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Revue de presse : le Liban cherche à redéfinir la sécurité du Sud autour de l’armée et de la négociation

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Paris place l’armée au centre du nouvel équilibre

Le soutien à l’armée libanaise, les négociations avec Israël et la préparation de l’après-Finul dominent nettement les pages libanaises du 17 septembre 2026. Ces trois dossiers ne sont plus traités séparément. Ils convergent vers une même interrogation : comment l’État peut-il reprendre une plus grande part de la sécurité du Liban-Sud alors que les opérations israéliennes se poursuivent, que le dossier des armes du Hezbollah reste ouvert et que la présence internationale actuelle approche de son terme ? La réunion organisée à Paris donne à cette question sa dimension internationale. Nahar du 17 septembre 2026 souligne que la rencontre est préparatoire. Elle ne doit pas être confondue avec une conférence destinée à annoncer immédiatement des montants d’aide. Son objectif est de déterminer précisément les besoins de l’armée dans la nouvelle phase. Le chef d’état-major des armées françaises, Fabien Mandon, explique au quotidien que la souveraineté de l’État et l’exclusivité de l’usage de la force se trouvent au cœur de la réflexion. Il défend toutefois une démarche graduelle, fondée sur la confiance et sur le renforcement des capacités libanaises. La France cherche ainsi à lier deux processus : donner davantage de moyens à l’armée et augmenter progressivement les responsabilités qu’elle assume sur le terrain. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 décrit également la réunion de Paris comme une étape destinée à établir les besoins militaires et sécuritaires avant une mobilisation plus large des partenaires. Le journal insiste sur l’urgence. L’armée doit préserver la sécurité intérieure, se déployer au Sud et se préparer à une situation nouvelle lorsque la Finul aura achevé sa mission. La question n’est donc plus uniquement celle du nombre de véhicules, des équipements ou de la formation. Elle concerne la fonction politique et sécuritaire que la communauté internationale souhaite voir l’armée exercer.

Joseph Aoun place cette institution au centre de sa propre stratégie. Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte ses déclarations à Paris : l’armée, les Forces de sécurité intérieure et les autres services constituent, selon lui, la garantie de la protection du pays, de sa souveraineté et de la sécurité des citoyens. Le président demande un soutien international durable. Il lie également la consolidation des institutions à la décision de l’État de concentrer les armes entre les mains de l’autorité légale. Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte la même ligne. Joseph Aoun affirme que le Liban est déterminé à traiter le dossier des armes du Hezbollah, mais qu’il entend le faire pacifiquement. Il refuse d’entraîner le pays dans une confrontation intérieure ou une guerre civile. Le dialogue doit accompagner la décision de l’État. Cette prudence montre la difficulté de l’équation. Les partenaires étrangers demandent des résultats concernant les armes et l’autorité de l’État. Le pouvoir libanais cherche, lui, à atteindre cet objectif sans transformer l’armée en protagoniste d’un conflit intérieur. Ad Diyar du 17 septembre 2026 place cette tension au cœur de la réunion de Paris. Le quotidien souligne que les missions demandées à l’armée augmentent alors que ses moyens restent limités. Dans le même temps, Israël critique son action et met en doute sa capacité à empêcher le retour du Hezbollah dans certaines zones. Le soutien international devient donc à la fois une nécessité opérationnelle et un enjeu politique.

Washington maintient une négociation encore sans résultat décisif

La deuxième grande séquence de la journée se déroule à Washington. La représentante libanaise et l’ambassadeur israélien se sont rencontrés pendant environ deux heures au département d’État américain. Al Akhbar du 17 septembre 2026 indique que les discussions ont porté sur les modalités d’application de l’accord-cadre, la demande libanaise d’arrêt des opérations israéliennes et de retrait, ainsi que sur la possibilité d’étendre les zones expérimentales. Aucun compromis majeur n’a été annoncé. Le quotidien estime que la fonction immédiate de la rencontre est surtout de préserver le canal et de préparer la prochaine séance de négociation. Le désaccord principal concerne l’ordre des engagements. Beyrouth demande d’abord des mesures israéliennes visibles. Israël lie ses propres mouvements à des progrès sur les armes du Hezbollah et sur l’extension de l’autorité de l’État. Washington tente d’empêcher cette divergence de faire échouer le processus. Al Quds du 17 septembre 2026 confirme que la réunion s’est achevée sans communiqué conjoint ni annonce d’un nouvel accord. La négociation continue donc sans avoir encore produit le retrait général ou l’arrêt des opérations réclamés par Beyrouth.

Cette absence de résultat nourrit les critiques intérieures. Pourtant, Nawaf Salam continue de défendre le choix diplomatique. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte que le Premier ministre a reconnu devant les députés que les objectifs recherchés n’étaient pas encore atteints. Les attaques n’ont pas cessé, le retrait israélien n’est pas complet, des prisonniers restent détenus et des habitants ne peuvent pas encore regagner leurs villages. Il refuse néanmoins d’en conclure que la négociation doit être abandonnée. Pour Nawaf Salam, ceux qui proposent une autre voie doivent expliquer comment arrêter les attaques, obtenir le retour des prisonniers et permettre aux habitants de rentrer chez eux à un coût moindre pour le Liban. Al Akhbar du 17 septembre 2026 adopte une lecture beaucoup plus critique du même processus. Le journal considère que l’élargissement progressif des dossiers négociés risque d’accroître les engagements demandés au Liban sans garantir une contrepartie israélienne équivalente. Il relève que le processus ne porte plus uniquement sur un cessez-le-feu ou un retrait. Les armes, le déploiement de l’armée, les arrangements sécuritaires futurs et même la nature de la relation avec Israël apparaissent désormais dans le débat.

Les déclarations de Joseph Aoun donnent effectivement une portée plus large à la négociation. Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte que le président souhaite d’abord un accord sécuritaire permettant de mettre fin à l’état d’hostilité et de déployer l’armée sur la frontière. Un tel accord pourrait, selon lui, constituer ultérieurement une étape vers un accord de paix. Il précise cependant que le Liban ne peut pas passer directement à cette dernière phase et qu’il faut avancer étape par étape. Al Quds du 17 septembre 2026 reprend cette orientation. La négociation engagée pour stabiliser le Sud commence donc à toucher à une question plus vaste : la forme future des relations entre le Liban et Israël. Cette évolution ne signifie pas qu’un traité de paix soit imminent. Elle montre en revanche que la présidence envisage désormais un continuum allant de la sécurité à la fin de l’état d’hostilité, puis éventuellement à une autre forme de relation.

La fin de la Finul ouvre une bataille sur le dispositif qui lui succédera

L’échéance de décembre 2026 constitue le troisième élément majeur des unes et des pages politiques. Joseph Aoun affirme que le Liban ne veut pas de vide après la fin de la mission de la Finul. Il accepte le principe d’une autre présence internationale, à condition qu’elle dispose d’un cadre juridique respectant la souveraineté de l’État et qu’elle soutienne l’armée au lieu de la remplacer. Nahar du 17 septembre 2026 présente l’après-Finul comme l’un des dossiers centraux de la réunion de Paris. La France travaille déjà avec l’Italie sur plusieurs hypothèses. Fabien Mandon confirme au quotidien que des réflexions sont en cours, sans présenter de formule arrêtée. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 insiste également sur les incertitudes. Paris souhaite éviter un vide dans le Sud, tandis que l’opposition israélienne au maintien de la formule actuelle complique les discussions. Le journal rapporte que le Liban continue de défendre la résolution 1701 et considère la présence internationale comme un élément important de sa mise en œuvre.

Al Akhbar du 17 septembre 2026 apporte sur ce dossier les informations les plus détaillées. Le quotidien révèle l’existence d’un projet de mission européenne civile et militaire d’une durée de trois ans. Une note aurait été transmise au Premier ministre Nawaf Salam le 5 août par la délégation de l’Union européenne. Des équipes européennes se sont rendues au Liban en mai et en août pour examiner les besoins de l’armée et des Forces de sécurité intérieure. La mission envisagée porterait notamment sur la formation, la surveillance, le renseignement, la sécurité maritime, les frontières et la gestion des ports. Elle ne serait pas officiellement conçue comme le remplacement de la Finul. Son apparition au moment où la force internationale prépare son départ lui donne néanmoins une importance particulière. Al Akhbar rapporte parallèlement que des représentants européens ont mené des contacts discrets avec plusieurs acteurs libanais, dont le Hezbollah. Selon les sources du journal, le parti aurait fixé trois lignes : maintien d’une référence aux Nations unies et à la résolution 1701, attachement à l’accord du 27 novembre 2024 et refus de considérer l’accord-cadre plus récent comme la base du travail d’une nouvelle force internationale. La bataille de l’après-Finul porte donc autant sur le mandat juridique que sur la composition de la future présence.

Le Parlement expose les fractures sans renverser le gouvernement

La séance de mise en cause du gouvernement constitue l’autre grand événement intérieur du 17 septembre. Elle se termine par un nouveau vote de confiance en faveur du cabinet de Nawaf Salam. Nahar du 17 septembre 2026 rapporte que le gouvernement obtient 68 voix, contre 12 votes de défiance et deux abstentions. Al Bina’ du 17 septembre 2026 relève le rôle des voix du bloc Développement et Libération dans ce résultat. Le journal estime que le soutien des députés d’Amal a empêché la séance de se transformer en crise gouvernementale. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 insiste moins sur l’arithmétique que sur la violence des échanges. Le quotidien décrit une séance dominée par les affrontements entre députés du Hezbollah, Forces libanaises, Kataëb, élus issus de la contestation et représentants du Courant patriotique libre. Le président du Parlement Nabih Berri intervient à plusieurs reprises pour interrompre les altercations.

Le dossier des armes concentre l’essentiel de la confrontation. Les députés favorables à une application plus rapide du monopole de l’État demandent au gouvernement ce qui a effectivement été réalisé depuis ses décisions. Les députés du Hezbollah et leurs alliés mettent davantage l’accent sur les opérations israéliennes, le retrait inachevé et les résultats encore limités de la négociation. Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte les échanges particulièrement tendus entre Michel Moawad, Ziad Hawat, Waddah Sadek et plusieurs députés du Hezbollah. Les accusations de responsabilité dans l’arrivée de l’armée israélienne au Liban et les reproches de proximité avec Israël provoquent des cris et obligent Nabih Berri à intervenir. Le gouvernement survit donc largement au vote, mais la séance expose une fracture profonde sur la manière de définir la souveraineté. Pour certains députés, elle commence par le monopole des armes. Pour d’autres, elle ne peut être dissociée du retrait israélien et de la fin des opérations militaires.

Les critiques israéliennes contre l’armée compliquent la stratégie libanaise

Le débat prend une dimension supplémentaire avec les déclarations israéliennes sur l’armée. Al Akhbar du 17 septembre 2026 rapporte les propos du chef d’état-major Eyal Zamir, selon lesquels l’armée libanaise ne paraît pas prête ou capable de désarmer le Hezbollah. Ad Diyar du 17 septembre 2026 évoque, pour sa part, des informations faisant état de rapports israéliens transmis à Washington et critiquant l’action de l’institution militaire. Le quotidien mentionne également des pressions dans les milieux américains visant son commandement. Ces informations sont attribuées par Ad Diyar à ses sources et prennent une importance particulière au moment où Paris tente précisément de mobiliser un soutien international en faveur de l’armée.

Le différend apparaît notamment dans les zones expérimentales du Sud. Ad Diyar du 17 septembre 2026 consacre une attention particulière à Zawtar al-Gharbiyah, visitée par l’ambassadeur américain Michel Issa. Le journal présente la localité comme un laboratoire permettant de tester un modèle fondé sur la présence de l’armée, le retour des habitants et la reprise de la vie civile. Des objections israéliennes auraient cependant été formulées concernant le retour indirect de l’influence du Hezbollah. Le débat dépasse alors la seule question des armes. Il touche à la présence d’organisations sociales liées au parti et à celle d’habitants considérés comme proches de lui. Cette divergence peut devenir déterminante si le modèle des zones expérimentales est étendu. Joseph Aoun veut précisément passer à de nouvelles zones afin d’obtenir des retraits successifs et de permettre le retour des habitants. Si les critères israéliens s’élargissent au-delà de la présence militaire, chaque nouvelle étape risque de devenir une négociation en elle-même.

Ainsi, les principaux titres du 17 septembre 2026 décrivent moins une série d’événements séparés qu’une seule transformation en cours. Paris cherche à renforcer l’armée. Washington tente de maintenir la négociation avec Israël. Beyrouth prépare l’après-Finul. Joseph Aoun défend le monopole des armes tout en refusant un affrontement intérieur. Le Parlement renouvelle sa confiance au gouvernement sans réduire les fractures politiques. Israël continue de conditionner ses mouvements à des résultats concernant le Hezbollah. L’enjeu central de la journée est donc la construction progressive d’un nouveau système de sécurité au Liban-Sud, alors que les règles, le calendrier et les garanties de ce système restent encore profondément disputés.

Politique locale : le gouvernement sauve sa majorité, mais la bataille sur l’autorité de l’État fracture le Parlement

Une troisième confiance qui masque une majorité composite

Le gouvernement de Nawaf Salam est sorti de deux jours de débat parlementaire avec une nouvelle confiance, mais la séance du 16 septembre a surtout exposé la fragilité politique du consensus qui lui permet de gouverner. Nahar du 17 septembre 2026 rapporte que 68 députés ont accordé leur confiance au cabinet, contre 12 qui la lui ont retirée et deux abstentions. Le vote est intervenu après une demande de Gebran Bassil. Les députés du Hezbollah avaient quitté l’hémicycle avant le scrutin. La séance s’est ainsi achevée par une victoire numérique du gouvernement, sans faire disparaître les divergences apparues pendant les débats.

Al Bina’ du 17 septembre 2026 insiste sur le rôle joué par le bloc Développement et Libération de Nabih Berri. Le quotidien relève que les voix d’Amal ont permis au gouvernement d’atteindre les 68 suffrages. Il estime que, sans elles, le socle parlementaire sur lequel Nawaf Salam peut compter serait sensiblement plus réduit. Le journal présente donc Amal comme un acteur capable de soutenir le gouvernement tout en marquant ses réserves. Cette ambiguïté apparaît au moment du vote lorsque le député Kabalan Kabalan accorde sa confiance « avec regret ». Le geste résume une partie de la situation politique : le gouvernement reste nécessaire aux yeux de plusieurs forces qui critiquent pourtant son action.

