Nahed Hattar n’est plus! Shimon Peres non plus! Mais Nahed Hattar n’est plus et le monde entier a fait l’autruche! Il n’avait pas le charisme, les seins et les fesses de Kim Kardashian pour faire la une de la presse internationale,  loin aussi d’être un criminel de guerre et prix Nobel de la paix pour faire de lui un héros.  Il n’était pas Cabu pour qu’on puisse lui dédier un Hashtag, encore moins une minute de silence pour saluer l’intellectuel engagé qu’il fut!  Ils ont assassiné Nahed Hattar au nom d’une justice abrutie.  Ils ont eu peur de Nahed Hattar, peur de le voir libre!

Le monde n’est plus dirigé par ceux qui portent les armes, ou par ceux qui détiennent l’argent, ou l’énergie, mais par ceux qui détiennent l’information ! On ne compte plus les kalachnikovs, le nombre de balles tirées, l’ampleur des morts au milieu des conflits. Mais ce que nous regardons, ce que nous entendons, comment nous procédons, ce que nous pensons, ne sont que le résultat d’une propagande médiatique acharnée. Le coupable devient innocent, l’innocent est coupable, et le vol des bijoux de la Castafiore fait office de crise diplomatique. Ciel, ses bijoux ! Comment abrutir les masses ? C’est aussi simple que la brioche de Marie-Antoinette ! La stratégie de la distraction, ou comment maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise … Une arme silencieuse pour une guerre tranquille* !

Il était une fois le Rwanda, Grozny, Sarajevo, et Cana… Peres, et le sang d’un carnage sur les mains. 1996. 154 civils tués. 351 blessés. Intentionnels. Mais le monde retient celui qui a signé les accords d’Oslo et non celui qui justifia le blocus et la brutalité  face aux citoyens palestiniens.

Aujourd’hui, l’humanité ne cesse de perdre de son allure. L’éternel retour de l’Histoire.  Alep brûle sous nos yeux, les cendres sous nos pieds, et l’apathie de la planète est révoltante ! Des hommes sous les décombres, des enfants avachis, des femmes en larmes. La ville respire la mort, et vit au rythme des bombardements aériens. Implacables. Impitoyables.  Le respect du droit à la guerre ? Mais quel droit ? Chaque bombe lancée brise une histoire. Une vie gâchée. Un âge irrécupérable. Au Yémen, les hommes tombent comme tombent les mouches. On ne compte plus mais on décompte.

Abrutis devant nos écrans, entre le fessier de la Kardashian et le débat politique Hilary-Trump, seul le sex règne. On trouve « cool » le fait d’être stupide, vulgaire, et ignare… Qui va gagner ? Le misogyne aux discours d’immondices ? Ou Clinton qui s’en va t’en guerre en Irak ? Depuis ce matin, c’est Trump haut la main qui remporte les suffrages. Ou est-ce la femme de ? Rares sont les curieux qui décident d’éplucher les journaux pour y voir un plus clair, qui se rendent compte que les journalistes ne jouent pas dans le politiquement correct et que les medias décident jusqu’à la couleur de notre petite culotte. Notre libre arbitre est foutu au rang de pion. Foutues marionnettes. Bourriquet ne cessera jamais de suivre la carotte. Et on sourit…. Comme ça !

A défaut d’intégrité, tout se désintègre ! Il reste cependant une seule vérité face à toute cette mascarade planétaire. Le sang des civils face au mutisme de l’Occident !

Hala Moubarak

Note de l’auteur : Une arme silencieuse pour une guerre tranquille est une phrase utilisée par Noam Chomsky décrivant les 10 stratégies de manipulation et  la fabrication du consentement.