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Liban : la Commission spéciale exige les données bancaires de 11 personnes

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La Commission spéciale d’enquête de la Banque du Liban a demandé aux banques et établissements financiers opérant au Liban de lui communiquer, sous une semaine, des informations détaillées sur les comptes, opérations financières, coffres et autres relations bancaires liés directement ou indirectement à onze personnes et deux sociétés. Le document, daté du 21 septembre 2026 et consulté par Libnanews, se fonde sur une décision prise trois jours plus tôt. Il concerne notamment l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, son frère Raja Salamé, Marianne Hoayek, l’ancien président de Bank Audi Samir Hanna ainsi que Hassan Moukalled et la société CTEX.

Le périmètre de la demande adressée au secteur bancaire libanais est particulièrement large. Dans un courrier officiel daté du 21 septembre 2026, la Commission spéciale d’enquête, rattachée à la Banque du Liban (BDL), demande aux banques et institutions financières de rechercher l’existence de comptes, opérations, polices ou coffres-forts appartenant à une série de personnes physiques et morales.

Le document porte l’en-tête de la Commission spéciale d’enquête chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Il est signé par son secrétaire général, Abdel Hafiz Mansour.

Cette démarche intervient sur la base d’une décision de la Commission datée du 18 septembre 2026, explicitement mentionnée dans le courrier.

La Commission spéciale d’enquête fixe un délai d’une semaine

La demande impose aux établissements concernés de répondre dans un délai d’une semaine à compter de la réception du courrier.

Ils doivent préciser s’ils détiennent ou ont détenu des comptes, opérations ou autres relations financières liés aux personnes et sociétés énumérées. Le texte vise aussi les relations détenues de manière indirecte, individuellement ou conjointement.

La formulation retenue ne limite donc pas la recherche aux seuls comptes ouverts directement au nom des personnes concernées. Elle oblige les établissements financiers à vérifier leurs données pour identifier d’éventuelles relations indirectes ou conjointes.

Le courrier demande également de prendre en compte les comptes clôturés. Les mouvements liés aux coffres-forts doivent eux aussi être recherchés.

Lorsqu’une relation bancaire est identifiée, l’établissement doit transmettre à la Commission les documents correspondants. Le texte réclame notamment les relevés de comptes et les pièces disponibles concernant les opérations visées.

Les informations doivent être communiquées sous forme de fichiers électroniques, avec un récapitulatif par compte. La Commission demande notamment un « Account Summary Sheet » et des tableaux en format Excel.

Cette collecte doit permettre à l’organisme d’enquête de disposer d’une vision consolidée des relations financières associées aux personnes recherchées, au-delà d’un établissement particulier.

Riad Salamé, Raja Salamé et Marianne Hoayek concernés

La liste figurant dans le document comprend onze personnes physiques et deux sociétés.

Parmi elles apparaît Riad Salamé, ancien gouverneur de la Banque du Liban, ainsi que son frère Raja Salamé et Marianne Hoayek, ancienne collaboratrice de premier plan au sein de la banque centrale.

Ces trois noms ont déjà été cités dans plusieurs procédures judiciaires et enquêtes financières au Liban et en Europe portant sur des opérations réalisées pendant les années où Riad Salamé dirigeait la Banque du Liban.

Leur présence dans cette nouvelle demande bancaire ne permet toutefois pas, à elle seule, de tirer une conclusion sur une responsabilité pénale. Le document transmis aux banques constitue une mesure de collecte d’informations. Il ne s’agit pas, dans la pièce consultée, d’un jugement établissant une culpabilité.

Cette distinction est importante alors que plusieurs informations publiées cette semaine font état, parallèlement, de mesures de gel concernant tout ou partie des personnes mentionnées. Le courrier du 21 septembre présenté ici porte spécifiquement sur une demande de renseignements bancaires et de transmission de documents.

Hassan Moukalled et CTEX figurent aussi sur la liste

La Commission spéciale d’enquête cite également Hassan Ahmad Moukalled et la société CTEX Company for Exchange SAL, société de change libanaise.

Le nom de Hassan Moukalled et celui de CTEX avaient déjà fait l’objet d’une décision de la Commission spéciale d’enquête en janvier 2023. À cette époque, la Banque du Liban avait annoncé le gel de comptes après leur inscription sur une liste de sanctions du département américain du Trésor.

La décision de janvier 2023 concernait alors Hassan Moukalled, ses fils Rani et Rayane Moukalled, CTEX et une autre société. Hassan Moukalled avait contesté les accusations américaines et annoncé vouloir engager des démarches judiciaires.

