Le Libanais traverse une crise d’identité existentielle sans pareil. Il se débat depuis 1943 pour faire face aux urgences. Il va chercher à maintenir l’autosuffisance, faute d’avoir voulu initier et promouvoir une participation crédible au projet démocratique de son pays. L’exercice de la citoyenneté va demeurer curieusement une vision en vue d’ambitieuses aspirations . Au fil des crises non réglées et cumulées, il va davantage apprécier la dynamique séduisante de la république sans vraiment adapter l’alchimie orientale à ses convenances. Néanmoins, la perte de ferveur vis à vis du pacte qui nous a unifié et la soumission aux fluctuations des tendances opposées au nom des « politiques » rarement constructives, ont permis l’abondance des influences à la place de la nécessaire et de l’ultime allégeance à la Nation. Le bon sens, censé correspondre à la logique qu’on assume, relève pour de nombreux libanais à une mentalité bien étrange. Elle dérange par l’évidence intime du déni.

Pourtant ce dernier bastion de la cohérence nous rappelle que les propriétaires des réussites et des échecs sont les mêmes. A tous ceux qui se dévouent pour convaincre leurs compatriotes que rien n’est joué d’avance et que tout est encore possible pour éviter de sombrer ensemble, prière d’user sans modération des initiatives simples et pratiques. L’essentiel serait de replacer l’évidence au jour le jour, la logique des réflexions au diapason des décisions pertinentes, la cohérence du contenu à la taille des choix de la civilité et du religieux et la consistance de nos personnalités pour maintenir la crédibilité de la citoyenneté. Afin de dissiper l’opacité du faux confort regardons à nouveau et autrement, la passionante journée de ceux qui ont défié l’occupant et fondé un magnifique pacte national! Consentons à la normalité ensemble à nouveau. Distinguons le dialogue du monologue, l’étape de la confusion, l’épreuve de la fausse manoeuvre et la crise de la tempête, en avouant d’abord la vraie réalité du faux en chacun de nous.

Joe Acoury.