
Une séquence régionale qui place le Liban au centre du rapport de force
Le Liban apparaît, dans la presse du 25 mai 2026, comme l’un des terrains les plus sensibles de la phase ouverte par les discussions entre Washington et Téhéran. Nahar, le 25 mai 2026, décrit un pays placé devant un « carrefour » à plusieurs niveaux, avec une hausse des frappes israéliennes au Sud et dans la Békaa-Ouest, au moment même où circulent des informations sur un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran. Le journal estime que cette séquence risque d’aggraver la situation libanaise, car Israël se montre méfiante face à tout accord qui pourrait inclure le front libanais, tandis que le Hezbollah pourrait y voir une validation du rôle de l’Iran dans la région. Cette lecture rejoint celle de Ad Diyar, le 25 mai 2026, qui parle d’heures décisives pour la région, après près de trois mois de guerre, et note que le président américain Donald Trump a demandé à ses représentants de ne pas se presser, en affirmant que le temps jouait en faveur de Washington. Dans cette atmosphère, le Liban suit les discussions tout en subissant une pression militaire directe. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, relève de son côté qu’Israël a relevé le niveau de son escalade dans le Sud et la Békaa, avec des frappes meurtrières et des avis d’évacuation, avant la réunion sécuritaire prévue à Washington le 29 mai.
Israël cherche à préserver sa marge militaire
La question centrale porte sur la marge d’action qu’Israël entend conserver au Liban, même si un accord américano-iranien finit par couvrir plusieurs fronts. Al Liwa’, le 25 mai 2026, rapporte que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a insisté auprès de Donald Trump sur la liberté d’agir contre les menaces visant Israël, notamment au Liban. Le journal cite aussi des informations selon lesquelles Washington laisserait Israël agir si le Hezbollah tentait de se réarmer. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte la même ligne, en indiquant que Netanyahu a affirmé que Trump avait reconnu le droit d’Israël à se défendre sur tous les fronts, y compris au Liban. Cette position entre en tension avec les demandes iraniennes, qui cherchent à inclure un arrêt des hostilités au Liban dans l’accord en préparation. Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, va plus loin en présentant la scène libanaise comme un espace encore régi par des arrangements sécuritaires directs entre Washington et Tel-Aviv, plus que par la négociation avec Téhéran. Le journal note que les États-Unis travaillent depuis plusieurs semaines à un chemin parallèle pour le Liban, lié aux arrangements d’après-guerre dans le Sud. Cette approche donne à la réunion du Pentagone une place centrale, car elle pourrait ouvrir un processus technique et militaire, distinct d’un règlement politique large.
Le Hezbollah durcit son discours face à la pression sur les armes
La presse insiste aussi sur la montée du ton du Hezbollah. Al Bina’, le 25 mai 2026, rapporte que Naim Kassem a affirmé que tout débat sur les armes devait venir après l’arrêt des attaques israéliennes, le retrait complet d’Israël, la libération des prisonniers et le retour des habitants. Le secrétaire général du Hezbollah a dit espérer que l’accord entre Téhéran et Washington inclue le Liban par un arrêt complet du feu. Mais il a aussi présenté le désarmement comme une perte de capacité défensive pour le Liban et comme une étape vers ce qu’il qualifie d’élimination. Ad Diyar, le 25 mai 2026, reprend une formulation similaire, en rapportant que Naim Kassem considère que le retrait des armes de la résistance reviendrait à retirer au Liban une partie de sa défense. Il demande donc à discuter de la stratégie de défense seulement après l’arrêt des attaques, le retrait israélien, la libération des prisonniers et le retour des habitants. Al Liwa’, le 25 mai 2026, souligne que Kassem lie le maintien des armes à l’incapacité de l’État à assumer seul la protection du territoire, tout en affirmant que le peuple aurait le droit de descendre dans la rue contre un projet qu’il qualifie d’américano-israélien.
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Washington répond en soutenant le gouvernement Salam
La réaction américaine est présentée comme rapide et directe. Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, rapporte que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a accusé le Hezbollah de chercher à entraîner de nouveau le Liban vers le chaos et la destruction. Il a qualifié l’appel de Naim Kassem à faire tomber le gouvernement de démarche dangereuse et a insisté sur le fait que Washington soutient le gouvernement libanais légitime. Al Akhbar, le 25 mai 2026, relève aussi que Rubio a condamné ce qu’il a appelé une tentative de renverser un gouvernement élu. Selon le journal, le responsable américain a affirmé que le Hezbollah ignorait les demandes répétées de la gouvernement libanais visant à arrêter les attaques et à respecter le cessez-le-feu. Al Sharq, le 25 mai 2026, place cette position en manchette, avec une formule claire sur l’appui de Washington au gouvernement libanais et à ses efforts pour restaurer l’autorité de l’État. Le message américain dépasse donc la seule critique du Hezbollah. Il vise aussi à présenter le gouvernement de Nawaf Salam comme l’interlocuteur principal de la phase diplomatique à venir, dans un moment où le Liban doit obtenir de l’aide, préparer la reconstruction et définir son rôle dans les discussions sécuritaires.
La réunion du Pentagone devient le test libanais
La réunion prévue au Pentagone le 29 mai occupe une place centrale dans plusieurs journaux. Nahar, le 25 mai 2026, indique que le Liban se prépare à une négociation militaire avec Israël sous parrainage américain, tout en soulignant que le dossier du désarmement et l’application du monopole de l’État sur les armes pèsent sur tout le processus. Le journal précise que la délégation libanaise doit porter un message prioritaire: fixer le cessez-le-feu et mettre fin aux violations israéliennes, sans accepter d’engagements qui dépasseraient la résolution 1701 ou le rôle traditionnel de l’armée. Al Sharq, le 25 mai 2026, écrit que les contacts se poursuivent entre Baabda, Yarzé et Washington pour préparer les discussions, alors que les sanctions américaines récentes contre des responsables militaires et sécuritaires libanais ont rendu le climat plus lourd. Al Bina’, le 25 mai 2026, adopte une lecture plus critique, en voyant dans les discussions du Pentagone le risque d’une nouvelle structure sécuritaire dans le Sud, avec des mécanismes de coordination, de surveillance et d’échange d’informations qui pourraient aller au-delà d’un simple contrôle de la frontière. Ce contraste montre que la réunion est perçue soit comme une nécessité pour arrêter la guerre, soit comme une porte d’entrée vers une redéfinition profonde du rapport entre l’État, l’armée et le Hezbollah.
L’accord avec l’Iran reste incertain et chargé de contradictions
Sur le plan régional, les journaux décrivent un accord encore flou. Nahar, le 25 mai 2026, indique que les informations disponibles sur le mémorandum américain-iranien reposent sur des fuites et des lectures contradictoires. Le journal estime toutefois que Washington et Téhéran ne veulent pas reprendre la guerre et cherchent à exploiter une trêve supposée de soixante jours pour préparer un accord final. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte que la formule discutée prévoit l’ouverture du détroit d’Hormuz, l’arrêt du feu sur plusieurs fronts, dont le Liban, et le report du dossier nucléaire à une étape ultérieure. Le même journal note que l’Iran n’aurait pas accepté de remettre son uranium hautement enrichi et que le dossier nucléaire ne ferait pas partie de la première phase. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, présente aussi Donald Trump comme peu pressé de conclure, tout en affirmant que les discussions avec l’Iran progressent vers un cadre plus professionnel. Cette prudence américaine complique la situation libanaise. Tant que l’accord n’est pas fixé, Israël conserve un espace de manœuvre militaire, le Hezbollah durcit son discours, et le gouvernement libanais se trouve placé entre pression internationale, urgence sécuritaire et fragilité interne.
Politique locale: l’État libanais sous pression entre souveraineté, armes et négociation
Le gouvernement Salam face à une pression intérieure et extérieure
La scène politique locale est dominée par une tension nette entre le gouvernement de Nawaf Salam, la présidence de Joseph Aoun, le Hezbollah et les pressions américaines liées au dossier des armes. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte que le Liban officiel n’a pas reçu d’éléments précis sur ce que pourrait produire l’accord américain-iranien pour le front libanais, mais qu’il accueille tout accord susceptible d’arrêter totalement la guerre et les opérations militaires au Sud. Le journal ajoute que l’État libanais mène des contacts avec Washington pour fixer un arrêt complet des opérations, tout en affirmant vouloir négocier pour lui-même et ne pas devenir une carte dans les mains d’une autre partie. Cette formule résume la ligne officielle: garder le dossier libanais dans les mains de l’État et séparer autant que possible la négociation nationale de l’agenda iranien. Dans ce contexte, le gouvernement Salam devient une cible politique centrale. Il doit parler avec les Américains, préparer la réunion sécuritaire du Pentagone, contenir la pression israélienne et répondre aux accusations du Hezbollah. Al Akhbar, le 25 mai 2026, présente cette phase comme une poussée vers un accord sécuritaire où le désarmement serait placé au cœur de la négociation. Le journal affirme que le texte discuté avec Washington inclurait un retrait israélien lié à des garanties sur le monopole des armes par les forces gouvernementales. Cette lecture, très critique, traduit la méfiance d’une partie du camp proche du Hezbollah face à une autorité exécutive accusée d’accepter une logique américaine.
Naim Kassem place les armes au cœur du bras de fer
Le discours de Naim Kassem structure l’essentiel de la controverse interne. Al Bina’, le 25 mai 2026, rapporte qu’il a déclaré que le peuple avait le droit de descendre dans la rue et de faire tomber le gouvernement, tout en fixant une ligne rouge autour du désarmement. Selon le journal, Naim Kassem présente le retrait des armes comme une forme d’élimination politique et sécuritaire que le Hezbollah ne peut accepter. La phrase a eu un effet immédiat. Elle transforme le débat sur la stratégie de défense en crise ouverte avec le gouvernement. Elle déplace aussi le conflit du terrain militaire vers la rue, avec le risque d’une confrontation entre légitimité institutionnelle et légitimité de résistance. Al Liwa’, le 25 mai 2026, rapporte de son côté la réponse du département d’État américain, qui accuse le Hezbollah de chercher à tirer le Liban vers le chaos et de menacer un gouvernement légitime. Ce durcissement montre que la politique locale libanaise est désormais lue depuis Washington comme une partie du règlement régional. Ainsi, le débat sur les armes ne reste plus un dossier interne. Il devient le test de la capacité du gouvernement Salam à imposer l’autorité de l’État, mais aussi le point par lequel le Hezbollah veut empêcher que les résultats de la guerre soient traduits en concessions politiques.
Joseph Aoun cherche une ligne d’État entre paix et refus de tutelle
La position de Joseph Aoun est présentée par plusieurs journaux comme un effort de clarification. Al Akhbar, le 25 mai 2026, affirme que le président veut sortir d’une zone d’ambiguïté sur le rapport à la résistance, à l’Iran et à la reconstruction. Le journal lui attribue une ligne selon laquelle il recherche la paix, refuse que l’Iran gère la reconstruction et ne ferme pas la porte à une normalisation avec Israël si un accord d’État devait être conclu. Cette présentation s’inscrit dans une lecture très critique de la présidence. Elle montre surtout que Joseph Aoun devient, pour le camp du Hezbollah, l’un des acteurs centraux du nouveau rapport de force. En sens inverse, Al Sharq, le 25 mai 2026, donne une image plus institutionnelle de la position de Baabda. Selon cette lecture, le Liban officiel veut stabiliser le cessez-le-feu, refuser d’être annexé à la négociation irano-américaine et garder sa capacité de décision. L’écart entre ces deux traitements est révélateur. Pour une partie de la presse, Joseph Aoun tente de restaurer l’autorité de l’État. Pour une autre, il accompagne une pression américaine et israélienne sur les armes. Dans les deux cas, la présidence retrouve une place forte dans l’équation locale. Elle n’est plus seulement arbitrale. Elle devient l’un des lieux où se décide la réponse de l’État à l’après-guerre.
Nabih Berri attend l’exécution plus que les promesses
Le rôle de Nabih Berri apparaît plus prudent. Nahar, le 25 mai 2026, indique que le président de la Chambre attend des nouvelles rassurantes sur l’inclusion du Sud dans l’accord en discussion, car le Hezbollah serait placé dans une situation difficile si la guerre ne s’arrêtait pas sur le front libanais. Le même journal souligne que les messages transmis au président de la Chambre et au Hezbollah disent que les responsables iraniens n’ont pas abandonné la demande d’inclure le Liban dans l’accord. Al Bina’, le 25 mai 2026, rapporte que Nabih Berri a résumé sa position par une formule de prudence: l’essentiel reste l’exécution. Cette phrase traduit un réflexe politique ancien. Berri sait que les textes régionaux ne valent que par leur mise en œuvre sur le terrain. Il sait aussi que le moindre flou peut laisser Israël poursuivre ses opérations, tout en exposant le Liban à une pression accrue sur le dossier des armes. Ad Diyar, le 25 mai 2026, rapporte en manchette une position attribuée au député Kassem Hachem, selon laquelle Berri ne changera pas malgré les pressions. Le même journal parle d’une pression américaine avant les négociations pour faire passer l’agenda israélien. Ainsi, le président de la Chambre tente de garder un rôle de tampon. Il suit la négociation, protège la place du Hezbollah dans le rapport de force, mais évite d’apparaître comme l’acteur qui ferait tomber le gouvernement.
