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L’ancien Président des États-Unis d’Amérique George Bush, est décédé ce samedi 1er décembre à l’âge de 94 ans. Son fils et également ancien Président George W. Bush a annoncé la nouvelle via le réseau social Twitter.

« Jeb, Neil, Marvin, Doro et moi avons la tristesse d’annoncer qu’après 94 années remarquables notre cher papa est mort »

Ce décès intervient quelques mois après celui de son épouse durant 73 ans, Barbara. Ils laissent derrière eux, 5 enfants et 17 petits enfants. Un sixième enfant était décédé à l’âge de 4 ans suite à une leucémie.

Un héros de la IIème guerre mondiale.

Suite à l’attaque japonaise contre Pearl Harbor et alors qu’il était promis à une brillante carrière après avoir été accepté à l’Université Américaine de Yale, George Bush deviendra pilote des forces de l’aéronaval, effectuant de nombreuses missions dans le théâtre du Pacifique.
Il sera d’ailleurs abattu à 4 reprises et deviendra le titulaire de nombreuses médailles dont la Distinguished Flying Cross, l’Asiatic-Pacific Campaign Medal et la World War II Victory Medal.

Reprenant par la suite ses études en économie, il sortira diplômé de l’Université de Yale en 1948. Tout comme son père Prescott Bush et son fils George W., il intègre durant ses études une société étudiante secrète, la « Skull and Bones Society », lui permettant de jouir de l’influence de ses membres pour la suite de sa carrière.

Débutant par une défaite sa carrière politique en 1964 en se présentant contre le sénateur démocrate Ralph Yarborough au Texas, il sera toutefois élu en 1966 et 1968 à la Chambre des représentants dans le 7e district du Texas.

Le Président Nixon le nommera par la suite Ambassadeur des États-Unis auprès des Nations-Unis en 1971, poste par lequel il exposera un projet d’une force internationale visant à garantir la paix au Proche-Orient, une région alors en proie à plusieurs périodes conflictuelles entre Israël et les Pays Arabes, avec la guerre des 6 jours en 1967 puis la guerre du Kippour en 1973. Ce projet restera cependant sans suite.
Il s’opposera par ailleurs au remplacement de Taïwan à l’ONU par la Chine notamment au niveau de son siège au Conseil de Sécurité.

Il sera nommé directeur de la CIA de 1976 à 1977. Fort de ces 2 expériences, Ronald Reagan lui proposera d’être son colistier comme candidat à la vice-présidence des USA en 1980.
Il se présentera ensuite aux élections présidentielles de 1988 où il sera élu face au candidat démocrate, Michael Dukakis.

Un mandat présidentiel marqué par l’effondrement de l’URSS et un interventionnisme des USA

Membre du Parti républicain, vice-président des États-Unis de 1981 à 1989 et président des USA de 1989 à 1993, le mandat de George Bush a été marqué par plusieurs évènements cruciaux, dont celui de l’effondrement de l’URSS ou encore les interventions militaires américaines au Panama, en Somalie ou au Moyen-Orient.

En 1989, au moment de la chute du mur de Berlin, le Président Américain soutiendra la réunification allemande tout en maintenant le dialogue avec le Secrétaire Général de l’URSS d’alors, Mikhaïl Gorbatchev.

Il poursuivra également la politique de son prédécesseur qui, après avoir entamé le programme de la Guerre des Étoiles, avait signé plusieurs traités portant sur la baisse du nombre d’armes nucléaires.

Lors de la tentative de putsch militaire à l’encontre de Mikhaïl Gorbatchev en août 1991, il apportera son soutien à ce dernier. C’est alors que l’URSS implosera, donnant naissance à ce que le Président Américain appellera le Nouvel Ordre Mondial sous le leadership des États-Unis d’Amérique.
Chose à noter:  George Bush avait préconisé depuis Kiev ou il était en déplacement, le maintien de l’Ukraine dans une alliance avec la Russie.

Par ailleurs, suite à l’invasion du Koweït le 2 août 1990 par l’Irak, George Bush formera une coalition internationale avec les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite, la France, l’Allemagne et certains pays comme la Syrie et enverra un corps expéditionnaire contre Bagdad après avoir imposé un blocus économique total à l’encontre de ce pays. 
L’opération militaire débutera dans la nuit du 16 au 17 janvier 1991, sous le prétexte de prévenir toute invasion de l’Arabie Saoudite et sous l’égide de l’ONU. Après d’importants bombardements aériens durant un mois, l’offensive terrestre ne durera que quelques jours. Elle s’achèvera cependant rapidement après que le régime de Saddam Hussein ait admis sa défaite et pourrait être déstabilisé par une révolte de la communauté chiite irakienne. Les USA laisseront d’ailleurs Saddam Hussein engager la répression à l’encontre des populations kurdes et chiites afin d’éviter un éclatement de l’Irak.

