La Federal Bank porte plainte contre Bassam Cheikh Hussein alors que celui-ci entame une grève de la faim et menace de se pendre.

Certains observateurs notent que cette décision de la banque pourrait entrainer une importante crise sécuritaire entre déposants qui n’ont plus aucune confiance dans le système financier local et établissements financiers ainsi que leurs actionnaires, accusés d’avoir profité de nombreuses années des fonds de leurs clients.

Pour rappel, Bassam al-Sheikh Hussein, l’homme qui avait pris en otage le personnel ainsi que quelques clients de succursale de la Federal Bank hier a été arrêté durant la nuit sur ordre du juge Ghassan Khoury en dépit de la promesse qui lui avait été faite de ne pas l’être en cas de dénouement positif de la prise d’otage.

Cette décision du juge a amené à une manifestation de la famille de Bassam al-Sheikh Hussein qui a bloqué les routes d’Ouzai et à une vague de protestation notamment sur les réseaux sociaux, une très grande partie de la population étant confrontée au même refus des banques à pouvoir disposer librement de leurs fonds.

La mère de Bassam al-Sheikh Hussein avait ainsi indiqué que celui-ci avait vendu le domicile de ses parents ainsi que le sien, afin d’obtenir la somme de 209 000 USD qu’il avait placée avant la crise sur ses comptes bancaires. “C’est notre argent, c’est notre droit”, a-t-elle déclaré. “Ils nous ont volé notre argent, Bassam n’est pas un voleur, les banques le sont”, a-t-elle poursuivi.

Pour rappel, le preneur d’otage s’était rendu à son agence bancaire afin d’obtenir la somme de 2 000 USD pour payer une partie des frais hospitalier de son père. Le directeur de cette agence avait alors refusé le versement de cette somme et l’aurait même traité de chien selon des témoignages recueillis par la presse.

Celui-ci serait alors sorti de l’agence pour y revenir avec une arme selon certains témoignages alors que sa famille évoque le fait d’avoir trouvé une arme dans l’agence. Il avait ensuite exigé le versement de la totalité du solde de ses comptes, soit 209 000 USD.

Si la banque avait précédemment proposé 10 000 USD, essuyant son refus, celle-ci avait ensuite porté la somme à 30 000 USD qu’il aura finalement accepté.

Acclamé par la foule qui était sur place qui s’en est même pris aux forces de sécurité intérieure présents sur place et accusés de ne pas oeuvrer en faveur de la justice, allusion au refus des FSI à exécuter le mandat d’arrêt à l’encontre notamment du gouverneur de la Banque du Liban accusé de détournement de fonds et de blanchiment d’argent, Bassem Sheikh Hussein est devenu un héros pour une large partie de la population qui, comme lui, ne peut disposer librement des fonds dont ils sont pourtant propriétaires en raison du contrôle informel des capitaux unilatéralement mis en place en novembre 2019.

Côté responsables de banques mais également côté employés, on craint désormais la répétition d’un tel scénario qui n’en est pas le premier. Déjà en janvier 2022, une affaire similaire avait défrayé la chronique. Une grève générale pourrait être ainsi prochainement décrétée, annoncent certaines sources.

Depuis novembre 2019, les banques libanaises refusent de laisser leurs clients disposer librement de leurs fonds et par la même occasion tout transfert de fonds à l’étranger. Elles refusent également de se soumettre aux décisions de la justice locale, différentes procédures judiciaires contre elles ayant abouti positivement pour les clients alors que la livre libanaise a perdu plus de 95% de sa valeur par rapport au dollar.

Quant-aux FSI, leur commandant, le général Imad Othman, avait déjà été accusé d’avoir protégé le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, en refusant d’exécuter un mandat d’arrêt à son encontre. Une altercation même entre membres des FSI et Sécurité de l’état avait failli avoir eu lieu lors d’une tentative de ces derniers d’exécuter un mandat d’amené auprès de la juge Ghada Aoun dans le cadre d’une enquête pour laquelle le gouverneur de la BdL est accusé de détournement et de blanchiment d’argent.

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