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Mon pays agonise. Il se meurt. Rien ne va plus. L’espoir de voir la résurrection du Liban s’estompe. Rien n’est plus comme avant. Rien ne sera plus comme avant. La guerre des autres sur notre territoire sera cette fois fatale à la survie de mon pays. 

La guerre du coronavirus a tout chambardé sur son passage. Les Libanais ont été obligés de changer leurs habitudes millénaires. Plus de sorties avec des amis, plus de boites de nuit, plus de cinéma, plus de plage, plus rien. L’hospitalité libanaise est mise àl l’épreuve.  Les touristes sont absents au rendez-vous pour cause de fermeture de l’aéroport. Les Libanais sont prisonniers dans leurs maisons. La peur de la mort plane partout. 

A la guerre du coronavirus s’ajoute la guerre économique et financière qui rend la vie des Libanais insupportable. La corruption, les magouilles,  la fuite des devises, le manque de dollar sur le marché, sa parité par rapport à la livre libanaise, certains pensent que le dollar pourrait dépasser le taux de 20000 LL ou même de 30000 LL. La famine est aux portes. Les Libanais n’en peuvent plus. Ils manifestent, ils crient leurs peines, ils cassent des devantures de magasins, ils appellent à la révolution, ils foutent la pagaille partout. Leur avenir est bouché. Ils envisagent de quitter le pays pour des cieux plus sereins. Le Liban risque de perdre son âme,  sa jeunesse, son avenir. 

Le Liban risque de perdre beaucoup plus si jamais une guerre éclate entre les États-Unis et l’Iran par l’intermédiaire d’Israël  et du Hezbollah. Certains parlent de la fin des accords Sykes-Picot. 
Les accords Sykes-Picot sont des accords secrets signés le 16 mai 1916, après des négociations entre novembre 1915 et mars 1916, entre la France et le Royaume-Uni (avec l’aval de l’Empire russe et du royaume d’Italie), prévoyant le partage du Proche-Orient à la fin de la guerre. Les frontières des pays du Moyen-Orient risquent de s’estomper pour voir d’autres frontières se dessiner. D’autres demandent un changement de système politique comme par exemple un système fédéral. Certains autres rêvent de partition du Liban. Le Liban risque même de disparaître de la carte pour devenir le pays des réfugiés palestiniens et celui des déplacés syriens. Le Liban ne serait plus aux Libanais qui iraient se réfugier au Canada, en Australie ou dans un quelconque pays du monde. 

Ce ne sont pas des élections anticipées qui sauveront le Liban. Ce ne sont pas les Révolutionnaires de tous bords qui pourraient apporter la solution à cette situation déplorable que vit le Liban. Ils sont divisés tout comme les politiciens qu’ils décrient. Le gouvernement n’y peut rien. Le changement de gouvernement ne peut qu’atténuer la crise. Ce qui se prépare pour la région nous dépasse. Ce qui est écrit est écrit. Entretemps, nous nous débattons pour prouver que nous sommes en vie. La solution est hors de nos frontières. 

Je suis triste à en mourir. Mon Liban agonise. Il se meurt. Je me trouve impuissant face aux projets qui se préparent pour la région. Tout ce chaos est le prélude d’une restructuration des pays du Moyen-Orient. Les « grandes » puissances veulent se partager nos richesses énergétiques. Une autre forme de colonisation se dessine. Les zones d’influence se précisent. Les peuples de la région en paient le prix. Nous sommes tous responsables de ce qui nous arrive parce que nous n’avons jamais fait passer les intérêts de nos pays avant nos intérêts personnels. Nous sommes tous des arrivistes. Nous récoltons ce que nous avons semé. 

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