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Six mois pour éviter le vide au Liban-Sud : les dessous du scénario de transition après la FINUL

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Une formule circule à New York sans être encore un accord

Une proposition de compromis circule dans les échanges diplomatiques consacrés à l’avenir du Liban-Sud : prolonger de six mois la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban afin d’éviter un vide sécuritaire, tout en donnant aux différentes parties le temps de définir le mécanisme appelé à lui succéder. Plusieurs sources diplomatiques évoquent cette formule au 23 septembre 2026. Mais l’entourage du Premier ministre Nawaf Salam apporte une nuance essentielle : il n’existerait pas, à ce stade, de projet complet et arrêté prévoyant une prolongation de six mois. Ce qui est confirmé est la volonté libanaise de maintenir une présence internationale sous l’égide des Nations unies dans le Sud.

Cette différence est centrale. Elle suggère que les six mois constituent pour l’instant une formule discutée, voire testée auprès des différents acteurs, plutôt qu’un compromis définitivement négocié.

Les consultations conduites à New York cherchent à résoudre une équation devenue urgente. Le mandat actuel de la FINUL arrive à son terme à la fin de 2026. Or le Liban considère que les conditions sécuritaires ne permettent pas un retrait international suivi d’une période sans mécanisme de surveillance. Dans le même temps, les États concernés discutent déjà de la nature d’un dispositif appelé à prendre le relais.

La position défendue par Nawaf Salam consiste donc à dissocier deux questions. La première est immédiate : empêcher un vide au 1er janvier 2027. La seconde est plus complexe : déterminer quelle structure internationale pourra fonctionner ensuite, avec quel mandat, quelles forces, quels pays participants et quelle relation avec l’armée libanaise.

Les six mois permettraient précisément de séparer ces deux calendriers.

Une lettre officielle libanaise aux Nations unies

Beyrouth ne s’est pas contenté de discussions informelles. Selon les informations disponibles, les Nations unies ont reçu une lettre officielle libanaise demandant le maintien ou la prolongation de la mission internationale. Cette démarche confirme que le principe d’une continuité internationale est devenu une position officielle.

La formulation exacte de la solution reste toutefois en discussion. Une première option serait le renouvellement de la mission. Si cette voie s’avère impossible, une prolongation limitée de six mois pourrait constituer la solution de transition. Une troisième option serait ensuite la création d’un nouveau dispositif international.

Cette architecture explique pourquoi les informations disponibles peuvent sembler contradictoires sans nécessairement l’être. Des sources diplomatiques évoquent bien une prolongation de six mois. Dans le même temps, l’entourage du Premier ministre indique qu’aucune proposition complète de ce type n’a encore été arrêtée.

Il peut donc s’agir d’un scénario de travail soumis aux différentes capitales avant d’être transformé, éventuellement, en proposition officielle.

Le calendrier international joue également un rôle. Selon des sources officielles, le Liban envisage qu’une décision définitive sur l’avenir du dispositif intervienne après les échéances électorales aux États-Unis et en Israël et après une clarification du conflit entre Washington et Téhéran. Une période supplémentaire de six mois permettrait ainsi de reporter la décision structurelle à un environnement régional potentiellement différent.

Cette attente comporte cependant un risque : pendant que la diplomatie négocie l’architecture future, les réalités militaires continuent d’évoluer sur le terrain.

Trente positions israéliennes compliquent le scénario de retrait

La situation militaire constitue précisément le principal obstacle à une transition simple.

Selon les données communiquées par la FINUL, les forces israéliennes seraient présentes dans environ trente positions militaires réparties dans différentes zones du Liban-Sud. Parmi celles-ci figureraient huit positions fortifiées.

Avant la nouvelle phase de confrontation, cinq positions fortifiées israéliennes étaient recensées près de la Ligne bleue et au nord de celle-ci. Trois nouvelles positions fortifiées auraient été observées au cours de l’année 2026.