Al Sharq du 17 septembre 2026 souligne également cette contradiction. Le journal rapporte que des députés ont sévèrement critiqué les résultats du gouvernement avant de lui renouveler leur confiance. La séance n’a donc pas opposé un bloc gouvernemental homogène à une opposition unifiée. Elle a plutôt fait apparaître plusieurs niveaux de soutien. Certains députés défendent Nawaf Salam et ses orientations. D’autres souhaitent maintenir son gouvernement tout en contestant ses décisions ou son rythme d’action. Une troisième catégorie lui retire explicitement sa confiance.

Le Courant patriotique libre s’est placé dans ce dernier camp. La demande de vote portée par Gebran Bassil a permis de mesurer le rapport de forces. Mais elle n’a pas entraîné la chute du cabinet. Le gouvernement dispose ainsi d’une majorité suffisante pour continuer, sans pouvoir considérer le résultat comme une approbation générale de son bilan.

Cette situation explique la tonalité de la réponse de Nawaf Salam. Nahar du 17 septembre 2026 rapporte que le Premier ministre a remercié les députés pour les critiques constructives et reconnu les attentes très élevées suscitées par la formation de son gouvernement. Il a admis que les difficultés du pays et la guerre avaient limité les résultats. Il a cependant refusé que la reconnaissance de ces obstacles devienne une justification permanente de l’inaction. Le gouvernement cherche ainsi à conserver une ligne intermédiaire : reconnaître les insuffisances tout en défendant la direction politique choisie.

Le débat sur les armes transforme la séance en affrontement

Le dossier du monopole des armes par l’État a largement dominé la confrontation politique. Il a provoqué les échanges les plus violents entre les députés du Hezbollah et ceux des Forces libanaises, des Kataëb et d’une partie des élus issus de la contestation. Nahar du 17 septembre 2026 décrit un niveau de tension particulièrement élevé lors de l’intervention de Michel Moawad. Les interruptions ont rapidement donné lieu à un échange entre le député et plusieurs représentants du Hezbollah, avant que Ziad Hawat et Waddah Sadek n’interviennent à leur tour.

Al Sharq du 17 septembre 2026 restitue plusieurs de ces échanges. Michel Moawad a défendu une ligne reposant sur la souveraineté, la paix et les réformes. Il a demandé que l’autorité de l’État soit étendue sans nouveau retard. Le député du Hezbollah Ihab Hamadeh a répondu en accusant ses adversaires de mensonge. Waddah Sadek lui a rétorqué que les accusations pouvaient être retournées contre le parti. Ziad Hawat a ensuite demandé aux députés du Hezbollah de cesser, selon ses termes, de chercher à intimider leurs adversaires. Les échanges se sont poursuivis jusqu’à l’intervention de Nabih Berri.

Le président du Parlement a plusieurs fois tenté de ramener les députés à l’ordre. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte son exaspération face aux insultes, aux attaques personnelles et aux affrontements. La séance, censée permettre une évaluation de l’action gouvernementale, s’est ainsi transformée à plusieurs reprises en confrontation directe sur les responsabilités dans la guerre et la présence israélienne au Liban.

Les députés favorables à une application plus rapide du monopole de l’État ont cherché à déplacer le débat des décisions vers leur exécution. Ghassan Hasbani, cité par Al Sharq du 17 septembre 2026, reconnaît que le gouvernement a pris des décisions importantes sur le monopole des armes. Il demande toutefois ce qui a réellement été accompli. Il évoque le contrôle des frontières et des passages, l’entrée et le stockage des armes ainsi que la réforme de la justice militaire. Son argument consiste à considérer que la souveraineté ne peut plus rester au stade des déclarations.

Antoine Habchi adopte une ligne proche. Il relie la réussite ou l’échec du gouvernement à l’application de ses décisions sur les armes. D’autres députés demandent un calendrier et des résultats mesurables. Michel Douaihy affirme soutenir le gouvernement lorsqu’il prend des décisions, mais vouloir le juger sur leur exécution.

Face à eux, plusieurs députés du Hezbollah et d’Amal replacent la question dans le contexte de la présence et des opérations israéliennes. Hani Kobeissi estime que les négociations n’ont pas produit les résultats attendus et appelle l’État à revoir son attitude. Kassem Hachem demande une politique nationale durable pour le Sud et s’interroge sur la signification de la souveraineté lorsque les opérations israéliennes se poursuivent.

La fracture porte ainsi moins sur le principe abstrait de l’État que sur l’ordre des priorités. Une partie du Parlement considère que le renforcement de l’État commence par le monopole des armes. Une autre estime qu’il est impossible de traiter ce dossier sans placer au même niveau le retrait israélien et la protection du Sud.

Nawaf Salam défend la diplomatie et refuse le retour aux guerres imposées

Le Premier ministre a consacré une partie importante de sa réponse à la stratégie suivie face à Israël. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte qu’il a défendu le choix de la diplomatie et de la négociation. Il a rejeté l’idée que l’accord-cadre aurait éloigné le Liban de ses références nationales et internationales. Il affirme au contraire que le processus prévoit un retrait israélien par étapes et l’extension de l’autorité exclusive de l’État.

Nawaf Salam reconnaît que les résultats restent incomplets. Les opérations israéliennes n’ont pas cessé. Le retrait n’est pas achevé. Des prisonniers sont toujours détenus et une partie des habitants du Sud ne peut pas regagner ses villages. Le Premier ministre refuse cependant que cette situation serve d’argument pour abandonner la négociation.

Son argument politique est direct. Le Liban a, selon lui, été entraîné à plusieurs reprises dans des guerres qu’il n’avait pas choisies, avant que l’État soit ensuite chargé d’en supporter les conséquences. Il demande à ceux qui rejettent la voie diplomatique de présenter une solution capable d’arrêter les opérations, de récupérer les prisonniers et de permettre le retour des habitants avec un coût inférieur pour le pays.

Cette position constitue l’un des marqueurs politiques du gouvernement. Nawaf Salam veut restaurer la décision de l’État en matière de guerre et de paix tout en privilégiant la négociation avec Israël. Il rejette à la fois le maintien d’une situation où des acteurs non étatiques déterminent seuls l’entrée en guerre et une confrontation intérieure destinée à régler immédiatement le dossier des armes.

Joseph Aoun défend une approche similaire. Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte que le président considère le renforcement de l’armée et des institutions de sécurité comme la condition de la restauration de la décision de l’État. Il affirme que le monopole des armes est une orientation arrêtée, mais insiste sur la nécessité d’éviter un affrontement avec le Hezbollah. Le dossier doit avancer par le dialogue.

Cette convergence entre Baabda et le Grand Sérail constitue l’un des éléments les plus importants de la politique locale. Le président et le Premier ministre partagent l’objectif d’un État disposant seul de la décision militaire. Ils cherchent cependant à le réaliser progressivement et sans conflit interne. Les critiques parlementaires portent précisément sur la vitesse et l’efficacité de cette méthode.

Électricité, administration et niveau de vie ramènent le gouvernement à son bilan intérieur

La violence du débat sur les armes n’a pas totalement effacé les dossiers quotidiens. Plusieurs députés ont rappelé au gouvernement que sa crédibilité se joue aussi sur l’électricité, les finances publiques, les services et le niveau de vie.

Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte l’intervention de Sajiih Attieh, qui critique la faible présence ministérielle pendant une partie de la séance et place l’électricité parmi les principaux critères permettant de juger le cabinet. Paula Yacoubian revient également sur la gestion du secteur et sur les soupçons liés au fioul. Elle demande si les intérêts installés autour du carburant et des générateurs continuent d’empêcher une solution durable.

Adib Abdel Massih réclame un plan de court terme permettant aux citoyens de constater rapidement une amélioration de l’alimentation électrique. Simon Abi Ramia élargit la responsabilité. Il refuse d’attribuer l’ensemble de l’effondrement au gouvernement actuel et estime que les institutions, le Parlement et les forces politiques partagent la responsabilité de la situation.

La question budgétaire apparaît également. Farid Boustany demande une programmation financière allant au-delà d’une seule année et une restructuration du secteur public. Alain Aoun insiste sur la nécessité d’attirer les investissements et de ne pas attendre uniquement des solutions venues de l’étranger.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 décrit un environnement économique toujours difficile, marqué par la dégradation des conditions de vie, la pauvreté, le coût de l’électricité et les inquiétudes sur le financement d’éventuelles hausses de salaires dans le secteur public. Le journal évoque les réserves d’experts face à une augmentation des dépenses financée par la création monétaire, mais aussi le risque social d’un financement par de nouveaux impôts.

La séance parlementaire montre donc que le gouvernement est soumis à deux formes de pression. La première concerne les décisions stratégiques sur les armes, Israël et la souveraineté. La seconde porte sur sa capacité à produire des résultats concrets dans la vie quotidienne.

Le Sud devient aussi un test de la relation entre l’État et les citoyens

Plusieurs interventions replacent la population du Sud au centre du débat. Le député Nasser Jaber, cité par Al Sharq du 17 septembre 2026, affirme que les habitants de Nabatiyeh n’ont pas besoin seulement de déclarations de solidarité, mais d’un gouvernement présent lorsqu’ils sont exposés au danger. Kassem Hachem demande une politique d’urgence et une stratégie durable permettant aux habitants de rester sur leurs terres.

Cette question dépasse la reconstruction matérielle. Elle touche à la capacité de l’État à protéger les populations, assurer les services et rendre possible une activité économique dans les zones touchées.

Les discussions sur les zones expérimentales illustrent cette évolution. Le retour des habitants doit accompagner le déploiement de l’armée. Les projets de reconstruction et de développement deviennent donc une composante de la politique sécuritaire. Le gouvernement devra démontrer que l’extension de l’autorité de l’État améliore réellement les conditions de vie.

La politique locale se retrouve ainsi directement liée au résultat des négociations extérieures. Un retrait israélien permettrait à l’armée de progresser et aux habitants de revenir. Une absence de résultat fragilise la stratégie de Nawaf Salam et donne davantage d’arguments aux forces qui considèrent la négociation insuffisante.

La relation avec la Syrie revient par les frontières et les accords bilatéraux

Un autre dossier intérieur apparaît plus discrètement dans les journaux du 17 septembre 2026 : la redéfinition des relations avec la Syrie. Al Sharq rapporte la rencontre entre l’ancien président Michel Sleiman et le chargé d’affaires syrien Iyad al-Hazzaa. Michel Sleiman appelle à développer les relations entre les deux pays dans le respect de leur souveraineté. Il demande notamment une coopération entre les institutions de sécurité afin d’empêcher le trafic d’armes et de munitions à travers la frontière.

Il réclame aussi le lancement du tracé de la frontière internationale et un réexamen des accords conclus entre Beyrouth et Damas lorsque ceux-ci ne garantissent pas un équilibre entre les intérêts des deux pays. Cette position intervient dans un contexte où la nouvelle direction syrienne cherche à reconstruire ses relations avec le Liban après les années de guerre.

Al Liwa’ du 17 septembre 2026 fait apparaître une autre dimension de cette normalisation à travers une rencontre syndicale libano-syrienne consacrée notamment aux transports. Les participants considèrent les liaisons entre les deux pays comme stratégiques et saluent les récents accords entre les gouvernements. Les questions de sécurité frontalière, de transport et de circulation économique commencent donc à former un nouveau programme bilatéral.

Ces développements restent moins présents que le débat sur les armes ou le vote de confiance. Ils montrent néanmoins que la politique locale ne se limite plus à la gestion de la crise interne. Le nouvel équilibre régional oblige également les autorités et les forces politiques libanaises à redéfinir la relation avec Damas, notamment sur les frontières et les compétences respectives des deux États.

Au terme de la séance parlementaire, Nawaf Salam conserve donc son gouvernement et une majorité numérique. Mais le vote ne résout aucune des grandes tensions apparues pendant les débats. Le cabinet doit simultanément démontrer l’efficacité de la négociation avec Israël, avancer sur le monopole des armes sans provoquer de confrontation, répondre aux besoins du Sud et améliorer des services publics qui restent au cœur du mécontentement. La confiance obtenue au Parlement lui donne du temps. Elle ne constitue pas un blanc-seing, comme l’ont montré les critiques venues jusque des rangs qui ont finalement choisi de le maintenir en fonction.

Citation et discours des personnalités politiques : souveraineté, négociation et armes au cœur des prises de parole

Joseph Aoun lie le retour de l’État au renforcement de l’armée

Les déclarations du président Joseph Aoun occupent une place centrale dans la presse du 17 septembre 2026. Elles dessinent une doctrine articulée autour de trois priorités : renforcer l’armée, restaurer le monopole de l’État sur les armes et poursuivre la négociation avec Israël sans provoquer de confrontation intérieure. Cette ligne est exposée à Paris, où le chef de l’État participe aux préparatifs de la conférence internationale consacrée à l’armée et aux Forces de sécurité intérieure.

Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte que Joseph Aoun considère l’armée, les Forces de sécurité intérieure et les autres services de sécurité comme « la seule garantie » pour protéger le pays, sa souveraineté et ses citoyens. Il présente le renforcement de leurs moyens humains et logistiques comme une priorité nationale. Son déplacement à Paris est directement lié à cet objectif. Le président veut obtenir un soutien international suffisamment durable pour permettre aux institutions de l’État d’assumer des responsabilités plus importantes.

Le propos dépasse la seule question des équipements. Joseph Aoun relie explicitement le renforcement de l’armée au monopole des armes. Selon Al Bina’ du 17 septembre 2026, il explique que sa participation à la réunion de Paris s’inscrit dans l’engagement de l’État à étendre son autorité et à concentrer les armes entre les mains de la légalité. Il associe ainsi la construction d’un État fort à la capacité de celui-ci de protéger ses citoyens et de contribuer à la stabilité régionale.

Al Akhbar du 17 septembre 2026 rapporte une formulation qui précise cette doctrine. Joseph Aoun affirme que « le principe de la restauration de l’État et de la restauration de la décision de guerre et de paix repose sur le renforcement des institutions de l’État », en particulier les institutions militaires et sécuritaires. Il ne veut pas d’une aide temporaire. Il demande un programme de longue durée.

Le président fixe toutefois une limite importante à l’application du monopole des armes. Il refuse que celui-ci conduise à un affrontement intérieur. Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte qu’il se dit déterminé à régler le dossier du Hezbollah « de manière pacifique ». Le pays ne doit pas être conduit vers la discorde ou la guerre civile. Le dialogue doit permettre d’appliquer une décision que la présidence considère comme déjà prise.

Cette distinction est politiquement essentielle. Joseph Aoun ne remet pas en cause l’objectif du monopole de l’État. Il refuse en revanche une méthode qui transformerait immédiatement l’armée en adversaire militaire du Hezbollah. Le renforcement de l’institution doit donc précéder ou accompagner une évolution négociée de l’équilibre intérieur.

