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Le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé aurait informé les autorités libanaises de la fin du programme de subvention des produits de première nécessité c’est-à-dire fioul à destination des centrales de production d’électricité, produits pharmaceutiques et notamment médicaments, ou encore de la farine d’ici trois mois.

Ainsi, de 19,8 milliards de dollars de réserves monétaires existantes, la BDL ne disposerait plus que de 2,3 milliards de dollars dans le cadre de ce programme, soit trois mois d’achat, révèle une source anonyme au quotidien libanais anglophone The Daily Star.

Les réserves monétaires restantes, soit 17.5 milliards de dollars, n’appartiendraient pas à la banque du Liban mais à des déposants. La banque centrale ne peut donc en disposer, précise Riad Salamé. Pour rappel, une controverse avait eu lieu ces derniers mois déjà entre la banque du Liban et certains experts qui notaient que les réserves monétaires nettes de la banque centrale était déjà probablement négatives. Cette vision des choses a été confirmée par la publication d’un rapport confidentiel d’un audit des comptes de la Banque du Liban pour l’année 2018.

Ainsi, les réserves monétaires nette était déjà estimée être négative de 30 milliards de dollars au lieu d’être positives de 30 milliards de dollars comme ce que prétendait le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé ayant abusé des procédures liées aux profits fiduciaires “pour inventer” des profits qui n’existaient pas en réalité.

Ces réserves monétaires sont également impactées par la défense de la livre libanaise face aux devises étrangères, même si la valeur de la livre libanaise s’est nettement dégradé ces derniers mois face au billet vert.

Cet arrêt de subventions à l’achat des produits de première nécessité sur les marchés internationaux intervient plus rapidement que ce qui était initialement envisagé. Cet effondrement ne devait intervenir qu’au milieu de l’année prochaine au pire, notaient certains experts.

La communauté internationale, et notamment le président français Emmanuel Macron en visite au Liban, avaient déjà noté ce risque appelant les autorités libanaises à adopter les mesures de réformes économiques, financières et monétaires le plus rapidement possible afin de débloquer l’aide internationale nécessaire aujourd’hui. Cependant, de source proche du dossier, la mise en place de ces réformes économiques se heurte à la volonté de certains hommes politiques qui auraient plutôt souhaité détourner une partie de l’aide financière internationale, quitte à risquer de voir une partie de la population libanaise “mourir de faim”.

En effet, la principale conséquence de l’arrêt des subventions à l’achat des produits alimentaires de base serait une augmentation des prix qui s’aligneraient ainsi sur ceux des marchés internationaux. De même, la demande pour le dollar pourrait augmenter sur le marché local induisant une détérioration incontrôlée de la valeur de la livre libanaise face aux billet vert, une perspective pire que ce que le Liban a connu jusqu’à présent.

Pour l’heure, les autorités libanaises envisagent une levée progressive du programme de subvention, notamment suite à l’explosion qui s’est déroulée dans le port de Beyrouth, le 4 août 2020. La levée de ses subventions pourrait notamment concerner l’Electricité du Liban même si pour l’heure, une augmentation envisagée des prix viserait des personnes consommant le plus d’électricité. Pour les familles les plus vulnérables, un programme de subvention de 500 000 livres libanaises par mois serait mis en place.

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