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Détenus libanais en Israël : la liste de Beyrouth serait incomplète et le nombre réel reste inconnu

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Trente-neuf détenus identifiés, mais un nombre indéterminé de disparus

Combien de Libanais sont actuellement détenus en Israël ? Malgré plusieurs cycles de négociations directes et la libération récente de prisonniers, Beyrouth ne disposerait toujours pas d’une liste exhaustive. Les informations disponibles au 23 septembre 2026 font état de 39 détenus libanais identifiés, auxquels s’ajoute un nombre indéterminé de personnes portées disparues et dont le sort n’a pas été établi.

Cette incertitude ne relève pas seulement d’un problème statistique. Lors du septième cycle des négociations entre le Liban et Israël, la délégation libanaise a abordé la question des détenus et présenté une liste de noms. Selon les informations disponibles, cette liste était elle-même incomplète. La partie israélienne n’aurait alors fourni aucune information permettant d’établir le nombre total de Libanais détenus, leur lieu de détention ou leur situation.

Le problème est aggravé par les difficultés rencontrées pour obtenir des informations indépendantes. Israël aurait refusé de transmettre une liste complète des détenus libanais au Comité international de la Croix-Rouge et aurait empêché ses représentants de rencontrer certains prisonniers. En l’absence d’accès régulier à ces personnes, la vérification de leur état de santé, de leur lieu de détention et des circonstances de leur capture devient particulièrement difficile.

Une évolution récente montre surtout que les listes disponibles peuvent être dépassées. Un Libanais considéré comme disparu depuis 2024 aurait finalement été identifié comme détenu en Israël. Son nom ne figurait pas auparavant parmi ceux recensés par les organisations suivant le dossier. Cette découverte porte le nombre des détenus connus à 39, mais elle soulève une question plus importante : combien d’autres personnes considérées comme disparues sont-elles en réalité détenues ?

Des libérations qui révèlent les failles du recensement

Les dernières libérations ont apporté des éléments nouveaux. Elles ont aussi montré les limites du dispositif libanais de recensement.

Le 3 septembre 2026, Malek Ghazi a été libéré et remis aux autorités libanaises par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge. D’autres libérations ont suivi. Hassan Chour et Hussein Ayache, deux Libanais, ainsi qu’Assaad Hseikeh et Wissam Sammaoui, deux Syriens, ont également retrouvé la liberté.

Un élément est particulièrement troublant : aucun de ces cinq noms ne figurait, selon les informations disponibles, sur la liste précédemment établie par l’association libanaise chargée de suivre le dossier des prisonniers et anciens détenus.

Le problème dépasse donc une simple différence de quelques noms. Des personnes ont été détenues pendant plusieurs mois alors que les structures libanaises chargées de suivre le dossier ne les avaient pas nécessairement identifiées comme prisonniers.

Les témoignages des personnes libérées ont parallèlement apporté des informations nouvelles. L’un des anciens détenus aurait confirmé avoir rencontré en détention au moins sept Libanais dont les noms figuraient déjà sur la liste. Ce témoignage constitue un élément important, car il fournit une confirmation directe de la présence de personnes dont Beyrouth connaissait le nom mais sur lesquelles Israël ne communiquait pas suffisamment.

Ces témoignages pourraient désormais devenir l’une des principales sources permettant de reconstruire la liste réelle des détenus. Chaque prisonnier libéré peut être interrogé sur les personnes qu’il a rencontrées, les lieux dans lesquels il a été transféré, les dates approximatives et les conditions de détention. En croisant ces informations, il devient possible de dresser une cartographie partielle du système de détention.

Trois anciens dossiers toujours dans la liste

Le recensement ne concerne pas uniquement les personnes capturées depuis le début de la nouvelle phase du conflit en 2024. Trois dossiers beaucoup plus anciens restent associés à la question des détenus ou disparus libanais.

Le plus ancien est celui de Yahya Skaff, dont le sort demeure controversé depuis 1978. Son dossier remonte à l’opération de la route côtière menée cette année-là en Israël. Sa famille et les structures libanaises suivant le dossier ont toujours soutenu qu’il avait survécu et qu’il était détenu. Israël a, de son côté, contesté cette version. L’absence de clarification définitive maintient son nom au cœur du dossier depuis près d’un demi-siècle.

Le deuxième cas mentionné est celui d’Abdallah Alian, associé à une disparition remontant à 1981.