Du retrait israélien à un accord sécuritaire

Joseph Aoun développe parallèlement sa vision des négociations avec Israël. Il ne les limite plus à l’application d’un cessez-le-feu. Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte que le président souhaite parvenir en premier lieu à un accord sécuritaire mettant fin à l’état d’hostilité et permettant le déploiement de l’armée sur la frontière.

Il ajoute qu’un tel accord pourrait constituer ultérieurement une étape vers un accord de paix. Il écarte cependant tout passage immédiat d’une situation de confrontation à une paix formelle. Sa formule est celle d’une progression « étape par étape ».

Ad Diyar du 17 septembre 2026 replace cette orientation dans une séquence plus concrète. Joseph Aoun veut d’abord le retrait israélien des zones concernées. L’armée doit ensuite s’y déployer. Les habitants doivent pouvoir regagner leurs localités et la question des détenus doit être réglée. La négociation est ainsi présentée comme un moyen d’obtenir des résultats territoriaux et humains avant toute évolution plus large de la relation avec Israël.

Le président défend également les zones expérimentales. Il souhaite que le mécanisme soit étendu à de nouveaux secteurs du Sud. Cette méthode doit permettre de progresser localement lorsque le règlement général reste bloqué. Un retrait israélien dans une zone déterminée serait suivi du déploiement de l’armée et du retour des habitants.

Sur l’après-Finul, Joseph Aoun adopte une position pragmatique. Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte qu’il refuse un vide après décembre 2026. Le Liban est ouvert à une autre force internationale, mais celle-ci doit disposer d’un cadre juridique. Pour le président, « le principe fondamental dans le cadre juridique est la souveraineté de l’État ». Il ajoute que la mission d’une telle force doit être d’aider l’armée et de renforcer l’État, non de se substituer à lui.

Ces différentes déclarations forment une même ligne. La présidence veut substituer progressivement l’État aux dispositifs militaires concurrents, mais elle entend obtenir parallèlement le retrait israélien, un soutien international à l’armée et une présence étrangère qui reste placée au service des institutions libanaises.

Nawaf Salam défend la négociation devant ses détracteurs

Le discours de Nawaf Salam devant le Parlement complète celui du président. Le Premier ministre se concentre davantage sur la justification du choix diplomatique face aux critiques des députés.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte que Nawaf Salam reconnaît les insuffisances des résultats obtenus. Les attaques israéliennes n’ont pas cessé. Le retrait n’est pas complet. Des détenus libanais restent en Israël et des habitants ne peuvent toujours pas revenir dans leurs villages. Le chef du gouvernement ne cherche donc pas à présenter la négociation comme une réussite achevée.

Il refuse cependant d’en conclure que le processus doit être abandonné. Il rappelle que le Liban a été entraîné « encore et encore dans des guerres que nous n’avons pas choisies », avant que l’État soit chargé d’en supporter les conséquences. Cette phrase constitue l’une de ses prises de position politiques les plus nettes. Elle vise directement la question de la décision de guerre et de paix.

Nawaf Salam demande alors aux opposants à sa stratégie de proposer une solution alternative. Selon Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026, il affirme que si quelqu’un dispose d’un autre moyen permettant d’arrêter les attaques, de récupérer les prisonniers et de ramener les habitants dans leurs villages à un coût inférieur pour le Liban, le gouvernement est prêt à le suivre.

Le Premier ministre défend également l’accord-cadre. Il affirme qu’il prévoit un retrait israélien par étapes et le rétablissement de la souveraineté exclusive de l’État libanais. Il rejette donc les accusations selon lesquelles le gouvernement aurait abandonné les références traditionnelles du Liban.

Son argument est autant institutionnel que diplomatique. L’État doit redevenir celui qui négocie, celui qui décide et celui qui porte la responsabilité des engagements. Nawaf Salam cherche ainsi à sortir d’une logique dans laquelle les décisions militaires prises en dehors des institutions produisent ensuite des conséquences que le gouvernement doit gérer.

Le Premier ministre reconnaît parallèlement le mécontentement intérieur. Al Joumhouriyat rapporte sa formule selon laquelle le citoyen qui réclame la présence de l’État a raison, tout comme celui qui se plaint de son absence. Il admet que les attentes envers son gouvernement étaient importantes et que la réalité, aggravée par la guerre, a limité ses capacités d’action.

Nabih Berri rappelle les limites de l’affrontement parlementaire

Nabih Berri apparaît moins à travers un grand discours que par ses interventions répétées pendant la séance parlementaire. Face à la multiplication des insultes et des accusations, le président de la Chambre tente de contenir une confrontation qui dépasse progressivement le débat sur l’action du gouvernement.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte son exclamation « ya aib al-choum », que l’on peut rendre en français par une condamnation sévère du spectacle donné par les députés. Elle intervient alors que les échanges entre représentants du Hezbollah et députés opposés au parti deviennent particulièrement agressifs.

Le rôle de Nabih Berri est également politique au moment du vote de confiance. Son bloc Développement et Libération vote en faveur du gouvernement, même si certains de ses membres affichent leurs réserves. Al Bina’ du 17 septembre 2026 souligne que les voix du bloc ont joué un rôle décisif dans le résultat de 68 voix.

Cette attitude permet à Nabih Berri de conserver une position intermédiaire. Son camp critique plusieurs orientations du gouvernement, notamment sur les négociations et le traitement du Sud, mais il ne souhaite pas provoquer une crise gouvernementale. La continuité institutionnelle est donc préservée malgré le désaccord politique.

Gebran Bassil transforme les critiques en vote de confiance

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, choisit pour sa part de traduire l’opposition politique en procédure parlementaire. À la fin de la séance, il demande que la confiance soit mise aux voix.

Nahar du 17 septembre 2026 rapporte que cette initiative conduit au résultat de 68 voix en faveur du gouvernement, 12 contre et deux abstentions. Le Courant patriotique libre se retrouve ainsi parmi les forces qui retirent leur confiance au cabinet.

La démarche de Gebran Bassil intervient après deux journées de critiques portant sur l’action gouvernementale, les négociations, les services publics et l’application des décisions. Elle permet de clarifier la position de son bloc. Le gouvernement reste en place, mais le Courant refuse de lui donner une nouvelle légitimité politique.

La stratégie présente aussi une limite arithmétique. Le vote montre que l’opposition au cabinet n’est pas assez large pour le renverser. Il révèle en revanche que sa majorité dépend d’acteurs qui ne partagent pas nécessairement toutes ses orientations.

Les députés du Hezbollah durcissent le ton sur la souveraineté et les négociations

Les interventions des députés du Hezbollah sont parmi les plus virulentes de la séance. Elles cherchent à retourner contre leurs adversaires l’accusation de responsabilité dans l’affaiblissement de la souveraineté.

Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte les échanges entre Ihab Hamadeh, Michel Moawad, Waddah Sadek et Ziad Hawat. Ihab Hamadeh accuse ses adversaires de mensonge et leur reproche leur discours sur les événements du Sud. Les réponses sont tout aussi violentes. Les députés opposés au Hezbollah accusent le parti d’avoir contribué à créer les conditions de l’intervention israélienne.

Hussein Hajj Hassan intervient également sur l’accord-cadre. Selon Al Sharq du 17 septembre 2026, il juge ses résultats nuls et critique le fait que les Libanais aient été invités à attendre ses effets. Le député conteste ainsi la principale défense du gouvernement : l’idée que la négociation doit être jugée dans la durée.

Cette ligne rejoint celle d’autres élus proches du parti. Hani Kobeissi estime que les négociations n’ont pas fonctionné et demande une position différente de l’État. Kassem Hachem insiste sur les attaques israéliennes et demande comment parler de souveraineté lorsque celles-ci continuent.

Le discours du Hezbollah et de ses alliés ne se limite donc pas à défendre les armes du parti. Il cherche à imposer une autre hiérarchie : avant de juger le rapport entre l’État et la résistance, il faut mesurer la capacité de l’État à mettre fin à l’occupation et aux opérations israéliennes.

Les opposants au Hezbollah réclament désormais des résultats mesurables

Face à ce discours, plusieurs députés mettent l’accent sur l’application des décisions déjà prises.

Ghassan Hasbani, cité par Al Sharq du 17 septembre 2026, estime que le gouvernement a pris des décisions historiques sur le monopole des armes. Il refuse cependant que l’annonce soit considérée comme suffisante. Il demande ce qui a été accompli sur le contrôle des frontières, les passages, l’entrée des armes et leur stockage.

Antoine Habchi relie également le jugement porté sur le gouvernement à l’exécution de ses décisions. Michel Moawad défend une ligne fondée sur la souveraineté, la paix et les réformes. Michel Douaihy affirme soutenir le gouvernement lorsqu’il décide, mais vouloir le juger lorsqu’il n’exécute pas.

Ces interventions montrent un déplacement du débat. La question n’est plus seulement de savoir si le gouvernement affirme le principe du monopole des armes. Il l’a fait. Ses soutiens les plus exigeants veulent désormais connaître le calendrier et les résultats.

C’est précisément là que les discours de Joseph Aoun et de Nawaf Salam rencontrent leur principale difficulté politique. Tous deux affirment que la direction est fixée. Tous deux refusent aussi une confrontation intérieure. Ils doivent donc démontrer qu’une méthode graduelle peut produire des changements concrets.

Les prises de parole du 17 septembre 2026 dessinent ainsi trois discours concurrents. La présidence et le gouvernement défendent une restauration progressive de l’autorité de l’État par l’armée, la diplomatie et le dialogue. Le Hezbollah et ses alliés placent le retrait israélien et la fin des attaques au premier rang des conditions de souveraineté. Les adversaires du parti réclament, eux, une application plus rapide et mesurable du monopole des armes. Le débat politique libanais se structure désormais autour de ces trois lectures, avec l’armée, les négociations et le calendrier de mise en œuvre comme principaux points de confrontation.

Diplomatie : Paris, Washington et les capitales arabes redessinent les marges de manœuvre du Liban

Paris transforme le soutien à l’armée en dossier diplomatique international

La diplomatie libanaise se concentre le 17 septembre 2026 sur Paris, où Joseph Aoun participe à la réunion préparatoire consacrée au soutien à l’armée et aux Forces de sécurité intérieure. Derrière son objet militaire, la rencontre rassemble plusieurs dossiers diplomatiques : l’avenir du Liban-Sud, la fin de la mission de la Finul, les négociations avec Israël, le monopole des armes et la capacité de l’État à reprendre progressivement le contrôle de son territoire.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte que la France réunit autour de la table un ensemble important de partenaires du Liban. Des représentants de l’Allemagne, de l’Italie, du Royaume-Uni et de l’Irlande sont annoncés, ainsi qu’une délégation de l’Union européenne. Le volet arabe comprend notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Koweït, les Émirats arabes unis et le Qatar. Les États-Unis participent également à la réunion, aux côtés d’autres partenaires internationaux. Les Nations unies sont représentées alors que l’avenir de leur présence au Liban-Sud constitue précisément l’un des sujets de discussion.

La France veut d’abord établir les besoins de l’armée. Nahar du 17 septembre 2026 souligne que la réunion n’est pas encore une conférence de donateurs. Le chef d’état-major des armées françaises, Fabien Mandon, explique qu’il s’agit d’identifier les capacités nécessaires dans un environnement profondément modifié. La fin annoncée de la Finul oblige à réfléchir dès maintenant à la répartition des responsabilités dans le Sud.

Cette approche donne à Paris une fonction diplomatique particulière. La France ne se contente pas de rechercher des financements. Elle tente de réunir des pays qui n’ont pas nécessairement la même lecture de la situation libanaise. Les États-Unis mettent fortement l’accent sur les armes du Hezbollah. Les pays européens cherchent à éviter un vide au Sud. Les États arabes veulent consolider l’État libanais. Beyrouth demande que le renforcement de l’armée accompagne des mesures israéliennes concrètes.

Joseph Aoun inscrit sa présence dans cette logique. Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte qu’il remercie la France pour son soutien aux institutions constitutionnelles, militaires et sécuritaires. Il affirme que la relation historique entre les deux pays acquiert une importance particulière dans la période actuelle. Le président ne demande cependant pas une aide limitée à l’urgence. Il veut un programme durable permettant à l’armée et aux services de sécurité d’assumer progressivement davantage de responsabilités.

La réunion devient ainsi un test diplomatique. Le Liban cherche à transformer un large soutien politique à son armée en engagements concrets, tout en évitant que l’aide soit soumise à des conditions impossibles à satisfaire immédiatement.

Joseph Aoun et Emmanuel Macron face à l’après-Finul

L’avenir de la présence internationale au Liban-Sud constitue l’un des dossiers les plus sensibles des échanges franco-libanais. Joseph Aoun affirme que Beyrouth ne veut pas d’un vide après la fin de la Finul en décembre 2026. Il se dit ouvert à une autre force, à condition qu’elle dispose d’un cadre juridique et qu’elle respecte la souveraineté libanaise.

Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte que le président doit discuter avec Emmanuel Macron de la situation générale au Liban, mais surtout du Sud, des opérations israéliennes, de la période suivant la Finul et du processus de négociation. La rencontre franco-libanaise ne peut donc être séparée de la recherche d’une nouvelle architecture de sécurité.

Nahar du 17 septembre 2026 apporte un élément supplémentaire. Fabien Mandon confirme que la France travaille avec l’Italie sur plusieurs pistes pour l’après-Finul. Il ne présente pas de solution définitive et insiste sur la nécessité d’associer les parties concernées.

Paris tente ainsi de préserver un rôle européen dans le Sud tout en reconnaissant que la formule actuelle arrive à son terme. Cette position rencontre les préoccupations libanaises. Pour Beyrouth, la disparition de toute présence internationale laisserait l’armée face à une charge considérablement accrue alors que le retrait israélien reste incomplet.

Al Akhbar du 17 septembre 2026 révèle parallèlement l’existence d’une proposition de mission européenne civile et militaire de trois ans. Le projet vise notamment à renforcer l’armée, les Forces de sécurité intérieure, la surveillance, le renseignement, les frontières et les ports. La proposition ne constitue pas formellement un remplacement de la Finul. Elle montre cependant que les Européens préparent déjà une présence adaptée à la nouvelle phase.

La diplomatie française se trouve donc à la jonction de plusieurs scénarios. Elle défend le maintien d’un accompagnement international. Elle travaille avec Rome. Elle soutient une montée en puissance de l’armée. Elle participe également à la réflexion européenne sur le renforcement des institutions libanaises.

