Le ministre libanais du Travail, Mohammad Haidar, a annoncé un accord visant à calculer l’indemnité journalière de transport des salariés sur la base du prix de cinq litres d’essence. Le nouveau mécanisme prévoit toutefois deux garde-fous : l’allocation ne pourra pas descendre sous 500 000 livres libanaises par jour, même en cas de baisse des carburants, ni dépasser 800 000 livres. Cette formule doit permettre d’adapter automatiquement le montant versé aux salariés aux fluctuations du prix de l’essence.
Cinq litres d’essence pour calculer le transport
Le principe retenu rompt avec le système d’un montant fixe régulièrement dépassé par l’évolution des prix.
Selon Mohammad Haidar, les partenaires concernés se sont entendus sur une référence correspondant à cinq litres de carburant par jour de présence au travail. La valeur de ces cinq litres servira ainsi à déterminer l’indemnité de transport.
Le ministre a précisé que le mécanisme serait encadré par un plancher et un plafond.
Même si le prix de l’essence recule fortement, le salarié devra recevoir au minimum 500 000 livres libanaises par journée concernée. À l’inverse, une hausse du carburant ne pourra pas porter l’indemnité au-delà de 800 000 livres par jour dans le cadre de la formule annoncée.
Cette disposition est importante. Sans plancher, une baisse temporaire du prix de l’essence aurait entraîné automatiquement une réduction de l’indemnité. Le seuil de 500 000 livres garantit donc un montant minimal.
Le plafond de 800 000 livres limite parallèlement l’exposition des entreprises à une nouvelle envolée des cours des carburants.
Indemnité de transport : entre 500 000 et 800 000 livres
La formule peut être résumée simplement.
Lorsque la valeur de cinq litres d’essence se situe entre 500 000 et 800 000 livres, l’indemnité de transport suivra cette valeur.
Si cinq litres coûtent moins de 500 000 livres, le salarié continuera de percevoir 500 000 livres.
Si leur prix dépasse 800 000 livres, l’indemnité restera plafonnée à 800 000 livres.
Le dispositif crée ainsi un corridor dans lequel l’indemnité peut évoluer en fonction des carburants, plutôt qu’un montant devant être renégocié après chaque variation importante.
Cette évolution était en préparation depuis plusieurs semaines. Le 7 septembre 2026, la Commission de l’indice avait déjà examiné la mise en place d’un mécanisme permanent reliant l’indemnité de transport aux prix des carburants. Une commission spécialisée avait alors été chargée d’étudier la formule.
Le principe annoncé par Mohammad Haidar concrétise cette orientation.
Une réponse à la hausse du prix de l’essence
Le dossier est revenu au premier plan avec l’augmentation du coût des déplacements des salariés.
L’indemnité journalière de transport dans le secteur privé était jusqu’ici fixée à 450 000 livres libanaises. Les discussions menées ces derniers jours entre le gouvernement, les représentants des travailleurs et ceux des employeurs ont cherché à remplacer ce montant par une formule plus flexible.
Une réunion s’était notamment tenue le 25 septembre, sous la présidence du vice-président du Conseil, Tarek Mitri, avec les représentants des travailleurs et des employeurs.
Les ministres des Finances, du Travail, des Travaux publics et de l’Économie avaient participé aux discussions.
La possibilité de retenir quatre ou cinq litres d’essence par journée de travail avait alors été examinée. La formule des cinq litres est finalement celle annoncée par le ministre du Travail.
Cette évolution représente également une hausse du plancher par rapport aux 450 000 livres actuellement retenues. Même dans l’hypothèse d’une baisse du carburant, la nouvelle référence minimale serait donc supérieure de 50 000 livres par jour, soit environ 11 %.
Pour un salarié comptabilisant 22 jours de présence dans un mois, un plancher quotidien de 500 000 livres correspondrait à 11 millions de livres d’indemnités mensuelles de transport.
Au plafond de 800 000 livres, le même nombre de jours représenterait 17,6 millions de livres par mois.
Ces montants restent naturellement dépendants du nombre réel de journées de présence donnant droit à l’indemnité.