La rue, la mémoire du 25 mai et la crise de sens
La journée du 25 mai donne à cette tension une portée symbolique. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte que Nawaf Salam a publié une note faisant de la journée une fête officielle à l’occasion de la résistance et de la libération. Les administrations publiques, les institutions, les municipalités, les écoles et les universités ferment leurs portes. La note évoque la solidarité avec les familles des morts, des blessés, des prisonniers, des déplacés et des habitants du Sud. Mais le journal relève aussi des critiques contre le maintien de cette célébration, alors que l’armée israélienne occupe encore une partie du territoire et que des villages du Sud ont été détruits. Al Akhbar, le 25 mai 2026, donne une autre lecture. Le journal insiste sur la force du lien des habitants du Sud à leur terre, malgré les destructions, l’exil et le sentiment d’abandon. La même date devient donc un enjeu de récit. Pour le gouvernement, elle permet d’afficher une solidarité nationale. Pour le Hezbollah et ses soutiens, elle reste un symbole de résistance. Pour les critiques, elle devient une fête difficile à comprendre tant que le Liban vit sous pression militaire. Cette bataille autour de la mémoire montre que la politique locale ne se limite pas aux réunions de Baabda, de Aïn el-Tiné ou du Sérail. Elle passe aussi par les mots qui donnent un sens à la guerre, au sacrifice et au rôle de l’État.
Beyrouth, coexistence et peur d’une fracture interne
Au-delà du dossier des armes, plusieurs signaux montrent une inquiétude plus large pour l’équilibre interne. Ad Diyar, le 25 mai 2026, met en avant une déclaration du patriarche maronite Béchara Boutros Rai selon laquelle Beyrouth n’a pas été bâtie sur l’exclusion, mais sur la coexistence. Cette phrase vise un climat de peur. Elle rappelle que la capitale reste un espace sensible, où toute crise sécuritaire peut réveiller des fractures anciennes. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, revient aussi sur le vieux débat autour de Beyrouth sans armes, en rappelant les tensions passées dans la capitale et les affrontements de 2010 à Bourj Abi Haidar. Ce rappel historique pèse sur le présent. Il indique que la menace d’une descente dans la rue, lancée par Naim Kassem, n’est pas reçue comme une simple figure de style. Elle réactive la mémoire des tensions armées internes. Dans ce climat, l’État cherche à affirmer son autorité sans provoquer une rupture. Le Hezbollah cherche à empêcher que le dossier des armes soit tranché sous pression extérieure. Les forces politiques surveillent la position de Berri, de Joseph Aoun et de Nawaf Salam. Ainsi, la politique locale libanaise se trouve suspendue à une double contrainte: éviter l’effondrement sécuritaire au Sud et éviter l’explosion politique à l’intérieur.
Citation et discours des personnalités politiques: les mots de la crise libanaise entre menace, souveraineté et calcul régional
Naim Kassem transforme la question des armes en ligne rouge
Le discours le plus commenté est celui de Naim Kassem. Al Bina’, le 25 mai 2026, rapporte qu’il a affirmé que le peuple avait le droit de descendre dans la rue et de faire tomber le gouvernement. Le journal ajoute qu’il a présenté le désarmement comme une forme d’« élimination » que le Hezbollah ne peut pas accepter. Cette formule fixe le cadre politique du bras de fer. Elle ne traite pas seulement d’un calendrier militaire. Elle vise à empêcher que le dossier des armes soit placé dans une négociation dictée par Washington, Tel-Aviv ou par la réunion sécuritaire attendue au Pentagone. Ainsi, le discours de Kassem donne au Hezbollah une ligne de refus face à toute formule qui lierait le retrait israélien, le retour des déplacés et la reconstruction à une remise en cause de son arsenal. Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, rapporte une version plus institutionnelle du même message. Le journal indique que Kassem rattache les armes à la stratégie de défense nationale, à la capacité du Liban de protéger son territoire et à la nécessité d’un dialogue interne. Dans cette lecture, le chef du Hezbollah tente de présenter la question des armes comme un dossier libanais et non comme une condition imposée de l’extérieur.
Le même discours comporte aussi un volet social et financier. Al Akhbar, le 25 mai 2026, souligne que Naim Kassem a mis en garde contre toute atteinte à l’institution financière liée au Hezbollah, en affirmant que le sujet touche un large réseau de bénéficiaires. Le journal donne ainsi au propos une portée plus large que le seul débat militaire. Le message vise les sanctions, les pressions sur les réseaux sociaux du parti, les efforts de reconstruction et les structures économiques parallèles qui assurent une partie de son ancrage populaire. Par cette prise de parole, Kassem cherche donc à déplacer le débat. Il ne parle pas seulement d’armes. Il parle de protection sociale, de dignité des habitants du Sud et de refus d’un ordre politique qu’il juge imposé après la guerre. Cette stratégie rhétorique est claire. Elle associe désarmement, affaiblissement social, menace israélienne et pression américaine dans un seul récit. Elle rend plus difficile toute négociation qui isolerait la question militaire du reste des dossiers.
Marco Rubio répond par le vocabulaire de l’État
La réponse américaine se veut directe. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, rapporte que Marco Rubio a averti le Hezbollah après l’appel de Naim Kassem à la rue. Le secrétaire d’État américain a réaffirmé que les États-Unis se tenaient aux côtés du gouvernement libanais légitime, pendant que celui-ci tente de restaurer son autorité et de bâtir un avenir meilleur pour les Libanais. Le choix des mots est important. Rubio ne répond pas seulement au Hezbollah. Il reconnaît Nawaf Salam comme l’interlocuteur politique central et place la crise dans le registre de la légitimité institutionnelle. Il présente aussi le Hezbollah comme une force qui menace l’État, et non comme un acteur politique ordinaire. Cette réponse transforme la querelle interne en test de souveraineté. Elle signifie que Washington considère l’appel à faire tomber le gouvernement comme une menace contre le cadre politique qu’elle soutient.
Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, donne plus de détails sur la tonalité du message américain. Le journal rapporte que Rubio accuse le Hezbollah de vouloir tirer de nouveau le Liban vers le chaos et la destruction. Il qualifie l’appel de Kassem de démarche dangereuse et affirme que les menaces de violence ne réussiront pas. Al Akhbar, le 25 mai 2026, reprend aussi la formule selon laquelle l’époque où une organisation pouvait retenir tout un pays en otage toucherait à sa fin. Ces mots relèvent d’un langage de confrontation. Ils visent à donner une couverture politique internationale au gouvernement Salam, au moment où celui-ci prépare les discussions sécuritaires avec Washington et Israël. Mais ils renforcent aussi la perception, chez le Hezbollah et ses alliés, que le dossier des armes n’est pas traité comme un dialogue libanais. Il est posé comme une exigence extérieure, portée par les États-Unis et liée à la sécurité d’Israël.
Joseph Aoun entre paix, reconstruction et soupçon de bascule
La parole attribuée à Joseph Aoun occupe une place sensible. Al Akhbar, le 25 mai 2026, titre sur une position selon laquelle le président libanais voudrait la paix et refuserait que l’Iran dirige la reconstruction. Le journal lui attribue aussi une ouverture à une normalisation avec Israël, dans un cadre que la publication présente comme une rencontre avec les demandes de l’adversaire. Cette présentation est politiquement chargée. Elle montre comment une partie de la presse proche du camp de la résistance lit la présidence: non comme une simple autorité d’arbitrage, mais comme un acteur susceptible de déplacer le centre de gravité du pouvoir vers un accord sécuritaire appuyé par Washington. Même si le ton du journal est critique, l’enjeu reste réel. Joseph Aoun doit affirmer le monopole de l’État sans provoquer une rupture interne majeure. Il doit aussi éviter que la reconstruction ne devienne un terrain de tutelle régionale.
Dans une lecture plus institutionnelle, Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte que les sources officielles libanaises disent vouloir négocier au nom du Liban et non comme une carte dans la main de l’Iran. Cette phrase forme le pendant du discours attribué à Joseph Aoun. Elle pose le principe d’un État qui refuse d’être annexé au dossier américano-iranien. Elle affirme aussi que l’accord régional ne suffit pas si Israël ne respecte pas le cessez-le-feu. Ainsi, la parole présidentielle et la parole gouvernementale convergent vers une idée simple: le Liban veut obtenir l’arrêt des opérations sur son territoire, mais il veut le faire par ses propres canaux. Cette ligne est difficile à tenir. Elle place l’État entre l’urgence de stopper les frappes, les demandes américaines sur les armes, les refus du Hezbollah et les réserves d’Israël.
Nabih Berri choisit la prudence de l’exécution
La phrase de Nabih Berri résume une autre culture politique. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte que le président de la Chambre a répondu à une question sur l’accord américain-iranien et son éventuelle inclusion du Liban par une formule brève: l’essentiel reste dans l’exécution. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte la même idée, en soulignant que Berri attend de voir si les promesses régionales produiront un vrai effet sur le terrain libanais. Cette phrase évite l’emballement. Elle dit que les accords ne valent pas par leurs titres, mais par les retraits, les arrêts de feu, les garanties et la fin des violations. Elle traduit aussi une méfiance ancienne envers les arrangements flous. Le président de la Chambre sait qu’un texte peut annoncer un cessez-le-feu tout en laissant à Israël une large marge d’action.
Cette prudence sert plusieurs objectifs. D’abord, elle évite à Berri de se placer en opposition frontale avec le Hezbollah, dont il partage une partie du socle politique. Ensuite, elle lui permet de rester dans une posture d’interlocuteur de l’État et des médiateurs. Enfin, elle protège son rôle dans la suite des discussions, car le Parlement et Aïn el-Tiné restent des lieux de contact quand le gouvernement et la présidence sont sous pression. Ad Diyar, le 25 mai 2026, met d’ailleurs en avant une position selon laquelle Berri ne changerait pas malgré les pressions. Cette ligne donne au président de la Chambre une fonction de stabilisateur prudent. Il ne célèbre pas l’accord avant sa mise en œuvre. Il ne rompt pas non plus avec la dynamique de négociation. Il garde le mot le plus utile dans une crise où chaque partie parle beaucoup, mais où le terrain reste le seul juge.
Béchara Rai rappelle la peur de Beyrouth
La parole du patriarche maronite Béchara Boutros Rai se situe sur un autre plan. Ad Diyar, le 25 mai 2026, rapporte qu’il a affirmé que Beyrouth n’a pas été bâtie sur l’exclusion, mais sur le vivre-ensemble. La phrase vise le cœur de la peur interne. Dans une période où l’appel à la rue revient dans le débat, où le dossier des armes réactive les mémoires de violence, et où les pressions extérieures se mêlent aux fractures internes, le patriarche ramène le discours vers la coexistence. Il ne parle pas seulement aux responsables politiques. Il parle aussi aux habitants de la capitale, aux communautés et aux partis qui savent que Beyrouth reste un lieu très sensible. La ville porte encore les traces de crises passées. Tout affrontement autour du pouvoir, des armes ou de la souveraineté peut y produire des effets rapides.
Cette parole religieuse complète le discours politique sans s’y confondre. Là où Rubio parle de légitimité, là où Kassem parle de résistance, là où Berri parle d’exécution, Rai parle de lien social. Son rappel du vivre-ensemble exprime une inquiétude plus profonde: la crise actuelle ne menace pas seulement le Sud ou les négociations du Pentagone. Elle menace aussi la capacité des Libanais à rester dans un cadre commun. Cette dimension est essentielle pour comprendre le climat de la presse du 25 mai 2026. Les citations politiques ne sont pas de simples phrases. Elles dessinent des lignes de peur, de défense, de pression et de survie. Elles montrent un pays où chaque mot peut être reçu comme un signal de guerre, une promesse de paix ou une menace de rupture.
Diplomatie: le Liban dans l’ombre d’un accord régional encore instable
Une négociation américaine-iranienne qui dépasse le cadre nucléaire
La diplomatie régionale décrite par la presse du 25 mai 2026 se concentre sur une question centrale: l’accord en préparation entre les États-Unis et l’Iran peut-il arrêter la guerre sans ouvrir une nouvelle crise au Liban? Nahar, le 25 mai 2026, indique que les informations connues sur la note de compromis reposent surtout sur des fuites et des lectures contradictoires. Le journal souligne toutefois un point stable: ni l’administration de Donald Trump ni Téhéran ne veulent une reprise de la guerre. Cette volonté explique l’idée d’une trêve de soixante jours, renouvelable, qui servirait à préparer un accord final. Dans ce cadre, le dossier nucléaire serait repoussé à une autre phase, après une première entente sur les sujets urgents. Cette lecture donne à la diplomatie une fonction de gel du conflit plus qu’une fonction de règlement définitif. Elle permet de réduire le risque d’une guerre régionale, mais elle laisse de nombreuses zones grises. Le Liban se trouve au cœur de ces zones, car la fin des hostilités sur son territoire dépend à la fois de l’Iran, d’Israël, des États-Unis et de la capacité du gouvernement libanais à faire reconnaître son propre rôle.