L’axe avec Amman se consolide autour de l’armée

La présence du roi Abdallah II à Paris donne à la réunion une dimension arabe particulière. L’implication jordanienne ne commence pas avec la rencontre du 17 septembre. Le soutien à l’armée s’inscrit dans le « processus d’Aqaba », lancé en Jordanie plusieurs années auparavant.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte que Joseph Aoun rencontre le souverain jordanien dès son arrivée à Paris. Le président libanais le remercie pour le soutien fourni par Amman à l’armée et pour ses efforts en faveur de la réunion internationale.

Al Bina’ du 17 septembre 2026 souligne également la dimension bilatérale de l’entretien. Les deux dirigeants examinent les relations libano-jordaniennes après la signature de 21 accords et protocoles d’entente lors de la réunion de la haute commission mixte en janvier 2026. Joseph Aoun demande que ces accords soient effectivement appliqués.

Le dialogue avec Amman ne se limite donc pas au volet militaire. Il englobe la coopération entre les deux États. Mais la sécurité constitue désormais le moteur de la relation. La Jordanie dispose d’une expérience militaire et sécuritaire importante et entretient des relations étroites avec plusieurs partenaires occidentaux et arabes engagés dans le soutien au Liban.

La présence simultanée de Joseph Aoun, Emmanuel Macron et Abdallah II permet ainsi de relier les dimensions européenne et arabe du soutien à l’État libanais.

Washington reste indispensable, mais les divergences persistent

La diplomatie américaine occupe une place tout aussi centrale. Washington est à la fois partenaire de l’armée, médiateur entre le Liban et Israël et acteur majeur de la réflexion sur le futur dispositif du Sud.

La rencontre entre la représentante libanaise et l’ambassadeur israélien à Washington montre l’importance de ce canal. Al Akhbar du 17 septembre 2026 rapporte que les discussions portent sur l’application de l’accord-cadre, le retrait israélien, l’arrêt des opérations et l’extension des zones expérimentales. Aucun résultat décisif n’est annoncé.

La difficulté diplomatique réside dans l’ordre des mesures. Beyrouth veut obtenir des gestes israéliens. Israël exige davantage de résultats sur les armes du Hezbollah. Les États-Unis cherchent à maintenir les négociations malgré ce désaccord.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 décrit parallèlement une divergence entre Washington et Paris sur le soutien à l’armée. Les Américains demanderaient des avancées concrètes dans le dossier du monopole des armes avant de débloquer certaines aides. Le journal évoque notamment une enveloppe de 150 millions de dollars. Paris défend une approche plus simultanée : renforcer l’armée tout en exigeant des progrès sur le terrain.

Cette différence est importante pour la diplomatie libanaise. Beyrouth doit convaincre Washington que le manque de capacités constitue lui-même un obstacle à l’application des décisions de l’État. Les autorités libanaises cherchent donc à éviter une équation dans laquelle l’aide ne serait versée qu’après l’accomplissement de missions nécessitant précisément cette aide.

Le rôle de l’ambassadeur américain Michel Issa s’inscrit dans cette séquence. Ad Diyar du 17 septembre 2026 décrit un diplomate très actif, qui se rend directement dans le Sud et suit les zones expérimentales. Ses déplacements doivent permettre à Washington de disposer d’une lecture directe des progrès et des obstacles.

Le Liban cherche à préserver son lien avec Riyad dans un contexte régional tendu

L’Arabie saoudite occupe également une place importante dans la diplomatie libanaise de la journée. Sa participation au processus de Paris intervient au moment où la tentative d’attaque contre La Mecque provoque une large vague de condamnations.

Les principales autorités libanaises réagissent rapidement. Al Sharq Al Awsat du 17 septembre 2026 rapporte que Nawaf Salam condamne la tentative d’attaque et affirme la solidarité totale du Liban avec le royaume, sa direction et sa population. Le ministère des Affaires étrangères adopte une position similaire.

Joseph Aoun condamne également la tentative. Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte qu’il considère l’attaque contre les lieux saints comme une atteinte dépassant la seule souveraineté saoudienne et touchant un lieu central pour les musulmans. Il appelle à une position arabe et islamique commune.

Cette convergence institutionnelle est diplomatiquement significative. Le Liban cherche depuis plusieurs années à restaurer des relations plus stables avec les pays du Golfe et notamment avec Riyad. Le soutien saoudien à l’armée, à la reconstruction et à l’économie libanaise reste potentiellement important.

Al Liwa’ du 17 septembre 2026 apporte un autre élément concernant cette relation. Le quotidien présente la récente visite de Michel Issa au vice-président du Conseil supérieur islamique chiite, Ali al-Khatib, comme une démarche américaine s’inspirant d’une initiative précédemment menée par l’ambassadeur saoudien Walid Bukhari. Le journal voit dans ces contacts une tentative de maintenir un dialogue avec l’environnement chiite libanais dans une période dominée par la question des armes.

Cette lecture souligne un aspect plus discret de la diplomatie régionale. Riyad et Washington ne s’intéressent pas uniquement aux institutions officielles. Ils cherchent également à maintenir des canaux avec des composantes sociales et religieuses susceptibles de jouer un rôle dans la stabilisation intérieure.

Beyrouth et Damas cherchent les bases d’une relation plus équilibrée

La relation avec la Syrie apparaît moins spectaculaire, mais elle constitue un autre chantier diplomatique. Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte la rencontre de l’ancien président Michel Sleiman avec le chargé d’affaires syrien Iyad al-Hazzaa.

Michel Sleiman demande que les relations entre les deux pays soient développées sur la base de l’intérêt mutuel et du respect de la souveraineté. Il insiste sur la coordination entre les institutions de sécurité afin d’empêcher le trafic d’armes et de munitions à travers la frontière. Il appelle aussi à commencer la délimitation de la frontière internationale.

La question des anciens accords bilatéraux revient également. Michel Sleiman estime nécessaire de réexaminer les textes conclus dans le passé afin de préserver un équilibre entre les intérêts des deux États.

Cette prise de position intervient alors que la nouvelle direction syrienne tente de reconstruire ses relations avec le Liban. Les années de guerre ont profondément modifié le rapport entre Beyrouth et Damas. Les questions frontalières, les trafics, les détenus, les déplacements de population et les accords économiques constituent désormais autant de dossiers à traiter dans un cadre interétatique plus classique.

La frontière devient particulièrement importante alors que le Liban s’engage dans le débat sur le monopole des armes. Contrôler les flux d’armes suppose également de renforcer la coopération avec Damas.

La diplomatie libanaise tente de convertir le contexte régional en soutien à l’État

La multiplication des canaux diplomatiques révèle finalement une même priorité. Beyrouth cherche à replacer l’État au centre de ses relations extérieures.

Avec Paris, il s’agit de renforcer l’armée et de préparer l’après-Finul. Avec Amman, de consolider le soutien arabe aux institutions. Avec Washington, d’obtenir des avancées dans les négociations avec Israël tout en préservant l’aide militaire. Avec Riyad, de consolider une relation redevenue stratégique. Avec Damas, de reconstruire un rapport fondé sur les frontières, la sécurité et les intérêts bilatéraux.

Cette diplomatie reste néanmoins soumise au rapport de force régional. La guerre avec l’Iran, les tensions dans les détroits, la crise au Yémen et les opérations israéliennes au Liban réduisent la marge de manœuvre de Beyrouth.

Le choix de Joseph Aoun et de Nawaf Salam consiste précisément à multiplier les soutiens afin de ne pas laisser le Liban dépendre d’un seul canal. Paris apporte une couverture européenne. Washington détient une partie des leviers sur Israël. Les États arabes peuvent fournir une aide politique, financière et militaire. Les Nations unies restent importantes pour la légitimité internationale du dispositif au Sud.

La diplomatie libanaise du 17 septembre 2026 apparaît ainsi moins comme une succession de rencontres protocolaires que comme la recherche d’une nouvelle architecture extérieure. Son objectif est de faire converger les partenaires internationaux autour d’un principe : renforcer l’État et son armée tout en obtenant les mesures israéliennes nécessaires pour que cette montée en puissance puisse réellement se traduire sur le terrain.

Politique internationale : guerre contre l’Iran, bataille des détroits et extension du conflit vers la mer Rouge

Washington cherche une issue alors que la guerre entre dans son septième mois

La guerre contre l’Iran et son extension aux grandes voies maritimes dominent largement la politique internationale dans les journaux du 17 septembre 2026. Le conflit ne se limite plus aux frappes entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Il touche désormais le détroit d’Ormuz, le Yémen, Bab el-Mandeb, l’Arabie saoudite et les chaînes mondiales d’approvisionnement. Plusieurs publications décrivent ainsi une guerre qui change de nature. Les opérations militaires restent intenses, mais la diplomatie cherche simultanément une formule permettant d’éviter une extension supplémentaire.

Al Sharq Al Awsat du 17 septembre 2026 rapporte les déclarations du vice-président américain J. D. Vance, qui annonce une « phase complètement différente » du conflit dans un délai de deux mois. Il ne précise pas ce que cette formule signifie sur le plan militaire ou diplomatique. Il confirme toutefois les propos précédemment tenus par Donald Trump, selon lesquels la guerre devrait connaître un changement majeur après les élections de renouvellement du Congrès prévues en novembre.

Cette temporalité américaine retient l’attention. La Maison-Blanche laisse entendre qu’une modification de la stratégie est envisagée, sans indiquer s’il s’agira d’une réduction des opérations, d’une nouvelle phase militaire ou d’un retour plus marqué à la négociation. J. D. Vance rappelle que Donald Trump, en sa qualité de commandant en chef, décide du moment où les conflits commencent et prennent fin. Il reconnaît également une certaine impatience de la population américaine face à la durée de la guerre.

Al Liwa’ du 17 septembre 2026 reprend cette déclaration et souligne que le vice-président refuse lui aussi de définir précisément la nouvelle phase. Cette absence de détails entretient plusieurs lectures. Washington peut chercher à préparer l’opinion à un changement de stratégie. Il peut également utiliser cette échéance comme moyen de pression sur Téhéran.

La guerre produit parallèlement un débat intérieur américain. Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte que la Chambre des représentants a adopté un texte relatif aux pouvoirs de guerre visant à mettre fin aux attaques américaines contre l’Iran et demandant le retrait des forces militaires américaines de la région. Le texte a obtenu 220 voix favorables contre 204, avec le soutien de sept élus républicains.

Cette décision révèle une contestation politique qui dépasse l’opposition traditionnelle entre les deux partis. La présence de républicains parmi les soutiens du texte montre qu’une partie du camp présidentiel s’interroge également sur la durée et l’étendue de l’engagement militaire.

Le conflit iranien est donc confronté à deux calendriers. Le premier est militaire et dépend de la situation sur le terrain. Le second est politique et conduit directement aux élections américaines de novembre.

Le détroit d’Ormuz devient la priorité de Pékin

La Chine cherche de son côté à replacer la diplomatie au centre du dossier. Son principal objectif immédiat est la réouverture du détroit d’Ormuz et la protection des flux énergétiques.

Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte la rencontre à Pékin entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue iranien Abbas Araghchi. Le responsable chinois appelle Téhéran et Washington à faire preuve de retenue et à revenir au mémorandum d’Islamabad. Il demande aux parties de reprendre des consultations substantielles sur cette base.

Wang Yi appelle également à prendre rapidement des mesures permettant de rouvrir le détroit d’Ormuz. La Chine relie directement cette demande à la stabilité du transport de l’énergie et des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Al Sharq Al Awsat du 17 septembre 2026 insiste sur cette dimension. Pékin ne veut pas voir la crise régionale s’étendre davantage vers le Yémen et la mer Rouge. La diplomatie chinoise considère que la situation révèle les insuffisances de l’architecture de sécurité actuelle au Moyen-Orient et demande son renforcement.

La position de Pékin repose sur un intérêt économique évident. Ormuz constitue un passage majeur pour les exportations énergétiques. Toute perturbation durable augmente les coûts du transport, exerce une pression sur les prix et menace les approvisionnements des grandes économies importatrices.

Mais la Chine cherche également à conserver une position diplomatique spécifique. Elle maintient des relations avec Téhéran tout en appelant l’Iran à contribuer à la réouverture du détroit. Wang Yi réaffirme la stabilité de la politique chinoise envers l’Iran, mais insiste sur la nécessité de revenir à une voie négociée.

Abbas Araghchi répond que l’Iran reste prêt à défendre sa souveraineté et son territoire, tout en accueillant favorablement les solutions diplomatiques garantissant les droits de la nation iranienne. Le message iranien combine donc fermeté militaire et disponibilité conditionnelle pour la négociation.

La rencontre intervient avant un rendez-vous annoncé entre Xi Jinping et Donald Trump à Washington. Ce calendrier renforce la possibilité que Pékin tente de transformer son dialogue avec Téhéran en levier dans ses discussions avec les États-Unis.

Les stocks américains deviennent eux-mêmes un sujet stratégique

Al Bina’ du 17 septembre 2026 consacre une place importante à un autre effet de la guerre : la pression exercée sur les stocks américains de munitions. Le journal rapporte les conclusions d’un rapport de l’inspecteur général du département américain de la Défense faisant état d’une pénurie stratégique et de difficultés industrielles pour remplacer rapidement les munitions utilisées.

Le document cité évoque notamment des problèmes concernant les moteurs à combustible solide, les explosifs, les matières propulsives et la main-d’œuvre industrielle spécialisée. Le coût des munitions engagées est également présenté comme très élevé.

Le débat porte particulièrement sur les missiles d’interception et de frappe utilisés pendant le conflit. Al Bina’ cite les systèmes Thaad, Patriot et Tomahawk parmi les équipements soumis à une forte consommation.

Cette situation ouvre une interrogation stratégique plus large. Les États-Unis doivent simultanément soutenir plusieurs théâtres. Le conflit iranien s’ajoute aux engagements liés à l’Ukraine et à la présence américaine dans la région indo-pacifique. Une consommation très importante de missiles au Moyen-Orient peut donc avoir des conséquences sur la planification militaire dans d’autres régions.

Al Bina’ souligne précisément les inquiétudes concernant une éventuelle confrontation avec la Chine. Le problème n’est pas seulement financier. Augmenter un budget ne permet pas immédiatement d’accroître la production lorsque les capacités industrielles, les chaînes d’approvisionnement et les compétences spécialisées sont limitées.

La guerre contre l’Iran commence ainsi à produire un débat sur la soutenabilité de l’effort militaire américain. Cette question peut aussi expliquer la multiplication des signaux concernant une « nouvelle phase » du conflit.

