Le siège de l'Association des Banques du Liban après l'explosion du Port de Beyrouth. Crédit Photo: Libnanews.com
Le siège de l'Association des Banques du Liban après l'explosion du Port de Beyrouth. Crédit Photo: Libnanews.com

L’association des Banques du Liban a mis en garde contre l’utilisation par la Banque du Liban de ses réserves obligatoires pour continuer à financer le programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité ou du programme de rationnement aux populations les plus vulnérables face à la crise économique.

Celle-ci estime que “la réserve obligatoire ne doit en aucun cas être compromise, car elle fait partie intégrante partie des dépôts de la clientèle auprès des banques”. Conséquent, elle tient l’Etat comme étant responsable de l’utilisation des dépôts bancaires de la Banque du Liban au cours des dernières années. Elle estime également que l’utilisation des réserves obligatoires pourrait nuire à la relance de l’activité économique et financière une fois que le prochain gouvernement sera formé avec le soutien de la communauté internationale.

Aussi, la Banque du Liban est responsable “d’avoir d’avoir porté atteinte à la réserve obligatoire et de se soumettre aux pressions exercées sur elle par les autorités politiques, contrairement aux termes et à l’esprit de la loi monétaire et du crédit, où la finalité de la réserve obligatoire est limitée aux besoins du secteur bancaire.”

Elle estime que la réduction du taux alloué à la Réserve Obligatoire oblige la Banque du Liban à restituer les montants aux déposants via les banques.

Le communiqué précise que l’ABL “étudie actuellement les mesures qui peuvent être utilisées pour empêcher la violation de la réserve obligatoire par l’État ou la banque centrale”. 

Cette information intervient alors que le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé – jusque là un allié indéfectible des établissements financiers locaux – a rendu les banques responsables de la mauvaise gestion financière des dépôts dont ils avaient la charge.

Par ailleurs, les observateurs notent qu’en dépit de cette déclaration estimant qu’un abaissement du taux de réserve obligatoire devrait permettre la restitution des fonds aux déposants via les banques, celles-ci ne semblent pas souhaiter permettre à leurs clients de disposer librement des sommes déposées depuis l’instauration d’un contrôle informel des capitaux en novembre 2019. De même, ils notent qu’une priorité devrait accordée, non plus au secteur financier, mais simplement à permettre à la population de survivre en raison des circonstances actuelles. Pour rappel, près de 77% de la population ne mange plus à sa fin dont 33% d’enfants selon les auteurs d’un rapport de l’UNICEF.

Déjà les pénuries de carburants, médicaments essentiels pour les personnes souffrant de maladies chroniques ou même des personnes atteintes d’un cancer, voire même de certains aliments essentiels se font sentir sur le marché local avec la Banque du Liban accusée de ne pas accorder les lignes de crédit nécessaires à l’achat de ces marchandises.

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