Le détroit d’Hormuz comme clé du compromis
Le détroit d’Hormuz apparaît comme l’une des clés du compromis. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte que Donald Trump a affirmé avoir demandé à ses représentants de ne pas se presser, tout en maintenant le blocus américain sur les ports et les navires iraniens dans le détroit jusqu’à la signature officielle d’un accord. Le journal précise que le président américain a parlé d’un progrès dans les négociations, mais a aussi insisté sur la nécessité d’éviter toute erreur. Cette prudence traduit un calcul. Le détroit concentre des enjeux énergétiques, militaires et politiques. Sa réouverture donne à l’Iran un gain immédiat, mais elle donne aussi aux États-Unis un levier pour exiger des garanties. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte de son côté que la note de compromis envisagée permettrait la réouverture du détroit et la vente libre du pétrole iranien pendant une période de soixante jours. En échange, les discussions sur le programme nucléaire seraient renvoyées à une négociation ultérieure. La diplomatie fonctionne donc par étapes. Elle cherche à obtenir d’abord une baisse de tension, puis un débat plus lourd sur le nucléaire. Ce choix peut calmer le Golfe. Il peut aussi nourrir les critiques israéliennes, car Tel-Aviv refuse de séparer la question nucléaire du reste des garanties régionales.
Les médiateurs régionaux cherchent à empêcher la reprise de la guerre
La mobilisation diplomatique ne se limite pas aux deux capitales principales. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte que plusieurs dirigeants régionaux ont participé à un contact avec Donald Trump pour discuter de l’évolution de la guerre. Le journal cite le Qatar, l’Arabie saoudite, Bahreïn, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Turquie et le Pakistan. Cette liste montre que le dossier américain-iranien n’est plus seulement un face-à-face. Il devient une affaire régionale, car chaque État craint les effets d’une reprise du conflit sur l’énergie, les bases militaires, la navigation, les routes aériennes, les marchés et les fronts armés. Ad Diyar, le 25 mai 2026, va plus loin en rapportant que le compromis pourrait être annoncé par le Pakistan sous le nom de « Déclaration d’Islamabad », sans présence obligatoire des délégations à la cérémonie. Le même journal indique qu’une nouvelle phase de discussions pourrait avoir lieu début juin. Cette mise en scène donne au Pakistan un rôle de médiateur utile. Elle permet aussi aux États-Unis et à l’Iran de préserver une marge politique, en évitant une image de concession directe. Dans cette architecture, les États arabes ne conduisent pas seuls la négociation, mais ils essaient d’en limiter les effets dangereux. Leur objectif est simple: empêcher que l’échec d’un texte encore fragile ne relance les frappes et les ripostes.
Israël tente de séparer le dossier libanais du compromis avec Téhéran
La diplomatie israélienne cherche à réduire les effets de l’accord sur sa liberté d’action. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte que Benjamin Netanyahu a affirmé s’être entendu avec Donald Trump sur la nécessité d’éliminer totalement la menace nucléaire iranienne. Il a aussi déclaré que Trump avait confirmé le droit d’Israël à se défendre sur tous les fronts, y compris au Liban. Cette phrase est centrale. Elle signifie qu’Israël ne veut pas qu’un compromis entre les États-Unis et l’Iran se transforme en contrainte automatique sur ses opérations au Sud-Liban. Nahar, le 25 mai 2026, avance une lecture plus directe: pour convaincre Netanyahu d’accepter l’accord avec Téhéran, les États-Unis pourraient lui laisser une marge militaire au Liban. Selon le journal, cette marge inclurait le maintien d’une zone occupée et la poursuite des frappes jusqu’à l’obtention de conditions israéliennes autour du désarmement du Hezbollah. Cette perspective crée une diplomatie à deux vitesses. D’un côté, l’accord américano-iranien cherche à calmer la région. De l’autre, Israël tente d’obtenir une exception libanaise. Le risque est donc que le Liban soit inclus dans le cessez-le-feu par l’Iran, mais exclu de la protection réelle par Israël.
Le gouvernement libanais tente de préserver une voix propre
Face à ces jeux croisés, le gouvernement libanais cherche à éviter d’être traité comme une simple annexe de la négociation régionale. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte que les autorités libanaises veulent savoir si l’accord américain-iranien inclut vraiment le Liban et dans quelles conditions. Le journal mentionne une position attribuée à Nabih Berri, selon laquelle l’essentiel reste dans l’exécution. Cette phrase résume la prudence libanaise. Un accord annoncé depuis l’extérieur ne suffit pas si les frappes continuent, si l’armée israélienne reste sur le terrain et si les habitants ne peuvent pas rentrer. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, rapporte que l’escalade israélienne au Sud et dans la Békaa intervient avant la réunion sécuritaire libano-américano-israélienne prévue à Washington le 29 mai. Cette date donne au Liban un autre canal diplomatique, plus direct, mais aussi plus risqué. Le gouvernement Salam doit y défendre un arrêt complet des opérations, la fin des violations, la libération des prisonniers et le retour des habitants. Il doit aussi éviter que la réunion ne devienne une table de pression sur les armes du Hezbollah sans contrepartie claire sur le retrait israélien.
Les États-Unis soutiennent l’État libanais, mais imposent leur ordre de priorités
La position américaine envers le Liban combine soutien diplomatique et pression politique. Al Liwa’, le 25 mai 2026, rapporte que le département d’État américain affirme soutenir le gouvernement libanais dans ses efforts de reprise, de reconstruction, d’obtention d’aides internationales et de restauration de l’autorité de l’État. La même source indique que Washington accuse le Hezbollah de chercher à entraîner le Liban vers le chaos et la destruction. Ce message donne au gouvernement Salam une couverture internationale. Il renforce aussi l’idée que les États-Unis veulent faire du gouvernement l’interlocuteur légitime de l’après-guerre. Mais cette aide diplomatique n’est pas neutre. Elle s’inscrit dans une priorité américaine claire: réduire le rôle militaire du Hezbollah, stabiliser le front avec Israël et intégrer le Liban dans un ordre sécuritaire contrôlé par l’État. Pour Beyrouth, le défi consiste à tirer profit du soutien américain sans apparaître comme simple exécutant d’une politique dictée de l’extérieur. Le paradoxe est fort. Le Liban a besoin des États-Unis pour obtenir une pression sur Israël, mais toute pression américaine sur le Hezbollah peut aussi aggraver la fracture interne.
La diplomatie de crise reste fragile faute de confiance
Le principal obstacle demeure l’absence de confiance entre les acteurs. Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, écrit qu’il est encore trop tôt pour savoir ce que Donald Trump et l’Iran ont vraiment décidé. Le journal rapporte que des responsables américains disent que l’Iran aurait accepté le principe d’abandonner son stock d’uranium hautement enrichi, tandis que les responsables iraniens ne confirment pas cette version. Nahar, le 25 mai 2026, souligne aussi cette contradiction, en indiquant que des sources iraniennes nient que le dossier nucléaire fasse partie de la première phase de la note de compromis. Ce flou diplomatique nourrit l’inquiétude d’Israël, la prudence des pays du Golfe et l’attente au Liban. Il permet aussi à chaque partie de parler à son opinion publique. Les États-Unis peuvent dire qu’ils forcent l’Iran à des décisions lourdes. L’Iran peut dire qu’il ne cède pas sur le nucléaire. Israël peut dire qu’il garde sa liberté militaire. Le Liban, lui, ne peut pas vivre longtemps dans cette ambiguïté, car chaque jour de flou se traduit par des frappes, des déplacements et une pression plus forte sur l’État. La diplomatie actuelle peut donc suspendre la guerre. Elle n’a pas encore produit les garanties qui permettraient de l’arrêter réellement au Liban.
Politique internationale: guerres ouvertes, crises humanitaires et recompositions de pouvoir
L’Ukraine confrontée à une nouvelle démonstration balistique russe
La guerre en Ukraine revient au premier plan avec une attaque russe de forte ampleur contre Kiev et sa région. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, rapporte que les forces russes ont mené, dans la nuit de samedi à dimanche, une offensive massive qui a tué quatre personnes et blessé des dizaines d’autres. Le journal précise que Volodymyr Zelensky a accusé Moscou d’avoir utilisé un missile balistique hypersonique de type Oreshnik, un armement déjà employé à deux reprises depuis 2024. Selon la même source, Moscou a confirmé l’emploi de plusieurs types de missiles, dont Oreshnik, Iskander, Kinjal et Zircon, en présentant l’attaque comme une réponse à des frappes ukrainiennes contre des infrastructures civiles russes. Le récit russe et le récit ukrainien restent donc opposés. Kiev affirme avoir visé des objectifs militaires, tandis que Moscou parle d’actes terroristes. Cette divergence permet aux deux camps de justifier l’escalade, au moment où les défenses aériennes ukrainiennes montrent leurs limites.
Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, insiste sur la portée militaire et politique de cette attaque. Le journal note que Zelensky a reconnu l’échec de l’interception de tous les missiles balistiques. Cette admission révèle le manque chronique de missiles de défense aérienne dont souffre l’Ukraine. Kiev dépend encore fortement des systèmes Patriot américains pour intercepter ce type d’armement. Or les stocks restent limités. L’attaque russe devient ainsi un message adressé à l’Ukraine, mais aussi aux alliés occidentaux. Moscou teste la capacité de Kiev à tenir sous des frappes combinées et pousse les Européens à mesurer le coût d’un soutien prolongé. La réaction européenne reste ferme. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, rapporte les condamnations d’Emmanuel Macron et du chancelier allemand Friedrich Merz, ainsi que l’annonce d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne pour chercher de nouveaux moyens d’accroître la pression sur la Russie.
Gaza entre bombardements, faim et crise carcérale
Le dossier palestinien demeure dominé par la guerre à Gaza et par la crise humanitaire. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte qu’une frappe israélienne a tué un homme, son épouse et leur enfant dans le camp de Nousseirat, au centre de la bande de Gaza. Le journal mentionne aussi une autre attaque contre un centre de police dans le nord de Gaza, avec six morts. La guerre se poursuit donc par des frappes ciblant des zones civiles ou des structures locales, dans un contexte où les institutions de base sont déjà très affaiblies. Le même journal indique que le gouvernement palestinien a alerté sur la dégradation rapide des conditions de vie en raison de la réduction volontaire de l’entrée des aides, du carburant et des fournitures médicales. La demande adressée à la communauté internationale porte sur l’ouverture complète et durable des points de passage. Cette exigence vise à répondre à une situation où la faim devient un instrument de pression autant qu’une conséquence de la guerre.
La question alimentaire est décrite avec des chiffres lourds. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte une mobilisation dans le centre de Gaza contre le siège et la détérioration des conditions de vie. Le journal cite un rapport du Programme alimentaire mondial selon lequel 1,6 million de personnes, soit 77 % de la population de Gaza, font face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. Parmi elles figurent plus de 100 000 enfants et 37 000 femmes enceintes ou allaitantes. Cette donnée montre que la crise ne relève plus seulement de l’urgence. Elle touche la structure sociale elle-même. Les familles déplacées dépendent des aides pour survivre. Les restrictions sur la nourriture et les médicaments exposent les plus faibles à des risques durables. En parallèle, Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte les accusations du Club des prisonniers palestiniens sur la propagation de la gale dans les prisons israéliennes. Selon cette source, les maladies et le défaut de soins seraient utilisés comme une politique de mort lente, avec au moins trois détenus atteints dans certaines cellules de huit prisonniers.
La Syrie prépare son premier Parlement dans un équilibre fragile
La Syrie apparaît dans la presse comme un autre terrain de recomposition institutionnelle. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, rapporte que le 8 juin a été fixé comme date préliminaire pour la première séance du Parlement syrien, après l’annonce de la part réservée au président Ahmad Al Sharaa et la validation des membres élus par les instances régionales. Le journal indique que la liste du tiers présidentiel compte 70 sièges, avec de possibles ajustements avant l’annonce finale. La composition vise, selon les sources citées, à combler les vides issus des élections, à renforcer la représentation des grandes villes et à corriger la faible présence féminine. Le même traitement évoque aussi l’intégration des composantes et des confessions syriennes dans la vie politique. Le processus cherche donc à donner une forme institutionnelle à une transition encore fragile. Mais il reste marqué par l’arbitrage présidentiel et par des négociations avec les Forces démocratiques syriennes autour de la représentation de l’Est syrien.
Ce dossier syrien illustre une tendance plus large. Les États qui sortent d’une longue phase de conflit tentent de reconstruire des institutions sans disposer d’un consensus complet. La Syrie cherche à produire une image de normalisation politique. Mais le poids des régions, des groupes armés, des minorités, des villes et des anciennes lignes de front continue d’agir. La future première séance du Parlement ne sera donc pas seulement une étape formelle. Elle servira à mesurer la capacité du pouvoir syrien à intégrer plusieurs forces sans ouvrir une nouvelle bataille de légitimité. La place accordée aux femmes et aux régions périphériques sera observée. La négociation avec les Forces démocratiques syriennes sera tout aussi décisive. Elle conditionne le degré d’inclusion des zones orientales et la possibilité d’un compromis durable entre Damas et les acteurs qui contrôlent encore des espaces de pouvoir local.
