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Liban : l’inflation remonte à 16,66 % en août

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L’inflation au Liban a atteint 16,66 % sur un an en août 2026, contre 15,69 % en juillet, selon les dernières données de l’Administration centrale de la statistique (CAS). L’indice des prix à la consommation a parallèlement progressé de 1,40 % en un mois, mettant fin au léger recul observé en juillet. L’énergie, les transports, l’éducation et les loisirs figurent parmi les postes enregistrant les plus fortes hausses annuelles. Les données officielles montrent aussi d’importants écarts géographiques, avec une progression mensuelle particulièrement forte à Nabatiyeh.

L’inflation au Liban atteint 16,66 %

La hausse des prix à la consommation s’est accélérée en août. Selon les chiffres officiels publiés le 21 septembre 2026 par la CAS, l’indice des prix a augmenté de 16,66 % par rapport à août 2025.

Le taux annuel était de 15,69 % en juillet. Il avait atteint 17,25 % en juin, 19,04 % en mai et 20,02 % en avril.

Cette évolution montre que l’inflation reste élevée, même si son rythme annuel demeure inférieur aux niveaux enregistrés au printemps.

Sur un mois, le mouvement est plus net. Les prix ont augmenté de 1,40 % entre juillet et août, après une baisse de 0,03 % en juillet et un recul de 0,75 % en juin.

L’indice général des prix à la consommation a ainsi atteint 8 816,35 points en août 2026, contre 7 557,53 points un an auparavant.

Sur les huit premiers mois de 2026, l’inflation annuelle moyenne s’établit autour de 16,2 %, selon les données économiques disponibles.

La remontée d’août intervient dans une économie où une large partie des prix est désormais directement ou indirectement liée au dollar. La stabilité relative du taux de change de la livre depuis 2023 avait contribué à ralentir fortement l’inflation après les flambées enregistrées durant les premières années de la crise.

La situation sécuritaire et l’évolution des prix de l’énergie continuent toutefois d’exercer des pressions sur plusieurs composantes du panier des ménages.

Énergie et transports pèsent sur les prix

Les données détaillées montrent que les hausses ne sont pas uniformes.

Le poste regroupant l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles, qui représente 11,8 % du panier utilisé pour calculer l’indice, a augmenté de 32,06 % sur un an.

La progression atteint également 7,15 % sur le seul mois d’août. Ce poste constitue donc l’une des principales sources de pression immédiate sur les dépenses des ménages.

Les transports, qui pèsent 13,1 % dans l’indice, ont pour leur part enregistré une hausse annuelle de 31,72 %. L’évolution des carburants et plus largement des produits énergétiques contribue à cette progression.

L’alimentation reste également orientée à la hausse. Les prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, qui représentent 20 % de l’indice, ont augmenté de 11,65 % sur un an.

Le logement occupé par son propriétaire, dont le poids atteint 13,6 %, affiche une progression annuelle plus limitée, de 7,08 %.

Principales hausses annuelles en août 2026

Poste de consommationPoids dans l’IPCVariation annuelle
Loisirs, divertissement et culture2,4 %+45,69 %
Éducation6,6 %+35,72 %
Anciens loyers0,36 %+32,33 %
Eau, électricité, gaz et combustibles11,8 %+32,06 %
Transports13,1 %+31,72 %
Restaurants et hôtels2,8 %+14,26 %
Alimentation et boissons non alcoolisées20,0 %+11,65 %
Santé7,7 %+7,42 %
Logement occupé par le propriétaire13,6 %+7,08 %
Vêtements et chaussures5,2 %+1,15 %

Ces chiffres montrent que certaines des plus fortes augmentations concernent des postes dont le poids dans le budget statistique reste limité. Leur progression ne se répercute donc pas intégralement sur le taux général de 16,66 %.

L’éducation bondit de 35,72 %

L’éducation se distingue avec une hausse annuelle de 35,72 %. Elle représente 6,6 % du panier de l’indice des prix.

Cette progression intervient à l’approche de la rentrée scolaire et universitaire, période durant laquelle les dépenses éducatives occupent une place accrue dans le budget de nombreuses familles.

Les loisirs, divertissements et activités culturelles affichent cependant la hausse annuelle la plus importante parmi les grandes catégories citées : 45,69 %. Leur poids dans l’indice reste beaucoup plus faible, à 2,4 %.

