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ONU : des délégations quittent la salle face à Netanyahu

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Des dizaines de délégations ont quitté jeudi 24 septembre la salle de l’Assemblée générale des Nations unies à New York au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu montait à la tribune. Des huées ont accompagné ce départ collectif, tandis que ses soutiens l’applaudissaient. Netanyahu a immédiatement qualifié les diplomates partis de « lâches moraux », avant de défendre les guerres menées par Israël contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah. Pendant près de quarante minutes, il a également rejeté les accusations de génocide à Gaza, attaqué plusieurs gouvernements et affirmé que les opérations israéliennes avaient profondément affaibli leurs adversaires dans la région.

La scène a précédé les premiers développements du discours. Lorsque Benjamin Netanyahu s’est avancé vers la tribune de l’Assemblée générale, des diplomates se sont levés et ont gagné les sorties. Des huées et des protestations se sont fait entendre, auxquelles ont répondu les applaudissements et les slogans de membres de la délégation israélienne et de personnes présentes dans les galeries. Le président de séance, Khalilur Rahman, a dû réclamer à plusieurs reprises le retour au calme. Une grande partie des sièges est ensuite restée vide pendant l’allocution du Premier ministre israélien.

Le nombre exact de délégations ayant participé au mouvement n’a pas été établi de manière uniforme par les principales agences internationales dans les premières heures. Reuters et l’AFP ont fait état de dizaines de délégations. Certains médias ont ensuite avancé des chiffres plus élevés en comptabilisant les délégations absentes de la salle, une donnée qui ne permet pas nécessairement de distinguer celles ayant effectivement quitté leurs sièges en signe de protestation de celles qui n’étaient déjà pas présentes. Le Liban figurait parmi les délégations ayant quitté la salle, de même que plusieurs délégations arabes et musulmanes.

Netanyahu répond aux délégations qui quittent la salle

Benjamin Netanyahu n’a pas ignoré le mouvement. Il en a fait les premiers mots de son intervention.

« S’il reste d’autres lâches moraux qui n’ont pas encore quitté cette salle, faites-le maintenant », a lancé le Premier ministre israélien.

La déclaration a immédiatement donné le ton de son discours. Netanyahu a ensuite soutenu qu’Israël protégeait, par ses opérations militaires, certains des pays dont les représentants venaient précisément de quitter la salle. Il a affirmé que plusieurs dirigeants avaient même remercié Israël en privé pour ses opérations contre le programme nucléaire iranien.

Le départ des délégations intervient dans un climat diplomatique particulièrement tendu autour d’Israël. La guerre à Gaza, la situation en Cisjordanie occupée, les opérations israéliennes dans plusieurs pays de la région et la confrontation avec l’Iran ont occupé une place importante dans les interventions des dirigeants réunis cette semaine à New York. Plusieurs responsables européens, arabes et musulmans avaient critiqué Israël avant même le passage de Netanyahu à la tribune.

La scène de jeudi n’était donc pas un incident isolé du contenu des débats. Elle constituait une manifestation publique de ces tensions au sein même de l’Assemblée générale.

L’Iran au centre du discours de Netanyahu

Après avoir répondu aux délégations parties, Benjamin Netanyahu a commencé son discours par l’Iran. Il a rappelé être venu à la même tribune quatorze ans auparavant avec un dessin représentant une bombe afin d’alerter contre le programme nucléaire iranien.

Il a cette fois présenté les opérations militaires israéliennes et américaines contre l’Iran comme l’accomplissement de cet objectif. Netanyahu a déclaré que la destruction des installations nucléaires iraniennes avait été difficile sur le plan militaire, mais qu’elle avait constitué pour lui l’une des décisions les plus faciles à prendre comme Premier ministre. Il a justifié cette décision par la menace que représentait, selon lui, l’acquisition d’armes nucléaires par Téhéran.

Netanyahu a particulièrement insisté sur la coopération avec les États-Unis. Il a remercié le président Donald Trump et présenté Washington comme le principal partenaire d’Israël dans la confrontation régionale.