L’Irak tente d’encadrer les tensions avec l’Iran et le Kurdistan
En Irak, le dossier kurde et les relations avec l’Iran reviennent au premier plan. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte que la visite de Masrour Barzani à Bagdad a permis de rouvrir des canaux avec plusieurs forces politiques irakiennes, après les tensions provoquées par des attaques contre le Kurdistan. Le journal indique qu’un comité ou une délégation commune irakienne doit se rendre à Téhéran pour discuter des frappes ayant visé la région. Les responsables irakiens cherchent à empêcher la répétition de ces atteintes à la sécurité interne. Le récit donné par le journal montre que la crise dépasse la seule relation entre Bagdad et Erbil. Elle touche aussi la souveraineté irakienne face aux effets de la guerre américaine, israélienne et iranienne dans la région.
La visite de Barzani a aussi une portée interne. Al Quds, le 25 mai 2026, note qu’elle a contribué à briser une forme de gel entre le Parti démocratique du Kurdistan et le parti Taqaddum de Mohammad Al Halboussi. Ce dernier a annoncé qu’il se rendrait bientôt à Erbil et a parlé d’une coopération nécessaire à tous les niveaux. Ce détail montre que les crises régionales peuvent produire des rapprochements internes en Irak. Les acteurs politiques comprennent que les attaques contre le Kurdistan ou contre d’autres régions menacent le tissu national. Ils cherchent donc à afficher une unité minimale autour de la nouvelle gouvernement irakienne et de la défense des composantes du pays. Cette unité reste toutefois fragile. Elle dépendra de la capacité de Bagdad à parler avec Téhéran sans paraître faible, et à protéger le Kurdistan sans rouvrir les vieux conflits budgétaires et institutionnels entre le centre et la région.
La Tunisie face à une colère sociale sans cadre politique solide
La situation tunisienne est abordée sous l’angle d’une colère diffuse. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, décrit une montée des protestations contre les effets du pouvoir de Kaïs Saïed sur les libertés, l’économie, le niveau de vie et l’exclusion des opposants. Le journal parle d’une colère non organisée, sans partis capables de la structurer et sans syndicats en mesure de lui donner un cadre national. Cette formule est importante. Elle montre que la crise tunisienne n’est pas seulement une crise sociale. Elle est aussi une crise de médiation politique. Les citoyens protestent, mais les canaux qui devraient transformer le mécontentement en projet public semblent faibles ou paralysés. Le journal mentionne aussi l’aggravation de l’étouffement politique et économique, ainsi que les restrictions visant les militants.
Cette situation crée un paradoxe. La Tunisie connaît des signes d’usure du pouvoir, mais l’opposition organisée peine à incarner une alternative. Le mécontentement social augmente, mais il ne produit pas encore une dynamique nationale cohérente. Le risque est double. D’un côté, la colère peut se disperser et s’épuiser. De l’autre, elle peut se radicaliser en dehors des cadres civils. La presse donne ainsi l’image d’un pays où la question sociale devient inséparable de la question démocratique. Les prix, le travail, les libertés, les arrestations et la place des partis se mêlent dans une même crise. Le pouvoir peut encore tirer profit de la fragmentation de ses adversaires. Mais cette fragmentation ne règle rien. Elle repousse seulement l’épreuve d’un conflit plus large entre demande sociale et fermeture politique.
Crises sanitaires, sécurité et tensions sociales au-delà du Moyen-Orient
Les nouvelles internationales s’étendent aussi à l’Afrique et à l’Asie. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte que l’épidémie d’Ebola a tué 204 personnes en République démocratique du Congo sur 867 cas suspects, tandis que les autorités sanitaires africaines alertent sur un risque de propagation vers dix autres pays. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, précise que l’épidémie s’est propagée de l’Ituri vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dans des zones où les déplacements de population et l’insécurité favorisent la transmission. Le journal ajoute que des équipements et des équipes de l’Organisation mondiale de la santé ont été envoyés, mais que la réponse reste retardée dans une région peuplée de plus de huit millions d’habitants, dont un million de déplacés vivant dans des camps surpeuplés. La crise sanitaire devient donc une crise de sécurité et de gouvernance. Elle montre comment une maladie peut progresser quand l’État, les services de santé et la stabilité locale sont affaiblis en même temps.
D’autres signaux confirment la densité des tensions mondiales. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, signale l’expulsion du chef du Parti républicain du peuple par la police turque du siège de son parti, un attentat meurtrier contre un train au Pakistan, l’afflux des pèlerins vers Mina et les alertes africaines autour d’Ebola. Ces informations dessinent un paysage international marqué par la simultanéité des crises. Les guerres ouvertes côtoient les tensions politiques internes, les menaces sanitaires et les grands rassemblements religieux sous surveillance. Nahar, le 25 mai 2026, note pour sa part que plus d’un million de musulmans se sont rendus à La Mecque pour le pèlerinage, dans un climat régional marqué par la crainte d’une reprise de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. La politique internationale du jour ne présente donc pas une crise unique. Elle montre un système mondial tendu, où les conflits militaires, les urgences sanitaires et les fragilités internes se répondent d’une région à l’autre.
Économie: liquidités bancaires, importations vitales et coût régional de la guerre
Les circulaires bancaires restent le cœur de la survie financière
La presse du 25 mai 2026 place l’économie libanaise sous le signe d’un maintien fragile des mécanismes de liquidité. Nahar, le 25 mai 2026, indique que le débat sur les circulaires 158 et 166 de la Banque du Liban s’est intensifié à l’approche de la fin juin, date prévue pour l’expiration du dispositif. Le journal rapporte que les données disponibles vont vers une prolongation d’un an, sans hausse des montants versés aux déposants. Ainsi, le bénéficiaire qui reçoit mille dollars par mois au titre de la circulaire 158 continuerait à toucher le même montant entre juillet 2026 et juillet 2027. Cette décision, si elle est confirmée, ne règle pas la crise des dépôts. Elle maintient plutôt un canal minimal de retrait, devenu pour de nombreux ménages l’une des rares sources de liquidité régulière. Dans un pays où la crise bancaire reste sans loi globale de restructuration, ce choix traduit une gestion par le temps. Il évite le choc d’un arrêt brutal, mais il prolonge aussi une situation d’attente pour les déposants.
Nahar, le 25 mai 2026, donne des chiffres qui montrent l’ampleur du dispositif. Les deux circulaires assurent plus de 2,5 milliards de dollars de liquidités par an. Le nombre de bénéficiaires atteignait 578 770 à la fin de mars 2026, tandis que 266 166 déposants avaient récupéré la totalité de leurs avoirs dans les comptes concernés, soit 46 % des bénéficiaires. Le total des demandes déposées atteignait 610 624. Les paiements cumulés depuis le début du dispositif s’élevaient à 6,109 milliards de dollars à la fin de mars 2026. La Banque du Liban a contribué à hauteur de 4,183 milliards de dollars, soit 68,46 %, tandis que les banques ont versé 1,926 milliard de dollars, soit 31,54 %. Ces chiffres indiquent que la Banque du Liban reste le principal porteur de la charge. Ils montrent aussi que le système bancaire n’a pas encore retrouvé une capacité normale de remboursement.
Karim Souaid entre gestion de crise et droits financiers des familles
La Banque du Liban apparaît aussi dans un dossier moins macroéconomique, mais important pour les droits financiers. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte que le gouverneur Karim Souaid a adressé aux banques une notification demandant l’application d’une règle ancienne permettant à la femme mariée d’ouvrir des comptes pour ses enfants mineurs. Cette mesure répond à une demande de l’Instance nationale pour les affaires de la femme libanaise, présidée par la Première dame Neemat Aoun, avec Sahr Baassiri Salam comme vice-présidente. Le sujet ne porte pas sur les grands équilibres financiers. Il touche pourtant à la vie quotidienne des familles. Dans une économie où les comptes, les retraits et les paiements sont devenus des questions de survie, faciliter l’accès des mères aux opérations bancaires de leurs enfants représente un geste pratique. Il renforce aussi la place des femmes dans les décisions financières du foyer.
Al Sharq, le 25 mai 2026, reprend la même mesure et souligne que l’Instance nationale pour les affaires de la femme l’a saluée comme un progrès pour les droits des femmes et des mères. La publication insiste sur l’effet direct de cette application sur la vie des familles, surtout dans une période où les démarches bancaires pèsent sur la gestion quotidienne. Cette décision intervient au moment où les banques restent un lieu de tension entre déposants et institutions. Elle ne répond pas au cœur de la crise. Elle ne restitue pas les pertes. Mais elle corrige une pratique qui limitait la capacité des mères à agir pour leurs enfants. Elle montre aussi que la Banque du Liban tente de combiner la gestion des circulaires de retrait avec des mesures plus sociales. Ce mélange ne constitue pas une réforme bancaire. Il aide toutefois à réduire certains blocages concrets.
Les médicaments, test de résilience pour les importations
Le secteur de la santé fournit un autre indicateur de résistance économique. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte que l’importation de médicaments au Liban se poursuit par voie maritime et aérienne, malgré les mesures prises par plusieurs compagnies aériennes et les tensions liées à la guerre. Le journal cite Jo Gharib, qui indique que les stocks de médicaments importés suffisent pour plusieurs mois. Des ruptures peuvent apparaître pour certains traitements chroniques ou lourds, mais elles seraient liées surtout au transport, aux agents, aux lignes de production étrangères ou aux délais des fabricants. Le journal précise aussi que les importations passent par les ports légaux, notamment Beyrouth et Tripoli, ainsi que par l’aéroport Rafic Hariri, en coordination avec le ministère de la Santé et le syndicat des importateurs. Cette organisation est essentielle. Dans une économie libanaise très dépendante de l’importation, la continuité des ports et de l’aéroport conditionne la sécurité sanitaire.
La même source indique que la consommation de médicaments a augmenté de 15 % pendant cette période. Cette hausse traduit plusieurs effets. D’abord, elle peut refléter un comportement de précaution des ménages, qui achètent par peur d’une rupture. Ensuite, elle peut traduire une hausse des besoins liés au stress, aux déplacements, aux blessures et au vieillissement de la population. Enfin, elle impose une pression sur les prix. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte l’existence d’un dialogue sérieux avec le ministère de la Santé pour redessiner la carte de fixation des prix si la guerre dure. Cette phrase est centrale. Elle montre que le coût de la guerre ne se limite pas aux destructions. Il agit aussi sur les stocks, la logistique, les marges et les capacités d’achat. Le secteur du médicament devient ainsi un baromètre de la vulnérabilité du pays aux chocs extérieurs.
Viandes et fête de l’Adha: demande saisonnière, prix et pouvoir d’achat
Le marché alimentaire montre une autre tension. Al Sharq, le 25 mai 2026, cite Majed Eid, secrétaire de la Chambre syndicale des bouchers et marchands de bétail vivant, selon lequel les stocks de viande au Liban sont disponibles et ne posent pas de problème immédiat. Il précise que les prix des bovins n’ont pas été touchés par la saison de l’Adha, car la demande se concentre surtout sur les moutons. Il relève toutefois que les prix de la viande bovine avaient fortement augmenté au cours des derniers mois chez les sources d’importation étrangères. Cette distinction est importante. Elle signifie que le marché libanais peut être stable en apparence sur certains segments, tout en subissant déjà les hausses de ses fournisseurs extérieurs. La dépendance aux importations reste donc un point faible.
Le même responsable affirme que les prix des moutons augmentent nettement, comme chaque année avant l’Adha, sous l’effet de la demande pour les sacrifices. Al Sharq, le 25 mai 2026, note aussi qu’un grand nombre d’associations étrangères organisent cette année des abattages d’ovins et de bovins au Liban, ce qui augmente la demande globale, alors que la demande individuelle pour les sacrifices recule. Cette évolution reflète un changement social et économique. Les ménages ont moins de marge pour acheter eux-mêmes. Les associations prennent une place plus visible dans la demande. Le marché reste donc alimenté, mais le pouvoir d’achat des familles se contracte. Cela donne une image précise de l’économie libanaise: les marchandises existent, les circuits ne sont pas tous coupés, mais l’accès dépend de plus en plus du revenu, de l’aide et des réseaux collectifs.
Transports électriques: un projet local dans une économie sous contrainte
Dans ce paysage lourd, les transports offrent un signe d’investissement local. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte le lancement par la municipalité de Jbeil-Byblos d’un service de bus électriques entre Jbeil et Beyrouth, sous le patronage et en présence du ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rasamny. Le projet est soutenu par le Fonds pour l’environnement mondial et mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour le développement. Il comprend quatre bus électriques sur l’axe Jbeil-Beyrouth. Ces véhicules sont équipés de systèmes de sécurité, de surveillance, de positionnement et d’un accès adapté aux fauteuils roulants. Cette initiative reste limitée par sa taille. Mais elle touche un secteur décisif pour la compétitivité des ménages et des travailleurs. Le transport privé absorbe une part élevée des revenus, surtout avec la volatilité des carburants. Un service collectif propre peut donc réduire la facture quotidienne, même à petite échelle.
