Prime Minister Boris Johnson and António Guterres, Secretary-General of the United Nations greet Najib Mikati, Prime Minister of Lebanon, at COP26 World Leaders Summit of the 26th United Nations Climate Change Conference at the SEC, Glasgow. Photograph: Karwai Tang/ UK Government

Confronté à la fois aux pressions diplomatiques saoudiennes et aux menaces de démission des ministres du mouvement Amal et du Hezbollah en cas de renvoi du ministre de l’information Georges Cordahi, le premier ministre libanais Najib Mikati – en déplacement à Glasgow à l’occasion du sommet pour le climat – tente de sauver son gouvernement avec une série d’initiative auprès de l’Union Européenne et des Etats-Unis.

Pour l’heure aussi, le ministre de l’information aurait refusé de se démettre de son poste, devant le patriarche maronite, Béchara Boutros Rahi qui l’a reçu ce samedi.

Par ailleurs, si les Emirats Arabes Unis, Bahreïn et le Koweït ont suivi l’Arabie Saoudite et annoncé le renvoi de l’ambassadeur du Liban en poste dans leurs pays, le Qatar et le sultanat d’Oman tentent aujourd’hui une médiation pour tenter de circonscrire la crise politique.

Un ultimatum saoudien de 2 jours contre le Liban

Pour sa part, l’Arabie Saoudite a accordé au Liban un ultimatum de 2 jours pour obtenir le renvoi du ministre de l’information. Cependant, cette démission pourrait amener à la démission des ministres du gouvernement Mikati III en l’absence de déclaration gouvernementale nécessaire pour définir les tâches de chaque ministres en cas de cabinet démissionnaire.

Des sanctions économiques ou politiques visant des personnalités libanaises dont certaines de premier plan pourraient être ainsi annoncées par le royaume saoudien d’ici à l’expiration de cet ultimatum.

Par ailleurs, l’Arabie Saoudite pourrait demander à ses alliés locaux du Courant du Futur et des Forces Libanaises dont l’ambassadeur avait rencontré le dirigeant avant son départ du Liban de démissionner du parlement.

Georges Cordahi avait accusé alors l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis d’agression contre le Yémen, allusion aux opérations militaires saoudiennes et émiratis qui visent depuis 2014 principalement les rebelles chiites houthis dans une interview diffusée le 5 août dernier. Le ministre libanais a depuis reconnu “sa faute”, estimant qu’il fallait replacer ses propos dans le contexte “d’amour” au peuple saoudien et yéménite.

Pour sa part, l’Arabie saoudite avait considéré alors ces propos comme une insulte à son égard, rappelant que Riyad considère les houthis – soutenus par l’Iran – comme une menace à la sécurité et à la stabilité régionale. 

CES DÉCLARATIONS SONT INCOMPATIBLES AVEC LES NORMES POLITIQUES LES PLUS SIMPLES ET SONT INCOMPATIBLES AVEC LES RELATIONS HISTORIQUES ENTRE LES DEUX PEUPLES FRÈRES, DÉCLARANT QUE « COMPTE TENU DES RÉPERCUSSIONS QUE CES DÉCLARATIONS OFFENSANTES PEUVENT AVOIR SUR LES RELATIONS ENTRE LES DEUX PAYS, LE MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A CONVOQUÉ AUJOURD’HUI L’AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE LIBANAISE AU ROYAUME D’ARABIE SAOUDITE. IL A ÉTÉ REMIS UNE NOTE DE PROTESTATION OFFICIELLE À CET ÉGARD. 

Communiqué du ministère saoudien des affaires étrangères

Riyad avait considéré que seule la démission du ministre de l’information comme suffisante pour déminer la crise politique entre les 2 pays. 

Cette crise intervient alors que le Liban n’exporte que pour un peu plus de 200 millions de dollars de marchandises vers le Royaume. Cependant, plus de 350 000 ressortissants libanais résident dans cet état.

Le Qatar tente une médiation face à la crise politique

Par ailleurs, toujours à Glasgow, le premier ministre Najib Mikati a rencontré l’Emir du Qatar, Tamim Ben Hamad al Thani qui pourrait tenter une médiation pour résoudre la crise politique. Son ministre des Affaires Etrangères pourrait ainsi prochainement faire un déplacment au Liban pour tenter de trouver une solution à la crise.

Le Premier Ministre libanas a également rencontré le premier ministre Koweitien Sabah al Khalil al Sabah pour discuter des affaires en cours. Ce dernier lui a assuré du soutien de son pays dans cette crise et estimé nécessaire des relations fortes entre le Pays des Cèdres et le conseil de coopération du Golfe.

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