Ce weekend a été marqué par un calme relatif dans la réthorique politique et une hausse du ton des responsables religieux dans le dossier de la formation du gouvernement, un gouvernement qui se fait attendre depuis le 10 août dernier et en l’absence de progrès tangibles.

Le Patriarche Maronite a ainsi conditionné l’audit juricomptable de la Banque du Liban à la mise en place d’un nouveau gouvernement. Il a ainsi pris à contrepied le Président de la République, le général Michel Aoun, qui a lancé, la semaine dernière “la bataille de l’audit médico-légal”. Certaines sources rappellent que le dirigeant de l’église maronite a défendu déjà à plusieurs reprises, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, rappelant l’immunité dont il jouit à son poste. Le Patriarche souhaiterait ainsi que Riad Salamé ne puisse pas être écarté de la course à la présidence de la république qui aura lieu dans quelques années.

Le Patriarche Maronite s’en est également pris au chef de l’état, accusé de fabriquer “des normes du pacte national, d’interprétations constitutionnelles et de pouvoirs imaginaires”, les accusant d’avoir offert le Liban en otage au conflit régional.

Selon lui, l’absence d’un gouvernement empêche l’arrivée de l’aide internationale “pour sauver la population de l’effondrement financier”, alors que la communauté internationale conditionne son aide au chiffrage des pertes du secteur financier et notamment de la Banque du Liban via un audit juricomptable.

De son côté également, le mufti de la république, le cheikh Abdul Latif Daryan a estimé qu'”il y a des mains malveillantes qui travaillent secrètement à entraver les efforts arabes frères salués et à déjouer l’initiative française”, à la veille du mois du Ramadan.

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab.

La formation d’un nouveau gouvernement est considérée comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban. 

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement en octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté alors que la récession économique a atteint 29% selon certains rapports pour l’année 2020.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet, ce que réfute la présidence de la république.

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