Le parlement libanais exceptionnellement réuni au Palais de l’UNESCO en raison des circonstances liées à la pandémie du coronavirus a adopté une série de lois portant notamment sur la levée du secret bancaire de responsables politiques et administratifs anciens et actuels et sur la création d’un fond d’urgence de 1200 milliards de livres libanaises pour aider les personnes vulnérables à la détérioration de la crise économique en raison des mesures prises face à l’épidémie.

Cette session se déroulait sous la pression d’une centaine de manifestants en dehors du Palais qui entendent protester contre une classe politique considérée comme ayant mené le Pays des Cèdres à la quasi-faillite financière et économique.

La création de ce fonds intervient alors que plus de 60% de la population libanaise se trouverait actuellement vivant sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 6 dollars par jour.

L’ancien Premier Ministre Najib Mikati s’en est violemment pris au projet de loi, estimant que ce fonds a été ajouté au budget 2020 “sans aucune approbation, sans critères clairs et sera inévitablement dépensé à des fins politiques”

La loi consistant à lever le secret bancaire permet à la commission nationale de lutte contre la corruption et à la commission spéciale d’enquête d’accéder aux transactions financières des députés, ministres et hauts fonctionnaires, une demande clé des manifestants qui dénoncent la classe politique qu’ils considèrent être corrompue mais aussi une demande de la communauté internationale.

Autre avancée, le Parlement a également approuvé un mécanisme de nomination des fonctionnaires de première catégorie éliminant la possibilité que les ministres les nomment.

Pour l’heure, l’approbation de la loi d’amnistie reste toujours sujette à la controverse, les 3 principaux blocs parlementaires chrétiens s’y opposant alors que le mouvement Amal, le Hezbollah et le Courant du Futur soutiennent le texte.

Le projet de loi appelle à la libération d’islamistes impliqués dans des actes terroristes. Le Courant du Futur, via l’ancien Premier Ministre Saad Hariri estime que “cette libération ne concerne pas les criminels mais des personnes qui auraient été détenus injustement sous le prétexte du terrorisme”.

Quant aux députés chrétiens, ils estiment le texte plutôt vague et permettant de libérer des personnes impliquées dans des attaques contre le personnel militaire et sécuritaire. Le député Chamel Roukoz a ainsi estimé que le pardon accordé “aux assassins de soldats libanais est un crime. L’amnistie est un acquittement pour les criminels, une atténuation du crime et une dilution du droit. Nous voulons la justice, c’est la seule solution.” 

Autre polémique, les partis chrétiens souhaiteraient l’inclusion de libanais ayant obtenu la nationalité israélienne après avoir fui suite à la libération du sud Liban en mai 2000. Cette proposition a été rejetée par le Hezbollah et le mouvement Amal qui souhaitent, de leur part, l’inclusion d’individus impliqués dans la culture et le commerce de drogues.

Autre sujet de désaccord, le projet de formaliser le contrôle des capitaux qui devrait être renvoyé devant la commission parlementaire des finances et du budget.

Parmi les autres projets de loi, un texte concernant la récupération des fonds transférés après le 17 octobre, la diminution du nombre de vice-gouverneurs de la Banque du Liban et un amendement concernant le mandat du gouverneur de la BDL qui serait ainsi réduit.

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