Le Premier ministre israélien a également adressé un message directement à la population iranienne. Il a prédit la chute du pouvoir en place à Téhéran et présenté les dirigeants iraniens comme responsables de la situation de leur pays. Cette partie de son intervention répondait directement au président iranien Massoud Pezeshkian, qui avait pris la parole la veille à la même tribune et dénoncé les opérations américaines et israéliennes contre l’Iran.

« Sept fronts » : Netanyahu dresse le bilan des guerres d’Israël

Netanyahu a ensuite replacé la guerre contre l’Iran dans un ensemble plus large. Selon lui, Israël a dû combattre pendant trois ans sur « sept fronts ».

Il a cité le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, l’Iran, les groupes armés présents en Irak et en Syrie ainsi que les organisations palestiniennes armées en Cisjordanie occupée, territoire qu’il a désigné par les appellations bibliques de Judée et Samarie.

Netanyahu a affirmé que ces différents adversaires avaient tenté de provoquer l’effondrement d’Israël et qu’ils avaient échoué. Il a ensuite énuméré les résultats militaires revendiqués par son gouvernement : les frappes contre l’Iran, les opérations contre le Hamas et celles menées contre le Hezbollah.

Ce passage a également permis au Premier ministre israélien de revenir directement sur la guerre au Liban.

Un pager brandi pour évoquer le Hezbollah

Benjamin Netanyahu a sorti un pager et l’a montré à l’Assemblée générale.

« Vous vous souvenez des beepers ? », a-t-il demandé, avant d’ajouter que le Hezbollah, lui, s’en souvenait.

Il faisait référence aux explosions des 17 et 18 septembre 2024 au Liban, lorsque des milliers d’appareils de communication utilisés notamment par des membres du Hezbollah avaient explosé presque simultanément. L’opération avait précédé l’intensification massive de la guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais.

Quelques jours plus tard, le 27 septembre 2024, Hassan Nasrallah avait été tué lors d’une frappe israélienne massive sur la banlieue sud de Beyrouth. Israël avait ensuite poursuivi ses opérations contre les cadres et les infrastructures militaires du Hezbollah.

À New York, Netanyahu a intégré toute cette séquence à son bilan des trois années de guerre.

Il a affirmé que le Hezbollah disposait auparavant d’un arsenal de quelque 150 000 missiles et roquettes dirigés contre Israël. Selon lui, « l’essentiel » de cet arsenal a désormais disparu. Il a également affirmé que les dirigeants du mouvement étaient morts et que son moral avait été brisé. Ces affirmations constituent l’évaluation présentée par le Premier ministre israélien et ne permettent pas d’établir indépendamment la taille actuelle de l’arsenal du Hezbollah.

Le Liban était ainsi présent de deux manières dans la séquence. Sa délégation figurait parmi celles qui ont quitté la salle, tandis que le Hezbollah occupait quelques minutes plus tard une place importante dans le bilan militaire présenté par Netanyahu.

Gaza et l’accusation de génocide

Une large partie de l’intervention a également porté sur Gaza. Netanyahu a rejeté avec force l’accusation de génocide formulée contre Israël et qualifié celle-ci de mensonge.

Le Premier ministre israélien a soutenu que l’armée avait pris des mesures pour limiter les pertes civiles et permettre l’entrée de nourriture et de vaccins dans le territoire palestinien. Il a présenté la guerre comme une opération contre le Hamas et non contre la population palestinienne.

Ces affirmations interviennent alors que la conduite de la guerre par Israël fait l’objet de procédures et d’accusations internationales. La Cour pénale internationale avait délivré en novembre 2024 des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, estimant qu’il existait des motifs raisonnables de croire à leur responsabilité présumée dans des crimes relevant de sa compétence. Israël conteste la compétence de la Cour et rejette les accusations.

Netanyahu a utilisé son intervention pour répondre directement à ses détracteurs. Il a défendu l’armée israélienne et accusé les gouvernements, responsables politiques et militants qui parlent de génocide de diffuser des mensonges sur son pays.

Le départ de dizaines de diplomates au début de son intervention donnait à cette partie du discours une dimension particulière : plusieurs des interlocuteurs auxquels le Premier ministre répondait n’étaient plus présents dans la salle.

