Yara Lapidus, franco libanese singer.

Le pays du Cèdre a été témoin, depuis des siècles, de plusieurs vagues de départs de Libanais vers de nouveaux horizons. Il est inconcevable alors de passer sous silence l’influence de ces mouvements migratoires sur la production des artistes libanais dans leurs nouvelles terres d’accueil, qui, se rappellent toujours d’où ils viennent, et ne manquent pas une occasion pour confirmer leur nostalgie et leur attachement à leur pays natal.

Certains disent avoir le cœur en bandoulière ; pour Yara Lapidus, fille de Tyr dotée du « regard d’une phénicienne », c’est le Liban qui prend la place du palpitant qu’elle emporte avec elle partout où elle va.  Résidant actuellement au cœur de la capitale parisienne avec son mari le célèbre couturier Olivier Lapidus, Yara, styliste de formation, a trouvé un refuge dans la musique et l’écriture, où elle décide de s’aventurer, avec une ferme résolution de rendre un hommage au Liban dans chacune de ses œuvres musicales.

Petite fille en jupe bleu-marine dans le Liban d’avant-guerre, Yara Lapidus, née Wakim, garde dans sa mémoire et dans son cœur, une ribambelle de splendides images de son pays natal, aux effluves de roses et de jasmin. Désirant partager ces réminiscences nostalgiques du beau Liban d’antan, elle a préférer confier la mission de transcrire ses souvenirs du pays des cèdres à son mari. Ainsi, Olivier Lapidus écrit un texte célébrant le Liban de sa femme qu’il baptise « Le Cèdre », sur une musique de Kike Santander, étoffé d’un refrain en arabe libanais par Nabil Khalidi, où Yara déclare son amour à « Sour » (Tyr), citée baignée de lumière et de senteurs fleuries.  Le « Cèdre » est un extrait du premier album éponyme de l’artiste libano-française, paru en 2009, et son clip a été entièrement filmé au Liban.

« J’ai le Liban en bandoulière
C’est aujourd’hui et c’était hier
Avec mon sac d’écolière
Le port de Tyr comme repère
Petite jupe bleue marine
Qui s’anime

J’entends le vent sous tes arcades
Les bruissements de tes ruelles
Parfois tes fruits sont des grenades
Mais dans mes yeux je vois ton ciel
Je sens tes parfums
Bois de santal, de rose et de jasmin
Je te respire, je me sens bien

Refrain:

Adieu le cèdre
J’ai pris le risque de te perdre
Mais si mon corps est à Paris
Tu as mon cœur, tu me l’as pris
Et mon âme aussi

Tu es mon orient le plus proche
Une petite médaille dans ma poche
Le porte-clefs de mes sourires
Pas assez d’mots pour te le dire
A jamais tu seras
Près de moi
Près de moi

J’ai le regard d’une phénicienne
Mon maquillage est terre de sienne
Un trait de khôl sur mes paupières
Le port de Tyr comme repère
Même si j’ai grandi
Si j’ai vu d’autres villes, d’autres pays
Je te porte en moi c’est ainsi »

(Pour revoir les chansons précédentes, veuillez cliquer ici)

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Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l’écriture depuis l’enfance, elle est l’auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l'identité et de l’héritage culturel du Liban, elle a fondé l'association I.C.H.T.A.R. (Identité.Culture.Histoire.Traditions.Arts.Racines) pour le Patrimoine Libanais. Elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession, et donne des cours et des conférences sur l'Histoire et la Théologie de l'Icône ainsi que l'Expression artistique. Pour plus de détails, visitez son site: mariejoseerizkallah.com son blog: mjliban.wordpress.com et la page FB d'ICHTAR : https://www.facebook.com/I.C.H.T.A.R.lb/

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