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Guerre au Liban : la facture pourrait dépasser 27 milliards

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Le coût cumulé des guerres et frappes israéliennes au Liban depuis octobre 2023 pourrait dépasser 27 milliards de dollars lorsque l’ensemble des dommages directs et des pertes économiques aura été comptabilisé. Devant le Parlement, mardi 15 septembre 2026, le Premier ministre Nawaf Salam a rappelé les 14 milliards de dollars déjà évalués pour le conflit de 2023-2024. Il a également évoqué les premières estimations de la nouvelle guerre déclenchée le 2 mars 2026.

La guerre au Liban pourrait laisser une facture supérieure à 27 milliards de dollars depuis 2023. Le Premier ministre Nawaf Salam a présenté mardi 15 septembre, devant les députés réunis à Beyrouth, une première lecture de l’impact économique cumulé des deux grandes phases du conflit avec Israël.

Cette estimation intervient pendant la séance parlementaire de « débat général », selon la formule employée par le président de la Chambre, Nabih Berri. Elle ne constitue pas encore un bilan définitif. Une partie des dégâts provoqués depuis le 2 mars 2026 reste à évaluer, notamment les pertes indirectes pour les entreprises, le tourisme, l’agriculture, les infrastructures et l’activité économique.

Le premier conflit, commencé le 8 octobre 2023 et fortement intensifié en 2024, avait déjà coûté environ 14 milliards de dollars à l’économie libanaise. La Banque mondiale avait évalué à 6,8 milliards les dommages physiques et à 7,2 milliards les pertes économiques.

À cette facture s’ajoute désormais celle de la guerre déclenchée le 2 mars 2026. Les premières estimations du gouvernement situent ses seuls dégâts matériels directs entre 3 et 4 milliards de dollars. Cette somme ne comprend pas encore l’ensemble des conséquences économiques indirectes.

Une fois ces dernières intégrées, le coût cumulé des conflits depuis 2023 pourrait ainsi dépasser 27 milliards de dollars.

Guerre au Liban : 14 milliards déjà perdus en 2023-2024

Le premier chiffre de référence est désormais documenté avec précision. L’évaluation rapide des dommages et des besoins réalisée après la guerre de 2023-2024 avait fixé son coût économique à environ 14 milliards de dollars.

Cette estimation couvre la période allant du 8 octobre 2023 au 20 décembre 2024.

Les destructions matérielles représentaient 6,8 milliards de dollars. Elles concernaient notamment les logements, les infrastructures, les entreprises, les équipements publics et différents actifs détruits ou endommagés.

Les pertes économiques atteignaient parallèlement 7,2 milliards de dollars. Elles correspondent à l’activité qui n’a pas pu être réalisée en raison du conflit : baisse de la production, revenus perdus, interruption des activités commerciales et coûts supplémentaires imposés aux entreprises.

Cette distinction est essentielle. Le coût d’une guerre ne correspond pas uniquement à la valeur des immeubles, routes ou infrastructures détruits. Une entreprise intacte peut perdre plusieurs mois d’activité. Un hôtel peut rester vide. Une exploitation agricole peut devenir inaccessible. Des commerces peuvent fermer tandis que les déplacements de population désorganisent durablement l’économie locale.

Pour le seul conflit de 2023-2024, les besoins nécessaires au redressement et à la reconstruction avaient été évalués à 11 milliards de dollars.

Le logement constituait alors le secteur le plus durement touché. Les dégâts concernant l’habitat avaient atteint environ 4,6 milliards de dollars, soit plus des deux tiers des dommages physiques recensés.

Le commerce, l’industrie et le tourisme avaient également payé un prix particulièrement élevé. Leurs pertes économiques avaient été évaluées à environ 3,4 milliards de dollars.

Les gouvernorats du Liban-Sud et de Nabatiyé figuraient parmi les territoires les plus affectés. Le Mont-Liban, qui comprend notamment la banlieue sud de Beyrouth dans cette évaluation, avait lui aussi subi des destructions considérables.

Entre 3 et 4 milliards de dégâts depuis le 2 mars

Le problème pour les finances libanaises est que cette première facture n’était pas encore absorbée lorsque la guerre a repris à grande échelle le 2 mars 2026.

Dès juillet, le gouvernement avait fourni une première estimation des nouvelles destructions. Le ministre de l’Information, Paul Morcos, avait indiqué après une réunion du Conseil des ministres que les dégâts matériels directs se situaient entre 3 et 4 milliards de dollars.

Le gouvernement avait alors insisté sur le caractère préliminaire de ce montant.

Ces 3 à 4 milliards ne comprennent ni les pertes économiques indirectes ni l’ensemble des conséquences de l’interruption de l’activité. Ils sont également distincts des dégâts déjà provoqués pendant la première phase du conflit.

Le bilan définitif sera donc nécessairement supérieur.

