologie de l’Icône ainsi que l’Expression artistique.
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