La France et le Royaume-Uni directement attaqués

Benjamin Netanyahu n’a pas limité ses critiques aux adversaires déclarés d’Israël. Il s’en est également pris à plusieurs pays occidentaux, notamment la France et le Royaume-Uni.

Répondant aux accusations de colonialisme formulées contre Israël, il a renvoyé Paris et Londres à leur propre histoire coloniale. Il a contesté l’utilisation de cette qualification pour décrire la présence israélienne dans les territoires palestiniens.

Le différend dépasse la rhétorique. Paris et Londres ont durci leur position face à certaines politiques israéliennes, notamment concernant la Cisjordanie et les colonies. La question palestinienne a occupé une place importante dans les discussions de l’Assemblée générale cette semaine.

Netanyahu a également attaqué la Turquie et le Qatar. À l’inverse, il a multiplié les remerciements envers Donald Trump et les États-Unis, présentés comme le partenaire déterminant d’Israël dans la guerre contre l’Iran et dans les efforts pour récupérer les otages détenus à Gaza.

Netanyahu répond aussi au maire de New York

La dimension américaine s’est prolongée avec une attaque contre le maire de New York, Zohran Mamdani, qui avait vivement critiqué Netanyahu et évoqué son arrestation en raison du mandat délivré par la Cour pénale internationale.

Le Premier ministre israélien s’est adressé directement à lui depuis la tribune.

Il l’a accusé d’antisémitisme et lui a reproché d’avoir cherché à empêcher sa venue à New York. Mamdani a ensuite rejeté ces accusations.

La visite de Netanyahu s’est déroulée dans un dispositif particulièrement tendu. Des manifestations étaient organisées à New York contre sa présence et contre la guerre menée par Israël. Plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées lors des manifestations organisées autour de la séquence onusienne.

Le départ des délégations marque le début et le ton du discours

L’image principale de cette intervention restera toutefois celle des diplomates quittant leurs sièges au moment où Benjamin Netanyahu s’avançait vers la tribune.

Le mouvement ne signifie pas que l’ensemble des pays absents de la salle avaient adopté une position diplomatique identique. Les États opposés à la politique israélienne ne partagent ni les mêmes relations avec Israël ni les mêmes positions sur l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Certains n’entretiennent aucune relation diplomatique avec Israël, tandis que d’autres ont normalisé leurs relations avec l’État hébreu ou maintiennent des échanges réguliers avec lui.

Les premières informations disponibles invitent également à la prudence sur le décompte exact. Les principales agences internationales ont confirmé le départ de dizaines de diplomates sans publier immédiatement une liste exhaustive et vérifiée de tous les États ayant participé au mouvement. Certaines sources ont fait état d’un nombre beaucoup plus élevé de délégations absentes, mais présence, absence et participation à un « walkout » ne sont pas nécessairement synonymes.

Un élément est en revanche directement documenté : la salle s’est largement vidée au début de l’intervention, sous les huées et les applaudissements concurrents, et Netanyahu a choisi de répondre immédiatement aux diplomates qui partaient plutôt que d’ignorer leur geste.

Son discours a ensuite suivi le même registre pendant près de quarante minutes. Il a revendiqué les opérations contre l’Iran, présenté la guerre sur plusieurs fronts comme une lutte pour la survie d’Israël, affirmé avoir porté des coups décisifs au Hamas et au Hezbollah et rejeté les accusations concernant Gaza. Il a également attaqué plusieurs gouvernements et responsables politiques étrangers, tout en réservant ses principaux remerciements aux États-Unis et à Donald Trump.

Pour le Liban, la séquence est double. La délégation libanaise a participé au mouvement de départ de la salle, tandis que Netanyahu a utilisé quelques minutes plus tard un pager comme symbole de la campagne israélienne contre le Hezbollah et revendiqué la destruction de l’essentiel de l’arsenal que son gouvernement attribuait au mouvement.

Le passage de Netanyahu à New York s’achève ainsi sur une confrontation qui s’est exprimée autant dans les sièges laissés vacants que dans son discours. Les débats de la 81e Assemblée générale se poursuivent vendredi 25 septembre, avec notamment l’intervention attendue du Premier ministre libanais Nawaf Salam.

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Newsdesk Libnanews
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