Le projet a aussi une valeur politique et économique. Il montre que des collectivités locales peuvent encore mobiliser des financements extérieurs pour des services publics concrets. Dans un pays où l’État peine à financer des infrastructures larges, les municipalités, les bailleurs et les agences internationales deviennent des acteurs de substitution. Cela ne remplace pas une politique nationale de transport. Mais cela crée un précédent utile. Le lien Jbeil-Beyrouth concerne une zone où les déplacements vers la capitale restent fréquents, pour le travail, les études et les services. Le choix de bus électriques réduit la dépendance au carburant importé. Il s’inscrit aussi dans une logique d’économie plus sobre, même si le réseau électrique national reste fragile. Ainsi, l’initiative mêle transition, mobilité et économie sociale. Elle donne un exemple de projet modeste, mais directement utile dans une phase où les grands plans économiques restent bloqués.
Hormuz, pétrole et inflation importée
L’économie libanaise ne peut pas être séparée du choc régional. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte que le futur accord américain-iranien pourrait ouvrir le détroit d’Hormuz pendant soixante jours, lever le blocus américain sur les ports iraniens et permettre à l’Iran de vendre son pétrole plus librement. Mais le journal souligne aussi qu’un accord ne calmerait pas immédiatement la crise énergétique mondiale. Selon les éléments cités, les flux pétroliers ne reviendraient pas à leur niveau normal avant le premier ou le deuxième trimestre 2027, même si la crise prenait fin. Avant la guerre, 140 navires traversaient en moyenne le détroit chaque jour. Le nombre cité pour les vingt-quatre dernières heures tombe à 33 navires. Cet écart donne la mesure de la rupture logistique et commerciale.
Pour le Liban, cette situation compte beaucoup. Le pays importe l’essentiel de son carburant, de nombreux produits alimentaires et une part importante de ses biens essentiels. Une hausse durable du pétrole, des frais de transport ou des engrais se transmet aux prix internes. Al Quds, le 25 mai 2026, écrit que l’énergie, les engrais et l’alimentation sont directement touchés par l’étranglement du détroit. Al Akhbar, le 25 mai 2026, rapporte aussi que les marchés européens subissent de fortes tensions à cause de la fermeture d’Hormuz, par lequel passaient une part majeure du commerce mondial du pétrole, du gaz et des engrais avant la crise. Le Liban reçoit donc le choc par plusieurs canaux: facture énergétique, coût du fret, prix alimentaires et capacités d’importation. Cette pression externe aggrave une crise locale déjà marquée par des dépôts bloqués, une faible confiance bancaire et une dépendance élevée aux flux en dollars.
Les signaux régionaux pèsent sur les marges libanaises
Les journaux du 25 mai 2026 donnent aussi des indices sur l’économie régionale. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, signale que Moody’s maintient une perspective stable pour l’Arabie saoudite malgré la guerre. Cette donnée montre que les grands producteurs du Golfe conservent une capacité de résistance que le Liban n’a pas. Les pays dotés de réserves, de revenus pétroliers et de marchés financiers profonds peuvent absorber une partie du choc. Le Liban, lui, subit la hausse des coûts sans disposer d’un matelas équivalent. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, note de son côté que la guerre a poussé l’Inde à augmenter de 90 % ses importations de gaz américain après les troubles autour d’Hormuz, et que les coûts de dette américaine ont été affectés par la hausse des rendements. Ces indicateurs mondiaux montrent que la guerre modifie déjà les routes commerciales, les prix de l’énergie et les décisions des grands acheteurs.
Le Liban se trouve donc face à une économie de guerre sans budget de guerre. Les banques prolongent les retraits pour éviter une rupture sociale. Les importateurs de médicaments cherchent à maintenir les stocks. Les marchés de viande s’ajustent à la demande de l’Adha et aux prix extérieurs. Les municipalités lancent des projets ciblés de transport. Les ménages, eux, restent exposés au prix du dollar, du carburant, de l’alimentation et des soins. La presse ne décrit pas une économie en reprise. Elle décrit une économie qui continue à fonctionner par poches, grâce à des circuits partiels, des mesures temporaires et des flux extérieurs. Dans ce cadre, l’accord américain-iranien n’est pas seulement une affaire de diplomatie. Il conditionne une part du coût de la vie au Liban, car toute détente sur Hormuz peut réduire une partie des tensions, sans annuler les fragilités internes héritées de la crise bancaire.
Société: guerre, déplacements et fragilités sociales dans un pays sous tension
Les habitants du Sud entre mémoire de l’occupation et peur du retour
La section société est dominée par les effets humains de la guerre au Sud. Al Akhbar, le 25 mai 2026, décrit le poids des « passages de l’humiliation » dans la mémoire des habitants qui ont vécu l’occupation. Le journal rappelle que l’entrée et la sortie des villages de l’ancienne bande occupée passaient autrefois par des permis, des fouilles humiliantes et de longues attentes. Il souligne qu’une logique proche revient aujourd’hui avec les cartes de ciblage et l’isolement de villages frontaliers dans une zone qualifiée de « jaune ». Cette description ne traite pas seulement de sécurité. Elle met en avant la rupture sociale causée par la fermeture des routes, l’impossibilité de rentrer chez soi et la dépendance aux décisions militaires. Pour les familles, la guerre ne se mesure donc pas seulement au nombre de frappes. Elle se mesure au temps perdu hors du village, aux maisons laissées vides, aux champs inaccessibles et aux fêtes familiales manquées. La date du 25 mai, liée à la libération, prend alors une forme paradoxale. Elle rappelle le retour des habitants chassés de leurs villages, mais elle se déroule dans un moment où de nombreux habitants ne peuvent toujours pas revenir.
Al Akhbar, le 25 mai 2026, insiste aussi sur la force du lien au lieu. Le journal note que les clefs conservées après le déplacement ne sont pas seulement un objet. Elles deviennent un signe de continuité avec le village, même lorsque le retour est empêché. Cette image traduit une réalité sociale plus large. Le déplacement ne coupe pas immédiatement le lien à la terre, mais il le transforme. Les familles déplacées vivent ailleurs, parfois dans des conditions précaires, tout en continuant à organiser leur vie autour d’un retour attendu. Ce lien peut aider à tenir. Il peut aussi prolonger la douleur, car chaque retard devient une nouvelle perte. Le journal cite également l’idée selon laquelle le déplacement ne répartit pas seulement les personnes dans l’espace, mais les réorganise socialement. Le contact forcé entre groupes venus de régions différentes peut réduire certains clichés. Il peut aussi produire des frictions autour du logement, de l’aide, du travail et de l’accueil.
Les enfants face à une guerre qui entre dans la maison
La guerre pèse aussi sur les enfants. Al Akhbar, le 25 mai 2026, publie un éclairage sur les questions que les plus jeunes posent à leurs parents pendant la guerre. Le journal cite la psychologue Rana Fadlallah, qui distingue plusieurs types de symptômes liés au conflit: troubles du sommeil et de l’alimentation, énurésie, nervosité, colère, anxiété, mais aussi recul dans des acquis déjà maîtrisés, comme la parole ou l’autonomie. Ces signes montrent que la guerre ne reste pas dehors. Elle entre dans les chambres, les repas, les jeux et les gestes les plus simples. Les parents doivent alors répondre à des questions difficiles, parfois directes, sur la mort, l’abandon ou la perte des proches. Le journal rapporte que, pour les enfants de plus de six ans, le soutien affectif ne suffit pas toujours. Ils ont aussi besoin de réponses claires pour garder confiance dans les adultes.
Le même article de Al Akhbar, le 25 mai 2026, souligne qu’il ne faut pas nier les peurs de l’enfant lorsque celui-ci demande ce qui lui arriverait si ses parents mouraient. La réponse conseillée consiste à le rassurer sur la présence actuelle des parents, puis à lui dire qu’il existe aussi une famille élargie et des proches capables de prendre soin de lui. Cette approche évite deux écueils. D’un côté, elle ne ment pas à l’enfant. De l’autre, elle ne l’enferme pas dans un scénario de perte. Ce type de conseil révèle une fatigue sociale plus profonde. Les familles ne demandent plus seulement comment protéger les enfants des bombes. Elles demandent aussi comment protéger leur rapport au monde. Dans un contexte de déplacement, de bruits d’avions, de rumeurs et d’annonces de frappes, la parole parentale devient un outil de protection. Mais cette parole reste fragile si la stabilité ne revient pas.
Beyrouth entre peur, coexistence et demande d’État
La capitale apparaît comme un autre lieu de fragilité. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte une phrase du patriarche maronite Béchara Boutros Rai selon laquelle la peur et le désordre à Beyrouth imposent une pause responsable, car la ville a été bâtie sur le vivre-ensemble et ne doit pas être laissée seule sans plan ni État présent. Cette prise de position met en avant un enjeu social central. Beyrouth n’est pas seulement un espace politique. Elle est un lieu de mélange, de mémoire et de tensions. Toute crise autour des armes, des déplacements ou de la pauvreté peut y produire des effets rapides. Le rappel du vivre-ensemble vise donc à contenir les peurs communautaires et les discours d’exclusion. Il exprime aussi une attente envers l’État. Les habitants ne demandent pas seulement des déclarations. Ils demandent une présence, des services, un ordre public et une capacité de prévention.
Ad Diyar, le 25 mai 2026, reprend aussi cette alerte du patriarche Rai et l’inscrit dans un climat de tension politique. Le journal met en avant l’idée que Beyrouth n’a pas été construite sur l’exclusion, mais sur la coexistence. Ce rappel intervient au moment où le débat sur la rue, les armes et la stabilité du gouvernement ravive de vieux réflexes de peur. La société libanaise vit ici une double pression. Elle subit les effets directs de la guerre au Sud. Elle redoute aussi une tension interne qui toucherait les quartiers, les écoles, les commerces et les familles de la capitale. Dans ce cadre, le discours religieux prend une fonction sociale. Il tente de rappeler que la ville ne peut pas être transformée en champ de force entre camps politiques. Il appelle à une logique de protection civile et de responsabilité partagée.
Santé publique, médicaments et peur des ruptures
La santé reste un sujet social majeur. Al Sharq, le 25 mai 2026, rapporte que les importations de médicaments se poursuivent par mer et par air, malgré les tensions et les mesures prises par plusieurs compagnies aériennes. Le journal cite Jo Gharib, qui indique que les stocks disponibles suffisent pour plusieurs mois, même si des ruptures ponctuelles peuvent toucher certains traitements chroniques ou lourds. Cette précision est importante pour les familles. Les patients atteints de maladies longues vivent dans une inquiétude constante depuis la crise économique et bancaire. La guerre ajoute une couche de peur, car une rupture de transport peut suffire à rendre un traitement rare. Le journal note aussi que les importations passent par les ports légaux, notamment Beyrouth et Tripoli, ainsi que par l’aéroport Rafic Hariri, en coordination avec le ministère de la Santé et le syndicat des importateurs.
La hausse de 15 % de la consommation de médicaments, rapportée par Al Sharq le 25 mai 2026, révèle un comportement social de précaution. Les familles achètent davantage lorsqu’elles craignent les ruptures. Certaines le font pour des maladies réelles. D’autres le font par peur de ne plus trouver un médicament plus tard. Ce réflexe peut protéger des foyers à court terme, mais il peut aussi créer des tensions sur les stocks. Le débat avec le ministère de la Santé sur une éventuelle révision de la tarification montre que la guerre agit sur les prix, les délais et les circuits de distribution. Ainsi, la santé publique devient un indicateur de confiance. Lorsque les citoyens croient encore aux stocks, aux ports et au ministère, la panique reste limitée. Lorsque cette confiance baisse, les achats se multiplient et les inégalités augmentent entre ceux qui peuvent stocker et ceux qui ne peuvent pas.
Le pèlerinage sous l’ombre de la guerre régionale
Le pèlerinage à La Mecque occupe une place sociale et religieuse importante dans les sources du jour. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte que plus d’un million de musulmans se sont rendus à La Mecque pour accomplir le pèlerinage, dans un climat marqué par les tensions régionales et la crainte d’une reprise de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Le journal précise que les autorités saoudiennes ont annoncé l’arrivée de plus de 1,2 million de pèlerins, contre 1,6 million en 2025. Il rappelle aussi l’interdiction de lever des drapeaux politiques ou confessionnels et de lancer des slogans dans les lieux saints. Cette règle traduit la volonté de maintenir l’événement dans un cadre religieux strict, malgré la tension qui traverse la région.