Le Yémen transforme la guerre des détroits

Le deuxième grand théâtre régional est désormais le Yémen. La bataille pour Bab el-Mandeb relie directement le conflit iranien à la mer Rouge et à l’Arabie saoudite.

Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte que l’Arabie saoudite accuse les Houthis d’avoir tenté de viser La Mecque avec un drone. Les défenses aériennes saoudiennes affirment avoir intercepté et détruit l’appareil avant son entrée dans l’espace aérien interdit entourant la ville. Le porte-parole de la coalition, Turki al-Maliki, présente cette tentative comme la deuxième attaque visant La Mecque après celle de juillet 2017.

Les Houthis contestent cette version. Al Quds rapporte que Mohammed al-Farah, membre de leur bureau politique, qualifie l’accusation de mensonge et nie tout ciblage de La Mecque.

Dans le même temps, les Houthis revendiquent d’autres opérations contre l’Arabie saoudite. Leur porte-parole militaire Yahya Saree annonce des frappes contre les installations d’Aramco à Yanbu et contre la base aérienne de Khamis Mushait. Le mouvement affirme avoir utilisé des missiles balistiques et des drones et présente ces opérations comme une réponse à l’intensification des frappes saoudiennes au Yémen.

La confrontation s’étend également sur le terrain yéménite. Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte des opérations des forces gouvernementales dans plusieurs secteurs de Taëz, avec des attaques contre des positions attribuées aux Houthis. Les combats autour du littoral et des voies conduisant vers Bab el-Mandeb prennent une importance particulière.

Al Bina’ du 17 septembre 2026 présente cette bataille comme directement liée à la guerre contre l’Iran. Selon l’analyse du quotidien, le contrôle de Bab el-Mandeb détermine la valeur stratégique des routes alternatives lorsque la navigation à Ormuz est perturbée. Si les ports de la mer Rouge et le terminal de Yanbu doivent servir d’alternative aux voies du Golfe, la capacité des Houthis à menacer Bab el-Mandeb réduit fortement l’efficacité de cette solution.

Le Yémen devient donc une pièce essentielle de la guerre des détroits.

L’Arabie saoudite mobilise une large solidarité régionale

La tentative présumée contre La Mecque provoque une vague de condamnations. Al Sharq Al Awsat du 17 septembre 2026 recense les réactions de nombreux États arabes et musulmans, parmi lesquels la Jordanie, le Qatar, le Koweït, l’Égypte, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Yémen et le Pakistan. Le Conseil de coopération du Golfe, l’Organisation de la coopération islamique et la Ligue arabe condamnent également l’attaque.

Le dossier dépasse rapidement la seule sécurité saoudienne. La symbolique de La Mecque donne à l’incident une dimension religieuse et diplomatique particulière.

Al Sharq Al Awsat consacre également une analyse juridique au ciblage des lieux de culte. Le journal rappelle les protections accordées aux bâtiments religieux par le droit international humanitaire lorsqu’ils ne constituent pas des objectifs militaires. Les experts cités considèrent qu’une attaque délibérée contre un lieu religieux protégé peut constituer une violation grave et, selon les circonstances, un crime de guerre.

Le Conseil de sécurité examine parallèlement l’escalade au Yémen et dans Bab el-Mandeb. Al Sharq Al Awsat du 17 septembre 2026 rapporte que le gouvernement yéménite présente la situation comme une menace dépassant désormais le cadre intérieur. La liberté de navigation, les approvisionnements énergétiques et le commerce mondial sont directement concernés.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et d’autres pays mettent l’accent sur les attaques contre la navigation et les infrastructures. La question du soutien iranien aux Houthis revient également dans les interventions.

La bataille de Bab el-Mandeb devient ainsi un problème international de sécurité maritime.

Israël et l’Arabie saoudite se retrouvent indirectement face au même adversaire

La montée en puissance des Houthis produit aussi des rapprochements indirects inattendus. Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte, en citant la chaîne israélienne Kan, qu’Israël aurait commencé à transmettre aux Saoudiens, par l’intermédiaire des États-Unis, des renseignements concernant les Houthis.

Cette coopération resterait indirecte et passerait par Washington. Elle serait liée à l’expérience acquise par Israël dans ses affrontements avec le mouvement yéménite depuis octobre 2023.

Le même journal rapporte l’inquiétude du port israélien d’Eilat. La domination des Houthis sur Bab el-Mandeb menace directement son activité. Les responsables du port craignent une fermeture complète si la situation persiste.

La convergence d’intérêts est donc claire. Riyad veut protéger ses villes, ses installations énergétiques et ses voies maritimes. Israël veut préserver l’accès à Eilat et la navigation en mer Rouge. Washington veut maintenir la liberté de circulation dans l’un des principaux corridors commerciaux mondiaux.

Cette convergence ne signifie pas l’apparition d’une alliance officielle sur le dossier. Elle montre néanmoins comment l’extension de la guerre iranienne modifie les calculs régionaux.

Le Soudan reste prisonnier d’une guerre alimentée de l’extérieur

La crise soudanaise constitue un autre dossier international important, même si elle reste en retrait face à l’Iran et au Yémen. Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte les déclarations du secrétaire général des Nations unies António Guterres, qui appelle à demander des comptes aux États fournissant des armes aux deux camps.

Guterres décrit la situation humanitaire comme insupportable. La guerre commencée en avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide a provoqué le déplacement de plus de 14 millions de personnes.

Le secrétaire général insiste sur la responsabilité des acteurs extérieurs. Les armes, les technologies militaires, les combattants et les réseaux logistiques fournis depuis l’étranger contribuent à prolonger le conflit. Une mission d’établissement des faits des Nations unies souligne notamment que ces moyens permettent aux belligérants de frapper des zones civiles éloignées à l’aide de drones.

Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte parallèlement une catastrophe dans l’ouest du Kordofan. L’effondrement d’une mine d’or près de Nahud a fait au moins 82 morts selon une administration locale liée aux Forces de soutien rapide. Les opérations de secours sont compliquées par l’absence d’équipements lourds et par la nature du terrain.

La catastrophe minière illustre indirectement les effets d’un conflit qui affaiblit les institutions et les capacités de secours. Elle intervient dans une région contrôlée par l’un des deux camps et où les structures publiques sont profondément fragmentées.

La politique internationale du 17 septembre 2026 est ainsi dominée par une même dynamique d’extension. La guerre contre l’Iran atteint les détroits. La bataille d’Ormuz pousse la Chine à intervenir diplomatiquement. Le conflit se prolonge vers Bab el-Mandeb et transforme le Yémen en théâtre stratégique majeur. L’Arabie saoudite fait face à de nouvelles attaques, tandis que les États-Unis commencent à mesurer le coût militaire et politique de leur engagement. Au Soudan, l’ONU rappelle qu’une autre guerre régionale continue, elle aussi, d’être alimentée par des interventions extérieures.

Économie : la hausse des taux américains ravive les risques pour le Liban, tandis que l’énergie et les finances publiques restent sous tension

La Réserve fédérale resserre sa politique face à une inflation persistante

La décision de la Réserve fédérale américaine de relever ses taux d’intérêt pour la première fois depuis 2023 constitue le principal événement économique international traité par les journaux du 17 septembre 2026. Son importance pour le Liban tient notamment au poids du dollar dans l’économie, alors que le pays poursuit sa restructuration financière et cherche à restaurer les conditions nécessaires au retour des investissements. Plusieurs publications mettent cependant d’abord l’accent sur les raisons américaines de la décision : la persistance de l’inflation et la hausse des prix de l’énergie dans un environnement géopolitique instable.

Al Bina’ du 17 septembre 2026 rapporte que le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale a décidé à l’unanimité d’augmenter son taux directeur d’un quart de point. La fourchette cible passe ainsi à 3,75 % – 4 %. Il s’agit de la première hausse depuis 2023. L’institution justifie son choix par la nécessité de ramener plus rapidement l’inflation vers son objectif de 2 %. Elle souligne également que l’incertitude reste élevée, en partie en raison des développements géopolitiques.

Al Liwa’ du 17 septembre 2026 relève que la décision intervient après cinq réunions sans modification des taux. Le quotidien souligne que les marchés avaient largement anticipé cette hausse. Le changement n’en est pas moins politiquement sensible, car Donald Trump demande au contraire une diminution rapide du coût du crédit.

Al Sharq Al Awsat du 17 septembre 2026 présente cette décision comme le premier véritable test de la relation entre le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, et Donald Trump. Le président américain défend une politique de taux beaucoup plus bas. Il affirme qu’ils devraient être ramenés à 1 %, voire en dessous. La banque centrale privilégie au contraire la stabilité des prix.

Kevin Warsh explique que les données de l’été ne montrent pas d’amélioration suffisante des tendances fondamentales de l’inflation. La hausse des coûts énergétiques, liée aux tensions régionales et à la guerre contre l’Iran, pèse sur les prix. La banque centrale se trouve ainsi face à un dilemme classique : soutenir l’activité par des taux moins élevés ou maintenir une politique restrictive afin d’empêcher l’inflation de s’installer.

Le conflit politique entre la Maison-Blanche et la banque centrale américaine est observé au-delà des États-Unis. Une politique monétaire plus restrictive soutient généralement le rendement des actifs libellés en dollars et renchérit le financement international. Pour un pays comme le Liban, qui cherche à sortir d’une crise financière prolongée et à restaurer son accès aux capitaux, l’environnement extérieur devient donc moins favorable.

Le Liban cherche encore les conditions d’un véritable redémarrage

La situation libanaise apparaît beaucoup plus fragmentée dans les journaux. Aucun indicateur unique ne domine la journée. Les publications mettent plutôt en évidence plusieurs obstacles persistants : coût de l’énergie, faiblesse des services publics, incertitudes budgétaires, pouvoir d’achat et difficulté à attirer les investissements.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 dresse un tableau particulièrement critique. Le journal évoque une forte dégradation économique et une baisse de la qualité de vie. Il insiste sur la pauvreté et sur l’incapacité persistante des pouvoirs publics à apporter des solutions rapides aux crises quotidiennes.

Le secteur de l’électricité reste l’un des principaux symboles de cette incapacité. Plusieurs députés l’ont placé au centre de leurs interventions pendant la séance de mise en cause du gouvernement. Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte que Sajiih Attieh considère l’électricité comme un critère fondamental pour juger l’action gouvernementale. Adib Abdel Massih demande un plan à court terme permettant au citoyen de constater une amélioration concrète de l’alimentation.

Paula Yacoubian soulève pour sa part la question du coût du fioul et des intérêts économiques qui gravitent autour du secteur. Elle revient sur les accusations concernant l’achat de carburant à bas prix puis sa facturation à des niveaux supérieurs. Elle s’interroge également sur le rôle des réseaux liés au fioul et aux générateurs privés dans le maintien de la crise.

La question dépasse donc le nombre d’heures de courant. Le prix de l’électricité agit directement sur les coûts de production. Les entreprises qui dépendent des générateurs ou de solutions privées supportent des charges supplémentaires. Ces dépenses se répercutent ensuite sur les prix des biens et des services.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 souligne précisément que l’électricité continue de peser sur les ménages et sur les capacités productives. Le retour de l’investissement suppose donc non seulement des réformes financières, mais aussi des infrastructures capables de réduire les coûts supportés par l’économie réelle.

Les énergies renouvelables progressent malgré les blocages

Dans ce contexte, les initiatives privées dans les énergies renouvelables prennent une importance particulière. Nahar du 17 septembre 2026 consacre sa une économique au retard accumulé par plusieurs contrats d’énergie alternative, certains restant suspendus depuis 2017. Le journal illustre cette situation avec les panneaux solaires installés au-dessus du fleuve de Beyrouth, un projet ambitieux resté inachevé.

Cette lenteur contraste avec certaines initiatives privées. Nahar rapporte que Coral accélère ses investissements dans la transition énergétique à travers sa société spécialisée Cnergies. L’entreprise développe des projets destinés aux secteurs privé et industriel ainsi qu’aux collectivités locales.

Un accord a notamment été conclu avec Green Me et la municipalité de Jbeil pour construire une installation solaire sur un terrain municipal. Le financement doit être assuré par Cnergies et la réalisation par Green Me. L’objectif annoncé est de réduire le coût énergétique supporté par la communauté locale.

Le modèle repose sur des contrats d’achat d’électricité à long terme. Le client n’a pas à supporter immédiatement le coût complet de l’investissement. L’entreprise finance l’infrastructure, puis assure l’exploitation et l’entretien du système pendant la durée du contrat.

Nahar cite déjà des applications dans un hôtel de Chtaura et dans un hôpital de Zahlé. Le journal rapporte que l’installation de Chtaura permettrait une économie pouvant approcher 60 % pendant la haute saison.

L’intérêt économique de ces projets est double. Ils réduisent la dépendance aux sources traditionnelles et donnent aux entreprises davantage de visibilité sur leurs coûts énergétiques. Dans un pays où la fourniture publique reste insuffisante, l’énergie renouvelable devient donc moins un choix environnemental qu’un élément de compétitivité.

Mais le contraste entre le dynamisme de certaines initiatives privées et le retard des projets publics reste important. La transition énergétique libanaise avance sans véritable cadre uniforme, avec des projets dispersés et une forte dépendance aux capacités financières individuelles des entreprises, des municipalités et des ménages.

Salaires publics : entre pouvoir d’achat et risque de financement inflationniste

Le dossier des salaires du secteur public constitue un autre point de tension économique. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte les inquiétudes de milieux financiers concernant le financement de nouvelles augmentations pour les fonctionnaires et les retraités.

Le problème est double. D’un côté, la détérioration du pouvoir d’achat nourrit une pression sociale en faveur d’une amélioration des rémunérations. De l’autre, les solutions disponibles sont limitées.

Le recours à la création monétaire fait craindre un retour de l’inflation et une nouvelle pression sur la monnaie. L’augmentation des impôts peut, elle, provoquer une forte contestation sociale et peser sur une économie qui reste fragile.

Le débat ne porte donc pas uniquement sur le niveau souhaitable des salaires. Il concerne la capacité de l’État à financer durablement ses dépenses.

Farid Boustany, cité par Al Sharq du 17 septembre 2026, demande une programmation budgétaire sur trois ans plutôt qu’une approche limitée à une seule année. Il réclame également une restructuration du secteur public et insiste sur la nécessité de comptes permettant d’évaluer l’exécution des budgets.

Cette question rejoint le chantier plus vaste des réformes financières. Le Liban doit restaurer la capacité de l’État à planifier ses recettes et ses dépenses. Les augmentations ponctuelles décidées sous pression sociale ne peuvent remplacer une politique salariale durable.