Le troisième est Mohammad Farran, dont le dossier remonte à 2005.

Ces trois cas doivent être distingués des captures intervenues depuis 2024. Leur ancienneté, les circonstances différentes et le manque de données rendent leur traitement spécifique. Ils montrent toutefois que la question des disparus entre le Liban et Israël ne commence pas avec la guerre récente.

Le nombre de 39 doit donc être manié avec prudence. Il correspond aux cas actuellement recensés comme détenus dans les informations disponibles. Il ne signifie pas que 39 personnes ont toutes été capturées depuis 2024, ni que ce chiffre constitue le nombre définitif de personnes détenues.

Des captures effectuées à l’intérieur du territoire libanais

Les témoignages des prisonniers récemment libérés apportent également des éléments sur les circonstances de leur arrestation. Plusieurs d’entre eux affirment avoir été capturés à l’intérieur du territoire libanais.

Selon leurs récits, ils n’étaient pas armés au moment de leur capture et ne participaient pas directement à des combats contre les forces israéliennes. Ces déclarations constituent leurs témoignages et doivent être présentées comme tels tant qu’une documentation indépendante complète n’est pas disponible.

La question du lieu de capture est juridiquement importante. Une arrestation effectuée au cours d’une incursion à l’intérieur du Liban ne soulève pas les mêmes questions qu’une capture lors d’un affrontement armé ou sur le territoire israélien.

Trois autres personnes auraient par ailleurs été capturées récemment à Halta, dans la région de l’Arqoub, dans le caza de Hasbaya. Ces nouveaux cas montrent que le dossier reste évolutif. Des libérations interviennent tandis que de nouvelles captures sont signalées.

Le nombre de détenus peut donc changer rapidement, ce qui rend encore plus nécessaire la création d’un registre centralisé. Un tel registre devrait comporter le nom complet, la date de naissance, la date et le lieu de disparition, les circonstances connues, les témoignages disponibles et le dernier lieu de détention éventuellement confirmé.

Pourquoi Beyrouth ne possède-t-il pas encore une liste définitive ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer les lacunes.

La première tient aux conditions mêmes de la guerre. Dans les régions frontalières, certaines personnes disparaissent sans témoin direct. Elles peuvent avoir été tuées, blessées, déplacées ou capturées. Tant qu’aucun corps n’est retrouvé et qu’aucune détention n’est reconnue, elles restent classées parmi les disparus.

La deuxième difficulté provient de l’absence d’informations israéliennes complètes. Si l’autorité détentrice ne transmet pas rapidement l’identité des personnes capturées, les familles et les autorités libanaises peuvent rester plusieurs mois sans savoir si une personne est vivante.

La troisième difficulté tient à la multiplicité des listes. Les autorités, les associations de prisonniers, les familles, les municipalités et différentes organisations disposent chacune d’informations partielles. Ces données ne semblent pas toujours avoir été réunies dans un fichier unique régulièrement actualisé.

Les libérations de septembre illustrent cette faiblesse. Lorsqu’un détenu libéré ne figure pas sur la liste utilisée pour suivre le dossier, cela signifie soit que sa disparition n’avait pas été correctement signalée, soit que l’information n’avait pas circulé entre les différentes institutions.

Une quatrième difficulté concerne les ressortissants syriens capturés au Liban. Leur présence dans les mêmes lieux de détention que des Libanais peut compliquer le suivi si les dossiers sont traités séparément selon la nationalité.

Le silence israélien devient un enjeu des négociations

La question des détenus a désormais été introduite dans les négociations directes entre le Liban et Israël. Lors du septième cycle, la délégation libanaise a présenté le dossier et remis une liste.

L’absence de réponse détaillée de la partie israélienne empêche toutefois d’avancer sur plusieurs questions fondamentales : combien de personnes sont détenues ? Où se trouvent-elles ? Quelles sont les raisons invoquées pour leur détention ? Ont-elles accès à un avocat ? Le Comité international de la Croix-Rouge peut-il les rencontrer ? Leur famille a-t-elle été officiellement informée ?

Ces questions peuvent paraître élémentaires. Elles sont pourtant précisément celles auxquelles les familles cherchent encore des réponses.

Le prochain cycle de négociations pourrait donc servir à demander une liste nominative officielle. Un simple échange de prisonniers ne suffirait pas à régler le problème si le nombre exact de personnes détenues demeure inconnu.