Ad Diyar, le 25 mai 2026, décrit les mesures d’organisation mises en place par l’Arabie saoudite. Le journal rapporte que le nombre de pèlerins arrivés par les différents points d’entrée atteint environ 1,5 million selon la direction générale des passeports. Il évoque aussi l’usage de plateformes numériques et d’outils d’intelligence artificielle pour coordonner les arrivées, les vols, les bus et les déplacements entre les lieux saints. Le journal indique que le train des lieux saints est renforcé pour transporter jusqu’à deux millions de pèlerins, alors que les autorités saoudiennes consacreraient environ seize milliards de dollars par an à l’organisation du pèlerinage. Ces données montrent que le pèlerinage est à la fois un rituel religieux, une opération logistique et un moment de surveillance sociale. Dans le contexte actuel, il devient aussi un test de gestion des foules, des frontières et des tensions politiques.
Ebola rappelle la vulnérabilité sanitaire des sociétés
Les journaux consacrent aussi une place à la menace sanitaire venue d’Afrique. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte que l’épidémie d’Ebola a causé 204 morts en République démocratique du Congo sur 867 cas suspects. Le journal indique que les autorités sanitaires africaines alertent sur un risque de propagation vers dix autres pays du continent. Il précise que la flambée a été déclarée le 15 mai et qu’elle concerne le variant Bundibugyo, dont le taux de mortalité peut atteindre 50 % en l’absence de vaccin ou de traitement disponible. Cette information dépasse le cadre médical. Elle rappelle que les sociétés affaiblies par la guerre, la pauvreté ou les déplacements sont plus exposées aux épidémies.
Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, rapporte que les États-Unis ont renforcé la surveillance sanitaire aux frontières pour les voyageurs aériens venant de pays africains touchés. Le journal indique aussi que ce nouvel épisode est le dix-septième en République démocratique du Congo et intervient alors que les organisations non gouvernementales subissent une baisse de l’aide internationale. Il évoque enfin des tensions dans l’est du pays, où des habitants ont attaqué un centre de santé et brûlé une tente destinée au traitement des malades, provoquant la fuite de patients suspectés d’être infectés. Ad Diyar, le 25 mai 2026, donne un angle libanais en citant un médecin selon lequel la prévention reste essentielle et le Liban dispose d’une préparation médicale face aux épidémies. Cette combinaison entre peur mondiale et lecture locale montre que la santé publique est désormais perçue comme un sujet social total. Elle touche la confiance, les frontières, les hôpitaux, les rumeurs et la capacité des États à agir vite.
Culture: patrimoine libanais, théâtre vivant et cinéma sous débat
La béatification du patriarche Elias Howayek comme événement de mémoire nationale
La culture libanaise du 25 mai 2026 se lit d’abord à travers un fait religieux qui dépasse le seul cadre spirituel. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte que l’Association des sœurs de la Sainte Famille maronite a annoncé la signature par le pape Léon XIV du décret de béatification du patriarche Elias Howayek, présenté comme le patriarche maronite soixante-douzième et comme l’une des figures liées à la naissance du Grand Liban. Le journal souligne que cette annonce est adressée aux Libanais du pays et de la diaspora. Il cite aussi Joseph Aoun, pour qui cette annonce forme un signe d’attention divine dans un moment lourd pour le pays. Dans cette lecture, la béatification n’est pas seulement un fait d’Église. Elle devient un moment de récit national, car elle ramène au premier plan la figure d’un homme associé à la construction d’un Liban unifié, dans un contexte où le pays vit de nouveau sous la pression de la guerre, des frontières menacées et des débats sur la souveraineté.
Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, consacre aussi une place importante à Elias Howayek. La publication estime que le Vatican ne prend pas une décision de ce type sans sens politique et historique. Elle rappelle que le patriarche, mort en 1931, est présenté comme le parrain du Grand Liban et comme l’une des figures qui ont accompagné l’émergence de l’État après la fin de l’Empire ottoman. La même source inscrit cette béatification dans les débats actuels sur la formule libanaise, le pluralisme et l’échec répété de la classe politique à bâtir un État de droit. Ainsi, la culture devient ici un espace de mémoire active. Elle ne se limite pas à la conservation du passé. Elle sert à relire les fondations du pays au moment où ces fondations sont fragilisées. La figure de Howayek permet de rouvrir la question du lien entre foi, politique, identité et État. Elle place le patrimoine religieux au cœur d’un débat civil sur ce que le Liban veut encore être.
Le théâtre libanais maintient une présence malgré la guerre
La presse du jour donne aussi des signes d’activité théâtrale. Al Liwa’, le 25 mai 2026, rapporte que l’artiste libanais Jihad Al Andari a remporté deux prix lors d’un festival international de pièces courtes organisé à Dubaï, avec la participation d’environ quatre-vingt-dix spectacles venus de plusieurs pays. Le journal présente cette réussite comme un nouvel acquis dans son parcours artistique. L’information est brève, mais elle compte dans le contexte libanais. Elle montre que les artistes libanais continuent à circuler, à concourir et à obtenir une reconnaissance hors du pays, malgré l’instabilité locale. Dans une période où la production culturelle est souvent freinée par le manque de moyens, les coupures, les coûts de déplacement et la peur sécuritaire, ce type de prix donne une visibilité aux créateurs. Il rappelle aussi que le théâtre libanais reste un outil de présence régionale, même lorsque les salles locales fonctionnent dans des conditions fragiles.
Le même numéro de Al Liwa’, le 25 mai 2026, signale l’ouverture d’une représentation spéciale de la pièce Le Monstreau théâtre Monnot de Beyrouth. Le spectacle est signé par Jacques Maroun, avec Carole Abboud et Dory Samarani, à partir d’un texte de John Patrick Shanley traduit et adapté par Arza Khodr. Cette annonce donne un élément d’agenda culturel libanais, même si les sources du corpus restent pauvres en événements culturels détaillés. Le choix du théâtre Monnot est important. Cette salle conserve une place symbolique dans la vie culturelle de Beyrouth. Le maintien d’une programmation dans la capitale, alors que le pays est traversé par les frappes au Sud, les débats sur la guerre et les tensions politiques, montre une forme de résistance civile par l’art. Le théâtre continue d’offrir un lieu de parole, de jeu et de rencontre. Il ne règle pas la crise, mais il garde un espace où la société peut se regarder autrement que par la peur ou par la seule politique.
Cannes, vitrine mondiale et débat sur la morale du cinéma
Le Festival de Cannes occupe une autre partie de la couverture culturelle. Nahar, le 25 mai 2026, rapporte que le festival a attribué ses prix dans une édition marquée par la place de films très politiques et par une attention au rapport entre l’intime et les systèmes de pouvoir. Le journal évoque notamment le film Minotaure du Russe Andreï Zviaguintsev, récompensé par le Grand Prix, et le présente comme l’un des textes les plus fins sur la Russie contemporaine, à partir d’un espace intime, le lit conjugal. Il souligne aussi la manière dont certains films transforment des récits personnels en confrontation avec des institutions, des normes et des valeurs publiques. Cannes apparaît alors comme un lieu où la vie privée, la guerre, la religion, la famille et la politique se croisent. Le cinéma ne se contente plus de raconter des histoires. Il devient un moyen de poser la question de la protection, de la liberté et de la violence contenue dans les sociétés modernes.
Nahar, le 25 mai 2026, relève aussi le partage des prix d’interprétation entre plusieurs acteurs et actrices, dont Emmanuel Makia et Valentin Campan pour Lâche, ainsi que Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain. Le journal décrit ce dernier film comme une œuvre qui part d’une histoire intime dans une maison de retraite avant de devenir une réflexion sur le capitalisme et les systèmes médicaux modernes. Cette lecture montre que la critique de cinéma traite le festival comme un laboratoire de questions sociales. La vieillesse, le soin, le corps, la foi, la famille et la guerre sont autant de thèmes qui reviennent dans les films primés ou commentés. Pour le lecteur libanais, ce regard international résonne avec des sujets locaux. Le pays connaît lui aussi une crise de protection sociale, une difficulté à prendre soin des plus âgés, une fragilité des institutions et un lien constant entre drame privé et défaillance publique.
Le dossier Palestine 36 rouvre la question des sources et des droits d’auteur
Le cinéma arabe est aussi marqué par une controverse. Al Quds, le 25 mai 2026, traite du conflit entre Ibrahim Nasrallah et Annemarie Jacir autour du film Palestine 36. Le journal rapporte que le film, produit avec un budget d’environ six millions de dollars, est une fresque historique sur la grande révolte palestinienne de 1936 à 1939. Plusieurs pays ont participé à sa production, dont la Palestine, le Royaume-Uni, la France, le Danemark, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie. La controverse porte sur les ressemblances présumées avec le roman Les Temps des chevaux. Des intellectuels palestiniens cités par le journal estiment que le malentendu pourrait être réglé en reconnaissant au moins le roman comme l’une des sources ayant nourri le film. La question n’est donc pas seulement judiciaire. Elle touche à la reconnaissance des œuvres, à la mémoire collective et à la place de la littérature dans la production cinématographique.
Al Quds, le 25 mai 2026, détaille plusieurs éléments de ressemblance évoqués entre le roman et le film. Il cite des scènes de village, une opération militaire britannique, le rassemblement des habitants, l’apparition d’un indicateur palestinien, l’exécution d’un habitant, puis l’incendie du village et l’expulsion des habitants. La publication indique que les deux œuvres mettent aussi en scène des destins proches de personnages engagés dans la résistance. Ce dossier met en lumière un problème récurrent dans le cinéma historique. Lorsqu’une œuvre traite un traumatisme national, elle puise souvent dans une mémoire commune. Mais cette mémoire commune n’efface pas les droits des écrivains, ni le besoin de reconnaître les sources narratives. Le débat autour de Palestine 36 montre que la culture palestinienne, comme la culture libanaise, doit gérer en même temps la transmission de la cause, le respect des auteurs et l’entrée dans des circuits de production internationaux.
Musique populaire et circulation des artistes arabes
La musique trouve une place plus limitée, mais visible. Al Quds, le 25 mai 2026, annonce en une la sortie de Matin des roses, nouveau travail du chanteur palestinien San Levant, avec la participation surprise de Yasmina Zaytoun. Cette mention relève à la fois de la culture et de l’actualité artistique. Elle montre la circulation de figures jeunes entre musique, image, réseaux sociaux et identités arabes diasporiques. Le fait que Yasmina Zaytoun soit mise en avant donne aussi au sujet un intérêt libanais. Le corpus ne fournit pas assez d’éléments pour développer une rubrique people, mais cette information peut entrer dans la section culture, car elle concerne une œuvre musicale et une collaboration artistique. Elle signale la place grandissante des artistes qui mélangent références palestiniennes, libanaises et internationales dans des formats courts, fortement relayés par le public jeune.
Cette mention s’inscrit dans un paysage culturel arabe où les frontières nationales comptent moins qu’avant dans la diffusion des chansons, des clips et des collaborations. Les artistes ne dépendent plus seulement des radios, des plateaux télévisés ou des maisons de production classiques. Ils utilisent des canaux plus directs et construisent des publics dispersés entre Beyrouth, Amman, Ramallah, Paris, Dubaï et les capitales de la diaspora. Dans ce contexte, un morceau porté par un artiste palestinien et marqué par une présence libanaise devient un objet culturel transnational. Il parle autant de style que d’identité. Il permet aussi de maintenir une actualité artistique dans un climat dominé par la guerre, la famine à Gaza, la pression au Sud-Liban et l’incertitude diplomatique.
Patrimoine culinaire, nature et mémoire des gestes
La culture ne se limite pas aux salles, aux festivals et aux films. Nahar, le 25 mai 2026, consacre un sujet à l’akkoub, plante sauvage associée à des recettes libanaises et à une mémoire rurale. Le journal souligne que la popularité récente de cette plante sur les réseaux sociaux menace aussi son existence, car une cueillette non durable a entraîné son recul dans certaines régions. L’article évoque la préparation de l’akkoub avec la qawarma, l’oignon et l’ail sauvage sur un feu, dans une scène qui réveille la mémoire des cuisines de grand-mères. Ce sujet est culturel au sens plein. Il relie cuisine, saison, terroir, geste féminin, montagne et écologie. Il rappelle que la mémoire libanaise passe aussi par les plantes, les plats et les savoirs transmis hors des livres.
Ce dossier montre aussi le risque de transformer un patrimoine vivant en simple tendance de consommation. Quand un plat revient à la mode, il peut aider à sauver une mémoire. Mais il peut aussi mettre en danger la ressource qui le rend possible. L’akkoub devient ainsi un exemple de tension entre valorisation culturelle et protection de la nature. La presse met en avant une question simple: comment célébrer une tradition sans la détruire? Dans un pays où la terre est déjà fragilisée par l’urbanisation, les feux, la crise agricole et les effets de la guerre, cette question dépasse la cuisine. Elle concerne la façon dont les Libanais habitent leur milieu. Elle montre que la culture quotidienne peut ouvrir un débat très concret sur la durabilité, la transmission et la responsabilité.