La difficulté est renforcée par le coût de la vie. Tant que les services essentiels comme l’électricité, les transports, la santé et l’éducation restent chers, une augmentation nominale des salaires peut être rapidement absorbée par les dépenses quotidiennes.

Les déposants restent au cœur de la crise financière

La question bancaire reste également présente dans le débat parlementaire. Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte l’intervention du député Taha Naji, qui résume l’une des préoccupations centrales des déposants : leurs fonds leur seront-ils rendus ou seront-ils transmis comme créances à leurs héritiers ?

Cette formulation rappelle que la crise bancaire reste non résolue malgré les autres urgences politiques.

Le rétablissement de la confiance économique dépend en grande partie du traitement des pertes du système financier. Les déposants attendent toujours une réponse sur les mécanismes de restitution de leurs avoirs. Les banques, l’État et la Banque du Liban restent confrontés à la répartition des pertes accumulées depuis la crise.

Les discussions avec le Fonds monétaire international constituent donc un élément important du calendrier économique. Al Liwa’ du 17 septembre 2026 rapporte que les réunions se poursuivent entre l’équipe financière libanaise et une délégation du Fonds. Le gouvernement doit également examiner plusieurs dossiers économiques et financiers lors de ses réunions.

Le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, se trouve dans ce contexte au centre d’une institution appelée à accompagner la stabilisation monétaire tout en participant au traitement des conséquences de la crise bancaire. Les journaux du corpus du 17 septembre ne fournissent cependant pas suffisamment de nouveaux chiffres précis sur les réserves, les dépôts ou le bilan de la Banque du Liban pour établir une photographie chiffrée complète de la situation à cette date.

Le débat reste donc surtout politique et structurel : comment répartir les pertes, protéger autant que possible les déposants et reconstruire un secteur bancaire capable de financer l’économie ?

Les investissements dépendent désormais autant de la sécurité que des réformes

Plusieurs interventions parlementaires établissent un lien direct entre la souveraineté, la stabilité et le retour des capitaux. Ghassan Hasbani, cité par Al Sharq du 17 septembre 2026, résume cette relation en affirmant qu’il ne peut y avoir de stabilité sans monopole des armes, ni d’investissement et de redressement sans stabilité.

Cette lecture est largement présente dans le débat économique libanais. Les réformes financières sont indispensables, mais elles ne suffisent pas si les investisseurs continuent de percevoir un risque militaire élevé.

Le Liban-Sud constitue à cet égard un enjeu économique autant que sécuritaire. Les destructions, les déplacements de population et l’incertitude sur l’avenir des localités frontalières retardent les investissements et la reconstruction. Le maintien des opérations israéliennes augmente également le risque pour les infrastructures et les entreprises.

La conférence de Paris sur l’armée possède donc une dimension économique indirecte. Un État capable de garantir davantage de stabilité peut réduire le risque associé aux investissements. Inversement, une prolongation de l’incertitude sécuritaire peut neutraliser une partie des effets des réformes.

Alain Aoun, cité par Al Sharq du 17 septembre 2026, appelle précisément à créer les conditions permettant d’attirer financements et investissements au lieu d’attendre uniquement les solutions extérieures. Son intervention replace la responsabilité sur les institutions libanaises : le retour des capitaux dépend aussi de la qualité de la gouvernance et de la prévisibilité du cadre économique.

La hausse des prix de l’énergie ajoute une contrainte extérieure

Le contexte international complique encore cette équation. La guerre contre l’Iran et les perturbations dans les détroits ont entraîné une hausse des coûts énergétiques. C’est précisément cette évolution qui contribue aux inquiétudes inflationnistes de la Réserve fédérale américaine.

Pour le Liban, fortement dépendant des importations énergétiques, cette situation constitue une vulnérabilité directe.

Une augmentation durable du pétrole se répercute sur les carburants, les transports, la production électrique privée et les coûts des entreprises. Elle peut également accroître la facture des importations et exercer une pression sur les ménages.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 évoque déjà la hausse des prix de l’essence et le poids de l’électricité sur les budgets. La crise énergétique mondiale risque donc de rendre encore plus difficile la restauration du pouvoir d’achat.

La situation illustre l’importance stratégique des investissements dans les énergies renouvelables. Plus les entreprises et les collectivités réduisent leur dépendance au carburant importé, moins elles sont exposées aux chocs extérieurs.

L’économie libanaise du 17 septembre 2026 reste ainsi prise entre deux séries de contraintes. À l’intérieur, elle doit résoudre les problèmes de l’électricité, des salaires publics, des dépôts bancaires, des finances de l’État et des investissements. À l’extérieur, elle subit la hausse des coûts énergétiques et le resserrement monétaire américain. Les signes de transition énergétique et la poursuite des discussions avec le Fonds monétaire montrent que des chantiers avancent. Mais la presse du jour décrit surtout une économie dont le redressement dépend encore de la capacité des autorités à transformer les réformes annoncées en mécanismes durables et à réduire simultanément le risque sécuritaire qui continue de peser sur l’activité.

Justice : l’enquête sur le port de Beyrouth rattrapée par une fuite et une nouvelle bataille de procédure

Une note du parquet fait ressurgir le dossier du 4 août

L’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth revient au premier plan judiciaire le 17 septembre 2026. Cette fois, l’actualité ne résulte pas d’une décision définitive du juge d’instruction Tarek Bitar, mais de la divulgation d’informations attribuées à une note du parquet général. Plusieurs noms d’anciens responsables politiques circulent. La réaction de l’ancien président Michel Aoun ouvre aussitôt un deuxième front : celui du secret de l’instruction et de l’origine de la fuite.

Nahar du 17 septembre 2026 rapporte que Michel Aoun a annoncé le dépôt d’une plainte pénale après la publication d’informations concernant le contenu supposé de la note du procureur général dans le dossier du port. L’ancien président invoque notamment la diffusion de fausses informations, la diffamation et la violation du secret de l’enquête. Il présente sa démarche comme une défense de la vérité et de la justice, mais aussi du respect dû aux victimes.

Al Quds du 17 septembre 2026 apporte davantage d’éléments sur le contenu attribué à cette note. Selon des informations provenant d’une source judiciaire citées par le quotidien, le parquet aurait demandé que des responsabilités pénales soient retenues à l’encontre de plusieurs anciens responsables. Les noms de l’ancien Premier ministre Hassan Diab et des anciens ministres Ghazi Zeaiter, Ali Hassan Khalil et Youssef Fenianos apparaissent dans ces informations. Le nom de Michel Aoun a également été évoqué à propos d’une possible responsabilité liée à la négligence.

La diffusion de ces noms intervient avant que Tarek Bitar n’ait rendu l’acte qui doit fixer la suite judiciaire du dossier. Cette chronologie nourrit immédiatement la controverse. L’opinion publique découvre une partie supposée des conclusions du parquet alors que le juge conserve son pouvoir d’appréciation.

Ad Diyar du 17 septembre 2026 rapporte les explications de l’ancien ministre Salim Jreissati. Celui-ci rappelle que la note transmise par le parquet au juge d’instruction constitue une appréciation juridique et non une décision contraignante. Selon lui, elle reste couverte par le secret. Le juge peut tenir compte de son contenu, mais il n’est pas obligé d’en reprendre les conclusions.

Le dossier du port se retrouve ainsi dans une situation singulière. Des responsabilités sont déjà débattues publiquement alors que la procédure qui doit les établir juridiquement n’est pas achevée.

Michel Aoun ouvre un deuxième dossier autour de la fuite

La plainte de Michel Aoun déplace une partie de l’attention. La question n’est plus seulement de savoir ce que le parquet aurait recommandé au juge. Il faut également déterminer comment des informations présentées comme confidentielles ont quitté le dossier judiciaire.

Nahar du 17 septembre 2026 rapporte que l’ancien président vise explicitement la violation du secret de l’instruction. Sa démarche intervient après la circulation de récits concernant le contenu de la note du parquet général.

Ad Diyar du 17 septembre 2026 donne à cette question une dimension institutionnelle. Salim Jreissati évoque la possibilité d’une plainte contre inconnu afin d’identifier la personne à l’origine de la divulgation. Si l’enquête devait conduire vers un magistrat, il mentionne également une éventuelle intervention de l’inspection judiciaire.

Le problème touche directement à la crédibilité de l’enquête. Le dossier du port a déjà connu de longues périodes de blocage, des contestations de compétence, des recours et des affrontements politiques. Une fuite concernant une pièce importante peut désormais alimenter les accusations selon lesquelles la procédure serait utilisée dans le débat partisan.

Salim Jreissati attire aussi l’attention sur le calendrier. Il relève que les informations ont émergé au moment où le Parlement débattait de l’action du gouvernement. Cette concomitance est reprise dans certaines réactions politiques. Elle nourrit l’hypothèse d’une utilisation de la fuite pour influer sur l’actualité politique.

Aucun élément publié le 17 septembre ne permet toutefois d’identifier publiquement l’auteur de la divulgation. La plainte peut donc ouvrir une véritable enquête dans l’enquête : la justice chargée de déterminer les responsabilités dans l’explosion pourrait devoir rechercher parallèlement les responsabilités dans la diffusion de ses propres documents.

La responsabilité des anciens dirigeants relance le débat constitutionnel

La circulation des noms de Hassan Diab et d’anciens ministres réactive un autre conflit qui accompagne l’enquête depuis plusieurs années : celui de la juridiction compétente pour poursuivre des responsables politiques pour des faits liés à leurs fonctions.

Al Quds du 17 septembre 2026 souligne cette dimension en rapportant les informations attribuées à la note du parquet. Le problème ne porte pas uniquement sur l’existence éventuelle d’une faute ou d’une négligence. Il concerne également sa qualification juridique.

La Constitution libanaise prévoit un mécanisme particulier pour certaines responsabilités des présidents et ministres. La justice ordinaire peut cependant intervenir lorsqu’elle considère que les faits reprochés constituent des infractions de droit commun qui ne se confondent pas avec l’exercice normal d’une fonction ministérielle.

C’est précisément sur cette frontière que le dossier du port a déjà produit de nombreuses contestations.

La présence supposée du nom de Michel Aoun ajoute une nouvelle difficulté. L’ancien président n’occupait pas une fonction ministérielle au moment de l’explosion. La question de sa responsabilité éventuelle doit donc être examinée selon les règles applicables à la présidence de la République et aux actes accomplis pendant le mandat.

Al Sharq du 17 septembre 2026 consacre d’ailleurs une analyse juridique distincte à la responsabilité du président de la République et à son immunité. Le journal rappelle la tension entre deux principes : aucun responsable public ne doit être placé au-dessus de la loi, mais la fonction présidentielle bénéficie de garanties destinées à empêcher que les procédures judiciaires ne deviennent un moyen de bloquer le fonctionnement des institutions.

Le retour du nom d’un ancien chef de l’État dans l’affaire du port donne donc à cette question théorique une portée très concrète.

Les réactions politiques se divisent sans suivre exactement les clivages habituels

La divulgation provoque rapidement des réactions politiques, mais celles-ci ne se réduisent pas à un affrontement entre partisans et adversaires de Michel Aoun.

Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte que l’ancien député Amal Abou Zeid s’interroge sur le risque d’une justice sélective. Il évoque la possibilité d’un traitement politique du dossier sous couvert de procédure judiciaire.

Farès Souhaid choisit une autre approche. Il demande que l’attention reste concentrée sur la nature de l’explosion et sur les responsabilités fondamentales. Pour lui, l’accumulation des noms ne doit pas faire oublier les questions qui restent au cœur de l’enquête.

Eli Mahfoud, pourtant adversaire politique de Michel Aoun, adopte lui aussi une position prudente. Al Quds rapporte qu’il refuse de transformer l’apparition du nom de l’ancien président en occasion de revanche politique. La justice doit avancer sans jubilation partisane.

Ces réactions montrent la sensibilité particulière du dossier du port. Même des personnalités opposées à Michel Aoun craignent que la politisation des nouvelles informations ne compromette la recherche de la vérité.

La difficulté tient aussi aux attentes des familles des victimes. Depuis l’explosion, celles-ci réclament des réponses sur la chaîne de responsabilités ayant permis le stockage de matières dangereuses, sur les responsables qui en avaient connaissance et sur les décisions qui auraient pu éviter la catastrophe.

La diffusion prématurée d’une liste de noms peut donner l’impression d’un progrès. Elle peut aussi déplacer l’attention vers les affrontements politiques autour de chaque personnalité citée.

Le Conseil supérieur de la magistrature répond à une autre controverse

Le système judiciaire fait parallèlement face à une autre polémique, cette fois autour du recrutement des magistrats.

Nahar du 17 septembre 2026 publie un droit de réponse du secrétariat du Conseil supérieur de la magistrature concernant le concours d’entrée à l’Institut d’études judiciaires. Le Conseil réagit à une information publiée la veille dans une rubrique confidentielle du journal.

Il demande que les informations concernant le concours soient vérifiées avant publication. Il affirme que la procédure est organisée selon des critères scientifiques élevés et dans un cadre de transparence. Le Conseil présente le concours comme une tentative de fournir un modèle de recrutement pour les institutions de l’État malgré les difficultés que traverse le pays.

Il affirme également que ses portes restent ouvertes à toute demande d’information ou de vérification concernant le processus.

Cet épisode paraît secondaire par rapport au dossier du port. Il touche pourtant au même problème de fond : la confiance dans la justice. Le renouvellement du corps judiciaire, les nominations, la transparence des concours et l’indépendance des magistrats déterminent la capacité du système à traiter des affaires politiquement sensibles.

Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 rapporte d’ailleurs, dans ses informations de coulisses, que des experts juridiques considèrent que le prochain défi ne consiste pas seulement à nommer les membres de nouvelles autorités de régulation. Il faudra démontrer leur capacité à travailler à l’écart des interventions politiques. La même interrogation vaut pour la justice.

Les prisons et la loi d’amnistie restent une urgence judiciaire

Le débat parlementaire remet également sur le devant de la scène la situation carcérale et la question de l’amnistie.

Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte l’intervention du député Marwan Hamadeh sur la prison de Roumieh. Il affirme que des détenus y meurent régulièrement et demande au Conseil constitutionnel de statuer rapidement sur la loi d’amnistie générale. Il appelle parallèlement les prisonniers à suspendre leur grève de la faim, en soulignant que la décision n’est plus entre les mains des députés.

La situation carcérale est ainsi présentée comme une urgence humaine et judiciaire. Les lenteurs des procédures, la surpopulation et les conditions de détention continuent d’alimenter les demandes de réforme.

