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À nos Chèr(e)s disparu(e)s,
Je vous écris ce petit mot afin de vous rendre compte de l’évolution du pays, depuis que vous nous avez tragiquement quitté.
Ils sont toujours là, à se justifier, à s’invectiver, et à se rejeter leur incurie et leur ignorance.
Ils sont toujours là, à se victimiser, à invoquer des théories conspirationnistes, complotistes, ou impérialistes, dans le but de laver leurs mains de votre sang. Sauf que le sang innocent, versé le 4 août, leur colle au cou, jusqu’à la fin des temps, telle une corde qui attend son heure…
Ils sont toujours là, à se répartir les rôles entre majorité et opposition, selon leur poids du moment, alors qu’ils sont tous co-responsables des malheurs qui accablent le pays depuis des décennies.
Ils sont toujours là à parader, sans manifester le moindre remords, ou la plus élémentaire des compassions. Depuis les hauteurs célestes où vous vous trouvez désormais, vous êtes bien placés pour le constater : s’ils n’expriment aucun cas de conscience, c’est parce qu’ils n’ont pas de conscience.
Ils sont toujours là, drapant leur moisissures dans des costumes creux et cravatés, insolents et inopérants, les mains dans les poches, remplies des avortons de la corruption et de l’extorsion.
La seule blancheur qu’ils savent reconnaître et défendre est celle de leur argent sale, lavé sur le dos enseveli du peuple.
Ils sont toujours là, à diviser le peuple autour de supposées lignes rouges confessionnelles, couleur sang, s’autorisant à assassiner la possibilité d’une nation au nom de religions qu’ils ne respectent pas.
Ils sont toujours là, mais pour nous ce n’est pas le cas.
Pour nous, ils sont morts déjà. Ils sont morts le jour où vous êtes partis .
Et vous, nos amis, nos parents, nos sœurs et nos frères, vous n’êtes pas morts, mais vous êtes présents et opérants.
Chaque matin, avec la brise matinale de Beyrouth, le parfum de votre offrande s’élève un peu plus dans nos mémoires.
Chaque soir, dans l’obscurité provoquée par leur incompétence, leur pouvoir maléfique et insignifiant s’estompe un peu plus, dans un compte à rebours que votre au revoir a déclenché.
Ils sont toujours là…mais pas pour longtemps.
Nos prières et nos remerciements ne manqueront pas de monter jusqu’à vous, ce jour prochain où le ménage sera fait.

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