À ces installations s’ajouteraient environ vingt positions militaires temporaires installées dans ce qui est décrit comme une zone de sécurité. Selon les informations disponibles, cette zone peut atteindre jusqu’à dix kilomètres de profondeur à l’intérieur du territoire libanais dans certains secteurs.

Ces données changent profondément la nature de la discussion sur la FINUL. Le débat ne concerne pas simplement le remplacement d’une force internationale arrivant au terme de son mandat. Il intervient alors que la question de l’occupation, des positions militaires israéliennes et de la liberté de mouvement de l’armée libanaise reste ouverte.

Pour Beyrouth, le maintien d’une présence internationale sert donc plusieurs objectifs : surveillance, communication entre les parties, documentation des incidents et accompagnement du déploiement de l’armée.

Nawaf Salam a porté ces demandes à New York en insistant parallèlement sur le retrait israélien complet, le renforcement des capacités de l’armée et le retour des habitants dans les localités du Sud.

Nawaf Salam cherche une continuité sous le drapeau des Nations unies

Lors de son entretien avec le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, Nawaf Salam a insisté sur la nécessité de maintenir une présence internationale dans le Sud après la FINUL.

La formulation employée est importante. Le Premier ministre ne demande pas uniquement le maintien d’observateurs étrangers. Il souhaite que cette présence reste placée sous la couverture des Nations unies. Elle devrait assurer des missions de surveillance, de compte rendu et de communication tout en contribuant à la stabilité et au déploiement de l’autorité de l’État libanais.

Cette position montre que Beyrouth ne considère pas automatiquement n’importe quelle force multinationale comme un substitut acceptable.

La couverture des Nations unies offre en effet un cadre politique et juridique différent de celui d’une coalition de pays constituée en dehors de l’organisation. Elle permet également au Liban de présenter la présence internationale comme un soutien à l’autorité de l’État et non comme un mécanisme appelé à s’y substituer.

Cette distinction devient d’autant plus importante que Nawaf Salam réaffirme simultanément la volonté du gouvernement de placer les armes et la décision de guerre et de paix sous l’autorité exclusive de l’État.

La stratégie libanaise repose ainsi sur deux mouvements parallèles : renforcer l’armée comme acteur sécuritaire principal et conserver une couverture internationale pendant la période où elle étend son contrôle.

La Turquie ouvre une nouvelle piste

La Turquie est entrée directement dans la discussion sur l’après-FINUL.

Lors de sa rencontre avec Nawaf Salam à New York, le président Recep Tayyip Erdogan a estimé qu’une initiative internationale serait nécessaire pour remplacer la force actuelle. Il a également confirmé la volonté de son pays de poursuivre son soutien au Liban.

La formulation turque reste cependant générale. Les informations disponibles ne font état d’aucune offre complète d’Ankara proposant le déploiement d’une force turque destinée à remplacer la FINUL.

Il faut donc distinguer l’appui turc à l’idée d’un mécanisme international d’une éventuelle participation militaire turque, qui n’est pas établie.

La Turquie intervient néanmoins à plusieurs niveaux dans le dossier du Sud. Les discussions ont porté sur les maisons préfabriquées destinées aux habitants, le retour dans les villages, la reconstruction et les infrastructures. Des projets de coopération dans l’énergie, le transport et les liaisons régionales sont également évoqués.

Cette présence pourrait donner à Ankara un rôle dans la phase de stabilisation sans préjuger de la forme exacte de son engagement sécuritaire.

La Jordanie soutient elle aussi l’idée d’une force de remplacement

Le roi Abdallah II de Jordanie a également abordé avec Nawaf Salam la question du dispositif international appelé à succéder à la FINUL.

Les discussions ont porté sur la nécessité d’éviter tout vide après la fin de la mission. La Jordanie soutient parallèlement l’armée libanaise et participe aux efforts visant à mobiliser une aide internationale en faveur des institutions sécuritaires.