Littérature mondiale et lecture politique du présent
Enfin, Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, élargit le champ culturel avec un dossier littéraire consacré à Jack London. Le journal cite une publication académique américaine de janvier 2026 qui relit la figure de London comme celle d’un écrivain rebelle, traversé par une contradiction entre l’engagement révolutionnaire par la plume et un mode de vie plus aisé. La publication rappelle que London est mort en 1916 à quarante ans, après avoir laissé plus de cinquante livres et une légende plus grande que son œuvre. Ce portrait donne une matière utile pour lire la relation entre littérature et politique. Il montre que les écrivains demeurent souvent puissants parce qu’ils ne se laissent pas réduire à une seule image.
Dans un moment où la presse arabe traite surtout de guerre, de diplomatie et de crise sociale, ce détour par Jack London rappelle que la culture continue de proposer des formes de distance. La lecture d’un auteur étranger mort depuis plus d’un siècle n’est pas un luxe. Elle permet de réfléchir à la pauvreté, à la violence, au travail, à la révolte et aux contradictions morales des intellectuels. Al Quds, le 25 mai 2026, publie aussi une page de culture sur le poète marocain Ahmed Lamsih et son usage de la darija comme langue de vision poétique, en rappelant qu’il a publié plus de vingt recueils de zajal. Ces sujets non libanais complètent le tableau. Ils montrent une vie culturelle arabe qui reste active, plurielle et traversée par des débats de langue, de forme et de mémoire.
Sport: le football libanais cherche à respirer, le marathon garde la rue ouverte
Le ballon local entre guerre, arrêt forcé et urgence de relance
Le sport libanais apparaît, dans la presse du 25 mai 2026, comme un espace de reprise fragile plus que comme un secteur revenu à la normale. Nahar, le 25 mai 2026, décrit une football libanais contraint de « reprendre son souffle » dans une vie quotidienne mesurée par la guerre. La publication revient sur la Coupe de la solidarité nationale, remportée par Al Ansar face à Al Nejmeh aux tirs au but. Le journal insiste sur le fait que cette compétition ne doit pas être lue comme un simple tournoi de reprise. Elle a servi de station de secours pour une structure sportive presque paralysée par près de trois mois d’arrêt, sous l’effet de l’agression israélienne, du flou sécuritaire, des difficultés financières des clubs et de la perte de rythme des joueurs. Dans ce cadre, le résultat sportif compte, mais il compte moins que la fonction de la compétition. Il s’agissait d’éviter que la football libanais ne tombe dans un gel complet, avec des joueurs sans matches, des clubs sans revenus réguliers, des entraîneurs sans repères et une sélection nationale privée de rythme avant une échéance majeure.
Nahar, le 25 mai 2026, relie cette reprise à la préparation de la sélection libanaise, attendue face au Yémen dans un match décisif des qualifications pour la Coupe d’Asie 2027 en Arabie saoudite. Le journal écrit que le Liban ne peut pas se présenter à cette rencontre avec un « corps froid » et un esprit sorti de la compétition. L’image est forte. Elle montre que l’arrêt du championnat ne crée pas seulement une perte physique. Il casse aussi les automatismes, l’agressivité sportive, la vitesse de décision et la confiance. À son arrivée au Liban, l’entraîneur algérien Madjid Bougherra a trouvé, selon la même source, un paysage presque figé: des joueurs sans matches depuis environ quatre-vingt-dix jours, des clubs affaiblis sur le plan financier et moral, et un championnat suspendu par la guerre et la peur. Le recours à des compétitions de relance n’était donc pas un luxe. Il répondait à une urgence sportive et psychologique. Le risque majeur n’était pas seulement de perdre un match. Il était de laisser tout un système perdre son pouls.
Les tournois de crise comme retour à une vieille mémoire libanaise
Le recours à la Coupe de la solidarité nationale renvoie aussi à une mémoire sportive plus ancienne. Nahar, le 25 mai 2026, compare cette formule et le retour attendu de la Coupe de l’Adha, après trente-six ans d’absence, à des modèles connus par la football libanais pendant les années de guerre civile. À cette époque, les tournois amicaux et les compétitions brèves remplaçaient souvent une vie sportive normale devenue impossible. Le parallèle est lourd de sens. Il signifie que le sport libanais sait survivre par des formes provisoires, quand le calendrier régulier devient trop difficile à maintenir. Mais il indique aussi que le pays se retrouve une nouvelle fois dans une logique d’adaptation à la crise, plutôt que dans une dynamique de développement. La reprise ne vient pas d’un cadre stable. Elle vient d’une capacité à bricoler des compétitions utiles, à maintenir les joueurs actifs et à donner aux supporteurs une raison de suivre encore les équipes.
Cette situation pose plusieurs questions de fond. La première concerne la santé économique des clubs. Sans championnat régulier, les recettes baissent, les contrats deviennent plus fragiles et les équipes peinent à retenir leurs joueurs. La deuxième touche à la formation. Les jeunes joueurs ont besoin de matches suivis, de stades ouverts et d’un environnement compétitif réel. Or la guerre et l’instabilité réduisent ces espaces. La troisième concerne la sélection nationale. Un pays peut avoir des joueurs talentueux, mais il ne peut pas bâtir une équipe compétitive si les joueurs arrivent aux rassemblements sans rythme. Nahar, le 25 mai 2026, montre que Madjid Bougherra devait donc observer les joueurs dans une compétition courte, non pour juger une saison complète, mais pour mesurer un état de forme, une capacité de réaction et une disponibilité mentale. La Coupe de la solidarité nationale devient alors une sorte de test médical pour le football libanais. Elle dit si le corps sportif respire encore, même faiblement.
Le marathon de Beyrouth maintient la ville dans le mouvement
À côté du football, la course à pied donne une image différente du sport libanais. Al Liwa’, le 25 mai 2026, rapporte l’organisation de la course Beirut Marathon Global Run, avec un départ et une arrivée dans le secteur de Biel, à Seaside Arena. Le journal décrit une course marquée par la présence de drapeaux libanais, une voiture d’ouverture et une organisation structurée autour de plusieurs distances. L’événement montre que Beyrouth garde une capacité à occuper l’espace public par le sport, malgré la tension sécuritaire, la peur sociale et le poids de la guerre au Sud. Dans un pays où la rue est souvent associée à la protestation, au blocage ou au danger, une course populaire produit une autre image. Elle redonne à la ville un usage civil, collectif et ouvert. Cela ne signifie pas que la crise disparaît. Mais cela montre que le sport peut encore créer un cadre commun, où des hommes, des femmes, des jeunes et des familles se retrouvent autour d’un effort partagé.
Al Liwa’, le 25 mai 2026, donne aussi les résultats des principales catégories. Dans le semi-marathon de 21,1 kilomètres, Romario Ibrahim arrive en tête chez les hommes, devant Smerdip et Malek Dagher, tandis que Nancy Chalhoubs’impose chez les femmes, devant May Sassin et Olga Trad. Sur 10 kilomètres, Elie Farhat gagne chez les hommes, devant Ahmad Farroukh et Hassan Ali Fahs, alors que Lama Berj l’emporte chez les femmes, devant Sona Arakelianet Nafia Ghawi. Ces noms donnent de la chair à l’événement. Ils montrent que la pratique sportive ne se réduit pas aux grandes équipes, aux championnats télévisés ou aux débats sur les fédérations. Elle passe aussi par des coureurs qui s’entraînent, qui prennent le départ et qui maintiennent une forme de discipline dans un environnement instable. Le marathon et ses courses annexes deviennent ainsi un marqueur de résistance urbaine. Ils disent que la ville peut encore bouger autrement que sous la contrainte.
Les courses hippiques gardent une niche sportive active
Le sport libanais se lit aussi dans des disciplines plus discrètes. Ad Diyar, le 25 mai 2026, publie les résultats de la réunion hippique du dimanche 24 mai 2026. Le journal mentionne plusieurs épreuves sur 1 000 mètres et 1 500 mètres. Dans la première course sur 1 000 mètres, Saaeq arrive en tête devant Zahra Adnan et Shaha Essam. Dans une autre course, Bent Al Qamar devance Ibn Al Malik. Puis Bachayer s’impose devant Esperanza. Sur 1 500 mètres, Moughamer gagne devant Wael Al Kheir, tandis que Rokn arrive devant Haya dans une autre épreuve. Ces résultats peuvent paraître secondaires face aux grands enjeux du football ou aux grands événements internationaux. Pourtant, ils témoignent d’une continuité. Les courses hippiques conservent un public, une économie, des propriétaires, des entraîneurs et des habitudes.
Cette continuité est importante pour comprendre la diversité du sport libanais. Toutes les pratiques ne dépendent pas du même modèle. La course à pied relève du sport populaire urbain. Le football dépend des clubs, des supporteurs, des fédérations et de la sélection nationale. Les courses hippiques reposent sur un circuit plus spécifique, mêlant chevaux, paris, propriétaires, écuries et calendrier de réunions. Dans un pays en crise, ces niches peuvent survivre quand les grands systèmes souffrent. Elles ne remplacent pas un vrai plan national du sport. Mais elles maintiennent une activité, des emplois, des rituels et une culture sportive propre. Ad Diyar, le 25 mai 2026, montre ainsi que le sport ne disparaît pas d’un seul bloc. Il résiste par fragments. Certaines disciplines ralentissent, d’autres trouvent des formats de survie, d’autres encore gardent leurs rendez-vous parce qu’elles s’appuient sur des communautés plus réduites mais fidèles.
Le football européen occupe l’espace international
La presse sportive du jour ne se limite pas au Liban. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte que Harry Kane a mené le Bayern Munich au titre en Coupe d’Allemagne, grâce à trois buts contre Stuttgart, vainqueur de l’édition précédente. Le club bavarois remporte ainsi sa première coupe depuis 2020 et réalise le doublé national après avoir déjà gagné le championnat. Le journal souligne que Kane porte son total à 61 buts toutes compétitions confondues dans la saison, à moins de vingt jours de la Coupe du monde. Cette donnée illustre la place centrale du buteur anglais dans le projet du Bayern. Elle montre aussi que le club allemand a retrouvé une domination interne forte après plusieurs saisons moins linéaires en coupe.
Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, insiste sur la dimension statistique de la saison de Harry Kane. La publication relève qu’il a marqué 36 buts en championnat, 14 en Ligue des champions d’Europe, un en Supercoupe d’Allemagne et 10 en Coupe d’Allemagne, pour un total de 61 buts en 51 matches officiels. Le journal ajoute que le Bayern a inscrit 122 buts en championnat, ce qui donne la mesure de sa force offensive. À ce niveau, le sport international offre un contraste avec la scène libanaise. D’un côté, le Liban lutte pour préserver le rythme de ses joueurs et organiser des tournois de secours. De l’autre, les grands clubs européens produisent des saisons d’une intensité statistique exceptionnelle. Le contraste n’empêche pas l’intérêt des lecteurs libanais. Au contraire, il nourrit leur rapport au football mondial, souvent plus régulier et plus stable que le football local.
Londres et le coût sportif d’une saison ratée
Le championnat anglais donne un autre exemple de dramaturgie sportive. Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, rapporte que Tottenham a conservé sa place dans le championnat anglais de première division après sa victoire contre Everton, tandis que West Ham est relégué en deuxième division malgré sa victoire trois à zéro contre Leeds. Le journal explique que Tottenham entrait dans la dernière journée avec deux points d’avance et une meilleure différence de buts. West Ham devait donc gagner et espérer une défaite de Tottenham. La première condition a été remplie. La seconde ne l’a pas été. Le journal cite les buts de Castellanos, Bowen et Callum Wilson, qui ont donné un espoir trop court à West Ham.
Ce dossier montre que le sport de haut niveau reste aussi une affaire de gestion, de responsabilité et de saison longue. Une relégation ne tient jamais seulement à la dernière journée. Elle sanctionne des erreurs répétées, des matches perdus plus tôt, des choix de recrutement, des blessures, des décisions d’entraîneur et des failles de direction. Al Joumhouriyat, le 25 mai 2026, pose d’ailleurs la question de la responsabilité. Dans un contexte libanais, ce type de récit a une résonance particulière. Les clubs locaux connaissent eux aussi des choix de gestion difficiles, mais sans les ressources des grands championnats. Le cas de West Ham rappelle que l’identité d’un club, son public et son histoire ne suffisent pas toujours à éviter la chute. Il faut une structure solide, une vision sportive et une capacité à corriger les erreurs avant la dernière journée.
Le sport mondial sous l’effet des crises sanitaires et économiques
Le sport international est lui aussi touché par des facteurs extérieurs. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, signale que la sélection de la République démocratique du Congo a annulé un camp de préparation à cause du virus Ebola. La même source rappelle que cette participation à la Coupe du monde serait historique pour la sélection congolaise, dont l’unique présence précédente remonte à 1974 sous le nom de Zaïre. Cette information montre que les grandes compétitions ne vivent pas hors du monde. Les crises sanitaires, les restrictions de déplacement et les risques épidémiques peuvent perturber la préparation d’équipes nationales, même dans une année de Coupe du monde.
Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, évoque aussi l’impact économique plus large de la guerre sur les voyages, avec des prix de carburant élevés et des billets d’avion plus chers, alors que la Coupe du monde doit attirer des supporteurs vers les États-Unis, le Mexique et le Canada. Cette information relie le sport au coût de la mobilité. Les grandes compétitions reposent sur les déplacements des joueurs, des équipes, des supporteurs, des journalistes et des organisateurs. Quand les prix de l’énergie montent, l’accès au sport devient plus cher. Le spectacle mondial demeure, mais il peut devenir moins accessible. Pour les pays fragiles, ces coûts pèsent encore plus lourd. Le sport du 25 mai 2026 donne donc une image double: au Liban, il tente de rester debout malgré la guerre; dans le monde, il reste puissant, mais il n’échappe ni aux virus, ni aux crises énergétiques, ni aux déséquilibres économiques.
Technologie: l’intelligence artificielle entre information, santé, pèlerinage et infrastructures
Les outils d’intelligence artificielle changent l’accès à l’information
La presse du 25 mai 2026 présente l’intelligence artificielle comme une rupture directe dans la manière dont le public accède à l’information. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, rapporte que l’usage de ces outils comme source directe de réponses augmente, tandis que le recours aux sites d’information et aux moteurs de recherche classiques recule. Le journal cite l’analyse de Mohammad Al Sawi, spécialiste du suivi et de l’analyse médiatique, selon laquelle ces systèmes attirent les utilisateurs parce qu’ils fournissent des réponses courtes, rapides et synthétiques. Le changement est donc profond. L’internaute ne passe plus forcément par la page d’un média, ne lit plus nécessairement un article entier, et ne voit plus toujours la source initiale. Il reçoit une réponse déjà recomposée par une machine. Cette évolution touche au cœur de l’économie de la presse. Les médias perdaient déjà une partie de leur lien direct avec le public au profit des plateformes sociales. Ils risquent désormais de perdre aussi une partie de leur trafic au profit d’outils qui lisent, résument et réorganisent les contenus à leur place. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, formule le même constat de manière plus critique: l’intelligence artificielle devient un intermédiaire entre le public et les médias, au point que le « lecteur » des sites pourrait être un robot plutôt qu’un être humain. Cette formule met en évidence une menace concrète pour les revenus publicitaires, car le public ne voit plus les annonces sur les sites d’origine.
La presse face au risque d’effacement des sources
Le débat technologique devient aussi un débat sur les droits. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, souligne que l’un des principaux problèmes posés par ces outils concerne l’attribution des sources et les droits d’auteur. Le journal rapporte que de nombreux systèmes d’intelligence artificielle utilisent le contenu des éditeurs sans garantir un renvoi clair vers les articles d’origine. Cette pratique fragilise les médias sur deux plans. D’abord, elle prive les rédactions de visites, donc de revenus. Ensuite, elle peut brouiller la responsabilité éditoriale, car une réponse produite par une machine peut reprendre des éléments d’un article sans en donner le contexte. Le même journal note aussi que certaines informations peuvent être déformées par des erreurs ou des hallucinations produites par les systèmes. Cette question est décisive pour les salles de rédaction. La technologie ne menace pas seulement une ligne de recettes. Elle menace aussi la relation de confiance entre le média, son texte et son lecteur. Dans ce cadre, le défi consiste à produire des contenus originaux, vérifiables et assez solides pour ne pas être remplacés facilement par des résumés automatiques.
Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, décrit les réponses possibles du secteur. Certains médias ont engagé des poursuites contre les entreprises d’intelligence artificielle. Le journal cite notamment une affaire transmise à la Cour de justice de l’Union européenne, où une institution médiatique hongroise accuse un modèle de Google d’avoir utilisé ses articles sans autorisation. D’autres acteurs cherchent à négocier ou à construire des cadres collectifs. Le journal mentionne la création, au Royaume-Uni, d’une coalition chargée de défendre les normes d’usage des droits des éditeurs. Il évoque aussi une initiative allemande qui vise à donner aux médias un contrôle total sur leurs contenus et leurs droits. Ces démarches montrent que la bataille ne se limite pas à l’innovation technique. Elle porte sur la valeur du travail journalistique. Si les articles deviennent une matière première gratuite pour des systèmes privés, la production d’information se retrouve fragilisée. En revanche, si des règles d’usage, de licence et d’attribution se mettent en place, les rédactions peuvent trouver un nouveau modèle de coexistence avec les outils automatiques.
Les moteurs de réponse modifient la place du lecteur
Les exemples cités par les journaux montrent que la transformation s’étend aux usages quotidiens. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, évoque plusieurs services qui condensent les messages, les agendas, les centres d’intérêt et l’actualité en formats personnalisés. Le journal mentionne aussi le mode de recherche par intelligence artificielle de Google, qui répond par des résumés au lieu de se limiter à présenter des liens. Cette évolution modifie la place du lecteur. Celui-ci reçoit une synthèse déjà ordonnée, mais il perd souvent la possibilité de comparer les angles, de repérer les omissions et de vérifier les sources. Le gain de temps est évident. Le risque de dépendance l’est tout autant. Un média peut publier un travail long et précis, mais son contenu peut arriver au public sous la forme d’un paragraphe court, sans nuance, sans auteur visible et sans lien fort avec le contexte d’origine. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, note que ce changement oblige les éditeurs à revoir leurs stratégies de publication, en renforçant le contenu original et en cherchant à apparaître dans les réponses produites par les systèmes d’intelligence artificielle. L’enjeu est donc double. Il faut rester visible dans un environnement dominé par les moteurs de réponse, tout en gardant un lien direct avec les lecteurs pour ne pas dépendre entièrement d’intermédiaires.
La médecine entre robot chirurgical et responsabilité humaine
Le dossier technologique ne concerne pas seulement les médias. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, consacre aussi un sujet à l’évolution de la chirurgie assistée par l’intelligence artificielle. Le journal explique que le robot chirurgical classique fonctionnait comme une extension de la main du chirurgien, en améliorant la précision et en réduisant les tremblements humains. Les nouveaux systèmes vont plus loin. Ils tendent vers ce que la publication appelle une forme d’intelligence coopérative, capable d’analyser la scène opératoire, de prévoir des complications et d’alerter l’équipe avant une erreur. La machine n’est donc plus seulement un outil. Elle commence à agir comme un partenaire de décision dans un espace où chaque geste peut avoir des conséquences graves. Cette transformation peut améliorer la sécurité des patients. Elle peut aussi réduire les risques en donnant au chirurgien une lecture plus complète des images, des signes vitaux et des scénarios possibles. Mais elle ouvre une question délicate: quelle place reste-t-il au jugement humain quand une machine propose une option différente de celle du médecin?
Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, met justement en avant cette difficulté éthique. Le journal demande qui porte la responsabilité si le chirurgien refuse la recommandation de l’algorithme et qu’une complication se produit. Il pose aussi la question inverse: si le médecin suit la recommandation de la machine et que l’intervention échoue, l’algorithme devient-il une partie de la décision médicale? Ce débat n’est plus théorique. Il entre dans les institutions médicales et dans les discussions scientifiques. La technologie peut aider à lire des données invisibles pour l’œil humain, mais elle ne peut pas encore remplacer la responsabilité professionnelle, l’expérience clinique et la relation avec le patient. Le sujet touche aussi aux attentes créées par les images générées par intelligence artificielle. Le même journal relève que, dans la chirurgie esthétique, des patients arrivent parfois avec des représentations irréalistes, façonnées par des images numériques. La technologie agit donc avant même l’acte médical. Elle influence le désir, la demande et la perception du résultat possible.
Le pèlerinage devient un laboratoire de gestion numérique des foules
Le pèlerinage à La Mecque apparaît comme un autre champ d’application des technologies. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, rapporte que les systèmes techniques modernes et les services numériques ont contribué à faciliter les déplacements des pèlerins, à les orienter vers les sites et services, et à soutenir les équipes présentes sur le terrain. La publication souligne aussi l’existence de points d’orientation capables d’aider les visiteurs en plusieurs langues. Dans un événement qui rassemble plus d’un million de personnes sur des espaces restreints et selon des horaires précis, la technologie sert d’abord à réduire le risque de désordre. Elle guide, répartit, informe et permet aux équipes de mieux suivre les flux. Ad Diyar, le 25 mai 2026, place d’ailleurs en une le thème de l’intelligence artificielle au service des pèlerins, signe que la gestion du pèlerinage est désormais lue comme une opération technique majeure autant que comme un rituel religieux.
Le transport illustre cette logique. Al Sharq Al Awsat, le 25 mai 2026, indique que le train des lieux saints dispose d’une capacité d’environ trois mille passagers par rame et d’une capacité de soixante-douze mille passagers par heure. Le plan de la saison vise plus de deux millions de passagers sur environ deux mille trajets. Le journal ajoute que le train permet d’éviter plus de cinquante mille trajets en bus pendant la saison du pèlerinage. Ces chiffres montrent que l’innovation ne se limite pas aux applications mobiles ou aux systèmes de guidage. Elle inclut aussi l’infrastructure lourde, le rail, la coordination avec les services de sécurité et la réduction de la pression routière. Dans ce type d’événement, la donnée, le transport et l’organisation humaine doivent fonctionner ensemble. La technologie devient utile lorsqu’elle réduit les temps d’attente, fluidifie les déplacements et diminue les risques pour les plus vulnérables. Elle montre aussi comment les grands rassemblements religieux deviennent des terrains d’expérimentation pour les villes intelligentes, la gestion des foules et les services publics numériques.
Le sport connecté et la surveillance du jeu
Le sport offre un autre exemple d’intégration technologique. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, consacre un sujet au ballon de la Coupe du monde et aux débats qu’il suscite. Le journal rapporte que ce ballon intègre un capteur de quatorze grammes, relié à des systèmes de suivi des joueurs et à des caméras capables de produire un modèle tridimensionnel du match. Les données sont envoyées à l’assistance vidéo à l’arbitrage, afin d’aider à prendre des décisions plus rapides et plus précises. Le prix du ballon, environ cent soixante-quinze dollars, en ferait le plus cher de l’histoire de la Coupe du monde. Le dispositif montre à quel point le sport de haut niveau devient un espace de mesure continue. Le ballon, le joueur, la ligne, l’impact et la trajectoire entrent dans un ensemble de données destiné à réduire l’erreur humaine.
Cette évolution transforme la perception même du jeu. Le football repose encore sur le geste, l’effort, l’instinct et l’émotion du public. Mais il devient aussi un champ d’analyse automatique. Le capteur dans le ballon permet de détecter des contacts parfois invisibles à l’œil nu. Les caméras reconstruisent les positions. Les arbitres reçoivent des éléments plus précis. Pourtant, cette précision peut aussi créer du débat. Plus la technologie promet l’exactitude, plus les supporteurs attendent une décision indiscutable. Or le football garde des zones d’interprétation. Une faute, une intention ou l’intensité d’un contact ne se réduisent pas toujours à une donnée. Al 3arabi Al Jadid, le 25 mai 2026, note que le capteur est assez léger pour ne pas être perçu par les joueurs. Mais son effet sur le jeu est réel. Il déplace une partie de l’autorité vers les systèmes de mesure. Le sport connecté gagne en contrôle. Il perd parfois une part de spontanéité.
Les centres de données cherchent de nouveaux espaces
La croissance de l’intelligence artificielle exige aussi des infrastructures. Al Quds, le 25 mai 2026, rapporte qu’en Chine, dans les eaux de Lingang, près de Shanghai, une plateforme en mer doit devenir le premier centre de données marin au monde directement relié à l’énergie éolienne en mer. Le projet représenterait un investissement d’environ 1,6 milliard de yuans, soit près de 235 millions de dollars, avec une capacité prévue de vingt-quatre mégawatts. La première phase expérimentale doit atteindre 2,3 mégawatts. Le centre comprend quatre niveaux et cent quatre-vingt-douze armoires de serveurs, destinés notamment aux besoins croissants d’Internet et des applications d’intelligence artificielle. Cette information montre que la révolution numérique repose sur des lieux très concrets: énergie, refroidissement, serveurs, câbles, maintenance et espace.
Le même sujet souligne que le refroidissement représente environ 40 % de l’électricité consommée dans les centres de données classiques. Le recours à la mer permet donc de chercher des gains énergétiques. Cette approche répond à une contradiction majeure. Les outils numériques promettent de rendre les services plus efficaces, mais ils consomment beaucoup d’énergie. Les modèles d’intelligence artificielle renforcent encore cette demande. Le centre marin chinois illustre une réponse possible: déplacer l’infrastructure vers des espaces capables d’offrir refroidissement naturel et accès à une énergie renouvelable. Mais cette solution pose aussi des questions sur l’environnement marin, la sécurité des installations et la dépendance croissante à des réseaux techniques complexes. La technologie du 25 mai 2026 n’est donc pas présentée comme un simple progrès. Elle apparaît comme une série de choix. Elle peut informer, soigner, transporter, arbitrer et organiser. Mais elle exige des règles, des sources fiables, des responsabilités claires et des infrastructures capables de suivre son rythme.


