Saad Hariri a choisi d’être au premier ministre d’un pays qui était dans la tourmente sans en saisir les règles du jeu et sans avoir les outils appropriés pour le gouverner. Gouverner le Liban n’est pas une chose facile en temps de crise et de bouleversements. On peut penser que le Premier ministre Hariri a certainement accumulé les maladresses politiques au cours de son mandat, maladresses telles que sa déclaration à “Sharq Al Awsat”, concernant l’existence de faux témoins impliqués dans l’assassinat de son père, l’ancien Premier ministre Hariri, et ayant mis à mal les relations syro-libanaises, pour ensuite les démentir.

La  démission du gouvernement l’ancien Premier ministre Saad Hariri ainsi que la nomination du nouveau premier ministre Najib Mikati, semble annoncer le début d’une ère nouvelle dans la vie politique, une ère marquée par contrôle du gouvernement libanais par la communauté chiite. Apparemment, l’ancien Premier ministre Saad Hariri semble apparemment avoir perdu la bataille en raison de son fort engagement pour le tribunal international, mais peut-être existe-t-il d’autres raisons.
Il était devenu évident pour les analystes que le jeune chef a besoin de développer ses compétences politiques et de gestion pour être en mesure d’affronter les tempêtes nationales, régionales et internationales.

En outre, selon les partis alliés de la Syrie, il fait des promesses au président syrien, lors de ses visites informelles à Damas, promesses qu’il ne pouvait pas réaliser. Enfin, le rapport « HakikaLeaks » qui a été diffusée sur NTV, citant son propre témoignage devant le Tribunal international, a impacté ses relations avec certains membres de la famille royale saoudienne. En outre, il était clair d’après le rapport NTV, qu’il a été, dans une certaine mesure, mêlé à l’affaire des faux témoins.

Parmi ses adversaires, le Hezbollah, qui ne possède non seulement une puissante guérilla, mais également doit être considéré comme un parti politique pragmatique, a été entièrement préparé pour l’affrontement. Le mouvement chiite sait utiliser la psychologie de la peur, comment viser les points faibles de son rival, et comment utiliser le climat régional pour atteindre son objectif.

Au niveau national, le Hezbollah a réussi à attirer le dirigeant chrétien maronite, G. Michel Aoun, suite aux élections de 2005 marquées par sa brouille avec le camp du 14 Mars.

De même, le Hezbollah a réussi à attacher le dirigeant druze Walid Joumblatt à son camp, suite au soulèvement du 7 mai 2008; la démission de Saad Hariri et la candidature de Najib Mikati constituant une conséquence directe de ce revirement.

Toutefois, les derniers événements ne protègent que partiellement le Hezbollah de l’acte d’accusation du Tribunal International, parce qu’il ne faut pas considérer le premier ministre désigné Najib Mikati comme une marionnette, arrivé au pouvoir suite aux interventions syriennes, françaises, turques et qatariotes et sans aucune objection de l’Arabie Saoudite.

Le Premier ministre Mikati semble avoir reçu un ordre du jour de la sienne qui ne respecte pas nécessairement avec le programme de référence du Hezbollah, rendant serait souhaitable pour la coalition du 14 Mars et l’Occident de lui accorder un délait pour examiner ses  performances.

Sur le long terme, le Hezbollah, pour se protéger, possède d’autres options dans une optique stratégique, il peut compter sur les échecs et les faiblesses des États-Unis en Irak et en Afghanistan, et sur les mauvaises performances des démocraties occidentales dans la région. Le Hezbollah estime que le facteur temps serait de son côté. Il est à noter que l’échec du processus de paix israélo-arabe et la montée de l’extrémisme en Israël et dans le monde arabe renforcera sa position dans le monde arabe, comme un mouvement d’opposition à ses mouvements.

Enfin, il est évident que les chiites ont gagné temporairement la lutte au le Liban. Le temps de leur règne est venu en Terre des Cèdres, suivant respectivement ceux des communautés maronites puis sunnites. Cependant, les autres communautés ne doivent pas lâcher prise et quitter la scène, mais se comporter avec sagesse pour préserver l’identité libanaise.

Ainsi, le Premier ministre désigné Mikati, expérimenté et qualifié, devrait se voir accoder la chance de faire ses preuves, il doit bénéficier d’un sursis et un soutien complet pour mener le Liban dans cette période de crise, et peut-être qu’il ferait bien mieux que tant d’autres …
Mazen H. ABBOUD

Traduction Libnanews

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