La convergence entre Beyrouth, Ankara et Amman sur la nécessité d’une continuité internationale est politiquement importante. Elle ne suffit toutefois pas à créer une force.

Pour qu’un nouveau dispositif voie le jour, il faudra déterminer son mandat, ses règles d’engagement, ses effectifs, son financement et les États disposés à fournir des contingents.

Il faudra également savoir si Israël acceptera sa présence et dans quelles conditions.

C’est ici que la formule des six mois prend tout son sens. Elle donnerait du temps pour négocier ces paramètres sans provoquer une rupture immédiate de la présence internationale.

Paris veut conserver un rôle dans le Liban-Sud

La France reste particulièrement active sur ce dossier. Selon les informations disponibles, Emmanuel Macron devait présider une séance du Conseil de sécurité consacrée au Moyen-Orient, avec le Liban parmi les sujets examinés. La question de la FINUL et celle de la force de remplacement devraient y occuper une place importante.

Paris cherche à maintenir une implication européenne dans l’architecture sécuritaire du Sud. Cette orientation prend une importance particulière alors que le rôle français dans les mécanismes de suivi du dossier libanais a évolué au cours des derniers mois.

La France avait participé au mécanisme de surveillance du cessez-le-feu aux côtés des États-Unis, du Liban, d’Israël et de la FINUL. Les développements ultérieurs et les négociations directes ont cependant renforcé la place de Washington.

Le futur dispositif international devient donc également un enjeu de répartition des rôles entre partenaires occidentaux.

Une force à forte composante européenne offrirait à Paris la possibilité de conserver une présence opérationnelle. Une formule contrôlée principalement par Washington produirait un équilibre très différent.

Washington constitue la principale inconnue

La position américaine reste déterminante.

Les informations recueillies dans le dossier libanais montrent que Washington a progressivement renforcé son contrôle sur les mécanismes de négociation et de suivi concernant le Sud. Les États-Unis parrainent les négociations directes entre le Liban et Israël. Ils occupent donc une place centrale dans toute discussion concernant le futur dispositif de sécurité.

Le huitième cycle de négociations libano-israéliennes est attendu en octobre 2026. Toutefois, au 23 septembre, Beyrouth n’aurait encore reçu ni date précise ni invitation formelle du médiateur américain.

Cette absence ajoute une incertitude supplémentaire.

Les États-Unis pourraient considérer que les mécanismes directs qu’ils parrainent suffisent à assurer une partie des fonctions politiques autrefois exercées par une présence internationale plus large. Une telle approche ne correspondrait pas nécessairement à la préférence libanaise pour une couverture des Nations unies.

Le débat porte donc moins sur la nécessité abstraite d’une surveillance que sur son architecture.

Qui surveille ? Sous quel mandat ? Qui arbitre les incidents ? Quelle place reste-t-il aux Nations unies ? Quel rôle revient à Washington ? Et quelle autonomie conserve le Liban dans ce mécanisme ?

Israël impose parallèlement ses réalités sur le terrain

Pendant ces discussions, Israël poursuit ses opérations dans le Sud.

Des bombardements d’artillerie, des destructions de bâtiments, des incendies de maisons et des mouvements de véhicules militaires ont été signalés dans plusieurs secteurs. La région de Khiam figure notamment parmi les zones où la présence militaire israélienne reste visible.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a parallèlement affirmé que l’armée israélienne était déployée dans des zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza.

Cette situation crée une asymétrie entre le temps diplomatique et le temps militaire.

Les négociateurs discutent d’un futur mécanisme de sécurité. Sur le terrain, de nouvelles positions peuvent devenir progressivement permanentes. Plus cette situation se prolonge, plus le futur dispositif international risque de devoir gérer un fait accompli plutôt que superviser un retrait.

C’est l’une des principales inquiétudes libanaises.

