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S’adressant dans un streaming aux détenteurs d’obligations internationales suite à la déclaration de défaut de paiement et au refus d’honorer les eurobonds arrivant à échéance et le paiement des coupons, le ministre des Finances Ghazi Wazni a indiqué que les conditions économiques, le déficit public et la fonte des réserves monétaires ont forcé le Liban à décider d’une restructuration de la dette économique. Il s’agira également pour le gouvernement de mettre en place un plan de réformes économiques et fiscales face à la situation actuelle.

Selon le Ministre, en raison du niveau critique des devises disponibles auprès de la Banque du Liban, allusion aux réserves monétaires nettes, le gouvernement a pris la décision de suspendre le paiement des coupons et des obligations arrivant à maturité le 9 mars prochain, la priorité étant l’allocation de ces réserves à l’achat de produits de première nécessite.

Une économie avec un secteur bancaire surdimensionné ayant abouti à la mise en place d’une bulle spéculative

Ghazi Wazni a également estimé que le modèle économique du Liban – basé sur une balance des paiements positive pour attirer des devises étrangères à un cout élevé au bénéfice des banques commerciales et de la BDL – ne marche plus. Il s’agit donc d’une restructuration nécessaire pour un nouveau départ pour le Pays des Cèdres.

Le ministre a ainsi décrit les mécanismes ayant amené à l’importe dette publique, à hauteur de 170% du PIB, jusqu’à l’érosion totale de la bulle spéculative qu’était formée autour de l’économie libanaise.

Cela a stimulé la croissance de notre secteur bancaire avec une taille dépassant rapidement de plus en plus ce qui était nécessaire pour soutenir l’économie réelle. Cela a à son tour créé des pressions toujours croissantes sur le budget du gouvernement, la dette publique montant en flèche et finançant essentiellement le besoin constant de notre économie en entrées de dollars.

« La crise de liquidité étrangère, la dépréciation croissante du taux de change parallèle, l’inflation en hausse, la contraction de la croissance, conduisant à la détérioration des conditions sociales, la pression toujours croissante de l’insoutenabilité de nos niveaux d’endettement actuels, et d’un secteur bancaire surdimensionné », estime le ministre sont les multiples facettes de la crise économique.

Un plan de sauvetage qui devrait répondre à ces défis mais sans donner plus de détails.

Le Ministre a indiqué que le plan de sauvetage devrait ainsi répondre à ces différents défis, notamment avec une restructuration du secteur bancaire privé et public pour soutenir les secteurs productifs de l’économie.

Il s’agira également d’un programme de réformes fiscales pour amener le budget de l’état à devenir positif à moyen et long terme via un retour à la croissance économique par le développement des secteurs productifs de l’état et l’investissement pour bâtir une infrastructure. Quant à la dette publique, elle devrait également être restructurée tant en livre libanaise qu’en devises étrangères avec pour objectif de diminuer son poids sur les finances publiques et ainsi pouvoir revenir à des coûts supportables.

Concernant la restructuration de la dette publique, il estime qu’elle devrait être achevée d’ici fin 2020.

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