La majorité des pays développés dans le Monde mettent en place des procédures pour contenir l’épidémie liée au coronavirus et s’interrogent déjà pour la suite et notamment pour la relance de leurs économies.

Ainsi des plans de relance sont annoncés aux USA ou en Europe , avec des mesures fiscales, de remises des collectes des taxes, une injection d’argent frais mais aussi du point de vue monétaire par une diminution des taux pour soutenir les entreprises et les foyers.

Pour l’heure au Liban, aucune étude n’a été publiée, sur le plan économique, sur les effets du coronavirus et de la crise sanitaire qu’entraine cette épidémie sur le Liban et évidemment la priorité absolue est de sauver des vies. Une vie n’a pas de prix. Mais tout comme les autres, nous devons aussi préparer l’avenir, surtout que déjà la crise économique pré-coronavirus avait lourdement affecté le Pays des Cèdres avec de nombreuses entreprises en faillite et 40% de la population active déjà au chômage.

Fin 2019, alors que l’épidémie n’était pas encore présente au Liban, certains économistes estimaient que le PIB libanais était passé à 44 milliards de dollars, alors que le PIB officiellement n’a baissé que 5 milliards de dollars donc s’établissant à 50 milliards de dollars, contre 55 milliards l’année précédente. Une perte de 11 milliards de dollars, soit 16% de récession économique.

Avec l’épidémie de coronavirus, le scénario de comparaison qui pourrait se présenter par rapport au LockDown, c’est-à-dire, au confinement que pourraient décider les autorités, est celui qui s’était déroulé en 2006, c’est-à-dire durant le conflit avec Israël. Tel Aviv avait alors décidé d’instaurer un blocus sur le pays des cèdres. Même s’il n’y a pas de destructions d’infrastructures comme en 2006, le fait d’avoir fermé les frontières libanaises avait conduit à une perte de 2.8 milliards de dollars, selon les estimations préliminaires, pour un PIB de 21.8 milliards de dollars à l’époque soit plus de 13% en moins. Certains ont même, par la suite estimé les pertes intangibles, non liés aux dégats, à 22% du PIB. Le calcul par rapport au PIB libanais de 50 milliards de dollars officiellement est assez effrayant à faire et les conséquences pour la population encore plus pour les décrire. Peut-être est-ce là, la raison pourquoi personne aujourd’hui n’ose même penser à faire une étude sur le plan économique des conséquences de l’épidémie, sur une économie déjà autant dévastée que la notre.

Aujourd’hui, par rapport à 2006, le Liban n’a pas les moyens de relancer son économie à cause de l’endettement public qui atteint désormais 92 milliards de dollars, mais aussi les autres pays amis du Liban devront prioritiser le sauvetage de leurs économies et les organisations internationales comme le FMI – pourtant nécessaire pour aider économiquement le Liban – participeront à cet effort mondial, limitant ainsi leurs ressources pour aider le Pays des Cèdres.

Par conséquent, le gouvernement, quant-à-lui, semble quelque peu absent sur le plan économique. Il semble toujours à en être à dessiner les grandes lignes d’un plan de restructuration de la dette libanaise et de réformes économiques pré-crise du coronavirus comme si cela était toujours d’actualité alors que de nouveaux facteurs sont entrés en jeu. Entre temps, notre PIB pourrait facilement baisser encore de plusieurs milliards de dollars si la crise se prolonge, aggravant encore d’avantage les conditions sociales et économiques par lesquelles la population passe déjà. On pourrait alors très bien imaginer déjà le pire sur ce plan-là.

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