Une présence internationale après la FINUL n’aurait qu’une portée limitée si elle intervenait sans règlement de la question des positions israéliennes et sans liberté de déploiement suffisante pour l’armée libanaise.

Le rôle de l’armée libanaise au centre de toutes les formules

Aucun des scénarios discutés ne prévoit officiellement qu’une force internationale se substitue durablement à l’armée libanaise.

Au contraire, la position de Beyrouth consiste à renforcer le déploiement de l’armée et à faire de l’État l’autorité sécuritaire centrale dans le Sud.

Le gouvernement présente ainsi la présence internationale comme un accompagnement.

Cette distinction répond également aux critiques selon lesquelles une prolongation de la FINUL repousserait le moment où l’État assumerait seul la sécurité de la frontière. Pour Beyrouth, les deux objectifs ne sont pas contradictoires : le renforcement de l’armée doit se poursuivre pendant qu’un dispositif international réduit les risques de confrontation et assure les communications nécessaires.

La FINUL affirme elle-même que son rôle ne peut remplacer les décisions politiques des parties. Son commandement considère que l’application complète de la résolution 1701 demeure la base d’une stabilité durable.

La mission internationale peut donc observer, signaler et faciliter les communications. Elle ne peut pas, à elle seule, imposer un règlement.

Le scénario des six mois comme période tampon

Dans ce contexte, les six mois apparaissent moins comme une nouvelle stratégie que comme une période tampon.

Ils permettraient d’éviter trois ruptures simultanées : le départ de la FINUL, l’absence d’une force de remplacement et une armée libanaise encore confrontée à une situation militaire instable.

Cette période pourrait aussi permettre de négocier la composition d’un nouveau dispositif.

Une force européenne ? Une mission d’observation des Nations unies plus légère ? Une structure multinationale associant plusieurs pays ? Un mécanisme de surveillance renforcé autour de l’armée libanaise ? Les sources du 23 septembre ne permettent pas encore de privilégier une formule.

Elles montrent surtout que plusieurs propositions circulent.

La prolongation de six mois aurait donc pour fonction de gagner du temps. Mais gagner du temps n’est utile que si ce délai permet réellement d’aboutir à une architecture nouvelle.

Un désaccord apparent qui révèle l’état réel des négociations

Le point le plus révélateur reste finalement la divergence entre les informations diplomatiques et la position transmise par l’entourage de Nawaf Salam.

D’un côté, plusieurs sources parlent clairement d’un compromis de six mois. Elles présentent cette durée comme une solution destinée à éviter le vide et à permettre la négociation d’un successeur.

De l’autre, l’entourage du Premier ministre affirme qu’il n’existe pas de proposition complète et finalisée de prolongation de six mois. La demande libanaise porte avant tout sur le maintien d’une présence internationale.

Ces deux versions peuvent être conciliées si la formule des six mois se trouve encore au stade de la consultation diplomatique.

Elle serait alors suffisamment avancée pour circuler entre les acteurs, mais pas suffisamment négociée pour être assumée officiellement par Beyrouth comme un accord.

C’est précisément ce qui rend le dossier sensible. Une annonce prématurée pourrait provoquer des oppositions avant même que les conditions du compromis ne soient arrêtées.

Les prochaines étapes permettront de mesurer son degré de maturité : discussions au Conseil de sécurité, rencontres de Nawaf Salam à Washington, position américaine, réaction israélienne et préparation du huitième cycle des négociations directes.

Au 23 septembre 2026, une chose est donc établie : Beyrouth refuse qu’un vide international s’installe au Liban-Sud après la FINUL. La prolongation de six mois constitue une option sérieusement évoquée par des sources diplomatiques, mais elle n’est pas encore présentée par le gouvernement comme une formule définitivement négociée. Entre ces deux éléments se déroule désormais l’une des négociations les plus importantes pour l’avenir sécuritaire du Sud.

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Newsdesk Libnanews
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