Certaines sources ont indiqué au journal araphobone Al Joumhouria que la reprise des négociations ce vendredi 10 juillet constituait la dernière chance du Liban pour obtenir une aide du FMI, sur fond toujours de divisions au sein de la délégation libanaise concernant le chiffrage des pertes du secteur financier.

Ces négociations ont débuté au mois de mai et devaient initialement se terminer 2 mois plus tard. Cependant, des désaccords sont apparus au sujet du chiffrage des pertes du secteur financier, estimé à 281 000 milliards de livre libanaise au taux de 3 600 LL/USD par le gouvernement, des chiffres que le FMI estime proche de la réalité et à 81 000 milliards de dollars au taux de 1 500 LL/USD par le parlement.
Quant à la Banque du Liban et les banques libanaises, elles refusent d’admettre le principe même de pertes financières au sein de leur secteur d’activité.

Ces sources indiquent que le FMI serait de plus en plus enclin à suspendre les négociations en cours, en raison de l’atmosphère non favorable au sein de la délégation libanaise à accélérer le processus. L’approche, côté libanais, serait de ralentir le processus de réforme pourtant nécessaire à la relance de l’économie du Liban.

Ces négociations pourraient ainsi prendre des années au lieu de mois, en raison de résistance de certains dirigeants à mettre en place ces réformes.

Cependant, le FMI refuserait de perdre son temps et aurait fourni une dernière chance à la délégation libanaise de présenter des chiffres concernant les pertes du secteur financier, sur fond également de désaccords au Liban même entre le Président de la République, le Général Michel Aoun, et le Président de la Chambre Nabih Berri quant à la tenue d’un audit détaillé des comptes de la Banque du Liban.

Focus par François Bacha

Le Liban s’enfoncera encore plus dans la crise sans l’aide du FMI

Alors que la situation économique actuelle du Liban continue à se dégrader, avec des milliers de personnes qui se retrouvent sans emploi et que la valeur de la Livre Libanaise continue à se dégrader sur les marchés parallèles, certaines sources indiquent que le FMI aurait demandé à suspendre les négociations jusqu’à aujourd’hui en raison du manque d’unicité au niveau du chiffrage des pertes du secteur financier.

Certaines sources indiquent que les négociateurs du FMI n’ont pas senti que leurs homologues libanais estimaient la situation libanaise sérieuse et que les partis politiques libanais tentaient de négocier en fonction d’intérêts personnels et non dans l’intérêt du pays.

Il s’agit notamment de l’implication de certaines parties prenantes dans ce qui est communément appelé “la mafia des générateurs” qui souhaitaient maintenir leurs activités parallèles. L’audit de la Banque du Liban ainsi que de ses filiales pose également problème, notent ces mêmes sources, indiquant qu’un système de sur-facturation de certains postes de dépense aurait été mis en place.

Ces mêmes sources notent que certains responsables mis en cause seraient sensés être nommés à des postes sensibles comme celui lié à la gérance des fonds détournés récupérés. Cette personne figurerait dans les conseils d’administration de plusieurs établissements publics et serait un proche d’un haut responsable local.

Par ailleurs, le chiffrage des pertes de la Banque du Liban, estimé à hauteur de 241 000 milliards de livres libanaises au taux de change de 3 500 LL/USD par le gouvernement libanais et confirmé par le FMI, a également été mis en cause par un comité parlementaire qui les estime à seulement 81 000 milliards de livres libanaises au taux de change de 1 500 LL/USD, sur fond de conflits d’intérêts entre classe politique et intérêt public.

Devant ces difficultés, certaines sources indiquent que le 16ème round des négociations entre FMI et autorités libanaises se serait conclu par un constat d’échec par les représentants du FMI, qui auraient fait part de incompréhension face à l’attitude de certains parties prenantes libanaises plutôt préoccupées par leurs intérêts personnels que l’intérêt public, sur fond de démission de 2 représentants de la partie locale.

Aussi, certaines sources indiquent que ces intérêts seraient prêts à plutôt laisser la population libanaise “crever de faim” pour en reprendre les termes plutôt que de permettre à ce que soit exposée l’incompétence des établissements bancaires qui ont investi dans des produits financiers défectueux d’une part et les détournements de fonds dont les hommes politiques seraient aussi responsables.

Des sources étrangères indiquent que l’audit détaillé de la Banque du Liban est une condition sine qua non pour l’obtention d’une assistance financière internationale, mais que cet audit pourrait amener à ce que de nombreuses anomalies soient exposées, amenant même certains responsables politiques locaux devant la justice.

Certaines sources indiquent que les personnes exposées politiquement détiendraient 43% des actions des banques, alors que le plan de sauvetage du gouvernement Hassan Diab prévoit un approvisionnement à la totalité du capital des actionnaires existants des banques pour combler les pertes du secteur bancaire privé.

Autre demande du FMI, l’instauration d’un contrôle des capitaux officiel, pourrait être facilité les démarches visant à amoindrir l’impact de la crise économique sur les entreprises et donc sur le marché de l’emploi et la mise en place d’un système de change flottant.

Aucune alternative au FMI alors que les plans de l’ABL et de chiffrage du Parlement sont mis en cause par l’institution internationale

Des sources proches de l’institution notent que seul le plan de sauvetage est pris en compte par le FMI, notant que le plan de l’Association des Banques du Liban qui consiste à couvrir les pertes du secteur bancaire privé sur des biens publics constitue “le scénario du pire”, puisqu’il s’agirait alors de vendre ces biens sans garantie à ce que les réformes nécessaires puissent être menées.

Aussi, l’état libanais serait dépouillé de ses biens, ce qui pourrait même encore aggraver la situation financière du Liban dans un proche avenir.

Certaines sources indiquent que l’ABL espérait ainsi obtenir via ses relais politiques présents au Parlement, la mise en cause du plan de sauvetage voire même la chute du gouvernement Hassan Diad et la nomination de l’Ancien Premier Ministre Saad Hariri afin d’obtenir une assistance financière de l’Arabie Saoudite et ainsi échapper à la restructuration du système bancaire et de la Banque du Liban. Ces mêmes sources indiquent ainsi que certains de ces intérêts seraient à l’origine de la hausse de la valeur du dollar face à la livre libanaise. Il s’agissait de mettre la pression sur les autorités politiques et ainsi amener à une instabilité politique préalable à un changement de gouvernement.

Cependant, l’Arabie Saoudite et les états de la péninsule arabique ont également conditionné leurs aides financières à l’obtention du programme d’assistance financière du FMI, ce qui a mis fin à ce plan.

Des sources proches du dossier estiment aujourd’hui, le Liban en état d’effondrement économique, à l’image de la Livre Libanaise, ce que les autorités officielles et certains intérêts privés refusent d’admettre de peur de perdre leurs avantages acquis.

Il est hors de question, indiquent certaines sources occidentales, de voir des fonds européens, arabes ou autres servir pour financer certains hommes politiques libanais.

Cette information intervient alors qu’un rapport de la Bank of America prévoit plusieurs scénarios quant à la valeur de la livre libanaise, avec un taux de parité réel s’étalant de 10 000 LL/USD à 46 000 LL/USD dépendant de la vélocité monétaire, largement impactée par les mesures de contrôle de capitaux instaurées unilatéralement par les Banques Libanaises, en novembre 2019.

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