Le Liban se prépare à des élections législatives le 6 mai prochain, les premières depuis 9 ans. Face aux partis politiques, se présentent un certain nombre de candidatures dites indépendantes. Certaines sont légitimes, d’autres ne le sont pas.

Jusqu’à présent, les mouvements de la société civile sont restés à l’écart de la politique. Et pour cause, la politique est considérée comme sale au Liban, les politiciens sont considérés comme étant des personnes corrompues, qui se réservent un droit quasi féodale de nous représenter. Ces choses ont désormais changé parce que les mouvements dits civils ont décidé de s’impliquer dans la politique à force que les choses ne puissent pas changer, de guerre lasse.

Cependant, parmi ces figures dites indépendantes, figurent un certain nombre de personnalités avec un passif déjà lourd même et déjà indirectement impliquées dans la sphère politique et dont on connait les allégeances politiques sous le couvert d’un verni d’une certaine virginité nouvellement acquise. Gratter un peu et puis la véritable couleur politique apparait. Certaines sont blanches, d’autres bleues, et encore d’autres d’autres couleurs. Un véritable arc en ciel mais surtout pas celui de colombes, bien au contraire… Ces personnes précisément ne peuvent symboliser le changement qu’on attend tous.

Vue la situation libanaise, nous n’avons pas le luxe de combat d’arrière garde mais nous nous devons d’aborder des dossiers urgents ou non pas l’appartenance politique compte ou du genre mais la compétence surtout que désormais le temps presse. Le Liban fait en effet face à différents défis économiques et sociaux voir même sécuritaires avec les menaces de bruits de bottes qu’on entend à l’issue du scrutin à en croire la presse internationale.

Certaines candidatures sont opportunistes et égoïstes et semblent être par dépit quasi-amoureux par rapport à leurs références idéologiques à plus d’un titre, provoquant la dispersion des voix dans le camp qu’elles pensent surtout soutenir mais surtout provoquant une division des voix des électeurs des mouvements légitimes de la société civile, quitte à les faire perdre notamment sur le plan du mécanisme du vote préférentiel de la nouvelle loi électorale. Qu’ont fait ces personnes pour soutenir ces mouvements civils à l’époque des crises?

Parce que ces mouvements sont légitimes désormais par la place qu’ils ont pris notamment lors des élections municipales, portés par une certaine dynamique. Ils constituent en effet le principal danger aujourd’hui pour les candidats des partis traditionnels qui ont été englués dans différents scandales.

La délégitimation des partis traditionnels intervient alors que le Liban fait fasse à une faillite de la politique qu’ils ont conduit ces dernières décennies comme en témoignent les taux d’endettements records par rapport au PIB qui va probablement amener à une mise sous tutelle économique du Liban ou encore les crises par lesquelles le Pays des Cèdres est passé. Crise des ordures, crise de la corruption, crise politiques multiples, ces fameuses 50 nuances de crises qui nous ont fatigué à la longue.

Ces crises ont provoqué une dynamique avec les mouvements Beirut Madinati ou encore “Vous Puez”. Face à cette situation, des partis traditionnels tentent tout comme politiser des dossiers alors que l’approche doit être technique et scientifique, ce que font ces mouvements civils qui comptent parmi leurs rangs souvent, non pas des hommes politiques de pères en fils ou des figures de la presse politisée mais des ingénieurs, des économistes, des passionnés des questions du patrimoines ou des questions sociales, des personnes qui ont les compétences nécessaires pour résoudre ces crises mais qui en ont été écartés jusqu’à présent par un système qui se refuse aux solutions évidentes.

Il s’agit maintenant de refuser ce jeu malsain d’une décrédibilisation du mouvement civil par ces infiltrés, une Vème colonne de saboteurs alors que les enjeux sont si élevés.

À quelques semaines de ces élections, alors que les candidatures sont déclarées, il est désormais nécessaire de faire le tri parmi ces femmes et ces hommes qui sont présents non pas pour que nous citoyens les servons mais qu’ils soient présents pour être à notre service. Telle est la véritable noblesse du métier de politicien, même si cela ne fut guère le cas durant des années.

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