L’Association des juges libanais a mis en garde mercredi contre la politisation judiciaire, exhortant les politiciens à cesser d’intervenir dans le pouvoir judiciaire et à “laisser la voie judiciaire se poursuivre sans abus”, estimant par un communiqué que “les hommes politiques libanais ont tendance à détruire tout ce qu’ils traitent”.

Ils accusent ainsi la classe politique d'”avoir nuit à l’économie locale, pillé le secteur bancaire, déformé le secteur public, frustré la population, déplacé les jeunes, pollué l’air et amené à la faillite le pays”.

Les juges faisaient également allusion aux ingérences politiques dans le dossier de l’explosion du port de Beyrouth, au lendemain du rejet par le conseil supérieur de la magistrature du déferrement des recours déposés par les anciens ministres mis en examen par le juge d’instruction en charge de l’enquête auprès du juge Habib Mezher, connu pour sa proximité avec les mouvements Amal et Hezbollah.

Ces 2 partis tentent ainsi d’écarter le juge Tarek Bitar de ce dossier après que celui-ci ait demandé aux anciens ministres des finances, Ali Hassan Khalil, et des travaux publics Ghazi Zoaiter, deux proches du président de la chambre Nabih Berri, de l’intérieur, Nouhad Machnouk, proche de l’ancien ministre Saad Hariri et des transports, Youssef Fenianos, proche du dirigeant du mouvement Marada, à témoigner dans le cadre de cette enquête. Le magistrat les avait précédemment mis en examen pour homicide volontaire et négligence criminelle ayant amené à la mort de plus de 200 personnes le 4 août 2020. Plus de 6500 personnes avaient également été blessées dans l’explosion de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium stockés de manière inadéquate à l’intérieur du port de Beyrouth.

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