Depuis son indépendance en 1943, le Liban vit des crises et subit des guerres sur son territoire. Un pays jeune de 10 500 m², où vivent 18 communautés religieuses et dont le passé est chargé d’histoire. Phéniciens, Grecs, Romains, Mamelouks, Arabes, Ottomans, Français… y ont laissé un patrimoine riche et divers.

Il y a une volonté commune de vivre ensemble, mais chaque communauté a sa propre réflexion sur la question. Depuis la fin de la guerre civile, il n’y a même pas de livre d’histoire. Comment trouver une identité commune à des individus qui revendiquent des appartenances multiples ? La diversification des appartenances, la liberté de se définir à sa guise, ont pour toile de fond l’individualisme et le recul des solidarités. Or le besoin de rapports fusionnels est inscrit dans la nature humaine, et il faudrait, comme le dit T. Todorov, être « aveugle pour croire que cette appartenance (au groupe) est inutile et négligeable ». 

Selon Bahjat Rizk, dans son ouvrage « Les Paramètres d’Hérodote ou les identités culturelles collectives », la race, la religion, les mœurs et la langue sont les paramètres d’une structuration identitaire collective culturelle. C’est ce que Hérodote, le père de l’histoire, donnait comme définition de la nation. L’identité n’est pas un état, mais un processus. Elle n’est pas une essence, mais une donnée historique qui se construit, se déconstruit et se reconstruit au gré des circonstances politiques, économiques et sociales, locales ou régionales. 

Nous essaierons de démontrer avec ce colloque, auquel participent des historiens, archéologues et chercheurs, que la construction du patrimoine, sa préservation et sa promotion peuvent aboutir à la construction d’identités collectives.  

Programme

13 h 30                       Accueil des invités

14 h 00                       Ouverture du colloque

 Mot d’accueil : Mme Joumana CHAHAL-TIMERY, présidente de PTL

Mot d’ouverture : M. Dominique De Legge, Sénateur de l’Île et Vilaine et président du groupe France-Liban

Première séance, de 14 h 30-15 h 45:

« Le projet éducatif ou l’enseignement du patrimoine dans les écoles »

Intervenants :

  • 14 h 30– 14 h 45 àMme Joumana CHAHAL-TIMERY, chercheuse et présidente de PTL

« L’adaptation du projet éducatif à Tripoli et le Nord du Liban, et ses résultats »

  • 14 h 45- 15 h àM. Fady YARAK, directeur général du ministère libanais de l’Education nationale

« Les enjeux de l’apprentissage du patrimoine dans les programmes scolaires au Liban»

  • 15 h- 15 h 15 àM. Henri SIMON, président de l’association Patrimoine sans frontières  

« Patrimoine et communautarisme »

  • 15 h 15- 15 h 30 àMme Colette SABA-TOUZAIN, chercheuse et consultante en politique de conservation et de valorisation du patrimoine

« Le Patrimoine entre vénération et absence de considération »

  • 15 h 30-15 h 45 : Questions-réponses.

Modérateur :

M. Walid CHMAÏT, journaliste, écrivain et conseiller du PTL

Deuxième séance,de 16 h 15 à 18 h 00 :     

« Le rôle du patrimoine dans le renforcement du sentiment de citoyenneté »

Intervenants :

  • 16 h 15-16 h 30 àM. Bahjat RIZK, écrivain et Attaché culturel de la Délégation du Liban à l’Unesco

 « Le Rapport du culturel et du politique »

  • 16 h 30-16 h 45 àMme Sophie CLUZAN, conservatrice des Antiquités orientales au Louvre

« Un autre regard sur les fondements de la nation libanaise : le patrimoine en jeu. »

  • 16 h 45-17 h àMme Dominique FORT-SCHNEIDER, Secrétaire générale d’ICOMOS France
  • « Symbolique de la reconstruction pour une population »
  • 17 h-17 h 15 àM. Mazen HAIDAR, architecte du patrimoine et chercheur

« Les Nouvelles clés de lecture et de sensibilisation au patrimoine du 20èmesiècle au Liban »

  • 17 h 15-17 h 30 : Questions-réponses.

Modérateur :

M. François Zabbal, historien et ancien rédacteur en chef du magazine Qantara à l’IMA

Mot de clôture de Mme Bariza KHIARI, ancienne vice-présidente du Sénat et vice-présidente du Conseil de fondation de l’Alliance pour la réhabilitation du patrimoine dans les zones de conflits (ALIPH)

1 COMMENTAIRE

  1. Lorsque la race, la religion, les moeurs, sont sujets à la problématique du trauma, il faut tout un processus de reconstruction identitaire pour passer d’une culture de la guerre ou du néocolonialisme à un processus identitaire basé sur la fonction classique de gouverner ses groupes ethniques ou identitaires dans son propre pays.

    Le patrimoine et son témoignage est l exemple en effet de reconstruction culturel des groupes puisque il les intègre dans un processus historique.

    Joli.

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