En contrepartie à cette intervention contre l’Irak et alors que plusieurs missiles irakiens avaient touché Tel Aviv, les USA feront pression sur le gouvernement israélien pour que ses forces armées n’interviennent pas contre Bagdad au risque de faire éclater la coalition internationale. Plusieurs pays arabes avaient en effet menacé de se retirer de cette dernière en cas d’opérations militaires israéliennes contre l’Irak.

C’est fort de ce succès et suite à un marchandage concernant l’obtention d’une importante aide militaire américaine, que les USA obtiendront la participation israélienne à ce qui se nommera le processus de Madrid. Ces efforts seront poursuivi par son successeur Bill Clinton avec l’espoir suscité par la poignée de main entre Yasser Arafat et Rabin dans les jardins de la Maison Blanche, cérémonie pour laquelle George Bush était d’ailleurs présent.

Cette politique étrangère cependant à l’origine de bien des maux d’aujourd’hui

L’intervention américaine contre l’Irak depuis le sol de l’Arabie Saoudite avec la présence de troupes occidentales considérées comme infidèles et ayant « souillées le sol sacré » servira de justificatif aux attaques de l’organisation terroriste Al Qaida créée par Oussama ben Laden.

C’est en raison de ces critiques que le dirigeant d’Al Qaida devra quitter le sol saoudien en mai 1991, pour aller d’abord se réfugier au Soudan puis en Afghanistan et y mener de nombreuses attaques terroristes contre les USA et leurs alliés qu’ils soient arabes ou occidentaux.

C’est ainsi que débutera également la constitution de nombreux mouvements terroristes forts de cette idéologie, dont les derniers comme Daesh – qui était à l’origine la branche irakienne d’Al Qaida et qui a fait depuis sécession – en sont les héritiers actuels.

L’occupation du Liban par Damas avec l’accord des États-Unis

Par ailleurs, la participation syrienne à la Guerre du Golfe contre l’Irak était conditionnée à la mainmise de Damas sur le Liban alors qu’une poche résistait  toujours à cette occupation :

Alors qu’en septembre 1988, avait été nommé le commandant en chef de l’Armée Libanaise – l’actuel Président de la République, le Général Michel Aoun – comme Premier Ministre intérimaire avec charge d’organiser la prochaine élection présidentielle libanaise à l’issue de la fin du mandat du Président de la République d’alors, Amine Gemayel, tant les États-Unis d’Amériques que Damas s’étaient opposés à cette nomination.

Le Général Aoun lancera une guerre de libération contre les milices pro-syriennes et les troupes de Damas en 1989. Il sera soutenu, sur un plan régional par l’Irak.
Le Général Aoun s’opposera aux accords de Taëf conclus sous la double égide saoudienne et syrienne avec une grande implication de celui qui deviendra ensuite le Premier Ministre, Rafic Hariri et fort du soutien américain. De nouveaux affrontements auront alors lieux entre l’Armée Libanaise du Général Aoun d’une part, et d’autres part, les milices pro-syriennes et l’armée syrienne.

En reconnaissance du soutien de Damas à la coalition internationale durant la guerre du Golfe, les États-Unis autorisent la Syrie à intervenir contre l’armée libanaise pour éliminer le général Aoun, le 13 octobre 1990, avec le soutien également tacite d’Israël qui n’interdira pas le ciel libanais aux bombardements des avions syriens. Cela sera la fin des zones dites libres.

Les États-Unis ne s’opposeront également pas l’instauration d’un quasi protectorat syrien au Liban, avec la signature – en 1992 – des traités de fraternité, de coopération et de coordination, et d’un accord de défense par les Présidents Syriens Hafez el Assad et Libanais Elias Hraoui.

Cette présence ne s’achèvera qu’en avril 2005, avec le retrait des troupes de Damas suite à l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Libanais Rafic Hariri.

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1 COMMENTAIRE

  1. Faire la guerre pour détruire un régime autocrate et dictatorial, qui pourtant vivait en respectant les besoins primordiaux, et créer une paupérisation, un terrorisme moderne, ainsi qu’une migration massive de la population, disons les choses clairement, il n’y a pas de guerre pour l’idée concrète de démocratie.

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