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Tout être humain est constitué de l’union d’un corps et d’un esprit. Le corps est la partie diabolique de cet être, l’esprit en est la partie divine. Le corps tire cet être vers le bas, l’esprit le tire vers le haut. Ce tiraillement en sens opposés du corps et de l’esprit est la cause du drame de l’être humain. Le plus souvent, c’est la partie diabolique qui l’emporte sur la partie divine.

Cette partie diabolique de l’être humain est la source du Mal caractérisé par la violence. Depuis le meurtre d’Abel par son frère Caïn jusqu’à nos jours, la violence règne partout dans le monde. Cette violence peut être physique ou morale. Elle peut être les deux. Elle s’exerce en famille sur les enfants, sur les épouses, entre frères, entre cousins, entre proches, entre voisins… En société, elle s’exerce entre individus de différentes communautés religieuses ou autres, entre différents partis politiques ou religieux, entre gouverneurs et gouvernés…Sur une échelle plus large, les guerres entre pays en sont l’image la plus courante.

Ces guerres exercées sur des populations innocentes et démunies sont le fait de la partie diabolique de l’être humain. Tuer un être, c’est tuer l’humain en chacun de nous. Nulle cause ne doit permettre de nous entretuer. C’est contraire à la raison d’être de l’humanité.

Le plus drôle dans tout cela, ce sont les guerres qui se font pour instaurer la démocratie dans certaines régions du monde. L’exemple le plus récent, ce sont les guerres qui se font pour instaurer la démocratie au Moyen-Orient. Pour bien comprendre ce qu’est la démocratie, il suffit de se reporter à la devise de la Révolution française à savoir « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Au nom de la Liberté, les grandes puissances imposent par la violence leur volonté sur des pays plus faibles. Ces puissances décident si oui ou non tel personnage peut diriger tel pays. Elles décident entre elles comment se partager les richesses des petits pays. Elles font des dirigeants de ces pays des vassaux à la solde des dirigeants qui les ont favorisés et leur ont permis de diriger leurs pays.

Par respect de l’Égalité, les dirigeants des petits pays devraient avoir la possibilité d’accepter ou de refuser de voir tel personnage ou tel autre diriger telle grande puissance ou telle autre. Les grandes puissances accepteraient-elles cette équation ? Ce qu’elles refusent pour elles-mêmes pourquoi veulent-elles l’imposer par la violence aux autres ?

Que dire du respect de la Fraternité entre pays ? Cette Fraternité est absente dans les relations entre ces pays. Ces relations se fondent sur les intérêts politiques, économiques et/ou militaires. Rien ne se fait pour les beaux yeux de l’autre ni pour des sentiments nobles.

Comme nous pouvons le constater, la démocratie est une dictature camouflée. Aucune valeur morale n’est respectée. C’est la loi de la jungle qui est de mise. « La raison du plus fort est toujours la meilleure » comme l’avait si bien remarqué La Fontaine dans « Le Loup et l’Agneau »

L’état de la démocratie n’est pas meilleur à l’intérieur de tous les pays qu’ils soient grandes puissances ou autres. Partout se trouve une classe politique qui exerce sa puissance pour se maintenir au pouvoir. La liberté des individus est surveillée par des caméras de toutes sortes et par des espionnages sur les réseaux sociaux. L’égalité entre individus est un leurre. Partout existe un clivage entre pauvres et riches. La fraternité n’a plus de sens de nos jours.

Tout cela est propice à la propagation de la violence partout dans le monde. Ce que les dirigeants du monde ne veulent pas comprendre c’est que la violence ne peut rien résoudre. La violence engendre la violence. Le Mal semble l’emporter sur le Bien. Faire le Mal est plus facile que faire le Bien.

Pour endiguer la violence, il faudrait faire de sorte que le côté spirituel de l’être humain l’emporte sur son côté matériel. Comment faire ? On ne peut parler de liberté sans égalité, sans fraternité. Il faudrait que les riches rendent les pauvres moins pauvres sinon les pauvres risquent de rendre les riches moins riches. Les pauvres délaissés à leur sort ont un sentiment de frustration qui entraîne la révolte puis la haine et la violence. Essayer de résoudre cette violence par la violence, c’est faire preuve de cécité. La meilleure solution c’est de venir en aide aux pauvres. Les dépenses monumentales pour la fabrication des armes et le gaspillage manifesté concernant les feux d’artifice pourraient être plus utiles s’ils étaient utilisés à bon escient. Ils pourraient soulager la misère des démunis. Les pauvres n’ont rien à perdre quand ils exercent la violence sur les riches. Le jour où ils seront plus à l’aise, ils auront le sentiment d’avoir quelque chose à perdre et de ce fait ils compteront jusqu’à dix avant de songer à exercer la violence sur autrui.

Au lieu de cracher les feux de canons en temps de guerre et les feux d’artifice en tant de paix, il faudrait se montrer plus compréhensif à l’égard des pauvres en leur assurant un minimum de confort partout dans le monde. Un retour aux dinosaures de l’ère secondaire n’est pas la solution. Dirigeants de tous les pays du monde, rectifiez le tir pour que le Bien triomphe finalement du Mal.

Samy Chaiban.
03/01/2016