Au sommet d’une montagne culminant à environ 740 mètres d’altitude se trouve un Château Croisé, dit Château de Beaufort au Sud Liban.

Il s’agit d’une position stratégique permettant d’observer la Terre Sainte et on peut notamment voir les colonies israéliennes de Kiryat Shémona, jusqu’à la mer vers l’Ouest, ou Marjayoun ou une partie de la Békaa du coté Est. La portée stratégique du lieu explique sans doute que les Palestiniens entre 1976 et  1980 puis les forces israéliennes entre 1982 et 2000 mais occupant en réalité le Sud Liban depuis 1978 ont placé ici un point d’observation.

La forteresse croisée fait actuellement l’objet d’une restauration financée par le Qatar et entreprise en 2010. Les travaux de reconstruction devront se terminer en 2014 à la vue des retards pris. Il s’agit d’en démonter certaines parties pour les remonter, ainsi que de dégager d’autres parties qui sont enfouies sous la poussière du temps. On découvrira peut-être ainsi les souterrains menant au lit du Litani qui s’écoule en bas de la falaise, permettant aux occupants de la forteresse médiévale de se réapprovisionner en eau en cas de siège. Un centre d’accueil pour les touristes est également en cours de construction entre le Château à proprement dit et les ruines de ce qui reste de la position israélienne.

Comme on aura compris, cette position est plus connue actuellement, non pas pour son passé médiéval dans une lutte à la croisée des civilisations arabes et occidentales mais pour son histoire moderne dans le conflit entre les troupes de l’état hébreu et le Hezbollah dont les combattants mettront plusieurs jours pour escalader les falaises sud-est depuis le lit du Litani situé tout en bas, un dénivelé d’environ 500 mètres à en juger – afin de pouvoir attaquer l’occupant israélien qui sera forcé à procéder au retrait de ses troupes en 2000.

Il semble d’ailleurs que le retrait de cette position ait été particulièrement difficile comme en témoigne un film israélien, Beaufort, en date de 2007, Oscar du meilleur film à l’époque. Pourtant, les images de la « Résistance », surnom de la branche militaire du Hezbollah, illustrant les différentes attaques menées contre les positions israéliennes sont moins connues en Occident mais témoignent également de l’âpreté de la lutte pour ce pic stratégique et le nécessaire processus de « victimisation » des israéliens aux yeux des occidentaux, excuse ultime face aux crimes qu’ils ont eux-mêmes perpétré vis-à-vis de la population originelle qu’elle soit palestinienne plus au Sud ou Libanaise ici-même.

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