Le dossier de l’amnistie reste politiquement délicat. Une mesure générale peut répondre à la situation de détenus dont les procédures se prolongent ou dont les conditions de détention sont très mauvaises. Elle soulève en même temps des questions sur les infractions concernées, les exclusions nécessaires et l’égalité devant la loi.

Le recours devant le Conseil constitutionnel maintient donc le dossier dans l’attente.

Cette attente alimente la tension dans les prisons. Elle illustre aussi les difficultés de l’État à traiter rapidement des problèmes judiciaires dont les conséquences sociales deviennent de plus en plus lourdes.

Le dossier Riad Salamé reste présent dans l’actualité judiciaire

Al Sharq du 17 septembre 2026 signale également une nouvelle démarche de la défense de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé. Son avocat demande sa remise en liberté en avançant des arguments juridiques.

Le dossier de l’ancien gouverneur reste lié aux enquêtes financières qui ont accompagné l’effondrement bancaire et monétaire. Il conserve une forte dimension publique en raison du rôle central occupé par Riad Salamé pendant plusieurs décennies à la tête de la Banque du Liban.

La demande de remise en liberté ne signifie pas la clôture des procédures. Elle porte sur les conditions de détention et sur les arguments juridiques permettant à la défense de demander que son client soit libéré pendant la poursuite du dossier.

Cette actualité rappelle que les grandes affaires financières restent ouvertes parallèlement au dossier du port. La justice libanaise doit donc gérer simultanément des enquêtes touchant d’anciens responsables politiques, des dirigeants financiers et des dossiers de corruption ou de gestion publique.

Le défi reste de protéger l’enquête du port de la bataille politique

L’affaire du port concentre toutefois l’essentiel de l’attention judiciaire du 17 septembre. La raison ne tient pas seulement aux noms évoqués. Elle réside dans le risque de voir la procédure perdre à nouveau son centre.

La question principale demeure celle des responsabilités dans l’explosion. Qui connaissait le danger ? Quelles autorités avaient été alertées ? Quelles décisions ont été prises ou omises ? Quels faits peuvent être pénalement imputés à chaque responsable ?

La note du parquet constitue une étape de ce processus. Elle ne remplace pas le travail du juge Tarek Bitar.

La fuite complique désormais cette distinction. Elle permet à la bataille politique de commencer avant la décision judiciaire. Les partisans des personnes citées dénoncent une opération ciblée. Leurs adversaires peuvent être tentés de considérer les informations publiées comme une condamnation déjà acquise.

Entre ces deux lectures, le juge doit préserver son autonomie.

La plainte de Michel Aoun ajoute une pression supplémentaire. Elle oblige potentiellement la justice à examiner le fonctionnement interne de la procédure et le circuit d’un document présenté comme confidentiel.

Le dossier du port entre donc dans une phase particulièrement délicate. Après les années de blocage, son avancée était censée permettre de replacer les faits et les responsabilités au centre. La divulgation prématurée de la note risque au contraire de faire renaître les affrontements sur la compétence, l’immunité, les motivations politiques et les fuites.

L’enjeu judiciaire immédiat consiste désormais à éviter que la recherche de l’auteur de la divulgation et la confrontation autour des noms ne prennent le pas sur l’objectif attendu depuis le 4 août 2020 : établir, dans une décision motivée et juridiquement défendable, les responsabilités individuelles dans l’explosion du port de Beyrouth.

Société : rentrée scolaire sous pression, aide alimentaire et fragilité persistante des services publics

L’école publique tente de récupérer les apprentissages perdus

L’éducation constitue le principal dossier de société libanais suffisamment développé dans la presse du 17 septembre 2026. La rentrée intervient après plusieurs années durant lesquelles les crises économiques, les conflits et les fermetures ont perturbé la scolarité. Le gouvernement cherche désormais à dépasser la seule réouverture des établissements. L’objectif affiché est de mesurer les pertes d’apprentissage et de consolider un système public soumis à une pression croissante.

Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte la troisième réunion du conseil stratégique chargé de la gestion du fonds fiduciaire pour l’éducation. La rencontre se tient sous le patronage du Premier ministre Nawaf Salam, avec la participation du gouvernement, des partenaires financiers et du Fonds des Nations unies pour l’enfance. Elle doit préparer l’année scolaire 2026-2027 et définir les priorités des années suivantes.

Nawaf Salam présente l’éducation comme l’un des piliers du redressement du Liban. Il reconnaît que les crises successives ont interrompu les apprentissages et imposé une pression considérable aux écoles. Le gouvernement veut désormais s’assurer que les enfants récupèrent ce qu’ils ont perdu. Il insiste également sur la continuité du système scolaire pendant les périodes les plus difficiles. Les enseignants, les directions et le ministère ont continué, selon lui, à maintenir un lien entre les élèves et leurs établissements.

La ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Rima Karami, place la récupération des apprentissages au premier rang des priorités. Son objectif n’est pas seulement de faire revenir les enfants dans les salles de classe. Elle veut que ce retour corresponde à un apprentissage effectif. Le ministère cherche parallèlement à poursuivre les réformes nécessaires au renforcement de l’enseignement public.

Le défi est important. Une reprise administrative normale des cours ne suffit pas lorsque plusieurs cohortes d’élèves ont connu des interruptions successives. Les lacunes s’accumulent d’une année à l’autre. Elles touchent plus durement les enfants dont les familles disposent de moins de moyens pour financer des cours privés, des équipements numériques ou un accompagnement supplémentaire.

Le représentant du Fonds des Nations unies pour l’enfance au Liban, Marco Luigi Corsi, souligne précisément ce risque dans Al Sharq du 17 septembre 2026. Chaque nouvelle interruption peut, selon lui, élargir les écarts et pousser les enfants les plus vulnérables encore plus loin derrière les autres. Le soutien international doit donc servir à accélérer la récupération des apprentissages, mais aussi à réhabiliter les écoles et à poursuivre les réformes.

Les écoles publiques doivent absorber de nouveaux élèves

Une autre évolution apparaît dans Nahar du 17 septembre 2026. Le journal rapporte que de nombreux élèves des établissements privés auraient rejoint les écoles publiques, leurs familles n’étant plus en mesure de supporter la hausse des frais de scolarité.

Le phénomène reste difficile à quantifier. Nahar précise qu’il est encore trop tôt pour disposer de statistiques officielles du ministère permettant d’en mesurer l’ampleur. Il révèle néanmoins une pression sociale importante. L’école publique n’accueille plus uniquement les familles qui la choisissaient traditionnellement. Elle peut également devenir une solution de repli pour une partie des classes moyennes fragilisées par le coût de l’enseignement privé.

Ce mouvement peut modifier profondément les besoins du secteur.

Une augmentation des inscriptions exige davantage d’enseignants, de salles, de matériel et de moyens de fonctionnement. Elle intervient pourtant dans un contexte où l’État doit déjà résoudre la situation des contractuels et les disparités entre établissements.

Al Liwa’ du 17 septembre 2026 rapporte que le ministère prévoit la constitution d’équipes chargées d’un recensement complet dans les écoles et lycées publics. Ce travail doit identifier les besoins et les éventuels surplus en personnel. Le ministère affirme vouloir respecter à la fois les règles administratives et les considérations humaines.

La démarche répond à une difficulté ancienne. Les besoins en enseignants ne sont pas répartis uniformément. Certains établissements peuvent manquer de personnel alors que d’autres disposent d’un nombre de contractuels supérieur aux besoins réels. Une cartographie précise doit permettre une meilleure affectation des ressources.

Le ministère doit cependant gérer ce processus sans aggraver la précarité des enseignants contractuels. Al Liwa’ souligne que les aides et dons reçus des bailleurs ne sont pas destinés à financer directement les contrats de cette année. L’État doit donc trouver d’autres sources pour assurer les rémunérations.

Le problème éducatif devient ainsi aussi un problème budgétaire. La récupération des apprentissages exige des moyens supplémentaires au moment où les finances publiques restent limitées.

Les partenaires internationaux restent indispensables au système éducatif

Le financement extérieur continue de jouer un rôle important. Al Sharq du 17 septembre 2026 rapporte que l’Union européenne réaffirme son engagement envers l’enseignement public et la stratégie du ministère.

Le représentant européen Sami Saadi souligne que le secteur a payé un prix élevé pendant le dernier conflit. Les cours ont été interrompus et de nombreux établissements ont été endommagés. Le fonds fiduciaire pour l’éducation doit contribuer à rétablir des environnements scolaires sûrs et à garantir l’accès à un enseignement de qualité.

Cette aide ne se limite pas à la reconstruction des bâtiments. Elle accompagne également la réforme du système et les programmes de récupération des apprentissages.

Nawaf Salam inscrit ces efforts dans la « Vision 2040 » du secteur éducatif. Le gouvernement s’engage à poursuivre les réformes et les investissements nationaux nécessaires, avec l’appui des partenaires étrangers.

La dépendance aux financements extérieurs pose cependant une question de durabilité. Les programmes internationaux peuvent réparer des écoles, soutenir des projets et accompagner des réformes. Le fonctionnement quotidien du système reste une responsabilité de l’État.

Le cas des enseignants contractuels illustre cette limite. Les bailleurs peuvent financer certaines interventions, mais les rémunérations régulières doivent être intégrées dans une architecture publique stable.

La rentrée devient donc un test de la capacité du gouvernement à passer d’une logique de gestion de crise à une politique éducative durable.

L’aide alimentaire revient avec les conséquences sociales de la guerre

La vulnérabilité sociale apparaît également dans le domaine alimentaire. Al Liwa’ du 17 septembre 2026 rapporte l’arrivée au port de Beyrouth d’une première cargaison de 1 000 tonnes de farine de blé offerte dans le cadre d’une aide turque.

Cette farine doit être destinée aux réfugiés palestiniens et aux Libanais déplacés affectés par les développements récents. Le don montre que les conséquences de la situation sécuritaire continuent de produire des besoins humanitaires directs.

L’aide alimentaire revêt une importance particulière dans un pays où une partie de la population a déjà subi une forte diminution du pouvoir d’achat. Pour les familles déplacées, la perte du logement ou de l’activité économique s’ajoute aux difficultés générales liées au coût de la vie.

Le soutien aux réfugiés palestiniens constitue un autre volet. Leur situation économique reste fragile et dépend en partie des programmes d’assistance. L’arrivée de farine vise un produit de première nécessité : le pain.

Le choix de cette aide rappelle aussi la sensibilité particulière du Liban aux questions de sécurité alimentaire. Le pays dépend fortement des importations pour ses céréales. Toute perturbation des chaînes d’approvisionnement, des ports ou des prix internationaux peut rapidement se répercuter sur les ménages.

La guerre régionale et les perturbations des grandes voies maritimes ajoutent une incertitude supplémentaire. Le conflit autour des détroits peut accroître les coûts de transport et d’énergie, avec des conséquences indirectes sur les produits alimentaires.

Le Sud reste confronté au retour, au logement et aux services

Les conséquences sociales des opérations militaires apparaissent également derrière les grands dossiers diplomatiques. Le retour des habitants dans les localités du Sud ne dépend pas seulement du retrait israélien et du déploiement de l’armée. Il suppose des logements habitables, des routes, des écoles, des services de santé et une activité économique.

Ad Diyar du 17 septembre 2026 donne à cette question une dimension particulière à travers le cas de Zawtar al-Gharbiyah. La visite de l’ambassadeur américain Michel Issa ne porte pas uniquement sur les conditions sécuritaires. La présence d’une délégation du Conseil du développement et de la reconstruction montre que les infrastructures et le développement font également partie de la réflexion.

Selon les informations du quotidien, une ancienne proposition concernant Zawtar envisageait même la création d’une zone industrielle financée par un pays arabe. L’idée associait donc sécurité, retour de la population et développement économique.

Le modèle illustre l’un des problèmes majeurs de l’après-guerre. Un village peut être sécurisé sans redevenir immédiatement habitable. Les habitants doivent pouvoir travailler et accéder aux services essentiels.

Le député Nasser Jaber, cité par Al Sharq du 17 septembre 2026, résume cette attente en affirmant que les habitants de Nabatiyeh ne veulent pas uniquement des déclarations de solidarité. Ils veulent un gouvernement présent lorsqu’ils sont exposés au danger.

Kassem Hachem réclame de son côté un plan d’urgence complet et une politique nationale durable pour le Sud afin que les habitants puissent rester sur leurs terres.

La dimension sociale devient donc indissociable du débat sur la souveraineté. Le retour de l’État doit être visible dans la sécurité, mais aussi dans les services.

L’environnement devient un sujet de sécurité publique

Les préoccupations environnementales apparaissent également dans les informations du 17 septembre. Nahar rapporte une polémique à Zahlé autour de matières présentées comme toxiques et destinées à un site d’enfouissement dans le caza.

La municipalité affirme avoir refusé jusqu’à présent leur enfouissement. Les échanges de communiqués se multiplient, mais le sort exact de ces matières reste au centre des interrogations locales.

Cette affaire illustre une difficulté récurrente dans la gestion des déchets : le manque de confiance entre les collectivités, les opérateurs et les habitants. Lorsqu’un produit est présenté comme dangereux, l’absence d’information claire sur son origine, sa composition et sa destination nourrit rapidement les inquiétudes.

La question dépasse Zahlé. Le Liban a connu plusieurs crises liées aux déchets et aux décharges. La capacité des autorités à fournir des informations transparentes sur les matières dangereuses constitue donc un enjeu de santé publique autant qu’environnemental.

Le Sud fait face à une autre forme de risque environnemental. Al Sharq Al Awsat du 17 septembre 2026 rapporte les mises en garde de la ministre de l’Environnement Tamara El Zein après l’explosion provoquée par Israël sur la colline d’Ali al-Taher.

Selon les données du Centre national de géophysique citées par la ministre, l’explosion d’environ 1 100 tonnes de produits explosifs aurait produit des ondes terrestres comparables à une secousse de magnitude 4,2. Le site se trouve à proximité de failles géologiques importantes.

La ministre alerte donc sur des conséquences qui pourraient dépasser les destructions immédiates. L’utilisation de quantités massives d’explosifs peut avoir des effets sur les sols, les infrastructures et la sécurité des zones environnantes.

Cette préoccupation ajoute une dimension environnementale à la guerre. Les conséquences ne se mesurent plus uniquement en bâtiments détruits ou en terrains rendus inaccessibles. Elles concernent également les sols et les équilibres géologiques.