Les anciens loyers ont augmenté de 32,33 % sur un an, mais ne représentent que 0,36 % du panier.

Les restaurants et hôtels enregistrent de leur côté une hausse de 14,26 %. Les dépenses de santé progressent de 7,42 %, tandis que les vêtements et chaussures augmentent de seulement 1,15 %.

Une catégorie se distingue dans le sens inverse. Les prix des communications, qui représentent 4,5 % du panier, ont diminué de 0,78 % sur un an. Il s’agit de la seule grande composante ayant enregistré un recul annuel en août parmi les données détaillées disponibles.

Nabatiyeh enregistre la plus forte hausse mensuelle

La CAS publie également l’évolution mensuelle des prix par gouvernorat. Toutes les régions couvertes ont enregistré une augmentation en août.

GouvernoratVariation mensuelle en août
Nabatiyeh+2,12 %
Bekaa+1,38 %
Liban-Nord+1,09 %
Liban-Sud+0,79 %
Mont-Liban+0,75 %
Beyrouth+0,50 %

Nabatiyeh affiche ainsi la plus forte progression, avec 2,12 % en un mois, contre seulement 0,50 % à Beyrouth.

Ces données doivent toutefois être interprétées avec une précaution particulière pour Nabatiyeh.

La CAS indique que la situation actuelle continue d’entraver la collecte des prix dans ce gouvernorat. Une grande partie des prix effectivement pratiqués n’a pas pu être relevée. L’administration statistique a donc dû recourir à un nombre important de prix imputés pour calculer l’indice.

Cette précision méthodologique est importante. Elle signifie que le chiffre publié pour Nabatiyeh reste l’estimation officielle, mais qu’il repose davantage que dans les autres régions sur des méthodes statistiques destinées à compenser l’absence d’observations directes.

Une reprise mensuelle après deux mois de répit

L’évolution des derniers mois permet de mieux mesurer le mouvement observé en août.

En avril, l’inflation annuelle atteignait encore 20,02 %. Elle est passée à 19,04 % en mai puis à 17,25 % en juin. Elle a ensuite reculé à 15,69 % en juillet avant de remonter à 16,66 % en août.

Le mouvement mensuel a lui aussi changé de direction. Après une diminution de 0,75 % en juin et de 0,03 % en juillet, l’indice repart à la hausse de 1,40 % en août.

Cette reprise ne signifie donc pas que tous les prix augmentent au même rythme. Elle résulte de mouvements très différents selon les catégories de consommation.

L’énergie constitue l’un des principaux points de pression à court terme. La progression mensuelle de 7,15 % du poste comprenant l’eau, l’électricité, le gaz et les combustibles intervient alors que cette catégorie représente près de 12 % du panier de référence.

Les transports affichent parallèlement une augmentation annuelle supérieure à 30 %. Pour les ménages, ces deux catégories peuvent aussi avoir des effets indirects, puisque les coûts énergétiques et de transport interviennent dans le fonctionnement de nombreuses entreprises.

Un pouvoir d’achat toujours sous pression

Le ralentissement considérable de l’inflation par rapport aux années les plus aiguës de la crise libanaise ne signifie pas un retour des prix à leurs niveaux antérieurs.

Un taux annuel de 16,66 % indique que le panier mesuré par la CAS coûte sensiblement plus cher qu’un an auparavant. Il s’agit d’une variation supplémentaire appliquée à des niveaux de prix qui avaient déjà fortement augmenté au cours des années précédentes.

La situation est particulièrement sensible lorsque les hausses concernent des dépenses difficiles à réduire. L’alimentation augmente de 11,65 %, tandis que l’énergie et les transports progressent de plus de 30 % sur un an.

L’indice des prix constitue toutefois une moyenne nationale construite à partir d’un panier pondéré. Son évolution ne reproduit donc pas exactement la hausse du coût de la vie ressentie par chaque ménage. Celle-ci dépend de la structure de ses dépenses, de son logement, de ses déplacements, de ses frais scolaires et de sa consommation énergétique.

Les prochaines publications de la CAS permettront de déterminer si la remontée enregistrée en août constitue un mouvement ponctuel après les baisses mensuelles de juin et juillet, ou le début d’une nouvelle phase d’accélération des prix.

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Newsdesk Libnanews
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