Depuis mars, les frappes ont de nouveau affecté le sud du pays, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth. Des infrastructures, des habitations et des activités économiques ont été touchées. Les déplacements de population ont également pesé sur les régions directement concernées comme sur celles qui ont accueilli les déplacés.

Le gouvernement libanais a engagé un travail de recensement des destructions afin de disposer d’une base permettant d’organiser la reconstruction. Le Conseil national de la recherche scientifique participe notamment à la cartographie des dommages.

Cette étape est indispensable pour passer d’une estimation des destructions visibles à une évaluation économique complète.

Pourquoi la facture peut dépasser 27 milliards

Le seuil de 27 milliards de dollars avancé devant le Parlement ne signifie donc pas que cette somme correspond déjà à des destructions matériellement recensées.

Les chiffres disponibles doivent être lus selon des catégories différentes.

Pour 2023-2024, l’évaluation de 14 milliards intègre à la fois 6,8 milliards de dommages physiques et 7,2 milliards de pertes économiques.

Pour la guerre commencée le 2 mars 2026, le montant de 3 à 4 milliards concerne pour l’instant essentiellement les dommages matériels directs évalués de manière préliminaire.

Additionner simplement 14 milliards et 4 milliards donnerait donc une image incomplète de la situation.

Il reste à mesurer la perte de production, l’activité commerciale interrompue, les revenus touristiques non réalisés, les conséquences sur l’agriculture, les transports et les services ainsi que les coûts supportés par les ménages et les entreprises.

C’est cette seconde couche de pertes qui pourrait pousser le bilan cumulé au-delà de 27 milliards de dollars.

L’expérience du conflit précédent donne une indication de l’ampleur potentielle de cet effet. En 2023-2024, les pertes économiques, à 7,2 milliards de dollars, avaient même légèrement dépassé les 6,8 milliards de dégâts physiques.

Il serait toutefois prématuré d’appliquer mécaniquement la même proportion à la guerre de 2026. Sa durée, la répartition géographique des frappes, les secteurs concernés et le niveau d’activité économique sont différents. Une évaluation détaillée reste nécessaire.

Une facture considérable pour une économie déjà fragilisée

L’ampleur des montants prend une dimension particulière dans le cas libanais.

Le pays n’est pas entré dans cette succession de guerres avec une économie solide. Depuis 2019, il subit une crise financière et bancaire majeure. La livre libanaise a perdu l’essentiel de sa valeur, le secteur bancaire reste profondément fragilisé et les capacités budgétaires de l’État sont limitées.

La guerre de 2023-2024 avait interrompu une partie de la reprise espérée. La nouvelle confrontation de 2026 frappe donc une économie qui n’avait pas encore financé la reconstruction précédente.

Cette superposition des dommages complique considérablement la réponse de l’État.

Reconstruire les logements et les infrastructures nécessite des financements importants. Mais la relance impose également de restaurer l’activité des entreprises, les réseaux de transport, les services publics et les économies locales des régions touchées.

Les finances publiques ne permettent pas à Beyrouth d’assumer seul une telle charge. Après le premier conflit, les besoins de reconstruction et de redressement avaient déjà été estimés à 11 milliards de dollars, dont une partie importante devait provenir du secteur privé.

La question du financement extérieur reste donc centrale. Elle dépendra des aides internationales, des prêts accordés au Liban, des investissements privés et de la capacité des autorités à présenter un programme crédible de reconstruction.

Les pertes humaines accompagnent la destruction économique

Le bilan financier ne rend par ailleurs compte que d’une partie des conséquences de la guerre.

Selon le ministère libanais de la Santé, le bilan cumulé des attaques israéliennes depuis le 8 octobre 2023 approchait début septembre 2026 les 9 000 morts et dépassait 30 000 blessés.

Pour la seule période commencée le 2 mars 2026, plus de 4 300 personnes avaient été tuées et plus de 12 000 blessées selon les bilans officiels publiés au début de septembre.

Ces chiffres donnent une autre dimension aux estimations économiques présentées au Parlement. Les destructions de logements et d’entreprises s’accompagnent de déplacements, de pertes de revenus et de conséquences durables pour des milliers de familles.

L’évaluation économique complète devra donc mesurer une guerre qui a frappé simultanément le capital physique et l’activité productive d’un pays déjà affaibli par plusieurs années de crise.

Le chiffre de 27 milliards de dollars reste, à ce stade, un ordre de grandeur potentiel et non un décompte définitif. Le montant de 14 milliards pour 2023-2024 repose sur une évaluation détaillée déjà publiée, tandis que les 3 à 4 milliards annoncés pour la guerre de 2026 demeurent une estimation des dégâts directs.

Le prochain enjeu sera précisément de chiffrer les pertes économiques indirectes accumulées depuis le 2 mars. Ce calcul permettra de savoir jusqu’où la facture réelle de plus de trois années de conflit peut désormais dépasser le seuil évoqué devant les députés.

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Newsdesk Libnanews
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