Pourquoi lier le transport au prix du carburant
Le changement de méthode répond à un problème devenu récurrent depuis la crise économique et monétaire.
Avec un montant fixe en livres libanaises, chaque hausse importante du carburant réduit rapidement le pouvoir d’achat de l’indemnité. Une nouvelle négociation devient alors nécessaire entre les représentants des salariés, les employeurs et les autorités.
Le mécanisme fondé sur cinq litres cherche à éviter cette succession de révisions.
Lorsque l’essence augmente, l’indemnité progressera automatiquement, dans la limite de 800 000 livres. Lorsqu’elle diminue, l’allocation pourra également reculer, mais jamais sous 500 000 livres.
La formule maintient donc un lien direct entre le coût de l’énergie et une partie du coût supporté par le salarié pour se rendre sur son lieu de travail.
Elle ne signifie toutefois pas que l’employeur fournira physiquement cinq litres d’essence au salarié. La référence aux cinq litres sert au calcul de la valeur monétaire de l’indemnité journalière.
Le versement reste exprimé en livres libanaises.
Un impact mensuel significatif pour les salariés
Pour les travailleurs qui se rendent quotidiennement sur leur lieu de travail, la différence peut devenir importante sur un mois complet.
Avec 22 journées de présence, l’ancien montant de 450 000 livres représente 9,9 millions de livres par mois.
Avec le nouveau plancher de 500 000 livres, le montant atteindrait 11 millions de livres, soit 1,1 million de livres supplémentaires.
Si le prix des cinq litres conduit à une indemnité de 600 000 livres, le total mensuel atteindrait 13,2 millions de livres.
À 700 000 livres, il passerait à 15,4 millions.
Et au plafond de 800 000 livres, il atteindrait 17,6 millions de livres pour 22 journées effectivement prises en compte.
Ces calculs permettent de mesurer l’enjeu du nouveau mécanisme, mais ils ne constituent pas un supplément de salaire fixe. L’indemnité de transport dépend du nombre de jours de présence et des modalités réglementaires applicables.
Le prix de l’essence devient une référence automatique
Le principal changement réside donc moins dans le montant initial que dans la méthode.
La Commission de l’indice avait déjà retenu, au début de septembre, le principe d’une formule capable d’évoluer avec les prix de l’énergie. Mohammad Haidar avait alors expliqué vouloir sortir d’une gestion ponctuelle de l’indemnité de transport.
Le mécanisme des cinq litres répond à cette logique.
Le salarié bénéficie d’une protection contre une baisse excessive grâce au seuil de 500 000 livres. L’employeur dispose de son côté d’un plafond fixé à 800 000 livres.
Entre ces deux bornes, le prix du carburant devient la variable déterminante.
La mesure intervient alors que la question du pouvoir d’achat reste au centre des discussions de la Commission de l’indice. Le salaire minimum, les allocations familiales et les prestations sociales font également partie des dossiers examinés par les représentants des salariés, des employeurs et de l’État.
Le salaire minimum reste toutefois un dossier distinct de l’indemnité de transport. L’accord sur les cinq litres ne signifie donc pas, à lui seul, une modification automatique du salaire de base.
Une mise en œuvre qui doit encore être formalisée
L’annonce du ministre du Travail marque une étape décisive, mais l’accord doit encore suivre le processus nécessaire à sa mise en œuvre réglementaire.
Les discussions précédentes prévoyaient que la Commission de l’indice formalise la formule retenue avant l’adoption des mesures permettant son application.
Il faudra notamment préciser la référence exacte utilisée pour calculer la valeur des cinq litres et les modalités d’actualisation du montant lorsque le prix officiel des carburants évolue.
Le dispositif devra également permettre aux employeurs et aux salariés de connaître sans ambiguïté le montant applicable à chaque période.
Le principe est désormais clairement posé : cinq litres d’essence par jour, avec une indemnité de transport comprise entre 500 000 et 800 000 livres libanaises. La prochaine étape sera sa traduction formelle dans les dispositions applicables aux salariés concernés.




