Orange contre bleu, jaune contre blanc, vert, et cependant le paysage politique semble rester assez pâle.

Si l’on n’est pas avec les uns, automatiquement on est considéré d’être parmi les autres, l’extrémisme n’a plus de sens, les tensions « chromatiques » pour ne pas dire communautaires ne font qu’augmenter, les simples citoyens encore indépendants d’esprit, critiquant les uns se font agresser et accuser de sympathiser pour les autres.  On ne dialogue plus.

On essaye d’épater la galerie mais on ne semble ne pas pouvoir discuter, on pense choisir un parti pris sans connaissance de cause.

La société libanaise se veut diverse, cosmopolite mais elle reste bien pâle, nous n’avons plus de cercle chromatique où il est possible de marier les couleurs, chacune semblant en fait se détester. On se « pacse » un peu, orange et jaune, bleu avec blanc maculé de sang, vert avec l’espoir damasquin, mais tel un mariage arrangé à défaut de mariage avec la société civile, ces pacses sont intéressés, et finiront tôt ou tard, non pas en lune de miel, mais en divorce pas vraiment à l’amiable.

Ils veulent tous s’accaparer les principales couleurs, en essayant de les reprendre à leur compte, sans toutefois comprendre les nuances… celle de l’autre rouge, l’autre blanc et l’autre vert, celles du drapeau du Liban.

Rouge comme le sang des martyrs qui se sont sacrifiés pour le Liban et non pour leur intérêts personnels des leaders endimanchés, et qu’ils mettent tous aujourd’hui en avant qu’ils soient blanc, orange, bleu, jaune;

Blanc, la couleur de la pureté, alors qu’ils se sont tous corrompus à un moment ou un autre, ou ont justement le sang des vrais patriotes sur les mains.

Vert, couleur du cèdre, mais aussi couleur de l’espérance alors qu’ils ont tous contribué à annihiler l’espérance du peuple :

A force de mélanger toutes les couleurs, on obtient le noir du désespoir.