Le coût de la vie continue de fragiliser les ménages

La situation sociale reste enfin étroitement liée aux difficultés économiques. Al Joumhouriyat du 17 septembre 2026 évoque la hausse des prix, le poids de l’électricité et la progression de la pauvreté. Les ménages continuent de supporter directement le coût des défaillances des services publics.

L’électricité constitue l’exemple le plus visible. Lorsque l’alimentation publique est insuffisante, les familles doivent financer des solutions privées. Les dépenses énergétiques réduisent alors les ressources disponibles pour l’alimentation, l’éducation et la santé.

La hausse des frais scolaires dans le privé ajoute une nouvelle pression. Le transfert présumé d’élèves vers le public décrit par Nahar constitue l’un des signes de cette fragilisation.

La question des salaires du secteur public et des retraités se rattache également à cette situation. Les demandes d’augmentation répondent à une perte réelle de pouvoir d’achat. Mais les difficultés de financement limitent les possibilités du gouvernement.

Les dossiers sociaux du 17 septembre 2026 montrent ainsi une société encore organisée autour de mécanismes de crise. Les bailleurs financent une partie de l’éducation. Une aide étrangère fournit de la farine aux populations vulnérables. Les familles recherchent des solutions moins coûteuses pour la scolarité. Les habitants du Sud attendent simultanément sécurité et reconstruction. Les municipalités doivent répondre à des inquiétudes environnementales avec des moyens limités.

L’enjeu pour l’État consiste désormais à transformer ces réponses ponctuelles en services durables. Dans l’éducation comme dans l’aide aux populations déplacées, le défi n’est plus seulement de traverser une urgence supplémentaire. Il est de reconstruire des institutions capables de fonctionner sans dépendre en permanence d’un nouveau programme exceptionnel ou d’une nouvelle aide extérieure.

Culture : le théâtre libanais interroge l’intelligence artificielle, tandis que la création arabe questionne sa mémoire et son avenir

À Beyrouth, « Pas pour tout le monde » imagine une humanité placée sous le contrôle de la machine

La création libanaise fournit le sujet culturel le plus directement lié au pays dans la presse du 17 septembre 2026. Al Quds consacre une large critique à la pièce « Pas pour tout le monde », présentée au théâtre Monnot à Beyrouth. Le spectacle utilise l’intelligence artificielle non comme un simple décor technologique, mais comme le principe organisateur d’une société future. La question posée est celle de la liberté de décision lorsque la machine acquiert le pouvoir de sélectionner, d’évaluer et finalement d’autoriser les choix humains.

La pièce est écrite et mise en scène par Sarah Abdo et Karim Chebli. Nour Hajjar, Elie Mitri et Sarah Abdo en assurent l’interprétation. Al Quds du 17 septembre 2026 décrit un dispositif dans lequel un système d’intelligence artificielle évalue deux hommes afin de déterminer lequel possède les qualités requises pour devenir père. Les deux candidats découvrent progressivement qu’ils participent à une compétition dont l’un sortira qualifié et l’autre exclu. La parentalité, normalement liée à l’intime et à la décision individuelle, devient ainsi une autorisation délivrée par un système.

La pièce élargit rapidement cette situation à une interrogation sur le futur de la société. Les individus conserveront-ils la capacité de décider pour eux-mêmes ? Une intelligence artificielle pourra-t-elle déterminer qui est apte à devenir parent, à exercer une profession ou à prendre certaines décisions personnelles ? Le spectacle transforme ces questions en matière théâtrale plutôt qu’en débat abstrait.

Al Quds souligne que l’humour joue un rôle important. Les spectateurs rient de situations qui deviennent progressivement inquiétantes. Chaque rire renvoie pourtant à une possibilité : celle d’un avenir dans lequel l’évaluation algorithmique s’introduit dans des domaines jusqu’ici réservés au jugement humain.

Le système soumet les personnages à des examens médicaux, psychologiques et éducatifs. Leur histoire familiale et les traces laissées par leur passé deviennent elles-mêmes des données évaluables. La machine ne se contente donc pas d’examiner leurs comportements présents. Elle prétend mesurer l’ensemble de leur aptitude à la parentalité.

Cette omniprésence est renforcée par la mise en scène. Al Quds du 17 septembre 2026 décrit une scénographie froide, volontairement neutre. L’espace reproduit l’absence d’émotion attribuée au système. L’éclairage, parfois brutal, participe à l’impression d’un environnement dans lequel les personnages sont observés en permanence.

Le rôle de la femme robot impose une contrainte particulière à l’interprétation. Le personnage doit conserver une expression figée et une gestuelle contrôlée. La froideur devient ici un élément dramatique : elle oppose la rationalité prétendument parfaite de la machine aux contradictions des deux candidats humains.

La pièce ne présente pourtant pas uniquement la technologie comme une menace extérieure. Elle interroge également la facilité avec laquelle les individus peuvent accepter de déléguer leur liberté en échange d’une promesse d’efficacité. Le système devient puissant parce que les personnages acceptent ses règles.

Le titre lui-même prend alors plusieurs sens. Tout n’est pas accessible à tout le monde dans cette société future. La machine décide de ceux qui disposent des qualités requises. L’accès à une dimension fondamentale de la vie humaine devient conditionnel.

La pièce reste à l’affiche du théâtre Monnot jusqu’à la fin du mois de septembre, selon Al Quds du 17 septembre 2026. Elle constitue ainsi le principal rendez-vous culturel libanais clairement annoncé dans les journaux du jour.

Le théâtre utilise la technologie pour parler du présent

La réflexion proposée à Beyrouth dépasse la seule anticipation. Le spectacle renvoie à des technologies déjà présentes dans la vie quotidienne. Les systèmes d’intelligence artificielle sélectionnent des contenus, classent des profils et contribuent à des décisions dans des domaines toujours plus nombreux. Le théâtre pousse cette logique jusqu’à la parentalité afin de rendre visible la question du pouvoir confié aux algorithmes.

Al Quds rapproche également le spectacle des usages militaires de l’intelligence artificielle. Le journal rappelle que les technologies de traitement des données et d’identification sont déjà employées dans les conflits. Cette référence donne une dimension régionale au spectacle. Au Liban comme à Gaza, la technologie n’est plus seulement associée à l’innovation économique. Elle est aussi perçue à travers la surveillance et les capacités militaires.

Le choix du théâtre est significatif. Face à une technologie fondée sur l’automatisation, la scène repose au contraire sur la présence physique des acteurs et du public. Le spectacle confronte donc deux formes de relation : une interaction humaine immédiate et un système qui transforme les personnes en données à analyser.

Cette opposition permet à la création libanaise d’aborder un sujet mondial sans abandonner son propre environnement. La pièce ne cherche pas à expliquer techniquement l’intelligence artificielle. Elle examine ce que son développement pourrait changer dans la liberté individuelle.

La question est d’autant plus actuelle que le débat international sur la régulation de ces technologies s’intensifie. La culture rejoint ainsi, par un autre chemin, les préoccupations politiques et sociales du moment.

La revue « Shi’r » relance un débat sur la modernité poétique arabe

Al Quds du 17 septembre 2026 consacre également une importante page culturelle à une controverse autour de la revue « Shi’r » et de son rôle dans l’histoire de la modernité poétique arabe. Le débat porte sur les rapports entre création littéraire, guerre froide culturelle et réseaux internationaux de financement.

Le texte publié répond à un précédent article de Rassoul Adnan consacré à la modernité poétique et aux liens entre la revue et le contexte politique de la guerre froide. La nouvelle contribution conteste certaines conclusions tirées de ces rapprochements.

La discussion est importante pour l’histoire culturelle libanaise et arabe. La revue « Shi’r », fondée à Beyrouth en 1957 par Youssef al-Khal avec plusieurs poètes et intellectuels, a joué un rôle majeur dans la transformation de la poésie arabe contemporaine. Elle est associée aux débats sur le vers libre, le poème en prose et l’ouverture de la littérature arabe aux courants internationaux.

La controverse ne porte pas sur l’existence d’un contexte politique. Elle porte sur la manière de passer de ce contexte à une conclusion sur la création elle-même.

Al Quds du 17 septembre 2026 met ainsi en garde contre une lecture qui réduirait les innovations littéraires à leurs réseaux de financement ou aux stratégies culturelles de la guerre froide. L’existence de liens institutionnels ou d’influences politiques ne suffit pas, selon cette analyse, à démontrer que l’ensemble d’un mouvement poétique répondait à une opération organisée.

Cette discussion rejoint un débat plus vaste sur l’écriture de l’histoire culturelle arabe. Les œuvres doivent-elles être analysées d’abord pour leur valeur esthétique et leur influence littéraire ? Ou faut-il les replacer dans les réseaux politiques, éditoriaux et financiers qui ont permis leur diffusion ?

Beyrouth occupe une place centrale dans cette histoire. La ville fut l’un des principaux espaces de rencontre entre écrivains arabes, maisons d’édition, revues et courants intellectuels. La polémique autour de « Shi’r » réactive donc aussi une interrogation sur la fonction culturelle du Liban au XXe siècle.

Le Maroc revient sur le traumatisme du Covid par la scène

Le théâtre constitue également le principal sujet culturel non libanais développé par Al Quds du 17 septembre 2026. Le journal présente le travail du dramaturge et critique marocain Abdelrahman Ben Zidan autour de la pandémie de Covid-19.

Son projet revient sur une expérience collective qui continue de nourrir la création six ans après la période des confinements. La pandémie n’est pas seulement abordée comme une crise sanitaire. Elle est décrite comme une rupture dans les relations humaines.

Le confinement a supprimé les gestes les plus ordinaires de la proximité : se rencontrer, se toucher, accompagner les malades ou se rassembler autour des morts. Le théâtre devient un moyen de revisiter cette disparition soudaine de la vie collective.

Al Quds rappelle que la pandémie a produit une importante création littéraire et artistique. Romanciers, poètes, plasticiens et dramaturges ont tenté de traduire une expérience marquée par la peur, l’isolement et l’incertitude.

Ben Zidan utilise l’image du « fantôme sans identité » pour revenir sur ce moment. Le virus est invisible mais omniprésent. Il transforme les comportements et impose de nouvelles frontières entre les individus.

Cette approche rejoint indirectement le spectacle libanais consacré à l’intelligence artificielle. Dans les deux cas, le théâtre s’empare d’un phénomène qui modifie profondément les relations humaines. La pandémie imposait la distance physique. L’intelligence artificielle pose aujourd’hui la question d’une possible délégation de la décision.

La scène arabe apparaît ainsi comme un lieu privilégié pour examiner les transformations qui dépassent les frontières nationales.

Le cinéma arabe prépare ses prochains projets avec une présence palestinienne

Al Quds du 17 septembre 2026 s’intéresse également à la prochaine édition du programme de soutien à la production cinématographique organisé en marge du Festival d’El Gouna, prévu à partir du 15 octobre.

La sélection de la neuvième édition comprend des projets représentant plusieurs cinématographies arabes. La Palestine est présente à travers deux films, ce qui maintient la création palestinienne dans un espace régional fortement marqué par la guerre et ses conséquences.

Les programmes d’aide à la production jouent un rôle croissant dans le cinéma arabe. Ils permettent aux réalisateurs de présenter leurs projets à des producteurs, des distributeurs et des partenaires financiers avant même le tournage ou l’achèvement des œuvres.

Cette étape est particulièrement importante pour les cinématographies disposant de marchés nationaux limités. La recherche de financements internationaux et de coproductions devient souvent indispensable.

La présence palestinienne prend, dans le contexte actuel, une dimension supplémentaire. Les réalisateurs doivent continuer à produire alors que les conditions matérielles de création sont profondément affectées par la guerre. Le cinéma devient à la fois un moyen de documenter une réalité et de maintenir une présence culturelle.

Les artistes commencent aussi à contester la musique produite par intelligence artificielle

Le débat sur l’intelligence artificielle ne se limite pas au théâtre. Al Quds du 17 septembre 2026 rapporte les critiques de l’artiste marocaine Manal Benchlikha contre la diffusion croissante de morceaux musicaux fabriqués à l’aide de ces technologies.

La chanteuse défend la valeur de la création humaine et dénonce le remplacement des voix et des talents réels par des productions artificielles. Pour elle, la musique repose sur une dimension émotionnelle que la machine ne peut pas reproduire.

Sa prise de position renvoie à une inquiétude croissante dans les métiers culturels. Les outils capables de générer des voix, des mélodies ou des arrangements deviennent plus accessibles. Ils permettent de produire rapidement des contenus qui imitent certains codes musicaux.

La question ne concerne donc plus seulement les possibilités offertes aux artistes. Elle touche à la valeur accordée au travail créatif, à l’identité des interprètes et à la place de l’émotion humaine.

Le rapprochement avec « Pas pour tout le monde » est frappant. Le spectacle libanais imagine une intelligence artificielle décidant qui peut devenir parent. La chanteuse marocaine s’inquiète d’une machine capable de remplacer l’interprète. Dans les deux cas, le débat porte moins sur la performance technique que sur la frontière que les sociétés souhaitent préserver autour des activités humaines.

Agenda culturel : le théâtre Monnot maintient « Pas pour tout le monde » jusqu’à la fin septembre

Parmi les événements culturels en cours clairement documentés dans les publications du 17 septembre 2026, « Pas pour tout le monde » constitue le rendez-vous libanais le plus précis. Al Quds annonce que la pièce reste présentée au théâtre Monnot, à Beyrouth, jusqu’à la fin du mois de septembre. Le spectacle réunit Nour Hajjar, Elie Mitri et Sarah Abdo, sur un texte et une mise en scène de Sarah Abdo et Karim Chebli.

Le corpus du jour fournit en revanche peu d’informations suffisamment précises sur d’autres concerts, expositions ou manifestations libanaises actuellement programmés pour constituer un agenda étendu sans ajouter des événements provenant d’autres dates. La rubrique culturelle est donc dominée par le théâtre et les débats intellectuels plutôt que par une succession d’annonces.

Cette relative concentration donne néanmoins une cohérence particulière à l’actualité culturelle du 17 septembre. À Beyrouth, le théâtre questionne la liberté humaine face aux algorithmes. Dans le débat littéraire, l’histoire de la modernité poétique arabe est réexaminée à travers la guerre froide et les réseaux culturels. Au Maroc, la scène revient sur le traumatisme du Covid. Dans la musique, des artistes commencent à contester la production automatisée. Et dans le cinéma, de nouveaux projets arabes cherchent les financements qui leur permettront d’exister.

La culture apparaît ainsi moins comme un espace de retrait que comme un lieu où les transformations politiques, technologiques et sociales sont examinées avec leurs conséquences humaines.

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