Gébran Bassil tente de diviser le Hezbollah et le mouvement Amal

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S’exprimant ce dimanche 2 janvier, le président du Courant Patriotique Libre Gébran Bassil s’en est vivement pris au président de la chambre Nabih Berri, accusé d’être à l’origine du blocage politique qui touche actuellement le Liban. Il a également appelé le Hezbollah à s’éloigner du mouvement Amal, appelant à la mise en oeuvre des accords de Mar Mikhael, signés par les 2 partis en février 2006.

Gébran Bassil a ainsi adressé ses premières paroles aux “aux familles des victimes du port qui ont perdu la vie à cause d’un crime injuste” alors que le juge Tarek Bitar en charge de l’enquête portant sur l’explosion du Port de Beyrouth tente toujours d’entendre l’ancien ministre des finances Ali Hassan Khalil, bras-droit du président de la chambre Nabih Berri. Il estime ainsi que le Liban nécessite un “changement majeur” qui inclurait “tous les aspects de notre vie nationale” et une transformation du “système politique et du système financier et économique”, rappelant que seul le Président de la République, dont le mandat aujourd’hui court à sa fin, a appelé à un dialogue national, un appel jusqu’à présent ignoré par les partis politiques.

Le parlementaire note que “certains ont transformé la démocratie consensuelle en droit de veto pour chaque secte, et ils l’utilisent pour paralyser le Cabinet ou même empêcher de voter sur des résolutions ordinaires”, allusion au boycott des ministres chiites du mouvement Amal et du Hezbollah des sessions du conseil des ministres après que le juge Tarek Bitar ait mis en examen l’ancien ministre des finances Ali Hassan Khalil en novembre dernier, exigeant le dessaisissement du magistrat.

Gébran Bassil a ainsi reconnu que l’état a connu un échec sous la présidence du chef de l’état, notant cependant qu’il ne désire pas vivre dans un état défaillant mais dans un état laïc, un échec indirectement imputé à la paralysie actuelle du cabinet.

Nous voulons un État civil et laïque, une armée forte, une économie productive et une politique étrangère indépendante.

Gébran Bassil

Il a aussi noté que si l’unité de la communauté chiite est importante, elle ne doit pas se faire au détriment de l’état, accusant indirectement le Hezbollah de couvrir la corruption de ses alliés.

Nous avons choisi Mar Mikhail plutôt que Tayyouneh, et nous sommes toujours avec ce choix, mais où est la traduction pratique de l’accord Mar Mikhail ? Où se trouve l’État ? Cela peut-il se faire en couvrant la corruption ?

Gébran Bassil

Gébran Bassil estime ainsi qu’une amélioration des accords de Mar Mikhael avec le Hezbollah est nécessaire puisque son mode actuel ne correspond plus aux défis auxquels le Pays des Cèdres fait face, notamment au niveau des différends actuels concernant la politique étrangère, allusion à la crise diplomatique avec les pays arabes et financiers et l’impossibilité de remplacer le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, soutenu par certains alliés du mouvement chiite.

Il appelle ainsi le dirigeant du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, “qui a une place spéciale dans mon cœur et mon esprit”, d’activer le comité mixte en vue d’améliorer ces accords. Cependant, ces discussions seraient actuellement gelées par le président du mouvement Amal, Nabih Berri.

Il est inacceptable qu’on lui demande de choisir entre l’État et la paix civile

Gébran Bassil

Gébran Bassil estime que les dernières attaques contre le système judiciaire ou encore le conseil constitutionnel, la paralysie du conseil des minsitres et les incidents de Tayyouneh ne peuvent être ainsi tolérés. Il dénonce aussi les tentatives de compromis, décrites comme des tentatives de chantages, considérées comme des infractions aux prérogatives de la présidence de la république.

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