Le nouveau document de septembre 2026 s’inscrit donc, pour Hassan Moukalled et CTEX, dans un dossier qui avait déjà entraîné des mesures bancaires au Liban plus de trois ans auparavant.

Deux autres noms, André Samir Machnouk et Bachir Ibrahim Mansour, apparaissent dans la demande du 21 septembre.

Samir Hanna parmi les personnes visées

Le courrier cite aussi Samir Nicolas Hanna, ancien président du conseil d’administration de Bank Audi.

Son nom apparaît dans un contexte où les autorités judiciaires libanaises examinent plusieurs opérations financières effectuées pendant la période où Riad Salamé dirigeait la Banque du Liban.

Des procédures distinctes ont porté sur des mécanismes financiers et sur les relations entre la banque centrale et certains établissements ou responsables bancaires. La présence de Samir Hanna dans le courrier signifie désormais que les banques et institutions financières destinataires doivent rechercher et transmettre les informations entrant dans le périmètre défini par la Commission.

Là encore, cette demande documentaire ne constitue pas en elle-même une déclaration de culpabilité. Elle permet à la Commission spéciale d’enquête de retracer des relations financières et de réunir les documents nécessaires à l’examen des dossiers concernés.

Une société enregistrée au Panama dans la demande

La liste comporte également V Limited Investment Inc, présentée dans le document comme une société constituée au Panama le 30 août 2017.

Le courrier associe également à cette partie du dossier Bassem Mahmoud Al-Hout.

Selon des informations publiées dans la presse libanaise, cette société et certaines opérations qui lui sont liées font partie des éléments examinés dans des dossiers financiers concernant la période de Riad Salamé à la tête de la Banque du Liban.

La Commission ne détaille cependant pas, dans le courrier du 21 septembre, les motifs individuels justifiant la présence de chaque personne ou société. Elle demande aux établissements financiers de rechercher les relations bancaires correspondantes et d’en transmettre les éléments.

Cette limite du document doit être conservée : la liste établit le champ de la recherche bancaire, mais elle ne présente pas un exposé des accusations visant chaque nom.

Alaa Al-Khawaja et Mohammad Al-Hariri également cités

Deux autres personnes figurent dans le document : Alaa Mahmoud Abdel Rahman Al-Khawaja et Mohammad Ahmad Mokhtar Al-Hariri.

Leurs noms ont été associés dans la presse libanaise à des investigations portant sur des opérations financières et sur l’acquisition de participations dans le secteur bancaire, notamment autour de BankMed.

Les autorités judiciaires libanaises ont engagé ces derniers mois différentes démarches dans des dossiers liés aux transactions financières réalisées pendant la période précédant l’effondrement bancaire de 2019.

Le courrier de la Commission spéciale d’enquête ajoute désormais une dimension documentaire précise : les banques doivent vérifier leurs archives et signaler les relations correspondant aux critères fixés par la Commission.

Samara Kazzi complète la liste

Le dernier nom figurant dans le document est celui de Samara Kazzi, une journaliste et banquière actuellement installée en Suisse.

Son inscription dans cette demande a suscité une attention particulière dans plusieurs médias libanais. Les informations publiées sur les raisons précises de sa présence dans le dossier restent toutefois fragmentaires.

Le document officiel consulté ne formule pas d’accusation détaillée à son encontre. Il la place simplement parmi les personnes pour lesquelles la Commission réclame une recherche bancaire.

Une collecte qui remonte plusieurs années

La profondeur historique réclamée aux banques constitue l’un des aspects importants du courrier.

La Commission ne demande pas seulement une photographie actuelle des avoirs. Elle recherche des données permettant de reconstruire l’historique des relations bancaires concernées, y compris lorsque des comptes ont été clôturés.

Cette approche peut permettre de retracer des flux, d’identifier des contreparties et de comparer les mouvements enregistrés dans plusieurs établissements. Elle peut aussi mettre en évidence des relations financières qui ne sont plus actives aujourd’hui.

La demande de fichiers Excel et de fiches récapitulatives standardisées facilite précisément ce travail de rapprochement entre les informations provenant de différentes banques.

La Commission spéciale d’enquête dispose d’un rôle central dans le dispositif libanais de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle reçoit et analyse des informations financières et peut intervenir dans des dossiers nécessitant l’examen de données couvertes par le secret bancaire, dans les conditions prévues par la législation libanaise.

Dans le cas présent, la prochaine étape immédiate dépend des réponses des banques et établissements financiers destinataires. Ceux-ci disposent d’une semaine après réception du courrier pour indiquer les relations éventuellement identifiées et transmettre les documents demandés.

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Newsdesk Libnanews
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