Caroline Torbey, récipiendaire du concours de la Nouvelle George Sand

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Caroline Torbey, jeune franco-libanaise, est l’une des 2 gagnantes du concours de la Nouvelle George Sand. Elle avait déjà remporté l’année dernière, le prix des Trophées des Français de l’Etranger (catégorie AEFE), remis au Quai d’Orsay à Paris

Le Concours international de la nouvelle George Sand de Déols en Berry est un concours de nouvelles littéraires, écrites par des femmes, en langue française.

Il s’agit d’un concours fondé en 2004, en hommage à l’écrivaine, à son combat humaniste en faveur des femmes, et aux valeurs que la langue française doit continuer de porter. Ce prix est attribué à des textes de type nouvelles, : une histoire (réelle ou fictive), brève mais intense, ancrée dans un milieu spécifique, surprenant le lecteur, avec des personnages peu nombreux mais bien caractérisés, une action ramassée et concise, et une chute de préférence inattendue, sans conclusion morale ou didactique.

Cette année, le thème du concours était obligatoirement de débuter par les mots “Le jour venait de se lever”. 

On te connaissait sur d’autres types de contenus. Pourquoi maintenant une nouvelle ? 

J’ai toujours aimé lire les recueils de nouvelles. Ce genre littéraire me plait sur plusieurs points : les récits sont courts, ils me tiennent en haleine tout le long, les mots sont en général percutants, le suspens s’installe dès les premières lignes et monte crescendo jusqu’à la chute inattendue qui doit surprendre. J’adore le moment juste avant la fin de l’histoire, ces dernières lignes avant l’apothéose font de ce genre littéraire un vrai plaisir de lecture. Quand une nouvelle est captivante, il m’arrive de rester quelques minutes avant de refermer le livre ou de tourner la page, le regard fixé dans le vide, à réfléchir sur la fin de l’histoire.

J’ai donc choisi de m’essayer à la nouvelle car j’aime diversifier mes écrits, cela me permet de rester inventive et d’explorer les différentes techniques d’écriture qui sont offertes aux adeptes de la plume. C’était aussi un challenge que je m’étais donné pour casser la routine et la morosité dans laquelle nous évoluons à cause de la situation actuelle. A cause de la Covid et du confinement (ou peut-être grâce) j’ai été prolifique et me suis mise à écrire plusieurs nouvelles, mais j’ai choisi de présenter “Refuge” car on est en train de vivre une période particulièrement dramatique et mon humeur n’était pas vraiment à l’optimisme.

Cette nouvelle parle de l’enfance de la guerre, on a tous un vécu. S’agit-il pour toi d’exprimer un ressenti par rapport à quelque chose ? Si oui, de quoi s’agit-il ?

J’écris toujours en fonction de quelque chose ou quelqu’un qui m’a inspirée, d’un évènement vécu ou auquel j’ai assisté, ou même le mélange de plusieurs évènements que j’entremêle dans une histoire, comme c’est le cas pour « Refuge ».

Pour cette nouvelle, je me suis souvenue d’une fillette, au physique scandinave atypique, qui faisait la mendicité il y a déjà quelques années au carrefour de Burj El Ghazal (Achrafieh). Chaque fois que je m’arrêtais à ce feu de croisement, mon regard s’attardait sur elle. Je ne sais pourquoi mais elle me touchait vraiment. Elle était discrète, silencieuse, peut-être muette d’ailleurs, mais charismatique. Cette nouvelle exprime mon ressenti par rapport au manque de communication, de tolérance ou d’acceptation des différences de l’autre. Le pire, le manque d’attention et le rejet de ceux qui ont besoin de s’exprimer mais ne savent ou ne peuvent pas le faire.

Vous allez de prix en prix, quelle est la prochaine étape aujourd’hui ?

Tout simplement continuer à faire ce que j’aime, c’est-à-dire écrire et me diversifier dans les projets, continuer à donner du plaisir à ceux qui me lisent que ce soit à travers mes petits billets d’humeur ou mes réalisations littéraires. J’ai plusieurs projets en cours qui devraient sortir prochainement (si la situation économique ne continue pas à nous jouer des tours !) J’ai beaucoup d’idées, et j’aime beaucoup la collaboration avec des talents de discipline différente de la mienne, ce qui donne en général de belles réalisations, comme le métissage. 

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