La priorité pourrait être d’obtenir une concordance entre les listes des deux parties. Chaque nom figurant sur la liste libanaise devrait recevoir une réponse : détenu, libéré, décédé, inconnu des autorités israéliennes ou relevant d’une autre situation. Les personnes reconnues comme détenues devraient ensuite être localisées.

Le dossier porté devant le Conseil des droits de l’homme

Le gouvernement libanais a parallèlement décidé d’internationaliser davantage la question.

Le ministre de la Santé Rakan Nassereddine a soulevé le dossier lors d’une réunion du Conseil des ministres. Le gouvernement a ensuite chargé le vice-Premier ministre Tarek Mitri de poursuivre les démarches avec la représentation libanaise à Genève afin que la question soit portée devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Cette initiative intervient après l’examen d’un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme.

Le passage par Genève peut servir plusieurs objectifs. Le premier est de documenter officiellement les cas. Le deuxième est d’accroître la pression pour obtenir l’accès aux détenus. Le troisième consiste à inscrire leur situation dans un cadre international dépassant les seules négociations bilatérales.

Cette démarche ne garantit cependant pas la libération des prisonniers. Elle peut en revanche contribuer à établir une documentation internationale et à obtenir des informations sur leur situation.

Le rôle central du Comité international de la Croix-Rouge

Dans ce dossier, le Comité international de la Croix-Rouge occupe une position particulière. Il a déjà joué un rôle dans le transfert de prisonniers libérés vers le Liban. Mais son efficacité dépend de l’accès qui lui est accordé aux personnes encore détenues.

Une visite indépendante permettrait de vérifier l’identité du détenu, son état de santé et ses conditions de détention. Elle permettrait aussi de transmettre des informations aux familles.

Or les informations disponibles indiquent précisément que cet accès est insuffisant.

Le problème devient encore plus important lorsque certaines détentions ne sont pas officiellement reconnues. Sans confirmation, une famille peut ignorer pendant des mois si son proche est prisonnier ou disparu.

Le Liban pourrait donc faire de l’accès du Comité international de la Croix-Rouge une demande distincte de celle de la libération. Même lorsqu’un désaccord existe sur le statut d’un détenu, son existence et son lieu de détention devraient pouvoir être établis.

Les témoignages des libérés comme nouvelle source d’information

Les anciens détenus constituent désormais une source essentielle pour combler les lacunes.

Leurs récits peuvent permettre d’identifier des personnes inconnues des listes officielles. Ils peuvent aussi confirmer que des personnes déjà recensées sont toujours vivantes. Enfin, ils peuvent fournir des indications sur les transferts entre différents lieux de détention.

Un protocole systématique pourrait être mis en place lors de chaque libération. Après les examens médicaux nécessaires, un entretien détaillé permettrait de recueillir les noms, surnoms, descriptions physiques, dates approximatives des rencontres et lieux de détention.

Ces informations pourraient ensuite être confrontées aux dossiers des familles de disparus.

La découverte récente d’un Libanais porté disparu depuis 2024 et désormais identifié comme détenu montre l’utilité de cette méthode. Elle montre aussi que le chiffre actuel peut encore évoluer.

Derrière le chiffre de 39, la question des disparus

Le principal problème n’est donc peut-être pas le nombre de détenus déjà identifiés. Il concerne ceux qui ne le sont pas.

Un disparu peut se trouver dans plusieurs situations. Il peut être détenu sans que son nom ait été communiqué. Il peut avoir été tué sans que son corps ait été identifié ou restitué. Il peut également avoir disparu dans les déplacements provoqués par les combats.

Pour chaque famille, cette absence de réponse prolonge l’incertitude.

La découverte d’un seul détenu jusque-là classé comme disparu suffit à montrer que les deux catégories ne peuvent pas être séparées. La recherche des prisonniers doit donc inclure systématiquement celle des disparus.

Le véritable enjeu des prochaines négociations n’est dès lors pas seulement d’obtenir la libération des 39 personnes actuellement recensées. Il est d’établir combien de Libanais sont réellement détenus en Israël et combien restent portés disparus sans que leur sort soit connu.

Tant qu’une liste nominative croisée entre autorités libanaises, familles, anciens prisonniers, organisations humanitaires et partie israélienne n’aura pas été établie, le chiffre officiel restera provisoire. Les libérations de septembre ont apporté des réponses à quelques familles. Elles ont surtout révélé l’ampleur des informations qui manquent encore.

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Newsdesk Libnanews
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